On veut tous gagner en assurance.
C'est le modèle qu'on nous montre dans les films : le héros qui ne se laisse jamais prendre au dépourvu, qui sait toujours quoi répondre.
Moins pour les femmes, c'est vrai. Les clichés nous présentent souvent la vulnérabilité comme un charme féminin.
Mais à quoi sert l'assurance, en vrai ?
Pourquoi avoir l'air sûr de soi est-il mieux ?
Pour convaincre ? Pour vendre ?
Sûrement.
J'ai effectivement remarqué que les gens préfèrent écouter (et donc suivre) les gens sûrs d'eux. Même quand ils racontent n'importe quoi.
Si vous avez une grosse décision à prendre, financière ou médicale, vous allez plutôt écouter la personne qui est certaine, catégorique.
Comme si sa certitude à elle contre-balançait votre inquiétude à vous.
Elle ne pourrait pas être si sûre d'elle si c'était du flan, si ?
Mais si, justement.
Parce que les vendeurs de tous poils – et j'inclus les politiciens – ont compris ce mécanisme et l'exploitent pour leur bénéfice.
Et puisqu'on les voit réussir, eux, on se dit qu'on devrait faire pareil, nous.
Sauf que la fausse assurance est comme une maison en carton : très jolie vue de l'extérieur mais quand on essaye de vivre dedans... moins.
À la première tempête, tout s'effondre.
À quoi sert l'assurance si elle ne permet pas d'affronter les tempêtes ? N'est-ce pas précisément son rôle ?
C'est le sujet d'un scénario de long métrage que j'avais écrit il y a quelques années :
Dans The Stagemaster, on découvre que le personnage le plus fort n'est pas le grand metteur en scène intimidant, ni le majordome calculateur.
C'est un petit bout de femme timide, apeuré, qui passe son temps à s'excuser. Et qui finit par porter tout le monde à bout de bras.
Je crois sincèrement que la vraie force, c'est la vulnérabilité.
Plus on se laisse atteindre, plus on apprend.
Faire semblant n'impressionne que ceux qui font semblant aussi.