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Épuisement

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L'objectif de la pratique dont je parlais hier est de s'épuiser.

On se rend compte que ce qu'on pensait être le mieux pour soi n'est en réalité pas ce qu'on veut vraiment. L'activité elle-même ne plaît pas.

Donc, pour continuer à produire tous les jours, on est obligé d'abandonner ce qui est artificiel (créé par la pensée) et de trouver dans l'action ce qui est réellement aligné.

C'est ce qui arrive à l'une de mes clientes. Qui a compris que l'objectif qu'elle poursuivait depuis des années n'était pas le bon.

Voyez-vous la valeur de percevoir ça en quelques semaines plutôt qu'en quelques années ? Ou jamais ?

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Un gramme

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"Il suffit d'un gramme de merde pour gâcher un kilo de caviar. Un gramme de caviar n'améliore en rien un kilo de merde." – Roland Topor

C'est pour ça que je parle de "sanctuariser".

On fait une petite concession, on accepte un petit rendez-vous, on dévie un peu de ce qu'on s'était dit... Et tout part en Volvo.

Ce matin, c'est un petit rendez-vous de rien du tout à la mairie.

Mais il faut réunir les papiers. Le tabac n'arrive pas à produire le timbre fiscal. Qui n'était finalement pas nécessaire.

Toute ma matinée s'est organisée autour de ça.

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Sanctuariser le matin

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Je ne prends pas de rendez-vous le matin.

Je ne fais pas de travail administratif non plus.

Je médite, j'écris, je réfléchis. Je fais le travail de fond dont dépend tout le reste.

Ce n'est pas un luxe. Je gagne mieux ma vie maintenant que je m'organise ainsi. Ce n'est pas le temps passé qui compte.

Pensez-y : une bonne décision ou une bonne action peut débloquer votre vie entière.

Dès lors, qu'est-ce qu'une journée "productive" ? Une journée où vous avez enchaîné 12 heures de travail ? Ou une journée où vous avez changé votre vie en dix minutes ?

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Trop jeunes pour le 11 septembre ?

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Apparemment, les jeunes ont du mal à comprendre pourquoi nous (les vieux) avons été à ce point traumatisés par le 11 septembre.

L'auteur Jason Pargin le leur explique très bien dans cette courte vidéo.

Pour les anglophones, sur Instagram ou sur TikTok.

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De la merde !

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En fait c'est ça : ce système me permet d'écrire de la merde.

Plutôt qu'écrire de longues notes sur la conscience ou les obligations, je peux écrire les idées de passage sans grande valeur – mais fun.

Et c'est beaucoup plus logique que je fasse ça ici, sur un site qui m'appartient et que je contrôle, que sur les réseaux de Musk et Zuckerberg.

Vous devriez faire pareil.

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Le festival de la honte

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Je vous jure. Voici l'email que je reçois :

We came across Panique dans l'Espace #05 : Mille ans de Solitude in the official Clermont-Ferrand Short Film Market Catalogue 2025 and would like to invite you to submit it to ORION International Film Festival for consideration.
Use code ORIONIFFFILM30 for 30% off the entry fee.

Donc les mecs m'écrivent pour me proposer de payer pour refuser mon film.

Cela dit, il est très drôle. Il est là.

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Flot

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C'est pas mal ce système.

J'écris quand ça vient. L'important. Sans introduction, sans conclusion, sans blabla.

Assez cohérent avec mon idée de m'exprimer librement plutôt que de miser sur un résultat.

Aussi cohérent avec la note "Ma nouvelle approche des réseaux".

Je pourrais partager ces idées sur les réseaux. Mais ça commence chez moi.

J'aime bien.

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La pratique ! La pratique !

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J'en parlerai bientôt : c'est ce que je mets en place pour mes clients – et que j'avais mis en place pour moi.

C'est le fait de faire en petit, chaque jour, 10 minutes par jour, ce qu'on veut faire en grand dans sa vie. Se découvrir dans l'action concrète et quotidienne plutôt que dans la réflexion abstraite.

C'est 10 minutes par jour. Ça n'empêche pas le reste. On n'a aucune excuse.

Je sors d'une visio avec un client qui était très sceptique. Puis il a compris.

"Personne ne m'aidera s'il n'y a pas déjà quelque chose qui tourne."

Petite victoire.

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Ma gueule à l'accueil

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Je laisse tomber le site sombre et mystérieux.

Les gens voient ma gueule sur la page d'accueil.

J'assume.

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Pets de cerveau

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J'écris un livre. Plus le temps d'écrire une note de journal par jour.

À la place, je mets en place ce système de "microblogging" pour partager ce qui m'intéresse au fil de la journée : idées, liens, images...

Oui, je fais comme Musk et Trump : je crée mon propre réseau social. (Que je devrais appeler "Trou Social" en référence à Trouville. Mais non.)

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Faire des efforts ?

Faire des efforts ?

Lorsque vous êtes aligné·e, ça se passe ainsi :

Vu de l'extérieur, vous êtes une bête de travail. Vous faites ce que personne d'autre ne peut faire et on vous admire pour votre volonté et votre acharnement.

Vu de l'intérieur, c'est une rigolade. Ça ne se fait pas tout seul, non, mais l'action est facile. Les heures passent vite et rien n'est douloureux.

Je pense que l'objectif d'une vie est de construire cet alignement.

Qui n'existe que pour vous – personne ne peut vous l'imposer, ni vous le proposer. C'est une quête personnelle.

Peu de gens le trouvent.

Peu de gens le cherchent.

Beaucoup ont abandonné – ou n'ont pas commencé.

Ils prennent pour acquis que le travail est souffrance. Que c'est normal de se faire mal pour survivre, qu'il faut l'accepter, que c'est le lot commun.

