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L'équilibre à chaque instant

Je savais jamais trop quoi foutre.

C'est Jackie Berroyer qui m'avait dit "à partir d'un certain âge, il faut faire du sport sinon on s'effondre." Lui, il va tout le temps à la piscine.

Alors le matin, j'ai cherché une routine.

(Non, ce n'est pas une note sur le sport, vous allez voir.)

Des pompes ? Des abdos ? Sauter comme un crétin ?

J'ai acheté des haltères. Pour voir. Comme un crétin.

J'ai regardé des vidéos internet. On met le genou devant et on se penche en avant et pfff.

Puis un samedi matin, après une méditation particulièrement profonde, je me suis dit que c'était comme partout ailleurs dans la vie :

Il faut se lancer et découvrir par soi-même.

Je vais faire ce qui a du sens pour moi à ce moment-là.

D'abord : est-ce que j'arrive à me tenir droit ? Bien droit ?

C'était plus difficile que prévu.

Mais surtout, je me suis rendu compte que pour juger de ma rectitude, il fallait que mon attention se porte sur chaque partie du corps. Les pieds. Les cuisses. Les bras. Le dos.

Là, j'ai réalisé que je n'étais pas ancré dans le sol. J'ai posé mes pieds bien à plat pour vraiment sentir le sol sous mes pieds.

Je ne vais pas vous décrire le reste de la séance, mais en résumé :

J'ai découvert l'activité de "bouger en présence".

Rien n'est prévu. Aucun exercice n'est obligatoire.

Je me contente de laisser mon attention se poser sur la partie du corps qui réclame. Et je fais ce qu'elle demande.

Je l'étire. Je la bouge. Je l'appuie.

Je réalise vite que pour étirer mon bras, il faut que mon épaule soit baissée, sinon mon dos se cambre.

Je réalise qu'en pliant légèrement les genoux, je sens davantage ma verticalité, ce qui rend plus facile de bouger la tête.

Je réalise comment chaque partie du corps est liée aux autres.

Pour sentir et mobiliser ce lien, je bouge plus lentement.

Là, mon regard croise un miroir :

Je suis en train de faire du kung fu ! Ou du Tai Chi !

Je suis dans une de ces positions qu'on voit dans les films ou dans les parcs.

Et voilà la leçon non-sportive de tout ça, celle qui a éclairé mes journées récemment :

Il y a quelque chose qui se produit lorsque je ne réfléchis plus en terme d'exercice ni de position.

Lorsque je suis présent à chaque instant.

Il n'y a plus de position A, de position B, ni de transition.

Chaque geste est une position d'équilibre.

Autrement dit : quoi que je sois en train de faire, si quelqu'un entre dans la pièce et crie "Stop !", je dois pouvoir m'arrêter dans la position où je suis en parfait équilibre.

Sans tomber. Sans résister. Ça doit être facile.

Ça m'a permis d'expérimenter dans mon corps une idée que j'avais déjà comprise dans la vie : il n'y a pas de transitions.

Il n'y a pas de moments "inutiles" entre deux moments importants. Tout est présent. Tout compte.

Quel que soit le moment de la journée, si quelqu'un crie "Stop !", je dois être dans une position de parfait équilibre.

Posé. Présent. Sans résistance.

Je pourrais rester dans cet instant indéfiniment.

Même dans la chaleur du métro. Même dans l'inconfort de l'attente. Même dans le stress ou la tension.

À chaque instant, je cherche le micro-mouvement mental qui me libère.

Je cherche l'attachement qui me contraint.

Je cherche l'illusion qui me fait croire que cet instant ne compte pas.

Et je lâche prise.

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