Edmond et la Puce à l'Oreille

Récemment, je retourne au théâtre.

Ouais, je sais pas ce qui me prend : sûrement un début de dépression.

J'ai vu des trucs formidables – dont J'aurais voulu être Jeff Bezos qui joue en ce moment, allez-y !

Et puis j'ai vu... Edmond.

C'est la pièce à très grand succès de cet auteur à succès qui ne fait que des succès. Et honnêtement, j'était enchanté à l'idée de partager l'amour d'un spectacle populaire avec le reste de la France. J'allais rire, être ému puis participer aux conversations de café en criant "Moi aussi je l'ai vu !!" et on se serait remémoré les meilleurs moments en riant tous ensemble. Je me serais peut-être même fait de nouveaux amis.

Et puis... plouf.

Après, c'est toujours délicat de dire du mal d'une pièce qu'autant de monde a adoré. Pour rester sobre, je vais me contenter de dire ceci :

Cette pièce est une merde et tous les gens qui ont aimé sont des cons.

Tant pis pour les nouveaux amis.

Pour faire vite : j'ai trouvé le texte poussif, l'humour ras-les-paquerettes, reposant sur des accents qui bavent et des blagues lourdingues. Un énième remake de Shakespeare in Love sauf que les connexions entre la vie de l'auteur et son oeuvre sont artificielles et anecdotiques – un procédé maladroit qui sert de prétexte à des retournements faciles.

Le tout interprété par des comédiens – sûrement tous très talentueux – qui se relaient de représentation en représentation dans ce qui est devenu du théâtre industriel.

Dans les "plus" : oui, la mise en scène est dynamique, très cinématographique, les scènes s'enchaînant comme dans un film avec un musique qui ressemble à une bande originale. Du cinéma recréé au théâtre. Pourquoi pas.

Puis je suis allé voir La Puce à l'Oreille à la Comédie Française.

Le texte est long – plus de deux heures – mais un vrai plaisir. On sent une troupe qui a eu le temps de travailler chaque scène, chaque dialogue, chaque réplique pour en tirer le maximum d'effet comique – c'est quand même bien pour ça, le théâtre public. On est surpris par des ruptures qu'on n'attendait pas, des gestes, parfois même des cascades qui soulignent et dynamisent le texte, le rendant vif, accessible et moderne.

Et puis le lieu. J'avais oublié comme c'est beau.

Bon, après, je suis peut-être un peu méchant avec Edmond. Ça reste bien construit, bien mis en scène et visuellement très agréable. C'est un spectacle. Si vous y allez avec des amis, vous passerez sûrement une bonne soirée. Et surtout, quand vous sortez, n'oubliez pas d'effacer mon numéro.

ShitScript : Le Retour !

Il y a quelques années, je m'étais mis à écrire des dialogues débilo-existentiels sur un site que j'avais baptisé theShitScript.com (qui n'existe plus).

Entre BD et scénario, ce format permettait de partager les scènes absurdes que je n'avais pas le temps ou pas les moyens de tourner. J'en avais fait quatre ou cinq qui avaient eu un micro-succès.

Problème : dessiner les personnages – même si c'était juste des portraits que je réutilisais – et l'image d'introduction me prenait trop de temps. J'ai laissé tomber après cinq ou six histoires (que je semble avoir définitivement perdues...).

Mais maintenant, grâce à Midjourney & co, plus de problème ! Je vais exploiter ces esclaves numériques pour me concentrer exclusivement sur la partie qui m'intéresse : raconter des histoires.

Voici le premier qui sert de test : Un auteur très confiant.

Je ne sais pas encore comment je vais organiser tout ça, où je vais les mettre sur ce site ni comment ce sera présenté. Ça va bouger. Retours bienvenus.

Ce qui Brille dans le Futur

Petit vague-à-l-âme sur l'autoroute.

Sans raison. Mal nulle part. Pas de nouveau gouffre dans ma vie. Rien qui ne doive m'inquiéter plus que d'habitude.

Puis j'ai compris : rien d'excitant ne m'attendait à Paris. Ni à l'arrivée, ni le soir-même, ni dans la semaine qui s'annonçait. Pas une semaine désagréable en perspective – pas du tout – mais rien qui me rende impatient.

