C'est ça qui rend malheureux.
Quand on veut quelque chose, qu'on attend une issue, qu'on espère une récompense.
C'est ça qui gâche le présent.
Le même moment, avec ou sans attente, n'est pas vécu pareil.
Le même déroulement, les mêmes actions, le même résultat – ressentis de façons diamétralement opposées selon ce qu'on espère.
C'est sans doute la différence entre le novice et le maître zen :
Le maître repère la moindre envie, le moindre attachement intérieur.
C'est comme l'encre dans l'eau : il suffit d'une goutte pour colorer tout le verre.
Ce qu'on désire sans se l'avouer, ce qu'on poursuit sans y penser, colore toute la pensée, toutes les actions, toute la journée.
C'est l'attente qui rend irritable, impatient, envieux.
On n'est plus dans le flot car on garde les yeux ancrés sur une ligne imaginaire.
Qui était peut-être inatteignable depuis le début. Ou garantie depuis toujours.
Mais dans cet instant, rien d'autre n'existe.
Le rayon de soleil comme les bonnes surprises sont ignorés.
Il n'y a que ce but.
Dont on ne se rend parfois même pas compte.