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Routine du matin et transformation

Quand je peux, je ne mets pas de réveil – mais je me lève tôt.

Je lis des bêtises sur le téléphone, le temps que mon cerveau émerge. Genre 15 minutes. Reddit ou le New York Times.

Puis, toujours au lit, je médite entre 30 minutes et une heure.

Allongé sur le dos. Les yeux fermés.

Non, je ne m'endors jamais.

Sauf si je le choisis mais dans ce cas je me tourne sur le côté et c'est une décision consciente. Très rare.

("MAIS MOI, je ne peux pas rester au lit ! J'ai un travail ! Des choses à faire !" – Je sais. Continuez à lire.)

L'objectif de ma méditation : ne rien faire. Juste être là.

Quand je suis harassé par les obligations et les problèmes, je ne cherche pas à les résoudre.

Je pose mon attention sur leur manifestation dans le corps : tension dans le plexus, agitation musculaire, respiration.

Idéalement, je ne sors pas du lit pour faire quelque chose : je relègue les obligations au deuxième plan. Même si elles sont importantes. Mêmes si elles sont urgentes.

Je ne dis pas que j'y arrive toujours.

Puis je fais de l'exercice.

L'objectif n'est pas de se muscler. C'est une prolongation de la méditation qui inclut le corps.

De nouveau, je commence par ne rien faire.

Et je reviens toujours à ça : il n'y a rien à faire.

Pas de mouvement obligatoire. Pas de routine. Pas de décision.

Juste debout, vertical, détendu. Laisser venir.

Et l'action vient. Toute seule.

Dès que je sens que je me force ou que je tombe dans l'habitude... je reviens au rien. Car il n'y a rien à faire.

Oui, je sais.

C'est la partie que beaucoup de gens ont du mal à comprendre et c'est le cœur de mon propos :

Ça ressemble à une matinée extrêmement privilégiée.

Si on résume : je me lève quand je veux. Je traîne une heure au lit. Puis je fais du "non-exercice".

Et vous allez voir que la suite est pareille : j'écris mon journal en buvant mon café sans me forcer sur aucun résultat. Je laisse venir les prochaines actions.

Beaucoup diront : 

"J'aimerais bien avoir des matinées comme ça ! Mais j'ai un travail ! J'ai X, Y, Z à gérer !"

Mais c'est justement ça, la clé. C'est la véritable prise de conscience – et il y en a deux en réalité :

Premièrement, je suis extrêmement productif. Plus qu'avant.

(Et oui, je suis papa, gérant et ma compta est rendue à l'heure.)

Mieux : si je compare mon activité aujourd'hui par rapport à ce que je faisais avant, quand je mettais un réveil et que j'étais dans les obligations du matin au soir : je fais plus de choses maintenant.

Et je commence à gagner mieux ma vie – même si c'est une période de transition pas évidente.

J'ai réalisé que les obligations – pas toutes mais une partie – n'étaient bonnes ni pour ma santé, ni pour mes finances.

Au contraire : les décisions qui ont amélioré ma situation ces dernières années sont toujours venues en présence, alors que j'avais autre chose à faire.

Idée que je résume par cette phrase :

La bonne action, simple, exécutée au bon moment, peut avoir plus d'impact dans ma vie que des semaines ou des mois de travail.

Si vous n'en êtes pas convaincu·e, relisez-la.

C'est la fondation du reste.

Les actions décisives changent tout. En mieux.

L'objectif est donc de trouver (et en réalité, de cueillir) ces actions.

Mais pour ça, il faut être présent. À l'écoute. Disponible.

Donc oui : la clarté est ma priorité absolue.

Avant d'avoir l'air occupé. Avant ce qui semble urgent.

Deuxièmement : c'est plus difficile qu'il n'y paraît.

Se lever en catastrophe pour gérer les obligations quotidiennes, finalement, c'est la facilité. La routine.

Pas besoin de se remettre en question.

C'est ce que j'ai fait pendant 40 ans.

On noie l'anxiété sous l'action en espérant qu'un jour, par hasard, on trouvera celle qui résoudra tous les problèmes.

Mais ce n'est jamais le cas – ou jamais pour longtemps.

Ce qui est vraiment difficile, c'est d'affronter l'anxiété sans s'agiter davantage.

C'est calmer la partie intérieure de soi qui veut se lancer dans l'action inutile pour faire taire la peur.

La matinée que je décris est destinée à faire exactement cela.

Mais ça ne s'est pas fait du jour au lendemain.

À chaque nouvelle étape, il a fallu affronter une pression sociale et un jugement intérieur.

Par exemple : je prends rarement des rendez-vous le matin.

Je me suis rendu compte que les heures après le réveil étaient les plus créatives.

Elles sont donc consacrées aux activités les plus importantes, celles qui mènent à la clarté :

La méditation, le journal, l'écriture.

Sauf qu'il a fallu mener un véritable combat intérieur avant d'accepter cette nouvelle consigne.

Je trouvais ça extrêmement complaisant.

Comme si je m'octroyais un privilège que j'allais payer plus tard. ("Il ne faudra pas venir pleurer !".)

Mais c'est exactement le contraire qui s'est passé.

La clarté du matin a tout démultiplié, personnellement et professionnellement.

Toutes les décisions qui m'ont permis de restructurer mon activité sont issues de là.

Je l'ai dit : la transition reste compliquée financièrement. Je suis dans une période où je dois faire très attention.

Mais la croissance est là : j'ai acquis plus de clients au cours des six derniers mois qu'au cours des six dernières années.

Ce que je fais prend une place bien plus importante dans la vie des gens – j'ai énormément de retours extrêmement positifs.

Je gagne ma vie en faisant ce qui est facile et naturel pour moi.

Je mange mieux. Je dors mieux. J'ai moins d'anxiété.

J'ai de meilleures relations avec les gens en général.

Je ne dis pas que tout cela est à ma routine du matin.

Mais cette routine est le meilleur reflet de ma décision de me concentrer sur ce qui est important.

Bien sûr, toutes les obligations ne peuvent pas être abandonnées.

Ce n'est pas toujours un arbitrage facile à faire.

Ce qui est certain : si vous ne commencez pas, ça ne se fera jamais.

Il ne s'agit pas de tout arrêter du jour au lendemain – surtout pas.

Il s'agit de réaliser que l'anxiété déguise souvent les petites tâches en urgences absolues.

Si on la laisse faire, tout devient grave. Tout devient urgent.

Rapidement, on est prisonnier des obligations.

On n'a plus jamais le temps de regarder au fond.

Or, c'est toujours là que se trouve la solution.

La vraie. Celle qui va tout changer.

Et rendre toutes ces obligations obsolètes.

26 mai

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