Plusieurs fois récemment, je me suis trouvé mal à l'aise au moment de répondre à la question :
"Alors, quels sont tes projets en ce moment ?"
J'ai l'impression de passer en mode automatique pour réciter une série de plans déconnectés de moi, du présent et de la conversation.
Posons cela une fois pour toutes :
Je n'ai pas de projets.
Soit je suis en train de faire quelque chose maintenant, activement.
Et dans ce cas, oui, bien sûr, on peut en parler.
On ne pourra pas faire autrement : c'est ce qui m'occupe, qui je suis, ce qui émane de moi.
Même si on n'en discute pas directement, ça va impacter le moment passé ensemble. Ce sera là.
Quant au reste – ce que je ferai plus tard – qui sait. Ça ne m'intéresse pas d'en parler. Je n'y réfléchis pas. Je n'ai aucun plan.
L'activité future sera une conséquence naturelle de l'activité présente.
Je la découvrirai en même temps que vous quand elle surviendra.
Et ce jour-là, bien sûr, on pourra en discuter.
***
Je précise : cette note ne s'adresse pas aux autres.
Les gens peuvent me poser les questions qu'ils souhaitent et je n'en veux à personne de s'enquérir de mes projets. Au contraire : c'est une preuve d'intérêt que j'apprécie.
J'écris cette note pour ne pas me piéger tout seul dans mes réponses.
Désormais, la politique est la suivante : je ne discute pas du futur.