Certains en sont même fiers. Leur identité dérive des efforts qu'ils font chaque jour pour accomplir ce qu'ils n'aiment pas. Et ils regardent de haut ceux qui ne font pas pareil.

Certains autres ont trouvé leur alignement et ne comprennent pas pourquoi tout le monde ne fait pas comme eux. Si courir à l'aube a changé leur vie, ceux qui ne s'y mettent pas immédiatement méritent tout ce qui leur arrive.

Parfois, ils persuadent certains de les imiter. Qui se disent alors : puisque c'est si facile pour eux, pourquoi est-ce si dur pour moi ? Je dois être nul·le.

Parce que l'alignement ne se transfère pas.

Il ne se compare pas, ne se vend pas.

Il est différent pour chacun.

Il se construit.

L'unique message qu'on peut transmettre, me semble-t-il, est le suivant :

Il existe.

Oui, pour vous aussi.

Il ne s'agit pas de tout changer du jour au lendemain, mais si vous ne le cherchez pas, vous ne le trouverez jamais.

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Je suis un génie putain

Je suis un génie putain

C'est ce que répète mon personnage dans le film que je viens de tourner à Off Courts.

C'est aussi ce que m'ont dit plusieurs amis après la projection. Un triomphe.

Le secret ? Je l'ai révélé dans cette vidéo plusieurs jours avant le tournage. À ce moment, je ne savais pas ce que j'allais faire. J'étais perdu.

Et j'ai décidé que c'était très bien. Que j'allais complètement lâcher prise.

Je n'allais plus me soucier du résultat, ni de rien. J'allais laisser venir.

C'est une façon de faire que j'ai déjà mise en place dans plusieurs endroits de ma vie, et notamment dans un film précédent, mais jamais à ce point.

Je ne vise plus rien. Je ne contrôle rien. Je ferai le film que les événements me pousseront à faire et ce sera très bien.

Puis, le matin de la session où je devais tourner, j'ai rencontré mes anges gardiens.

Je ne les ai pas cherchées. Elles se sont assises à côté de moi et m'ont proposé leur aide.

Et c'est elles qui ont fait le film.

Sans elles, rien ne serait arrivé.

Si j'avais choisi de "prendre les choses en main", de "réunir une équipe" et de "trouver les bonnes personnes" pour "faire ce que j'ai en tête", je n'aurais pas accompli le quart de ce que nous avons fait ensemble.

Bien sûr, j'ai "réalisé". L'histoire vient en partie de moi.

Mais jamais je n'aurais pu m'exprimer ainsi si je n'avais pas été entouré de cette efficacité et de cette bienveillance. Et ça, je ne l'ai pas choisi. Je n'y suis pour rien.

Donc oui, j'ai fait un film, si on veut. Mais en fait, non. Il s'est fait tout seul.

Mon vrai travail était de laisser faire.

Le film est à voir ici.

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Sondage de rentrée (newsletter)

Sondage de rentrée (newsletter)

Ma technique fonctionne.

Quand les gens me demandent "je me suis abonné·e à ta newsletter et je ne reçois rien", plutôt que de leur dire la vérité (je n'ai rien envoyé), je passe à l'offensive :

"Ta boîte email est-elle bien configurée ? T'es-tu inscrit·e sur la bonne liste ? Ton revenu annuel dépasse-t-il tel plafond ? Mérites-tu réellement de recevoir ma newsletter ?"

Parce que, voyez-vous, en observant les grands de ce monde, j'ai compris quelque chose :

Le succès se construit sur la culpabilité des autres.

Il est très difficile de manipuler les gens qui ne remettent jamais en cause leur légitimité d'exister sur cette planète.

Donc il faut commencer par introduire un doute.

Voici les étapes que j'ai identifiées chez les champions du domaine :

  1. Commencez par inventer une obligation ou une norme. Elle n'a pas à être justifiée tant qu'elle est presque impossible à atteindre.
  2. Répétez-la en boucle par tous les moyens possibles sur une longue période. Si vous avez accès à des médias, c'est idéal.
  3. Quand vous avez besoin de contrôler quelqu'un, montrez-lui en quoi il ou elle est en violation de cette norme très importante que vous avez fabriquée.
  4. Utilisez la culpabilité résultante pour lui faire faire ce que vous voulez.
  5. Enjoy.

Ça marche très vite sur les plus fragiles – les pauvres, les tristes, les mal intégrés.

Quand vous avez embarqué ceux-là, vous pouvez utiliser la pression de groupe pour convaincre les autres.

C'est pourquoi, afin de maximiser mon ascendant sur vous, cher lecteur, chère lectrice, je vous propose de répondre à ce petit sondage qui me renseignera sur vos principales insécurités pour mieux vous manipuler.

(Inutile de me répondre par mail, articulez directement vos réponses à voix haute : ce message est équipé d'un dispositif IA qui écoute et interprète vos réponses automatiquement.)

Sondage de la rentrée

J'ai souvent du mal à m'exprimer librement parce que...

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Jugement et objectif

Jugement et objectif

Avez-vous remarqué que votre vie est plus ou moins organisée ainsi :

  1. Vous posez un jugement sur la situation, positif ou négatif,
  2. Vous implémentez un plan pour corriger cette situation,
  3. Votre plan a-t-il échoué ou réussi ? Réponse à l'étape 1.

Où est le mal, me direz-vous ?

Finalement, c'est un processus auto-correctif : à chaque itération, on améliore un peu les choses. Alors pourquoi ne pas s'organiser ainsi ?

Deux aspects me gênent.

D'abord, l'étape 2 est inconsciente.

Par là, je veux dire que durant la phase d'exécution, on n'est pas présent.

Au lieu d'être disponible au monde et aux événements qui surviennent, on a les yeux rivés sur l'objectif.