Ce qui m'a fait réaliser deux choses.

La première : mon bonheur tient presque entièrement à l'anticipation de bonheurs à venir.

Il faut que quelque chose brille dans mon futur.

Soit une petite étincelle dans mon futur immédiat : une pâtisserie, un rendez-vous, une distraction. Soit un grand soleil dans mon futur lointain : le succès d’un projet de longue haleine, un changement de vie, la promesse d'un lendemain qui chante.

Étrangement, la taille réelle de l'étoile ne compte pas, seulement sa taille apparente. Si elle est petite, elle doit être proche – je la veux maintenant. Si elle est lointaine, elle doit être grande – que ça vaille le coup. De sorte que son diamètre vu du présent reste toujours à peu près le même : il me faut une certaine quantité de luminosité à l'horizon.

Cette façon de voir permet, me semble-t-il, de comprendre certains comportements.

Les gens sans perspective à long terme, par exemple, ceux qui ont perdu confiance en l’avenir (qui n’ont pas de soleil lointain) compensent souvent par une multitudes d’étincelles à court terme. C’est la première étape des addictions : se vautrer dans les plaisirs immédiats pour oublier l'absence d'une direction globale.

Inversement, il est plus facile de maintenir une discipline jour après jour quand on vise une lumière étincelante à l'horizon. La récompense qui brille au loin permet de mieux supporter les sacrifices du quotidien.

Or justement : dans la voiture, rien ne brillait. Et je me sentais... Las. Sans entrain. Presque déprimé. C’était la deuxième prise de conscience :

Et si c'était ça, mon état de base ? Ma neutralité émotionnelle ?

L'état que je qualifie de "déprimé" est-il en réalité mon état "tout va bien" que j'interprète de travers à cause d'une trop grande dépendance au futur ?

Suis-je devenu comme un drogué trop obsédé par son fixe pour remarquer les sources de joie qui sont devant moi ? Me faut-il nécessairement une récompense à l'horizon pour profiter de l'instant ? Est-il possible que j'aie organisé ma vie (et depuis combien de temps ?) de façon à toujours attendre quelque chose, quitte à l'inventer ? Quitte à gâcher ce qui est ici et maintenant ? Les fantasmes à venir ont-ils désensibilisé mon palais aux émotions plus subtiles à portée de main ?

Mais surtout : puis-je recalibrer mon cerveau pour être moins hypnotisé par le futur et par cette camelote qu'il agite sans cesse devant moi ?

(Réponse : oui, très facilement. Bisou.)

Retour au 59 Rivoli

Je suis retourné par hasard au squat 59 Rivoli.

Quel lieu incroyable ! Quelle ambiance ! Quels talents ! Cinq étages de création ouverts au public. Bravo.

L'artiste écoute de la musique à gauche. Les personnages dansent à droite.
L'Art et la Critique de l'Art en un seul tableau.
Jungles dans la jungle.

Essayez d'y aller par hasard vous aussi, vous serez d'autant plus surpris.

Sophie Le Cam : C’est Bon, Mangez-En.

Avant, je faisais la blague que seule ma mère listait ce blog.

Récemment, j’ai eu la preuve que même pas.

Donc quand je fais la promotion d’une artiste ici, c’est pas comme si ça servait à grand chose et que j’allais rameuter les foules. Mais bon : c’est une sorte de journal. Je note ce qui me plaît.

Et le concert de Sophie Le Cam – comme son concert précédent – m’a beaucoup, beaucoup plu.

J’adore cette nouvelle période de ma vie où je vais voir les spectacles des gens que je connais et je trouve ça formidable. C’était drôle, doux, rythmé, sincère, avec un décalage qui ajoute une personnalité sans phagocyter l’émotion. Et quelques tubes.

Les clips sont très bien aussi – mais si vous avez le choix, allez voir le live.

Et son site est ici.

Smells Like Teen Spirit de Patti Smith

Évidemment, vous écoutez ça en boucle depuis des années, vous, pendant que moi, bêtement, je ne fais rien qu'écouter l'originale – qui est très bien aussi, entendons-nous.

