Aller au contenu principal

Nouveau : je rassemble les vidéos et les conseils utiles dans Ressources.

La bataille pour exister

J'ai remarqué que les fois où je m'énervais le plus, c'est quand quelqu'un faisait comme si je n'existais pas.

Comme si là où je me tenais, il n'y avait personne.

L'automobiliste qui manque de me renverser. Le voisin de transport qui écoute sa musique comme s'il était seul. Le collaborateur qui ne tient aucun compte de ce que je dis.

Je l'ai remarqué chez les autres aussi. Les émotions les plus vives s'élèvent quand on se sent ignoré.

À tel point que beaucoup de ce que l'on fait semble être destiné à prouver qu'on existe.

Travail, conversation, création, réseaux... Tout semble être orchestré inconsciemment pour donner la preuve au reste du monde qu'on est bien là.

Comme si notre peur essentielle était d'être un fantôme. La crainte existentielle de n'être qu'un spectre qui a besoin de s'agiter pour être vu.

Et quand quelqu'un nous ignore, c'est comme s'il mettait à jour cette vacuité. Comme si, d'un geste ou d'une remarque, il réduisait à néant tous les efforts qu'on faisait chaque jour simplement pour être.

Commenter

Les petites victoires

Il y a un an, j'ai acheté un disque dur SSD pour monter mes films partout. Mais il n'avait pas de boîte solide. Alors j'ai acheté ce porte-cartes (qui coûtait une blinde) dans une papeterie.

Je ne pouvais pas vérifier la taille car il était rempli de fiches plastiques que j'ai arrachées.

Quand j'ai découvert que non seulement c'était la taille parfaite, mais que le câble rentrait pile à l'intérieur pour stabiliser l'ensemble... petite victoire.

Il m'accompagne partout maintenant.

Porte disque dur

(Non, ce n'est pas de la saleté à l'intérieur, c'est les restes de colle qui ont séché.)

Commenter

Zen & création

Je pense que si le festival s'est si bien passé, autant pour les rencontres que pour mon film, c'est parce que j'étais pleinement disponible.

J'ai décidé que je continuerais à méditer tous les matins, quel que soit l'emploi du temps. Je m'y suis tenu.

J'ai même médité à midi la veille du tournage, au moment où j'étais coincé sur la préparation. Résultat : les solutions sont tombées du ciel.

Je suis venu sans idée, sans scénario, sans équipe.

Lorsque quelque chose résistait, je lâchais prise.

Lorsque j'étais froissé par un refus ou un événement, je remarquais cette émotion et faisais mon possible pour ne pas agir de façon réactive.

J'étais à l'écoute de tout le monde, tout le temps. Sans me forcer. J'étais content d'être là.

Chaque aspect de mon film – idées, lieux, équipe – est venu naturellement, par le biais de rencontres fortuites.

Ni le tournage, ni le montage n'ont été faciles. Pourtant je n'imagine pas comment ça aurait pu mieux se passer.

Les difficultés et le stress rencontrés faisaient partie du chemin idéal.

Commenter

Zéro idée de film

Je vais tourner un kino (film en 72h) mardi au Festival Off Courts et je n'ai aucune idée de ce que je vais faire.

Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, au contraire.

Quand j'arrive à poil, avec ma bite et mon couteau, c'est que j'ai confiance.

Confiance dans le processus. Confiance qu'en rencontrant les gens, en sentant l'ambiance, en voyant les lieux, quelque chose va venir. Ou pas – et sinon tant pis.

Pour le moment, j'écoute des sons sur Ableton. Je vais peut-être commencer par la musique.

À suivre.

Commenter

La mort, la mort, la mort !

Si on était moins inquiet, ce serait le grand libérateur.

Je ne parle pas de suicide. Je parle de perception de la vie.

Une grande partie de l'angoisse qu'on accumule vient de notre propension à tout prendre au sérieux. Comme si chaque action était importante et grave.

Sauf que tout se termine sur un grand pied d'égalité.

Le milliardaire comme le SDF, le beau et le laid, le jouisseur et l'inquiet, tous finissent de la même façon et il suffit d'attendre quelques décennies pour que plus personne ne se souvienne d'eux. Au mieux (ou au pire), il n'en reste que quelques histoires qui n'ont plus grande chose à voir avec ce qu'ils étaient vraiment.

Tout est moins important que prévu.

Rien n'est aussi grave qu'on ne pense.

Le but n'a jamais été de durer.

Soyons libres.

