L'Effet Caméra

Souvent, quand je regarde un documentaire, je me demande comment des gens qui prétendent être si atteints, si déprimés, parfois si méchants, peuvent sembler si ouverts, si sincères et avoir autant de recul au moment de raconter leur histoire. L'hystérique est parfaitement calme. Le menteur compulsif raconte toute la vérité. Ceux qu'on présentait comme souffrant de retards intellectuels ou émotionnels font preuve d'une clarté et d'une intelligence hors du commun dans leur introspection.

Ce n'est pas de la mise en scène, ni de la manipulation. C'est l'effet caméra.

Un jour, au milieu du train-train, un réalisateur les a appelé et s'est intéressé à eux. Il leur a posé des questions, a voulu en savoir davantage sur leur vie. Il ne semblait pas y avoir de prix à cet intérêt, pas de piège, rien à donner en retour. La confiance est née. Puis, le jour de l'interview, toute une équipe s'est mise en branle : on a installé des lumières, du matériel, déplacé des meubles et, au moment opportun, cette machinerie s'est tue pour recueillir leur propos. Le réalisateur, le chef opérateur, l'ingénieur du son, l'assistante, tous ces gens étaient à l'écoute.

Nous cherchons tous à prouver notre existence.

L'un des principaux moteurs de notre vie (et sûrement l'une des principales sources de mal-être au quotidien) est la peur de ne pas être vu. Être invisible, ne pas exister pour les autres. Que ce soit à un petit niveau – l'irritation d'être bousculé dans la rue par quelqu'un qui ne faisait pas attention – ou à un niveau beaucoup plus essentiel – la sensation d'être ignoré par ses parents, par ses amis – je suis persuadé que la plupart des comportements, bons ou mauvais, peuvent être expliqués par ce besoin d'exister pour les autres.

Lors d'une interview, quand elle est bien menée, cette peur s'éteint. Les lumières, la caméra, l'attention de toute l'équipe sont braquées sur soi. On a le temps. On se sent écouté. Les barrières qu'on avait mises en place pour se protéger, les réflexes qu'on avait créés pour prouver qu'on est là, pour attirer l'attention du monde, tout cela peut être mis en pause.

On révèle la personne formidable qu'on serait à chaque instant si le monde était à l'écoute.

The Stagemaster : Deuxième Étape

Reçu cette semaine, à un moment particulièrement opportun (si seulement je croyais aux signes) :

Dépot Stagemaster Library of Congress
Certificat de dépot de mon scénario à la Library of Congress.

Écrit en six mois ; laissé reposer presque cinq ans ; trouvé la bonne fin récemment puis déposé à la Library of Congress. The Stagemaster : scénario de comédie dramatique situé en Grande Bretagne, écrit en anglais et que je vais pouvoir commencer à diffuser. Contacts anglophones bienvenus.

Concept Art "Ma Vie Sur Mars"

Concept art pour un court métrage d'animation que j'ai fini d'écrire il y a longtemps mais que je n'ai jamais fait avancer. La prochaine étape aurait été d'envoyer le scénario à des sociétés de production.

Ma vie sur Mars
"My Life on Mars"

Première phrase du film (voix off) :

Quand la technologie fut suffisamment avancée pour atteindre Mars, tous les gouvernements de la planète se demandèrent :
– Qui allons-nous envoyer ?
– Je sais, a dit quelqu'un ! Et si on envoyait un enfant ?
Et tout le monde a trouvé que c'était une idée formidable. Mais si vous voulez mon avis : c'était une idée à la noix.