Sans habitudes
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Serait-il possible de vivre sans habitudes ?
Quand je médite longtemps, comme ce matin, tout devient facile.
Et parce que tout est facile, je me surprends à ne plus faire les choses comme d'habitude.
Je change l'ordre, les lieux, les actions. Je laisse venir et je fais pour la première fois.
Je réalise alors à quel point mes habitudes quotidiennes sont davantage construites sur les obligations et sur l'inquiétude que sur l'équilibre.
Je suis mes habitudes parce que, face au manque de temps, face au stress, je préfère répéter ce qui a marché par le passé plutôt que de découvrir de nouvelles façons.
Ce faisant, je ne suis pas présent.
Je ne prends pas réellement en compte mon corps, mon esprit, ou la situation tels qu'ils sont maintenant. L'action n'est pas une continuation naturelle de ce qui survient. J'impose des schémas éprouvés, certes, mais construits dans le passé.
Quand je suis dans le flot créatif, tout cela disparaît.
J'avance avec ce qui est là. Chaque geste est fait pour la première fois.
Est-ce épuisant ? A-t-on ensuite besoin des habitudes pour se reposer, se ressourcer ?
Pas sûr.
Plus j'avance, plus j'aimerais faire de ce fonctionnement mon mode par défaut.
Je ne suis retenu que par la peur et le confort.