Mais cette version a quelque chose de... charmant. Et rebelle à la fois.

J'aimerais tellement faire le clip d'une chanson comme ça. D'ailleurs, j'aimerais refaire des clips tout court. Je note ça sur ma toudouliste.

Le Présent et l'Action

Je finis par penser que seule la présence compte. Qu'il n'y a, finalement, pas de bonne ou mauvaise action, pas de bonne ou mauvaise décision : seulement de bonnes ou mauvaises raisons d'agir.

Mais que veut dire, au juste, "être dans le présent" ?

Physiquement, bien sûr, on ne peut pas être ailleurs. Personne n'a encore mis un pied dans le passé ou le dans futur. Donc techniquement, on est tous "dans le présent". Mais on peut être dans le présent sans être "dans le flot" du présent.

Être dans le flot du présent, c'est recevoir et se laisser transformer par ce qui se passe à chaque instant.

Quand tout va bien, les évènements, les sensations et les pensées naissent, suivent leurs cours puis disparaissent. Ce cycle court permet d'être sans cesse ouvert à ce qui se arrive ici et maintenant. On peut recevoir le prochain rayon de soleil, la prochaine idée ou la prochaine conversation parce qu'on n'est pas resté pas bloqué sur le contenu précédent. Tout se renouvelle sans cesse en interaction avec le contexte.

Pourtant, souvent, on reste coincé.

On "s'accroche" à une idée, à une pensée ou à une anxiété que, consciemment ou inconsciemment, on fait tourner en boucle. Ce vortex occupe tout l'espace mental : les rayons de soleil et les prochaines conversations sont bloquées à l'extérieur. Le présent continue de se dérouler mais on n'en tient plus compte ; on ne se laisse plus transformer par ce qui arrive. On est "bloqué" au point du passé où s'est formée la pensée qu'on entretient.

Les boudhistes appellent ça un attachement.

Je suis "attaché" à un contenu mental comme un bateau serait attaché à la rive. Le résultat est le même : je ne suis plus porté par le flot du courant.

Quelques exemples d'attachement. Un : je dois me rendre à tel endroit pour telle raison. Le trajet n'est qu'une période de transition sans importance entre moi et mon objectif. Tout évènement qui me retarde est un obstacle. Je suis trop attaché à la destination pour être ouvert à ce qui se passe. Deux : j'ai décidé de dire telle chose à telle personne. La conversation n'est qu'un passage obligé pour déclencher la réaction que je souhaite. Je suis trop attaché au résultat de l'échange pour être ouvert à l'être humain en face de moi. Trois : j'ai décidé que tel évènement devait se passer de telle façon. Tout écart à mes prédictions est un échec. Je suis trop attaché à ma vision pour être ouvert à ce qui se produit réellement – y compris aux bonnes surprises.

Dans chaque cas, je privilégie l'idée à la réalité ; je suis trop attaché à ma construction mentale pour recevoir – et donc composer avec et profiter de – ce qui survient réellement.

Or, j'en viens maintenant à penser que rien n'est plus important que d'être dans ce flot du présent. C'est sûrement plus important que l'action elle-même.

Par là, je veux dire qu'il est impossible de juger de la qualité d'une action sans réelle présence. Si je suis coincé dans un espace mental qui n'est pas mis à jour, tous les indicateurs que je regarde pour prendre mes décisions sont datés. Je réagis à une vision du monde construite dans le passé plutôt qu'à celle qui se manifeste devant moi.

Inversement, lorsque je suis dans le flot, il n'y a plus de décision à prendre. Le geste, comme un réflexe, s'adapte à la situation. Il n'y a plus de bonne ou de mauvaise décision. Seulement l'action.

Ainsi, mon rôle n'est pas de réfléchir intellectuellement à ce qu'il faudrait faire, ni de chercher la solution idoine. Elle n'existe pas. Mon rôle est de dénouer, en douceur, un par un, chaque attachement que je rencontre. Puis de laisser faire le courant.