Commenter

Les chiens sur la plage

Quand je me balade sur la plage en tenant quelque chose dans la main, il y a toujours un chien-fou (mais joyeux) qui court vers moi et qui me demande avec les yeux :

Hey, qu'est-ce que tu tiens ?
C'est une balle ?
C'est un biscuit ?
C'est un caillou ?
C'est pour moi ?
Ok bisou faut que j'y aille !

Et il s'en va. 🤷‍♂️

Commenter

Voir le système

Les journaux racoleurs n'existeraient pas si personne ne les achetait.

Les présentateurs TV fanatiques ne resteraient pas à l'antenne s'ils ne représentaient personne.

Les politiciens corrompus n'accèderaient pas au pouvoir si leur discours ne résonnait pas avec une grande partie de la population.

S'énerver contre la figure de proue, c'est oublier tout le navire qui flotte derrière – qui ne s'est pas construit du jour au lendemain.

Oui : ça fait du bien de s'énerver, parfois. Et c'est pratique de pouvoir concentrer sa colère sur la partie visible et manifeste du problème. Mais en oubliant le système sous-jacent, on n'a qu'une compréhension très partielle de la situation.

Et on fait indirectement partie du problème.

Commenter

Pour taper plus vite

Je tape maintenant relativement vite, autour de 70-80 mots par minute, avec une bonne précision.

Pour quelqu'un qui passe son temps à écrire, c'est quand même pratique : je peux presque "vider mes pensées" sur l'écran, sans regarder mes doigts ni prendre de retard.

Le meilleur site que j'ai trouvé pour pratiquer : keybr.com. Il introduit les lettres une par une et il permet de s'entraîner avec la ponctuation, les majuscules, etc.

Mes conseils :

  • Mettre en français avec majuscules et ponctuation.
  • N'essayez pas d'aller vite. Le but, c'est la précision. Restez au-dessus de 95% de précision (Accuracy) avec les bons doigts.
  • Ne regardez pas vos doigts. Quand vous avez un doute, ralentissez.
  • Dix à quinze minutes par jour.
  • Pour varier les plaisirs, vous avez aussi les sites 10fastfingers et Monkeytype.

C'est une activité assez zen qui vide le cerveau lorsqu'on a besoin de prendre du recul (sur un texte, sur un travail). Je recommande.

Commenter

Que faites-vous quand vous ne faites rien ?

C'est la question à 1000$.

Pour la plupart d'entre nous, je peux répondre : on stresse.

On pense à ce qu'on devrait être en train de faire. On accepte quelques heures ou quelques jours d'inactivité (le "repos") mais très vite, si l'inaction persiste, la culpabilité prend le dessus.

On enclenche alors l'action "réactive" : celle dont l'unique motivation est de faire taire la culpabilité.

On agit "pour agir", pour ne pas être perçu comme un tire-au-flanc, pour dissoudre l'angoisse dans le mouvement.

Les gens plaisantent souvent que "s'ils pouvaient, ils ne feraient rien, toujours en vacances !". Mais c'est faux. La plupart seraient incapables d'affronter l'anxiété créée par ce vide et seraient de retour au travail dans la semaine. Pas par besoin d'argent : par pression intérieure et sociale.

Ainsi, on saute toujours l'étape la plus importante : l'oisiveté. La vraie. Celle qui permet l'introspection.

Continuer à ne rien faire. Embrasser l'angoisse et la culpabilité qui s'élèvent. Les regarder dans les yeux. Puis les voir disparaître, tranquillement. Suivi par une douce sensation de vide. Puis, au moment où on ne l'attendait plus...

L'action. La vraie. Celle qui construit quelque chose.

Commenter

Temps et productivité

Étrangement, il est plus facile pour moi de faire une vidéo par jour qu'une vidéo par semaine.

Dans le premier cas, j'entre dans un flot qui rend le processus de plus en plus facile. Les idées fusent, le mode opératoire est rodé, mon cerveau a intégré l'échéance. Tout roule.

Aujourd'hui, par exemple, j'ai presque cinq vidéos d'avance. Et j'ai fait ça en rigolant.

Alors que les vidéos hebdos... j'oublie. Ça devient une contrainte qui s'ajoute au reste. Je ne trouve jamais le temps.

J'avais déjà remarqué ce lien contre-intuitif entre temps et productivité : parfois, une tâche plus intense est plus facile.

Par exemple, lorsque je procrastine sur un travail qui m'ennuie, je me pose la question "est-ce que je pourrais faire ça en quinze minutes ?" Je ne parle pas d'une mini-tâche, non, je parle d'écrire un rapport ou de corriger un montage, quelque chose qui prendrait normalement plusieurs jours.

