Si on ne cherche pas à aller vite, est-on condamné à avancer lentement ?
Si on ne poursuit pas un objectif, reste-t-on forcément inactif ?
Au contraire.
La vitesse, comme l'action, se saisit.
Elle s'attrape au vol.
En étant présent, à l'affût, libre.
Ni distrait par le passé, ni aveuglé par le futur.
Détaché du film de ses propres pensées.
Attentif.
Acceptant l'inaction.
Puis un chemin apparaît.
Un alignement soudain entre les circonstances extérieures et la disponibilité intérieure.
Qui n'était pas là la seconde précédente.
Que personne d'autre ne voit.
Qui est fait pour soi.
On se lance.
Pas de discours. Pas de plan.
Il ne s'agit pas de se mettre à réfléchir.
Car la route n'est pas tracée.
Elle se révèle à mesure qu'on avance.
Il y a des bifurcations, des fausses pistes, des pièges.
Mais l'itinéraire devient toujours évident.
Tant qu'on avance.
Tant qu'on ne réfléchit pas à la prochaine étape.
La vérité apparaît dans l'action.
Au dernier moment.
Vu de l'extérieur, certains diront que vous allez vite.
Vu de l'extérieur, certains diront que vous avez un but.
Certains diront "j'aimerais aller vite comme lui".
Certains diront "j'aimerais avoir un but comme elle".
Alors ils se concentreront sur le but, sur la vitesse.
Ils réfléchiront à des moyens, à des solutions.
Ils chercheront le même chemin que vous.
Qui n'était jamais fait pour eux.
Ils se poseront des questions.
"Dois-je m'améliorer ? Me transformer ?"
Ils seront perdus dans leur tête.
Ce n'est pas grave.
Comprenez ceci :
Il y a une infinité de chemins.
Partout. Tout le temps.
Quand ils reviendront dans le présent, ils verront le leur.
Comme vous pourriez voir le vôtre maintenant.
Devant vous.
Juste derrière vos pensées.