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Nicolas Boulenger - Bienvenue

Note du jour : La bataille avec soi

Ce qu'on pense et ce qu'on fait ne va pas de soi.

Le fait que ça sorte de nous ne veut pas dire qu'on est d'accord ou que ça nous est utile.

C'est un des premiers apprentissages de la méditation :

Je ne choisis pas mes pensées. Elles surgissent.

Et ensuite :

Je ne choisis pas mes actions. Des impulsions surviennent, que je choisis de suivre ou non.

Ou parfois, je construis le geste de façon purement intellectuelle et je choisis de l'exécuter.

Et qui fait tous ces choix ? Mes pensées – que je ne choisis pas.

C'est ma conviction qu'une grande partie de l'anxiété quotidienne vient de notre désir inconscient de rassembler tout ça sous un seul et même chapeau.

On ne supporte pas l'idée d'être une superposition de choses.

On veut maintenir cette vision qu'au sommet de notre pyramide intérieure se trouve la pensée – qui serait vraiment nous – qui contrôle tout le reste.

Et on passe nos journées à effacer méticuleusement toute preuve du contraire.

Je ne suis pas un patchwork ! Je suis Jean-Pierre ! 😭

De nombreuses études ont montré que, de fait, le cerveau ne fonctionne pas ainsi.

Énormément de décisions sont prises bien avant que le cortex préfrontal, le siège de l'intelligence conceptuelle, ne s'en mêle.

Résultat : la logique sert davantage à post-rationaliser qu'à choisir.

On fait de gros efforts pour expliquer pourquoi on a fait ça.

Au besoin, on invente des histoires. Sur soi. Sur le monde. Pour justifier tel geste. Histoires qu'on finit par défendre bec et ongles et qui, lorsqu'elles sont mises à mal, deviennent une nouvelle source d'angoisse.

Tout plutôt que d'admettre qu'on ne serait pas 100% cohérent.

Lâcher prise, c'est se rendre compte de ce mécanisme.

C'est accepter d'être une superposition de courants qu'on ne maîtrise pas toujours.

C'est comprendre qu'on peut regarder ce qui se passe à l'intérieur avec le même intérêt et la même curiosité que ce qui se passe à l'extérieur.

La pensée qui surgit est aussi belle et inattendue que l'oiseau qui s'envole.

L'action qu'on entreprend n'est pas moins mystérieuse que celle du voisin.

On s'observe comme on observerait la mer ou la tempête : fasciné par ce mélange de complexité et de beauté qui nous dépasse.

Il n'y a plus de différence entre l'intérieur qu'on contrôlerait et l'extérieur dont on serait victime.

Simplement le monde qui danse.

Et dont on fait partie.

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