Mais mon cerveau dit "oui, faisons-le en quinze minutes !" et cette idée irréalisable change mon rapport à la tâche. Elle paraît soudain plus abordable, moins importante.

Et plus facile à commencer. C'est tout ce qui compte.

Commenter

Qu'est-ce que c'est "méditer" ?

On imagine un moine bouddhiste assis en position du lotus dans une chambre calme avec des bougies et un courant d'eau.

En réalité, vous pouvez méditer en marchant dans un chantier.

La méditation, c'est simplement porter votre attention sur le présent plutôt que sur vos pensées.

Or, il se passe toujours quelque chose dans le présent. Le bruit d'une voiture. La lumière du ciel. Un courant d'air sur votre visage. La sensation de votre pied, de votre torse, de votre cou.

Comme beaucoup, j'ai commencé à méditer en me concentrant sur ma respiration.

On se dit "facile" ! Mais rapidement, on réalise qu'on est assailli de pensées, d'idées, d'angoisses. Le jeu consiste à accueillir leur existence et les saluer sans se laisser kidnapper.

Et lorsqu'une pensée gagne et qu'on se "réveille" après cinq minutes plongé dans ses ruminations, calmement revenir à la respiration. Ce n'est pas un échec, au contraire.

C'est cet aller-retour qui construit la présence, comme un muscle qu'on travaille.

Commenter

99% d'une machine

On travaille dans une direction. On échoue. On abandonne.

On se dit "ce n'était pas fait pour moi, je ferais mieux de me concentrer sur ce que je sais faire".

Mais certaines machines ne sont pas résilientes. Il manque une pièce, un fil, un rouage, et rien ne marche. Elle ne démarre même pas, comme un appareil dont un fusible serait grillé.

Il est donc possible de construire 80, 90 ou même 99% d'une machine et, à cause d'un oubli, obtenir 0% du résultat. Point mort, comme si on n'avait rien fait (ou tout fait mal).

C'est vrai : les derniers pourcents sont souvent les plus durs à obtenir. Et beaucoup de systèmes ne sont pas linéaires : ils marchent ou ne marchent pas, quelle que soit la proximité du résultat.

C'est pour ça qu'il y a beaucoup moins de succès "du jour au lendemain" qu'on n'imagine. En réalité, le créateur y travaillait depuis longtemps. Il était sur le point d'abandonner. Mais au dernier moment, il s'est dit "et si je remplaçais ce fusible" ?

Et la machine a démarré à pleine puissance.

Commenter

Vous écrivez trop

Trois mots bien choisis ont plus d'impact qu'une page de blabla.

Qui cherchez-vous à rassurer avec tout ce texte ?

Simplifiez !

Commenter

Ça se réchauffe sur la côte fleurie

Vous aussi, vérifiez que le réchauffement climatique n'est pas qu'une vaste blague en analysant les données près de chez vous :

Températures Côte Fleurie

Réchauffement climatique à Trouville-Deauville

Graphique que j'avais produit comme exercice pour apprendre à me servir de la librairie Pandas (pour traiter les données) sous Python (un langage de programmation) à partir des données de températures décadaires de Météo-France à Saint-Arnoult.

On voit bien l'augmentation d'un quart de degré par siècle dont nous parlent les climatologues.

Je l'avais déjà posté sur les réseaux mais je profite de pouvoir publier des notes plus longues pour vous mettre le code ci-dessous. Si vous voulez vérifier chez vous aussi, voici comment :

Les étapes sont les suivantes :

  1. Si vous n'avez pas Python, installez-le.
  2. Utilisez Pip pour télécharger les librairies Pandas (données), Matplotlib (graphiques), Seaborn (encore plus jolis graphiques) et Scipy.
  3. Allez télécharger les données décadaires sur Météo-France.
  4. Le code Python :

    # Importation des librairies nécessaires
    import pandas as pd
    import matplotlib.pyplot as plt
    import seaborn as sns
    from scipy.stats import linregress

    # Lecture du fichier CSV des données décadaires
    csv_file = "DECADQ_14_previous-1950-2023.csv.gz"
    df = pd.read_csv(csv_file, sep=";")

    # Conversion de la colonne de date au format datetime
    df['AAAAMM'] = pd.to_datetime(df['AAAAMM'], format='%Y%m')

    # Filtrage des données pour la station Saint-Gatien-des-Bois
    df_sg = df.loc[df['NOM_USUEL'] == 'ST GATIEN DES B', ['AAAAMM', 'TM']]