Or, cet objectif est un concept. C'est une vision du monde fabriquée dans le passé. Qui est toujours d'actualité – ou non. Qui est réalisable – ou pas. Qui est dans notre meilleur intérêt – qui sait ?

C'est une décision intellectuelle basée sur un jugement (étape 1) qui prend le pas sur le présent. Suivre l'objectif devient plus important que suivre le flot.

"Mais on peut ajuster", me direz-vous. "Si on voit qu'on va dans une mauvaise direction, on peut toujours changer d'objectif."

Le peut-on vraiment ? En tous cas, c'est mal vu.

Quelqu'un qui change trop souvent d'objectif est considéré comme inefficace, inconstant, peu digne de confiance. Faible. "Il ne sait pas gérer les obstacles." "Il abandonne trop vite." "Il n'arrive pas à mener une mission à bien."

Notre société valorise ceux qui poursuivent l'objectif malgré le présent. Ceux qui savent garder le cap malgré les signaux contraires. Malgré les alarmes, malgré les crises, malgré les morts. ("Un vrai leader".)

C'est pourquoi, quand on échoue, on est souvent poussé à remettre en cause l'étape 2 – et c'est le deuxième point qui me gêne :

On s'en veut d'avoir mal fait, mal exécuté, de ne pas être assez fort, assez courageux, assez persistant. C'est notre faute.

Alors que le diable, pour moi, se cache dans l'étape 1 :

Dans le jugement. Dans l'intention. Dans le désir de contrôle.

Si ma vie s'est améliorée depuis 7 ans, c'est parce que j'ai travaillé sur cette étape-là.

Je juge toujours (bien sûr), mais moins. Et plus les mêmes choses. Et quand mon jugement a commencé à se transformer, mes actions aussi.

En acceptant davantage, on met fin à certaines croisades creuses. On passe moins de temps dans sa tête, tendu vers un futur imaginaire, et plus de temps ici et maintenant.

On accepte de faire confiance au présent et à ce qui survient naturellement.

"Réussir" et "rater" perdent un peu de leur autorité sur nos vies.

Et honnêtement, c'est reposant.

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La vie qui te va

La vie qui te va

Si vous ne faites pas exactement ce que vous voulez dans la vie, il y a un problème.

Bien sûr, il peut y avoir des périodes d'urgence.

Trois jours, trois mois ou trois ans où il faut ramer. Gérer l'argent, la famille, la santé. C'est normal.

Mais trop souvent, l'urgence devient le long terme.

Les mesures qu'on met en place pour survivre deviennent la direction.

Le petit boulot devient la profession.

Le soutien temporaire devient le partenaire de vie.

La maladie devient l'identité.

L'urgence temporaire devient l'excuse permanente.

Par faiblesse ? Par conformisme ? Par confort ?

Non : parce qu'au fond, on ne sait pas ce qu'on veut.

On a pris l'habitude de dire oui ou non à ce qu'on nous propose.

De se réjouir ou de se plaindre de ce qui arrive.

De mettre à jour le train-train et d'appeler ça changement.

Mais construire du neuf, à partir de rien, depuis l'intérieur ?

C'est très rare.

Et je ne parle pas d'entrepreneuriat. La plupart des entrepreneurs ne font que reproduire des schémas, eux aussi.

D'ailleurs, ce n'est pas une question d'argent ou de réussite.

Ni de gagner sa vie, ni de trouver l'amour, ni de changer le monde.

C'est une question de quoi, exactement ?

C'est ça, la vraie question. Le point de départ.

Si vous pouviez faire ce que vous vouliez, quel serait l'enjeu fondamental de votre vie ?

Ou, de façon plus honnête :

Puisque vous n'avez pas encore trouvé cet enjeu, qu'allez-vous mettre en place pour le construire ?

Spoiler alert : réfléchir ne suffira pas. Ce n'est pas une décision intellectuelle.

Il faudra trouver dans l'action.

Alors quel est votre plan ?

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Être libre

Être libre

On n'est pas libre deux jours par semaine ou cinq semaines par an.

On n'est pas libre seulement quand on n'a pas de rendez-vous.

On n'est pas libre juste au début ou à la fin d'une vie.

On n'attend pas d'être libre.

Soit on est libre tout le temps, à chaque instant, soit on ne l'est jamais.

"Je dois finir ça et après, je serai libre."

Non.

Si les circonstances vous empêchent d'être libre, ce n'est pas la liberté que vous cherchez : c'est la permission.

Être libre ne peut pas dépendre d'une contingence extérieure – par définition.

C'est une décision intérieure. La reconnaissance d'un état.

C'est choisir d'abandonner l'illusion qu'on n'est pas libre.

Cette décision peut être prise à tout moment.

Elle ne demande aucun effort, aucune préparation.

Elle est instantanée, à effet immédiat.

Elle est performative : la décision suffit.

Elle ne coûte rien, à personne.

Alors allez-y. Maintenant.

Si vous attendez une seconde, vous attendrez toute votre vie.

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Nouvelle approche photo

Nouvelle approche photo

Pour la faire courte : je ne me soucie plus de la qualité technique.

Avant, comme de nombreux photographes et réalisateurs, j'étais très préoccupé par le fait de "préserver la qualité de l'image".

On shoot "en log" ou "en raw", en résolution maximale, afin de garder le plus de latitude possible pour la post-production. C'est là que se font les vrais choix.

Maintenant, je décide tout à la prise de vue, sans possibilité de changer ensuite.

Formats, couleurs, cadrage : tout est fixé dans l'instant. Je ne retouche rien.

Puis quand je rentre chez moi, je jette immédiatement 98% des photos. Tout de suite, sans état d'âme.

Même celles que j'aurais gardées auparavant "parce qu'elles sont pas mal".

