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Nicolas Boulenger - Bienvenue

Films, création et communication – avec un diplôme des Ponts. À propos →

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Note du jour : Écrire avec l'IA

Malheureusement (ou heureusement), l'IA ne me sert à rien pour écrire.

Si : je l'utilise pour corriger les fautes, traduire en anglais, me proposer un synonyme si je suis bloqué. (Et encore : j'ai toujours mon thesaurus.)

Mais dès qu'il s'agit de produire une idée ou un texte, je suis à chaque fois surpris par son inutilité.

C'est un mixeur. Elle mélange tout. Produit de la bouillie qu'elle compacte ensuite en petites portions bien carrées pour faire croire que c'est de la pensée construite.

Quand on lit rapidement sur un sujet qu'on ne connaît pas, on peut se laisser berner.

Ça peut aussi être utile pour produire du texte informatif sur un corpus de connaissances existant. Dans ce cas, la masse d'information qu'elle possède lui permet de structurer, d'argumenter, d'enseigner.

Et bien sûr, c'est extrêmement utile pour créer ses propres outils. Je n'achète plus de logiciels : je produis les scripts dont j'ai besoin, faits sur mesure pour mon usage.

Mais pour écrire quelque chose de nouveau... Rien ne va.

Les idées fortes sont aplaties.

Les formulations saillantes sont rendues génériques et fades.

Le style est soit inutilement fleuri (trop de mots, trop d'adjectifs, trop de tout), soit trop sec.

Bien sûr, j'ai essayé des instructions personnalisées. De manière itérative. À partir d'échantillons.

Le résultat est pire : texte et instructions se mélangent dans un fouillis dont rien ne sort intact.

Parce qu'au fond, ce n'est pas un problème de prompt, c'est un problème de structure. Le LLM pense de façon "plate" : il n'y a pas de relief de la pensée, avec plusieurs étages de raisonnement à différents niveaux d'importance.

Tout est au même niveau.

Le dernier pet de cerveau compte autant que l'axiome fondateur placé au début. Les points clés, les chevilles du raisonnement, les nœuds émotionnels n'ont pas davantage de poids que les apartés. Pour l'IA, tout est instruction.

J'imagine que c'est une bonne nouvelle pour mes lecteurs et mes clients : mes notes comme mes comptes rendus de stratégie narrative sont écrits à la main.

Pas par éthique. Pas pour sauver la planète.

Parce que je n'ai pas le choix.

Je plaisante, évidemment.

Tout l'intérêt des notes, c'est de les écrire moi-même. Pas pour le lecteur, pour moi. J'ai besoin de mettre des idées sur papier pour m'éclaircir la tête, donc l'IA n'a pas de rôle là-dedans.

Quant aux documents que je livre à mes clients : ils sont extrêmement spartiates. Pas de mise en page, pas de longues phrases : les idées seules.

C'est peut-être l'avenir du travail humain, au fond.

Maintenant, l'habillage, les exemples, le blabla ("la bouillie") peuvent être produits par les machines.

Donc la valeur de l'humain, c'est la direction. Les quelques mots qui fixent le nord. Les pièges. L'itinéraire.

Et le style. La façon unique et propre à soi de nommer le monde.

Le reste, c'est des zéros et des uns.

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