    # Calcul de la moyenne mensuelle des températures
    df_sg_mensuel = df_sg.groupby(df_sg['AAAAMM']).mean()
    df_sg_mensuel.head()

    # Calcul de la moyenne mobile sur 12 mois (moyenne annuelle)
    df_sg_mensuel['TM_MEAN'] = df_sg_mensuel['TM'].rolling(window=12).mean()
    # Préparation des données pour la régression linéaire
    x_numeric = (df_sg_mensuel.index - df_sg_mensuel.index[0]).days / 365.25
    y_values = df_sg_mensuel['TM']

    # Calcul de la régression linéaire pour identifier la tendance
    slope, intercept, r_value, p_value, std_err = linregress(x_numeric, y_values)
    df_sg_mensuel['TM_TENDANCE'] = (slope * x_numeric) + intercept

    # Création du graphique
    plt.figure(figsize=(10, 8))

    # Tracé de la température mensuelle (en gris clair)
    sns.lineplot(x=df_sg_mensuel.index, y=df_sg_mensuel['TM'], 
    label='Température Mensuelle', color="grey", alpha=0.4)

    # Tracé de la moyenne annuelle (courbe bleue)
    sns.lineplot(x=df_sg_mensuel.index, y=df_sg_mensuel['TM_MEAN'], 
    label='Moyenne Annuelle', color='dodgerblue', linewidth=2.5)

    # Tracé de la tendance de réchauffement (ligne rouge pointillée)
    sns.lineplot(x=df_sg_mensuel.index, y=df_sg_mensuel['TM_TENDANCE'], 
    label=f'Régression Linéaire (+{slope*10:.2f}°C/décennie)', 
    color='red', linestyle='--', linewidth=2.5)

    # Personnalisation du graphique
    plt.title('Température à St Gatien des Bois (données décadaires)', fontsize=16)
    plt.xlabel('Années', fontsize=12)
    plt.ylabel('Températures (°C)', fontsize=12)
    plt.grid(False)
    plt.show()

Après les vilains retours de ma vidéo sur le climat, c'est pas mal d'en remettre une couche.

Commenter

Insultomètre

Comme promis, je regarde moins les stats de mes vidéos.

Mais une bonne façon de savoir quand une vidéo marche, c'est quand je reçois des commentaires insultants.

Ma dernière blagounette sur la canicule et le climat m'a déjà valu trois insultes. Ce qui veut dire que la vidéo a été diffusée au-delà de mon cercle restreint de spectateurs réfléchis et bons enfants pour déborder dans les publics qui regardent Pascal Praud et Cyril Hanouna.

Sur les réseaux, les insultes sont un signe de réussite.

Commenter

Penser n'est pas la solution

La pensée cherche, trouve et résout des problèmes.

C'est sa nature. Elle ne sait faire que ça.

Si vous vous trouvez un jour au sommet de la montagne que vous avez toujours convoitée ; la vue, la lumière et la température sont idéales ; c'est l'accomplissement d'une vie. Votre pensée va murmurer "Formidable... et après ?"

Elle trouvera la faille dans votre succès. Vous fera convoiter le prochain sommet qui sera mieux. Déjà, vous ressentez l'anxiété du manque, de l'insatisfaction, du désir.

On ne peut pas lui en vouloir : c'est sa nature, on vous dit ! Analyser la situation, trouver les failles, échafauder un plan... C'est son travail ! C'est pour ça qu'elle existe !

Ce qui en fait une très mauvaise fondation pour trouver la paix.

Entendez-moi bien : la pensée est un outil formidable – que j'utilise présentement pour écrire ces lignes. Nous la mettons à profit pour créer, communiquer, survivre.

Mais si votre objectif est d'être présent et apaisé : ce n'est absolument pas le bon outil.

Savez-vous le poser quand vous n'en avez plus besoin ?

Commenter

Deux façons de résoudre les problèmes

Quand j'ai un problème, j'ai deux façons de le résoudre :

  1. Intellectuellement : Je cherche une solution. Je pèse le pour et le contre, je fais des listes, je conçois un plan d'action à mettre en place dans le futur afin de calmer l'anxiété dans le présent.
  2. En présence : Je cherche dans mon corps la manifestation physique de cette anxiété. La boule dans l'estomac, l'image obsédante, l'obligation floue. Sans la chasser ni la retenir, je l'observe se transformer jusqu'à disparaître.

Les problèmes sont une fonction de qui on est.