Soit je sens un élan inexplicable, soit je balance.

Et oui, du coup : j'ai laissé tomber l'argentique. Je crois que j'en faisais par snobisme.

Soyons honnêtes, j'adorais le résultat. Le grain, le caractère. La noblesse de la pellicule.

Maintenant, je ne suis plus intéressé que par le process.

La spontanéité. La décision dans l'instant. Le choix irréversible qui capture l'émotion d'un moment précis.

Tellement de ce que je faisais avant était construit sur la peur du regret. Tout conserver juste "au cas où". Mais en bout de course, ça ne faisait que s'accumuler. Pour rien.

Je ne veux plus accumuler.

Après trois jours de cette pratique, j'ai déjà appris des choses très fortes sur mes propres goûts que je n'avais pas identifiées après des décennies de raw et d'argentique.

Je ne suis pas fan des photos de gens – même quand je capture de beaux moments. Ni trop de paysages.

J'aime la matière, la texture. Les recoins bourrés de détails, denses, riches, avec un peu de luminosité ici et là.

C'est ça, la question centrale de mon exploration photographique actuelle, mais aussi de tout ce que je mets en place en ce moment :

"Qu'est-ce que j'aime, finalement ?"

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Ma nouvelle politique image (IA et photo)

Ma nouvelle politique image (IA et photo)

Image créée avec "Grigne".

D'abord : l'IA.

Ma politique est la suivante : j'utilise l'IA pour créer des outils, pas du contenu.

Donc pour programmer, ponctuellement.

Par exemple : j'ai utilisé Claude Code pour créer les scripts qui alimentent ce site. (J'écris mes notes sous Obsidian et c'est synchronisé en direct.) J'en reparlerai.

Mais maintenant que le site tourne, l'IA ne sert plus.

Autre exemple : l'IA m'aide à coder mon programme d'art génératif (baptisé "Grigne"). J'en reparlerai aussi – c'est un dada que j'ai depuis longtemps.

Mais quand le programme tourne, plus besoin d'IA.

Donc j'ai une utilisation soutenue pour créer l'outil – quelques semaines – puis une utilisation minime le reste du temps.

(Oui, je suis encore en conflit interne avec cet usage. Vous pouvez m'engueuler dans les commentaires.)

Mais je n'utilise jamais l'IA pour écrire du texte ni produire des images.

Non pas que je n'aie pas essayé.

Plusieurs fois, j'ai voulu voir si Claude pouvait m'aider à rédiger. Par exemple des choses qui m'ennuient.

Et je me suis rendu compte que non, pas du tout. Ça n'a même pas de sens.

Car aujourd'hui, ma vie s'organise ainsi :

  • Soit j'écris quelque chose qui me plaît, que je suis le seul à pouvoir faire et que je n'ai aucune envie de déléguer. L'activité elle-même est le plaisir.
  • Soit je n'écris pas.

Et pour les images : pareil.

Le plaisir, c'est de faire les dessins, de prendre les photos.

Peu à peu, j'ai sorti de ma vie (personnelle et professionnelle) la nécessité de produire un quelconque contenu que je n'aurais pas envie de créer moi-même.

Ce n'est jamais nécessaire.

C'est même la raison principale pour laquelle j'ai arrêté la production audiovisuelle.

(En toute honnêteté, j'ai fait une entorse à cette philosophie pour ma websérie Panique dans l'espace ! Au départ, je faisais tous les fonds à la main sous Blender. Puis j'ai craqué à la fin, quand Midjourney est devenu suffisamment fort pour m'aider.)

Je ne jette pas la pierre à ceux qui s'organisent autrement, bien sûr.

Mais à titre personnel, si vous m'écrivez un message ou que vous m'envoyez un dessin, je préfère court, personnel et imparfait. Sinon, je ne garantis rien.

J'ai également changé ma philosophie photo. On en parlera demain.

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Ma bataille contre la perfection

Ma bataille contre la perfection

Avant, quand j'achetais du matériel, je voulais toujours "le meilleur".

Le meilleur carnet, la meilleure caméra, le meilleur instrument.

La qualité technique me semblait être la fondation sur laquelle j'allais construire ma pratique. ("Un bon ouvrier a de bons outils.")

Avec l'idée que si je ne prenais pas le meilleur, j'allais le regretter à un moment.

"Si je fais un chef-d'œuvre sur un mauvais support technique, il risque de ne pas avoir la carrière qu'il mérite !"

La technique n'était d'ailleurs pas qu'une question matérielle : c'était aussi une question de maîtrise.

Pas question de dessiner avant d'avoir appris les bases de la perspective, de l'anatomie, de la théorie des couleurs...

Autrement dit : je créais pour un public imaginaire qui allait juger le résultat. Sur des bases purement techniques.

Ce public existe, bien sûr.

C'est le public des professeurs, des juges, des critiques.

Tous ceux qui ont souffert trop longtemps de l'apprentissage technique pour laisser les autres s'en tirer à bon compte.

Mais en créant pour ces gens-là, on finit par éluder une question bien plus importante :

"Est-ce que ça me plaît ?"

Cette ligne, cette histoire, cette image... me plaît-elle ?

Suis-je capable d'oublier la conformité technique pour simplement déceler si... je ressens quelque chose ? Un élan ? Une joie ?

Quand on commence à centrer son travail autour de cette question, tout change.

La technique n'est plus le socle. C'est une conséquence.

Le matériel et le savoir-faire ne sont plus des prérequis douloureux. Ce sont des prolongements du geste.

J'apprends parce que j'aime. Je pratique parce que l'action me plaît.

En sachant pertinemment que si je partage ce travail, il sera critiqué par certains.

Mais il sera apprécié par d'autres.

Et ces autres, c'est mon public.

