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Manger une fois par jour

Si vous m'aviez parlé de ça il y a quelques années, je vous aurais traité de fou.

Mais maintenant... c'est devenu presque normal.

Ça s'est fait par étapes et ça a commencé il y a quelques années par la réalisation suivante :

Je suis toujours en train de digérer.

Voilà ce dont je me suis rendu compte un soir en lisant un article. Mon système digestif est toujours plein.

Manger était la première chose que je faisais le matin, souvent la dernière chose que je faisais le soir, et j'imaginais bien comment mes organes pourraient en avoir un peu marre.

Surtout que nos ancêtres ne mangeaient pas autant, paraît-il. Et je voyais bien comment cette idée de "trois repas par jour" pouvait avoir été inventée par des industriels intéressés par autre chose que notre santé.

J'ai essayé le jeûne intermittent. Pour voir.

Un peu comme quand j'avais arrêté la viande : l'idée n'était pas d'arrêter mais de voir ce que ça faisait. Après tout, on ne peut pas dire qu'on a choisi un style de vie si on n'a pas essayé l'autre. Alors essayons.

Et ça a été... extrêmement facile.

Beaucoup plus que prévu.

Je dîne tôt, vers 19h, puis, à part les cafés du matin, je ne mangeais rien de solide jusqu'à midi le jour suivant.

Soit environ 16 heures de jeûne.

Et non, je n'étais pas fatigué.

Avant le confinement, je faisais même du jiu jitsu brésilien le matin. Avec le ventre vide. J'étais nul, oui, mais pas faible.

Et si j'avais vraiment faim certains matins, je mangeais. Mais ça arrivait de moins en moins.

Puis récemment, je suis passé à l'étape au-dessus.

Je n'arrêtais pas de lire des trucs sur les bénéfices du jeûne de temps en temps. Un jeûne par semaine, ou deux par mois.

D'autant que je mange assez mal – même si j'ai fait des progrès.

Je me suis rendu compte que je faisais partie de la grande famille des personnes insulino-résistantes : trop de sucre, trop de féculents, pics glucidiques, réveil la nuit, tension...

Ça valait le coup d'explorer les alternatives.

Donc un jour, j'ai essayé un jeûne de 24 heures. Pour voir.

Et c'était assez difficile. Pas un calvaire mais j'avais froid, faim. Je n'arrivais pas à penser à autre chose.

Trois semaines plus tard, j'ai essayé à nouveau. Facile.

Puis, pour voir, j'ai essayé deux jours de suite. Un repas tous les 24 heures.

Et le deuxième jour, je ne me suis quasiment rendu compte de rien.

Tel que vous me voyez, j'écris cet article à 9h30 du matin et je n'ai pas mangé depuis hier midi.

Et je n'ai pas faim. J'ai l'esprit clair – plus qu'après un repas.

Souvent, oui, je pourrais manger. En vrai : je pourrais toujours manger puisque ma vie a toujours tourné autour de la bouffe. Mais ce n'est pas une lutte.

C'est même beaucoup moins dur qu'avant. La faim ne fait plus peur. Je ne me sens jamais faible.

Le plus dur au départ, c'est abandonner le rituel du repas.

Quand on a pris l'habitude de manger trois fois par jour, on se rend compte à quel point la vie tourne autour de la nourriture. Faire les courses, cuisiner, le repos après manger. Puis penser au prochain repas.

À quelle heure je mange ? Ça dépend.

Dans l'après-midi en général. Comme ça, les jours où j'ai des déjeuners ou des dîners mondains, ça ne décale le repas que de quelques heures dans un sens ou dans l'autre. Facile, encore.

Ça veut aussi dire que je fais beaucoup plus attention à l'équilibre de mes repas. Les fibres, les protéines, le gras. Des repas avec tout. Qui n'ont pas besoin d'être gargantuesques. Mais pas chiches non plus.

C'est d'ailleurs sans doute ça, la véritable révolution : j'ai appris que la faim venait souvent du mal manger. Donc j'ai appris à mieux manger. Chaque repas coche maintenant toutes les cases.

C'est le paradoxe : je mange moins mais je suis mieux nourri.

Et oui, je me sens plus en forme. Je dors mieux. Je me lève plus tôt, avec moins d'angoisse. J'ai davantage de clarté la journée.

De manière générale, ça a transformé mon rapport à la nourriture et à la faim.

Comme si une peur s'était éteinte.

"Il faut manger ! Il faut manger ! Qu'est-ce qu'on va manger ? Et si je n'ai pas assez ? Et si j'ai faim ? Ahhhh !"

Maintenant, si j'ai faim, j'ai faim. C'est une envie beaucoup moins impérieuse qu'avant. Ça dure un temps. Puis ça passe.

(Attention : je parle d'une petite faim, hein. Celle où, avant, j'aurais grignoté. Si un moment j'avais vraiment faim ou que je me sentais faible, bien sûr, je mangerais ! Mais ce n'est pas encore arrivé.)

À suivre.

20 avr

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