En changeant les dispositions intérieures, on transforme la relation aux circonstances extérieures. Le problème qui semble insurmontable la seconde précédente s'évanouit.

La solution intellectuelle, elle, ne fait souvent que déplacer la difficulté. La première situation résolue, une seconde s'élève, tout aussi problématique parce qu'issue du même creuset.

C'est le piège de la pensée : elle résout les problèmes, parfois. Mais neuf fois sur dix, elle les fabrique.

Ce qui en fait souvent le mauvais outil pour grandir.

Commenter

Le piège de l'accumulation

Si vous vous prenez en flagrant délit d'énumérer quoi que ce soit, vous êtes probablement sur la mauvaise pente.

Je l'observe dans tous les domaines :

  • En théâtre d'improvisation, on accumule les blagues quand on n'arrive pas à trouver celle qui fait mouche.
  • En vente, on accumule les bénéfices quand on n'a pas trouvé l'argument massue qui convainc tout le monde.
  • En décoration, on accumule les babioles quand on n'a pas trouvé la pièce maîtresse qui fait autorité.

Je pourrais continuer longtemps.

Ce qui met fin à la fuite en avant ? S'arrêter. Se recentrer. Repartir du goût, de l'instinct.

Il suffit d'une seule idée forte, d'une seule direction sincère, d'une seule pièce choisie avec soin pour arrêter la machine-à-médiocrité et retrouver le fil.

Il en suffit d'une seule. Prenez le temps de la trouver.

Commenter

Faire des rencontres en milieu hostile

Pas fan des cocktails / soirées / réunions ? Pas doué pour le networking ? Ça tombe bien.

Qu'il s'agisse de trouver l'amour, des potes ou un collaborateur, j'applique maintenant toujours la même technique qui a transformé mon rapport aux groupes :

Commencez par parler à la première personne à côté de vous.

Tout de suite. Qui que ce soit. Sur n'importe quel sujet.

Ne cherchez pas dans la pièce l'interlocuteur idéal. Ne filtrez pas par attraction ou compatibilité. N'attendez pas un sujet particulier ou des intérêts communs.

Jetez-vous dans la conversation puis, naturellement, continuez avec la "première personne suivante" – si elle n'a pas déjà rejoint la conversation. Et ainsi de suite.

Avant que vous ne vous en rendiez compte, la personne que vous cherchiez (parfois inconsciemment) sera à vos côtés. Et vous n'aurez pas à trouver quoi dire car, quand vous réaliserez que c'est elle, vous serez déjà au milieu de la conversation.

De rien.

Commenter

Être soi-même n'est pas un luxe

On a souvent l'impression que pour progresser, surtout professionnellement, il faut faire semblant. Dire les bons mots. Faire les bons sourires. Cacher les vraies pensées.

Mais en fait, non.

Votre réussite personnelle et professionnelle dépend entièrement de votre capacité à intégrer qui vous êtes réellement dans chaque aspect de votre vie.

C'est la source de votre paix intérieure. Mais aussi la source de votre productivité, de votre valeur et donc de votre utilité pour les autres. Personne ne vous paiera très cher pour être comme tout le monde.

La bonne nouvelle, c'est que ça s'apprend. Tous les gens que vous admirez sont un jour passés par ces étapes sous une forme ou une autre :

  1. Découvrir qui on est tout seul. Percevoir quels regards extérieurs pèsent sur soi en permanence. Explorer et assumer sa vision, son goût, ses ambitions.
  2. Apprendre à maintenir cette identité en public et sous pression. Développer des stratégies et des garde-fous pour ne pas se conformer et conserver sa valeur intrinsèque.

"Rester soi-même dans un environnement délirant, c'est ça le vrai talent." – Conan O'Brien

Commenter

Ce que j'ai appris en animant un atelier d'improvisation

Cette année, j'ai animé un atelier d'improvisation hebdomadaire qui vient de donner sa première représentation.

Les gens me disent souvent : "Moi, je ne pourrais jamais faire ça."

  • J'ai peur de monter sur scène
  • Je ne suis pas assez spontané(e)
  • Je ne suis pas assez drôle

Mais j'ai compris cette année que l'impro n'a en réalité RIEN à voir avec tout ça.

Pas besoin "d'être drôle", ni d'avoir de la répartie.

Pour construire une histoire non répétée qui captive un public, il suffit de suivre trois règles simples :

  1. Accepter ce que propose votre partenaire. Même si c'est fou ou imprévu. Si c'est dit, ça existe. On part de là.
  2. Construire sur cette proposition. Pas le droit d'ignorer ou de partir dans une autre direction. Vous ajoutez VOTRE brique sur celle qui vient d'être posée. (C'est le fameux "YES, AND...")