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Deux souffrances

Deux souffrances

Drôle de lumière sur la plage hier.

Je pense qu'il existe deux types de souffrances.

La première est due "aux actes de Dieu".

Tout ce qu'on ne contrôle pas : les accidents, la maladie, les deuils, les catastrophes, petites ou grandes.

Certains disent qu'on devrait plutôt appeler ça "douleur", justement parce qu'on n'y peut rien.

Pour faire la différence avec la "souffrance" qu'on crée soi-même :

La couche supplémentaire de mal-être entièrement optionnelle qu'on s'inflige sans s'en rendre compte.

Elle se crée petit à petit. Elle s'accumule.

Et je crois que sa cause principale est la suivante :

Ne pas exprimer qui on est.

Dès qu'on agit contre soi. Dès qu'on laisse l'intellect prendre le dessus et contredire ce que le "moi profond" souhaite.

Dès qu'on ne suit pas la joie.

Oui, oui : c'est pas toujours facile.

Parfois on confond la joie avec le plaisir, avec le désir, avec l'envie.

Parfois, on est certain que la joie se trompe et que l'intelligence est "la voix de la raison".

Dans ce cas, le retour de bâton ne vient souvent pas tout de suite. Pendant un temps, on peut penser "qu'on a bien fait".

Mais avec le temps, ces écarts à la joie s'accumulent.

À terme, ils créent cette identité qu'on maintient et qui nous pèse.

Ils sont responsables de l'anxiété du matin. De nos hésitations face à l'évidence.

Ils paralysent l'action pure et nous piègent dans notre tête.

Le seul remède à long terme :

Agir selon sa nature.

Exprimer qui on est.

Suivre la joie.

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La Terre, le climat & nous

J'ai créé cette chronologie interactive pour deux raisons :

  1. Me faire une idée de notre place sur Terre. À l'échelle géologique, l'Homme est arrivé si récemment que notre présence est à peine visible. Pourtant, tellement de choses se sont passées au cours du dernier millénaire, du dernier siècle... et même de ma vie ! J'ai tenté de concilier ces deux échelles grâce à un zoom exponentiel qui permet de passer de l'une à l'autre d'un mouvement de doigt. Le résultat m'a scotché.
  2. Répondre à ceux qui disent "le climat a toujours varié, c'est pas nouveau !" C'était mon intention de départ. Me faire une idée plus claire de pourquoi on est dans la mouise en regardant l'évolution du CO2 dans l'atmosphère. Et malheureusement, c'est très, très clair.

Cliquez sur le petit carré en haut à droite pour passer en plein écran puis faites glisser le curseur pour dézoomer le temps ⬇️

Chronologie interactive : échelle géologique et concentration de CO₂.

Sur l'échelle géologique, avez-vous remarqué :

  1. Avant nous (Cénozoïque), et avant les dinosaures (Mésozoïque), a eu lieu une période encore plus longue (Paléozoïque) où la vie a explosé d'un coup ("explosion du Cambrien") puis 90% des espèces ont disparu.
  2. Le premier éon, l'Hadéen, où la planète était en fusion, semble court. Mais il dure aussi longtemps que le Phanérozoïque – la période de la "vie visible".
  3. On l'appelle ainsi car les fossiles y deviennent enfin visibles ; au départ, les géologues pensaient qu'il s'agissait du début de la vie tout court. Puis on s'est rendu compte que les premières formes de vie étaient beaucoup, beaucoup plus anciennes.

Sur le CO2, vous pouvez voir que :

  1. Le fameux graphe "en crosse de hockey" : le CO2 qui explose à l'ère industrielle, qu'on remonte à -1000 ou à -10 000. C'est ce qui inquiète tout le monde.
  2. Il faut remonter autour de -10 millions d'années pour retrouver un niveau de CO2 comparable (quand la ligne en pointillés rouges, qui indique le niveau actuel, croise le graphe).

Contrairement au test précédent que j'avais codé à la main, cette exploration a été vibe-codée avec Claude Code : le code a été généré par étapes, au cours d'une dizaine de versions qui sont publiques et visibles sur github.com.

Les données viennent de la charte chronostratigraphique internationale (ICS, v2024/12) via l'API de Macrostrat.

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Se rassembler

Je crois que c'est l'objectif.

La société nous pousse à être plein de choses :

Famille, travail, amis, hobbies, vacances...

Un peu comme si on changeait de personnalité à chaque fois.

Et chaque personnalité a ses propres règles et objectifs.

"Quand je suis en famille, je veux toujours que..."
"En milieu professionnel, il ne faut jamais que..."
"En vacances, il est hors de question de..."

Nulle part, on ne peut être entièrement soi-même.

Partout, il faut cacher quelque chose. Ou faire semblant.

Et je pense que cette façon de faire est contre-productive.

Elle nous diminue partout. Autant dans le privé qu'en public. Elle nous empêche de nous accomplir, de trouver notre mission.

Le principal fossé pour moi se situait entre mes comptes personnels, où je parle d'alignement et de présence, et mes comptes professionnels, où je parle de stratégie narrative.

Les deux sont extrêmement liés, bien sûr.

Mais longtemps j'avais peur de passer pour un "charlatan" auprès de mes clients pros, et pour un "vendeur" auprès de mes abonnés persos.

J'étais bloqué.

Mais au cours des derniers mois, semaines – et surtout des derniers jours – tout est en train de fusionner.

La présence. L'alignement. La liberté. Le discours. La communication. Le privé. Le travail. La mission.

Je vois comment chaque aspect est nécessaire en même temps pour aider les gens que j'accompagne. Et pour être moi-même.

Je vois surtout que les clients comme les abonnés qui ne voulaient qu'une partie de moi, sans le reste, n'ont plus de place dans ma vie.

