Deux souffrances

Drôle de lumière sur la plage hier.
Je pense qu'il existe deux types de souffrances.
La première est due "aux actes de Dieu".
Tout ce qu'on ne contrôle pas : les accidents, la maladie, les deuils, les catastrophes, petites ou grandes.
Certains disent qu'on devrait plutôt appeler ça "douleur", justement parce qu'on n'y peut rien.
Pour faire la différence avec la "souffrance" qu'on crée soi-même :
La couche supplémentaire de mal-être entièrement optionnelle qu'on s'inflige sans s'en rendre compte.
Elle se crée petit à petit. Elle s'accumule.
Et je crois que sa cause principale est la suivante :
Ne pas exprimer qui on est.
Dès qu'on agit contre soi. Dès qu'on laisse l'intellect prendre le dessus et contredire ce que le "moi profond" souhaite.
Dès qu'on ne suit pas la joie.
Oui, oui : c'est pas toujours facile.
Parfois on confond la joie avec le plaisir, avec le désir, avec l'envie.
Parfois, on est certain que la joie se trompe et que l'intelligence est "la voix de la raison".
Dans ce cas, le retour de bâton ne vient souvent pas tout de suite. Pendant un temps, on peut penser "qu'on a bien fait".
Mais avec le temps, ces écarts à la joie s'accumulent.
À terme, ils créent cette identité qu'on maintient et qui nous pèse.
Ils sont responsables de l'anxiété du matin. De nos hésitations face à l'évidence.
Ils paralysent l'action pure et nous piègent dans notre tête.
Le seul remède à long terme :
Agir selon sa nature.
Exprimer qui on est.
Suivre la joie.
4 commentaires
Bonjour Nicolas,
Je partage pleinement ton point de vue. La difficulté dans ce que tu dis est comment reconnaître la joie par rapport à l’envie, le plaisir, le désir.
Cela ne fait pas partie de notre éducation occidentale ou tout est basé sur la raison. Merci Descartes.
Comment faire la différence entre ce qui me porte et ce que je dois tout de même faire au quotidien.
Si je ne fais pas ça aujourd’hui au travail, je vais me mettre en retard, si je ne répare pas telle chose pour la maison ça va s’aggraver, si je ne fais pas les courses maintenant, ce sera trop tard. Et donc je dois m’organiser. Car une personne organisée est valorisée contrairement à une personne désordonnée.
Pour ma part, c’est tellement vrai, que le désordre m’angoisse.
Tout ça commence très jeune, des l’école. Tu dois faire tes devoirs. Rien que le mot devoir est une ineptie.
Mais, ça s’est encré en nous.
Dis moi ce que tu en penses.
Bien à toi
Thomas
Oui, c'est exactement ce contre quoi je me bats en ce moment.
Et que j'essaie de déconstruire.
Mon éducation. Les obligations.
C'était d'ailleurs le sujet de mes posts avant l'été.
Ça va mieux. Ça s'apprend aussi.
Mais c'est un travail quotidien et le panique revient dès qu'on ne fait pas attention.
Ça a l’air tellement simple, Joyeux et normal d’exprimer qui l’on est, de suivre la joie …comme savent le faire les petits enfants, normalement…
On est si déconnecté en tant qu’adulte qu’on oublie et si l’on aperçoit la joie …on s’en étonne au risque de s’en détacher …parce que ce que ce n’est plus ce que l’on ressent, sent, voie, cherche … alors on retourne dans ce que l’on connaît le mieux …Et c’est ça qui est difficile…en tous cas en ce qui me concerne !
Bisous
Oui, je crois que le passage à l'âge adulte implique de se déconnecter du présent. C'est une étape. Mais je crois que c'est tout aussi naturel de s'y reconnecter. Je vois plein de gens le faire, s'ils ne sont pas coincés par autre chose. C'est possible :)