J'ai ajouté une troisième règle, la plus importante pour moi :

  1. Jetez l'idée que vous avez en tête. Avant de monter sur scène – ou de demander une augmentation, ou de confronter un proche – on sait souvent déjà ce qu'on va dire. On a un plan.

La prochaine fois, faites l'expérience suivante : planifiez autant que vous voulez mais, à la dernière seconde, jetez tout. Entrez dans l'arène la tête vide.

Il se passera trois choses :

  • Vous ne serez plus "dans votre tête" donc vous serez à l'écoute.
  • Vous serez surpris(e) par vos propres réactions.
  • Vous vous sentirez plus vivant(e) que d'habitude.

Expérimenter cette spontanéité et cette présence dans un "safe space" au sein d'un groupe bâti sur la confiance et le rire, c'est la chance que j'ai eue cette année. Je recommande.

Commenter

"Grand Chien"

Grand Chien et Alan

Lynch est mort.
Trump va être président.
Le monde change.
Mon père est mort quand j'avais cinq ans.
Un jour, devant la vitrine d'un magasin, il m'a demandé de choisir une peluche.
J'ai voulu le gros chien gris.
"Tu ne préfères pas le singe" – il avait un singe quand il était jeune.
Je dis non, le chien.
Donc le chien.
Il est toujours resté avec moi, presque par hasard.
Je n'en ai jamais pris un soin particulier.
Ce n'était pas le premier objet que je mettais dans les cartons de déménagement.
Je l'aurais presque oublié.
Mais d'une certaine façon, il m'a suivi.
Comme un chien.
Et récemment, il se trouve que j'ai réorganisé ma chambre et il est toujours là, sur un banc.
Ma chambre est presque déserte, voyez-vous :
Le lit, quelques livres, une penderie avec pas grand-chose.
Et le chien.
Et quand mon fils dort à la maison, souvent, le matin, il entre dans ma chambre et il crie "Grand Chien !". Il le prend dans ses bras. Il l'amène dans sa chambre pour jouer avec ses autres peluches. Après un temps, je lui dis que "Grand Chien est fatigué, il doit retourner se coucher". Il me dit oui et il le repose sur son banc. Il lui met un pansement "parce qu'il a mal à la patte". Il le tourne dans la bonne direction pour "qu'il puisse voir".
Ça me fait sourire à chaque fois.
Mais ce soir, en repensant à tout ça, je suis en pleurs.

Commenter

Comment j'ai pété TikTok

Dans mes vœux de nouvelle année, devenir influenceur TikTok n'était nulle part.

Pour vous dire, il y a trois mois, je mettais TikTok dans le même panier que les Pokémons, Minecraft et les mangas : ce que font les jeunes qui est sûrement super pour eux mais pas fait pour moi.

Sauf que maintenant, je suis devenu une (mini) star sur TikTok.

Une courte vidéo que j'ai postée il y a trois jours a atteint ~~pas loin~~ plus de 200 000 vues ; mon nombre d'abonnés a sauté au plafond (UPDATE : 1000 !) et toutes mes autres vidéos montent en flèche. Ça décolle sur Instagram aussi. Voici la vidéo en question (version Youtube) dont honnêtement rien ne présageait le succès :

Lien vers la vidéo #pastrain

Si vous vous souvenez, j'avais dit dans le post précédent que je recommençais à poster des courtes vidéos (ce que Youtube appelle des "shorts" et Instagram des "reels"), à l'origine pour partager des "notes philosophiques" sur Youtube. La philosophie est tombée à l'eau et a été remplacée par de l'humour douteux. Pour faire bonne mesure et rentabiliser l'effort, je me suis forcé à poster sur Instagram et TikTok également. Évidemment, c'est là que c'est devenu viral.

C'est un autre monde. Si je pose mon téléphone cinq minutes, je retrouve toujours 99+ notifications : likes, commentaires, partages, nouveaux abonnés. Ça n'arrête jamais, même la nuit. Et à ma grande surprise, tous les commentaires pour l'instant sont... extrêmement drôles. Des gens qui ont compris mon humour et qui en rajoutent. À part sur Instagram où... c'est plus compliqué.

J'en parle ici.