Je peux le dire avec certitude maintenant que j'ai rencontré tellement de gens qui m'acceptent en entier.

Attention, néanmoins : ces gens ne sont pas apparus tous seuls.

Ils sont entrés dans ma vie quand j'ai commencé à me présenter tel que je suis.

C'était ça, le début du travail.

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Le mauvais équilibre

C'est ce que j'entends beaucoup de gens dire dans les commentaires quand je parle de présence, de futur ou d'habitudes :

"Il faut trouver un équilibre."

Ça semble raisonnable, n'est-ce pas ?

Prendre en compte l'idée sans tomber dans les extrêmes – qui peut s'opposer à ça ?

Moi ! Je pense que c'est une mauvaise approche.

C'est la méthode du pauvre. Le refuge du paresseux qui ne veut pas se remettre en question.

Lorsqu'une nouvelle idée est introduite, et qu'on réalise qu'elle est importante, l'objectif n'est pas de faire 50/50 avec l'ancien.

"J'ai découvert que tuer était mal donc j'ai trouvé un équilibre : 50% génocide, 50% jardinage". Ça ne marche pas.

C'est souvent une excuse pour conserver les comportements les plus toxiques d'avant sans transformer le plus important.

Si une idée change tout, il faut la laisser tout changer.

Par là je veux dire : il faut faire le travail de suivre ce qu'elle implique dans la vie, dans le comportement, dans le quotidien.

Il faut accepter qu'elle s'immisce dans chaque recoin et qu'à terme, elle impacte chaque aspect de l'existence.

Oui, ça peut prendre du temps.

Non, ça ne se fait pas du jour au lendemain.

Oui, entre-temps, on va passer par tout un tas d'équilibres intermédiaires entre la personne qu'on était et celle qu'on devient.

Mais ces équilibres intermédiaires ne sont pas le résultat.

Encore moins l'objectif à atteindre.

Quand on navigue vers une lumière à l'horizon, on ne s'arrête pas à son reflet dans la flaque d'eau devant soi.

On regarde au loin. On part sans connaître le chemin.

Et l'aventure commence.

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Les mots de ta journée

Clique sur les mots pour révéler ta journée puis télécharge ton image. Ils ne doivent pas se superposer ni toucher les bords !

Oui, c'est moi qui ai programmé ça. Non, pas "vibe-codé".

J'ai tapé chaque ligne moi-même pour apprendre le JavaScript. Oui, avec l'aide de Claude quand j'avais des questions de syntaxe parce que c'est un nouveau langage pour moi.

L'objectif n'est pas de faire des mini-jeux New Age – même si c'est toujours rigolo.

Depuis un moment, j'ai envie de me plonger plus profondément dans certains sujets : analyser les données moi-même, comprendre ce que les journaux ne disent pas.

Puis créer des représentations visuelles claires pour partager mon point de vue.

Au départ, je voulais faire ça avec les langages que je connaissais (C, Python, Lisp, etc.).

Puis j'ai réalisé l'intérêt d'utiliser un langage qui était immédiatement partageable. Qui permettait de créer des animations et des interactions directement dans un navigateur, sans rien avoir à installer ou à télécharger.

C'est vraiment ça, le pouvoir du JavaScript.

Publier un graphe, c'est bien.

Mais quand le visiteur peut lire les données originales, interagir avec le schéma et rendre son expérience plus personnelle immédiatement, ça change tout.

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Être plus spontané

Oops, I did it again! Deuxième "podcast", plus long.

Le logiciel de prise de notes dont je parle dans la vidéo, c'est Obsidian.

C'est gratuit. Toutes les notes sont des fichiers texte très légers sur votre ordinateur (→ pas besoin d'être connecté, on peut travailler dans le train) mais qui peuvent quand même être synchronisés entre vos appareils (je paye l'abonnement à 4€/mois pour les soutenir parce que j'adore ce qu'ils font).

Le gros avantage est que ça permet de créer des liens entre les notes, un peu comme sur Wikipedia. Et il y a plein de plugins pour gérer le calendrier, les tâches et faire que tout soit joli.

Le markdown est une manière d'ajouter des titres, sous-titres, liens, images (...) tout en conservant un fichier texte qui ne pèse rien et qui peut être ouvert par n'importe quel logiciel.

Ça a changé ma vie, je recommande.

Et sinon, c'est mon deuxième épisode de podcast.

Je ne l'ai pas écouté mais... j'en suis content. J'ai pris beaucoup de plaisir à le faire.

Et si vous avez un sujet ou une question à laquelle vous voulez que je réponde...

Posez-la-moi.

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Ne rien préparer

Je regarde les vidéos de Hank Green, un YouTuber américain qui parle de sujets de société.

Je l'aime bien. Il est à son bureau. Il parle naturellement, de façon très impliquée. La vidéo est montée pour couper les blancs.

Ça a l'air simple à faire.

Je me dis "j'aimerais bien faire la même chose".

J'allume OBS (logiciel pour se filmer). Une lumière.

J'enregistre pour faire un test technique.

Je parle un peu pour tester le son.

Finalement je parle 18 minutes.

Je poste sur YouTube, sans montage :

Je parle justement de l'improvisation (et de la vieillesse, dieu sait pourquoi).

Honnêtement, je n'ai même pas regardé jusqu'au bout.

J'ai regardé le début. J'ai trouvé ça pas mal. Avec un ou deux passages un peu poussifs.

Tant pis, ça ira.

Je ne sais pas si c'est un test isolé ou le début de quelque chose.

On verra.

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Magie et pensée magique

J'ai récemment écrit une note pour dire que, bon an mal an, toutes vos obligations se régleront toutes seules par magie.

Est-ce que j'y crois vraiment ? Oui. Vraiment.

Mais ça demande quand même un travail.