UPDATE : Si vous avez des doutes, voici une jolie confirmation par Francis Sanzaro dans cet article du New York Times. Pour les anglophones.

Je Fais une Expérience

Vous ne le savez sans doute pas mais depuis plus d'un an (ou un peu moins d'un an, je n'ai pas fait le calcul), j'écris un journal.

Chaque matin et souvent à plusieurs reprises au cours de la journée, je jette des mots en paquet sur la page sans aucune prétention littéraire. Mon objectif : analyser dans quel état je suis. Démêler des anxiétés qui planent. "Décrire l'obstacle" comme je dis souvent, c'est-à-dire que plutôt que de rester coincé ou de remettre à plus tard, j'essaie de décrire ce qui me bloque en termes aussi plats et désengagés que possible. Et souvent : ça décoince.

Or, quand je relis mon journal – ce qui n'arrive pas souvent – je trouve que c'est... comment dire... pas désagréable à lire. En tous cas, moins pire qu'on pourrait imaginer. Moins décousu et moins ultra-personnel qu'on pourrait penser. C'est... lisible. Parfois même, à ma grande surprise, assez intéressant. Avec des prises de consciences, des idées et autant d'humour que dans ce que j'écris pour les autres.

Je me dis que tout devrait être facile comme ça.

D'autant que j'ai lu récemment ce post sur le fait d'écrire 1000 mots par jour. Un défi que s'est lancé l'auteur et qui a eu énormémenent d'impact sur sa vie autant personnelle que professionnelle. Et moi de me dire "Mais... je le fais déjà !!!". Sauf que je ne le publie pas, évidemment. 

Et aujourd'hui je me dis : fuck it. C’est sûrement un bon exercice.

D'abord, c'est toujours cette idée d'apprendre en public ("travailler avec la porte du garage ouverte" comme ils disent aux États-Unis) : ne pas attendre que le produit soit fini ou que l'apprentissage soit arrivé à terme pour partager ce qu'on fait. Sinon, on ne partage jamais rien. Austin Kleon en parle beaucoup dans Show your work.

Ensuite, ça rend ce que j'écris plus actuel, plus intime et plus personnel. Car voyez-vous, ce qui fait que je suis intarissable dans mon journal, c'est que j'écris pour explorer les problèmes concrets qui impliquent mon personnage favori : moi. Tout est grave, tout est urgent puisque ce sont les problèmes que je cherche à résoudre maintenant. Impossible de trouver la même verve et le même flot sur un sujet qui n'aurait pas la même actualité subjective, aussi intéressant soit-il dans l'absolu. Et je pense que cette urgence a quelque chose de communicatif.

Enfin, c'est la démarche que j'avais faite avec les impros vidéos l'années dernière. Vous vous souvenez ? Une vidéo de dix minutes par jour, qu'il pleuve ou qu'il vente. L'objectif était de me débarrasser du poids de la technique pour être plus spontané. C'est une spontanéité similaire que j'aimerais atteindre dans l'écriture.

J'ai donc écrit ce post de bout en bout en une dizaine de minutes sans corriger, sans relire, sans me poser trop de questions. Je vais faire une passe – et une seule – de relecture pour enlever quelques répétitions et un ou deux gros mots. Et puis voilà.

Je dis pas que c’est ouf, hein. Mais c’est là.

UPDATE: OK, j'ai fait deux passes de relecture. Du progrès quand même.

Truth par Alex Ebert - Ça Me Détend

Débordé avant la projection V1 du film des Ponts début septembre. Mais entre deux séquences de montage, j'ai découvert ce titre – oui, je sais que vous connaissez déjà, vous connaissez tout.

Ça commence comme un western qui finit. Puis ça continue.

À bientôt quand j'aurai sorti la tête de l'eau.

Le Profane et le Sacré

D’abord, soyons clair : je ne suis pas religieux pour deux sous.

J’ai beau être baptisé, communié, sur-communié, j’ai tout laissé tomber vers l'âge de douze ans et les années n’ont fait que consolider mon rejet de toute religion organisée.