À l'origine, il y a une volonté de donner forme rapidement aux idées que j'ai tous les jours et dont je ne souhaite rien faire de particulier. Tout n'a pas vocation à devenir un "film" au sens propre, avec scénario, production, post-production... Donc je tourne en moins de vingt minutes, en général quand je me promène, je monte sur mon téléphone et bam, je publie. Également, il y a l'envie de trouver un public qui partage mes lubies, mon sens de l'humour et qui sera heureux de venir aux projections quand je propose des films plus ambitieux. Contourner les gardiens du temple.

Donc je continue à poster des vidéos. On verra où ça va. Pour l'instant, je suis ravi d'échanger des petites blagues avec les gens que ça a fait rire quand je fais une pause et j'ignore les insultes.

Vous pouvez suivre les vidéos que je poste sur TikTok, Instagram ou Youtube.

UPDATE : J'ai maintenant plusieurs vidéos qui sont devenues virales et j'ai pris conscience d'un phénomène inquiétant :

J'ai grosso modo trois types de commentaires à mes vidéos : 1) Les gens que ça amuse et qui en rajoutent 2) ceux qui ne comprennent pas que c'est de l'humour et qui sont plus ou moins insultants, et 3)... les bots.

Quand une vidéo dépasse un certain seuil (50k vues environ), je vois des attaques coordonnées de messages extrêmement alarmistes et négatifs postés par des comptes très suspects (sans post, sans photo de profil ou alors avec des vidéos générées par l'IA). Par exemple, quand je plaisante sur le fait que le brouillard serait "la preuve qu'on est dans un jeu vidéo qui n'a pas fini de calculer le décor", je me trouve face à une armée d'anecdotes qui se ressemblent (mêmes expressions, mêmes mots), qui se répondent les unes aux autres et qui laissent imaginer des complots toujours extrêmement sombres à base d'empoisonnements, de maladies et de peur de tout ce qui est étranger.

J'ai l'impression de lire dans ces commentaires la graine des remarques idiotes que j'entends dans certains dîners de la part de gens qui disent ensuite "renseigne-toi". Mais c'est vrai que, si on les pense authentiques, ces commentaires accumulés laissent un goût amer dans la bouche.

Commenter

I'm Back!

En 2022, j'ai tourné une vidéo d'improvisation de 10 minutes par jour que je postais sur Youtube. En 2025, je recommence !

Pourquoi l'étalonnage sert à rien.

Peut-être pas tous les jours et pas 10 minutes : je vais faire des shorts entre 1 à 3 minutes que je vais monter rapidement sur mon téléphone et uploader... partout ! Youtube, Instagram et TikTok, choisissez ce qui vous plait !

En parallèle, je crée sur ce site une section Notes dans laquelle je vais ajouter les idées, les citations et les sources qui m'inspirent en lien avec la vidéo publiée. C'est quelque chose que je fais sur Obsidian depuis des années, j'ai plus de 2000 notes. L'intérêt est qu'elles sont connectées entre elles, ce qui permet de creuser un même sujet.

Voici un exemple de couple note / vidéo sur Mon Dinner avec André de Louis Malle :

Ma vie en un film avec Louis Malle

Mais la note correspondante a disparu.

Commenter

Juste Nous Impro

Depuis la rentrée, j'essaie quelque chose de nouveau :

Chaque lundi soir, avec des amis d'impro, on invite ceux qui le souhaitent à se réunir dans la cave du Barlone pour un atelier d'improvisation. Puis tous les mois – soit 1 lundi sur 4 – on enregistre des sketches en public sur fond vert. L'entrée est gratuite tant que vous buvez quelque chose.

On a surtout des professionnels pour le moment (comédiens, réalisateurs) mais tout le monde est bienvenu. On n'a pas encore exactement fixé les règles.

Juste Nous Impro

Séance d'impro avec Nino, Noémie, Stéphane, Constance et, derrière, Nicolas et Antoine.

Sinon qu'on cherche un nouveau moyen de fabriquer de la fiction qui mettrait le jeu – et non l'écriture – au centre du travail. On invente, on construit et on répète sur place, sans passer par l'étape du scénario.

Première session de tournage ce soir. Thème : "la catastrophe". Rien n'est prêt. Je vous raconterai comment ça s'est passé.

Merci au Barlone qui nous accueille avec une bienveillance sincère qu'on retrouve dans tous les évènements qu'ils organisent. Merci à Cynthia Pedrosa pour l'illustration.

Si l'aventure vous intéresse ou que vous souhaitez participer, plus d'info sur nos pages facebook et instagram.

Commenter

Entre deux portes

Les méthodes qu'on nous enseigne à l'école sont bidon.