C'est ça qui peut être difficile à comprendre.

On se dit que la magie devrait marcher... par magie. On agite sa baguette et "blim !", ça arrive.

Mais non. Un travail est requis. C'est ce qui sépare la magie de la "pensée magique".

La pensée magique, c'est espérer qu'un événement va se produire parce qu'on le veut très fort. Sans aucun investissement personnel.

C'est une approche que j'observe parfois chez certains entrepreneurs qui tournent en rond :

L'idée que leur business va décoller comme ça, un jour, sans qu'ils ne changent rien. Que les rouages vont se débloquer tous seuls. Qu'un matin, ce qui ne marchait pas la veille marchera sans raison.

Souvent, ils s'inspirent d'autres entrepreneurs qui auraient décollé ainsi, du jour au lendemain. "Par chance". Alors pourquoi pas eux ?

Sauf que ce n'est jamais de la chance.

J'ai maintenant accompagné suffisamment de monde pour en témoigner sans le moindre doute :

La chance, comme la magie, nécessite un travail.

Elle se prépare, s'apprend, se met en place.

Suffisamment de livres ont été écrits sur "créer sa chance" : l'entrepreneur qui passe son temps là où se trouvent les opportunités n'est pas "chanceux" lorsqu'il en saisit une. C'est la récompense d'un long travail que les autres ne voyaient pas.

C'est pareil pour la magie.

Il ne suffit pas de dire "Abracadabra" au dernier moment.

Il faut, auparavant, avoir renoncé à une certaine forme de contrôle.

Il faut avoir fait un peu de place, à l'intérieur et à l'extérieur.

Il faut avoir accepté de marcher sur un chemin qu'on ne voit pas.

Il faut s'être rendu disponible à la danse, au jeu, au présent.

Et avoir accepté qu'on fait partie d'un tout qui nous dépasse.

Sinon, la magie ne se produit pas.

Ou pire : elle se produit.

Mais on ne la voit pas.

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Le paradoxe spirituel

Ça fait longtemps que je sais qu'il existe mais hier, j'ai réussi à le formuler clairement pour la première fois.

Imaginons que vous êtes souvent en colère. Et vous souhaitez l'être moins. (Mais ça marche aussi avec la tristesse, la peur, la jalousie, etc.)

Pourquoi ne pas tenter la méditation ? C'est censé calmer, non ?

Donc vous vous lancez. Avec ou sans app. Chaque jour, vous prenez un temps pour méditer.

En attendant le moment où vous ne vous énerverez plus.

Mais quand, après plusieurs semaines ou mois d'efforts, vous vous trouvez exactement au même point, vous allez consulter le gourou local qui, s'il vaut son sel, vous révèlera que...

Ça n'avait aucune chance de marcher.

Ah bon ? Mais... N'y a-t-il pas plein de gens qui se sont calmés grâce à la méditation ? Pourquoi ça ne marche pas avec moi ?

À cause du paradoxe de la spiritualité.

Qu'on pourrait formuler ainsi :

Méditer, c'est accepter.

Et effectivement, quand on accepte pleinement une émotion, elle a tendance à disparaître. Ou à se manifester différemment, en tout cas.

Sauf si c'était votre objectif au départ.

Autrement dit :

Si vous acceptez pleinement votre colère, elle aura tendance à disparaître... sauf si c'était votre but !

Ce qui est parfaitement logique, en réalité.

Car si votre but était de la faire disparaître, alors l'acceptation n'était pas sincère. C'était un outil, une façade.

Vous faisiez semblant – parfois sans vous en rendre compte.

Or, c'est la paix que vous faites avec l'émotion qui la neutralise.

Mais vous n'avez jamais voulu la paix. Pas vraiment.

Vous vouliez vous en débarrasser.

Au lieu de l'accueillir.

Et de l'intégrer.

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Gérer ses obligations par magie

Être présent, c'est être pleinement immergé dans l'instant.

C'est être curieux de ce qui survient maintenant.

C'est être entièrement absorbé par la tâche actuelle.

Mais aussi : c'est laisser le présent évoluer.

Ce que je fais maintenant se transforme naturellement en ce que je fais après, sans avoir besoin de décider quoi que ce soit.

Ah ! Voilà l'obstacle.

Car si j'ai une obligation dans une heure, alors je ne peux pas laisser le présent se déployer librement.

Certaines actions que je pourrais amorcer ne sont pas compatibles avec mes rendez-vous et mes tâches imminentes.

Donc je dois embrasser le présent... tout en filtrant ce qu'il me propose. "Ça, oui. Ça, non. Ça, pas le temps."

Ces décisions ramènent de la réflexion dans l'instant.

On ne surfe plus. On juge, on prévoit.

Et nous revoilà dans notre tête.

Alors comment faire ?

C'est tout simple. Voici la solution :

Toutes les obligations réellement importantes seront accomplies dans le futur par magie.

Et voilà ! Plus de problème !

Il suffisait d'y penser.

Pas convaincu·e ?

Ça marche, pourtant.

Et si vous ne croyez pas en la magie, appelons ça la foi.

Ça commence ainsi :

Je n'ai pas besoin de porter toutes mes obligations futures sur le dos, comme un poids perpétuel.

Je n'ai pas besoin de faire un rétroplanning de ma journée (et de ma vie !) qui remonte jusqu'à l'instant présent.

Je peux simplement faire ce que je fais maintenant. Me plonger entièrement dans l'action qui se déroule, sans penser au reste.

En abandonnant tout contrôle, je me place sur un nouveau chemin.

Ce chemin n'est pas visible. Il se révèle au fur et à mesure.

Mais il passe par tous les points importants de ma journée.

Il coche toutes les cases qui comptent.

Celles que j'ai prévues. Et celles que j'ignore.

