Hygiène créative
Il y avait comme une tension entre cette note et une précédente.
Dans la première, je dis que déposer régulièrement ce qu'on a au fond de soi suffit, qu'il n'y a pas besoin de creuser. Dans la seconde, je dis que j'écris maintenant 25 minutes par jour sans interruption "pour creuser", justement.
Alors ?
Je crois que la plus ancienne a raison. Il n'est pas utile de creuser – tant qu'on est à jour.
Récemment, j'étais par monts et par vaux avec mon fils et j'ai pris "un peu de retard" : certaines idées s'étaient accumulées et avaient besoin de sortir. D'où les 25 minutes d'écriture "remplies".
Mais une fois ce retard rattrapé, le temps additionnel n'était plus utile. Ça devenait du remplissage intellectuel.
J'ai l'impression que les idées se forment naturellement, à leur rythme. Si je ne les sors pas (écriture, art, conversation), elles restent coincées et bloquent les autres. Mais si je les exprime régulièrement, elles laissent place aux suivantes.
Le fameux flot ne serait donc qu'une forme d'hygiène créative : garder les canalisations propres en exprimant régulièrement les idées qui s'y trouvent – qu'on ne choisit pas.
Une machine bien entretenue va chercher les idées plus vite et plus loin.