Pendant que vous faites des recherches et que vous travaillez sur les fondamentaux pour ne pas dire de bêtises ou ne pas agir de façon inconsidérée (et ne pas avoir une mauvaise note parce que "vous n'avez pas assez travaillé"), des petits malins se sont déjà lancés dans l'action pour rafler tout ce qui pouvait être raflé.

Ceux-là ont compris que le jury ne délibère pas après la plaidoirie : les décisions ont été prises dans les couloirs, dans les antichambres, entre deux portes, sous l'impulsion de ceux qui ne sont pas restés chez eux pour réfléchir posément au problème.

D'ailleurs, à quoi bon réfléchir ? Quand le monde se résume à "moi contre les autres", il ne reste aucune subtilité à méditer. Il est facile d'agir.

Thomas Piketty le raconte bien dans ce paragraphe du Capital au XXIème siècle :

Certes, il existe un principe économique fort simple permettant d'équilibrer le processus : le jeu de l'offre et la demande. Si un bien est en offre insuffisante et si son prix est trop élevé, alors la demande pour ce bien doit baisser, ce qui permettra de calmer le jeu. Autrement dit, si les prix immobiliers et pétroliers augmentent, il suffit d'aller habiter à la campagne, ou bien de prendre le vélo (ou les deux à la fois). Mais outre que cela peut être un peu désagréable ou compliqué, un tel ajustement peut prendre plusieurs dizaines d'années, au cours desquelles les propriétaires des immeubles et du pétrole peuvent accumuler des créances tellement importantes vis-à-vis du reste de la population qu'ils se trouveront posséder durablement tout ce qu'il y a à posséder, y compris la campagne et les vélos.

Je trouve qu'on voit bien les conséquences de cette idée dans la déposition de Jean-Baptiste Rivoire, ex-directeur adjoint de Spécial Investigation, qui raconte comment Vincent Bolloré a oeuvré pour déposséder Canal+ d'un vrai journalisme :

Jean-Baptiste Rivoire devant la commission d'enquête au sujet de l'influence de Vincent Bolloré sur les choix éditoriaux de Canal+

C'est une note que je me souviens avoir écrite il y a bien longtemps dans mon carnet : "Ce ne sont pas les meilleurs qui s'élèvent" ou, comme disait Keynes :

"Le capitalisme repose sur la croyance extraordinaire que les pires individus, pour les pires raisons, vont d'une certaine façon collaborer pour le bien de tous."

John Maynard Keynes

UPDATE : Nouvel exemple dans le New York Times. L'avance cumulée par Google en abusant de son monopole ne pourra pas être rattrapée par ses compétiteurs malgré sa récente condamnation.

Commenter

Wow, un poisson qui parle !

L'I.A. n'a rien inventé.

Si vous avez 7 minutes, je vous conseille de regarder ce court métrage d'animation arménien de 1983. À partir de 1'30, vous verrez que les transformations psychédéliques du démon Ekh ressemblent énormément aux deep dreams cauchemardesques des I.A. actuelles :

Morale de l'histoire : soyez toujours gentils avec les animaux qui parlent.

Commenter

Les Sirènes de Dieppe

Quel plaisir d'avoir assisté hier matin à l'avant-première du documentaire Les Sirènes de Dieppe au Max Linder ! Une heure en compagnie des transformistes du cabaret de la Sirène à Barbe : les coulisses, la camaraderie, les problèmes d'argent, le combat contre l'intolérance et un peu de comédie musicale. Un film aussi réussi que son sujet est inattendu.

Les Sirènes de Dieppe

De gauche à droite : Claire Babany (productrice), Raphaël Bancou (compositeur), Fabienne Thibeault (marraine), Diva Beluga (performeur et patron), Lily (performeuse), Nicolas Birkenstock et Nicolas Engel (réalisateurs), et je ne sais plus.

C'est mon pote compositeur Raphaël Bancou – que j'avais retrouvé après 10 ans à cette occasion – qui signe la musique. On reparle de lui très prochainement.

Si vous êtes intéressé·e, le film des deux Nicolas (Birkenstock et Engel) sera en replay à partir du 19 septembre sur France TV, ne le manquez pas. Et si vous passez à Dieppe, allez voir le spectacle !

Commenter

Son of my father

J'explore tardivement la production de Giorgio Moroder, aka Giorgio, qui semble avoir influencé tous les artistes électros de la planète. Récemment, j'écoute ce morceau en boucle, sorti en 1972 :

La simplicité, la répétition, le crescendo. Il n'en faut pas plus.

Commenter