Je ne dis pas que c'est facile, hein.

Quand on a l'habitude de tout contrôler, tout prévoir, ça fait peur.

D'autant qu'il n'existe aucun moyen de se rassurer intellectuellement. Ça n'a rien à voir avec l'intelligence.

C'est une question de foi. De liberté. De confiance.

Mais autant que je puisse en juger, ça marche.

Alors au lieu de vous laisser déborder par vos obligations, je vous propose de faire la chose suivante :

Arrêtez tout. Posez-vous un moment.

Fermez les yeux.

Prenez une grande inspiration.

Laissez le présent se déployer.

Puis, calmement, répétez avec moi :

Abracadabra.

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Le corps, moteur de la création

C'est le sujet de ma (courte) intervention cet après-midi à l'Assemblée générale des Ateliers d'Art de France.

Voici le déroulé :

1. Apprendre à gérer l'anxiété sans résoudre les problèmes

Les problèmes ne s'arrêteront jamais. Jamais !

Un peu comme la "fin de l'histoire" qu'on nous avait prédite après la chute de l'Union Soviétique.

"Plus rien n'empêche la paix !"
"L'économie va fleurir !"
"Les dictatures vont tomber !"

Tu parles.

Pareil dans la vie : les problèmes ne disparaissent jamais.

Ils se transforment, se renouvellent.

Sans compter l'ultime problème vers lequel on se dirige tous.

Donc, si vous attendez d'avoir tout résolu pour vous sentir mieux... vous allez attendre longtemps.

Le jeu est alors de trouver la paix malgré les problèmes.

Sans chercher l'action qui va tout régler. Elle n'existe pas.

2. Les émotions sont manufacturées à l'intérieur. Puis projetées à l'extérieur.

"Il m'énerve !"
"Elle me fatigue !"
"Cette situation me stresse."

On parle comme si les émotions étaient créées par les gens et les événements autour de nous.

Oui : le monde extérieur peut servir de déclencheur.

Mais l'émotion, elle, est toujours manufacturée à l'intérieur.

Elle vient de nous, elle est créée en nous.

Mais on n'en veut pas alors on projette.

"C'est sa faute ! C'est la société ! C'est le système ! C'est mon ex ! C'est ce coin de table !"

Mais en externalisant l'émotion, en l'attribuant à l'autre, on se prive du principal levier dont on dispose pour la gérer.

Parce qu'on peut gérer l'intérieur. Pas l'extérieur.

3. Le corps est le carnet de notes de la pensée

Les pensées sont immatérielles. Elles passent. Elles filent.

C'est le fameux "fil de la pensée" qui avance à toute vitesse par association d'idées.

Fromage. Lait. Vache. Normandie. Débarquement. Soldat Ryan. Spielberg. ET. Planète... Hein ?

Alors que les émotions, elles, sont ressenties dans le corps.

La boule dans l'estomac. La gorge qui se serre. Le souffle court.

Elles ont une demi-vie plus longue que les pensées. Une émotion n'est pas remplacée instantanément par la suivante. Elle dure.

C'est pourquoi notre cerveau, quand il perçoit une idée importante, inquiétante, dangereuse... lui associe une émotion.

Les pensées défilent à toute vitesse quand soudain... On sent une boule dans l'estomac. Qui reste.

"Ah, c'est vrai... Je n'ai pas résolu tel problème."

L'émotion sert d'ancre à la pensée qui risquait de fuir.

Mais parfois, le contraire se produit : l'émotion crée la pensée.

La boule dans l'estomac est déjà là – parce qu'on a mangé trop gras la veille – et le cerveau cherche la pensée problématique.

Quand il ne la trouve pas : il prend la première qu'il trouve. Ou il l'invente, tout bonnement.

L'anxiété est créée à partir de rien.

4. L'important n'est jamais intellectuel. Le piège de la logique.

Le premier réflexe pourrait être de gérer les émotions par la pensée.

Dans mon expérience, c'est rarement une bonne piste.

Car malgré le crédit qu'on lui accorde, la pensée construite est souvent un piètre outil de décision.

Pour plein de raisons :

  • La logique est commune à tout le monde. Elle ne prend pas en compte votre spécificité.
  • Elle s'appuie sur le contexte très restreint qu'on lui donne. Si vous oubliez un élément clé de votre enfance, ou une préférence non exprimée, le raisonnement ne tient plus debout.
  • Elle gère mal le caractère exponentiel de certains éléments. Dans une colonne pour ou contre, on ne réalise pas que la troisième ligne est 100 000 fois plus importante que les autres et compte autant que tout le tableau.

C'est pour ça qu'on résiste parfois aux idées qui ont l'air bonnes "sur le papier".

La logique est infaillible, la réponse est claire, et pourtant...

On recule. On retarde. On ne se résout pas.

Parce que le corps sait.

Il se souvient – même inconsciemment – de tous les éléments marquants de notre vie. Il connaît l'importance de chacun.

Il pèse l'ensemble de ces facteurs à chaque décision.

Ce qui ne lui donne pas toujours raison, bien sûr.

Mais son apport doit être pris en compte.

5. Le corps, source de la création

C'est pourquoi, récemment, j'ai changé mon processus de décision.

Je ne réfléchis plus intellectuellement aux problèmes.

Je ne pèse plus le pour et le contre en deux colonnes.

Je ne pondère plus mes options pour la prochaine action.

Je m'expose aux faits. Je ressens les émotions. J'absorbe.

Puis, le moment venu, quand il est temps de choisir...

Je fais.

Comme on saisit un verre sur une table. Comme on attrape une balle.

Sans réflexion. Sans anticipation. Sans regret.

La décision a été prise ailleurs, avant.

Dans un recoin que j'ignore.

Elle est finale.

Et ne crée aucune anxiété.

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