Quand on me pose la question, je réponds que je suis agnostique et athée – ce qui peut sembler contradictoire. Agnostique parce que je n’ai pas fait le tour de l’univers et qu’il peut bien y a voir quelque chose, pour ce que j’en sais. Un sens, une équation, une métaphysique qu’on choisirait de personnaliser et d'appeler Dieu. Pourquoi pas. Mais au fond, je pense qu'on ne peut pas savoir et qu'on ferait aussi bien de ne pas s'en préoccuper – ce qui constitue la version forte de l'agnosticisme. Mais – et voilà mon côté athée – même s'il y a effectivement quelque chose là-haut, je suis persuadé que ça n’a rien à voir avec ce que les religions, passées ou présentes, essaient de nous vendre depuis des siècles. Pour moi, Bible, Torah, Coran et consorts sont de la mauvaise fiction utilisée pour maintenir une forme de contrôle.

Voilà d'où nous partons.

Pourtant, depuis quelques années, je me découvre une certaine spiritualité.

La spiritualité serait pour moi la connexion avec quelque chose de plus grand que soi – sans qu'il s'agisse nécessairement d'un dieu.

Il pourrait s'agir d'une connexion avec la nature, par exemple.

Je parle de nature au sens étendu : ce grand tout qui existe depuis le big bang, probablement avant, qui a donné naissance aux galaxies, aux étoiles, aux planètes, lesquelles ont permis l'émergence de la vie sous toutes ses formes : bactéries, plantes, animaux. Cette gigantesque soupe en transformation perpétuelle qui, par des lois que nous commençons à peine à comprendre, est à l'origine de tout ce que nous connaissons. Que certaines parties de ce tout développent une conscience propre et soient capables de faire l'expérience d'elles-mêmes et du monde, que cette complexité physico-chimico-biologique donne naissance à une telle simplicité d'expérience ("je suis") qui permette à chacun de dérouler le fil de sa vie sans avoir besoin d'en comprendre les rouages sous-jacents, je trouve qu’il y a une magie là-dedans. Un mystère, tout au moins. Une beauté, assurément.

Mais surtout : ce petit bout de spiritualité suffit à définir une frontière entre profane et sacré.

La vision profane du monde serait de ne voir ici-bas qu'une accumulation de matière et de lois physiques dont il faudrait s'emparer pour faire son beurre. Il n'y aurait de mystère nulle part, aucune question, aucun émerveillement et de là, aucun respect à cultiver envers rien. Seulement des ressources à exploiter. Le vivant ne serait alors qu’un combustible de plus au service de notre vision du confort et du progrès.

L'antithèse de cette idée, si bien défendue par Bernard Stiegler dans cette vidéo découverte dernièrement, me ramène également à ce que disait Alan Watts sur le sujet.

À savoir que le rapport qu'entretient l'homme à la nature est construit sur une double méprise. La première : que notre rôle serait de dominer la nature. Combattre et maîtriser les éléments pour imposer notre volonté. La seconde : que nous serions en position de la sauver. Que la planète – ou certaines parties de la planète – auraient besoin de nous pour continuer à être. Ces deux options, loin d’être équivalentes dans leurs effets, découlent à leur source de l’omission d’une même vérité fondamentale :

Nous sommes la nature.

Nous, les êtres humains, sommes autant la nature que les vaches, les arbres, les fourmis ou les dauphins. Nous sommes faits de la même matière, issus de la même évolution – physique et biologique – et sommes amenés à disparaître dans des conditions similaires. (Par exemple : en transformant notre écosystème au-delà des limites de notre propre survie – ce qui, dans l’histoire des espèces, n’a rien de neuf.)

Cela ne signifie pas qu’il n’y a aucune différence entre l’Homme et les autres espèces. Bien sûr, il y en a. Mais quand on revient aux fondamentaux – vivre, survivre, trouver un sens – il me semble que notre appartenance au vivant est un meilleur prisme d’analyse que ce qui nous en sépare.

Car si nous sommes la nature, rien de ce que nous faisons ne peut être contre nature.

Nous faisons partie du grand tout. Les difficultés que nous rencontrons font partie du grand jeu. Et le mystère et la magie à l'oeuvre dans l'univers s'expriment aussi à travers nous.