Peut-être pas célébrer le laid mais en tous cas, ne plus me laisser bloquer par "le beau".
J'ai posté mon deuxième poème hier soir.
Depuis plusieurs mois, j'écris de très courts poèmes en anglais que j'accumule dans mon téléphone.
"Écrire" n'est peut-être pas le mot : ils me viennent comme ça, en anglais. Ils sont très courts, deux ou trois lignes.
Puis un jour, je me suis dit : "pourquoi je ne les partage pas ?".
C'était couplé avec cette idée que j'aimerais vendre quelque chose.
Sur mon compte personnel, je reçois beaucoup de demandes de coaching personnel que je refuse. Je ne me sens pas la légitimité d'accompagner les gens ailleurs qu'en communication.
En revanche, depuis longtemps, j'aimerais vendre de l'art.
Je n'y suis pas légitime non plus. Mais ça me gêne moins.
Donc quand j'ai vu que j'avais presque quarante poèmes, je me suis dit "comment je pourrais partager ça ?".
L'idée est que je n'allais pas juste les taper à la machine (j'ai une machine à écrire que j'utilise pour certaines rares correspondances).
Je voulais ajouter "de l'art". Sous une forme ou une autre.
Et depuis deux jours, j'ai commencé à poster des poèmes tapés avec la machine que je barbouille ensuite au stylo plume et à l'aquarelle.
Le premier ressemblait un peu à quelque chose : j'avais fait un petit dessin.
Mais le deuxième, non.
Je le trouvais extrêmement laid. Au point que j'ai commencé à le froisser pour le jeter.
Puis à la dernière seconde, je me suis dit : "non". Je l'ai défroissé.
Le but n'est pas de faire beau. C'est de faire.
Si je commence à me poser des questions existentielles à chaque fois, je ne ferai jamais rien.
Ça m'est déjà arrivé d'être paralysé par la recherche de qualité. "Ce n'est pas assez bien, ce n'est pas assez beau."
Je fais et refais jusqu'à "passer la barre".
Puis j'abandonne.
Je m'en suis rendu compte physiquement au moment de dessiner.
Parce qu'il faut savoir que pour taper le poème à la machine, ça me prend du temps.
Non seulement je dois taper chaque lettre deux ou trois fois pour qu'on la voie bien, mais je reprends souvent le tout pour des raisons de centrage et de mise en page.
Alors quand je prends mon stylo plume pour ajouter une couche que je ne pourrai pas effacer, une petite peur s'installe.
Il faut faire bien. Il ne faut pas tout gâcher.
Sauf que non : il faut absolument tout gâcher.
Je ne veux pas avoir peur.
Donc pour les deux premiers, j'ai pris la décision suivante : je vais les poster comme ça.
Je ne vais pas les reprendre. Je ne vais pas retomber dans une quête perfectionniste absurde.
Je vais les poster et je vais avancer sur les autres.
Et oui : je vais les vendre.
Je vais bientôt proposer des prints et des ventes d'originaux.
Même si c'est du barbouillage. Même si le papier n'était pas fait pour recevoir l'aquarelle et gondole.
Je persiste et signe. Et vends.
Et puis c'est tout.
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