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Sommes-nous racistes ? (Contre l'IA)

Suite à ma question d'hier sur l'usage de l'IA sur ce site, la plupart des réponses allaient dans mon sens :

Autant faire sans.

Une réponse allait en sens inverse et était intéressante :

Quand bien même ton contenu eût été entièrement généré par IA (ou réceptionné comme tel), qu'est ce que cela changerait vraiment ? Rien pour le lecteur, je crois : il resterait tout aussi pertinent et intéressant pour le lecteur…

neijul_

C'est vrai, après tout.

Du point de vue du lecteur / visiteur, la seule chose qui compte, c'est la qualité de ce qu'il lit ou voit.

Quelle importance de savoir comment (ou par qui) cela a été fait ?

C'est presque un héritage du monde du spectacle et du cinéma : on n'est pas censé savoir ce qui se passe dans les coulisses.

Le magicien tue-t-il vraiment l'oiseau pour son tour ? Le comédien a-t-il vraiment fait la cascade lui-même ? Ont-ils vraiment détruit un bâtiment ou est-ce une maquette ?

Quand j'étais jeune, tout cela n'avait aucune importance pour moi. Je n'étais intéressé que par le résultat.

D'ailleurs, mon fils de quatre ans se soucie bien peu de qui dessine Bluey ou de l'auteur de son livre favori. C'est l'histoire qui l'intéresse. Les personnages.

Alors faisons-nous de la discrimination envers l'IA ?

Devrions-nous accepter que c'est un outil de plus qu'utilisent les créateurs ?

Quelque chose me gêne toujours.

Mais peut-être parce que je suis un vieux con. Le genre qui n'aurait pas apprécié la fin des films muets ou le début d'internet. ("À mon époque...").

J'ai l'impression que l'implication des humains dans la création est importante, même quand je ne la vois pas.

Par exemple : si j'apprenais que "Friends", la série de mon adolescence, avait été entièrement générée par IA, que les personnages n'existaient pas, que tout avait été fait dans un ordinateur... je serais déçu.

Pareil : si je lis un article passionnant et que j'apprends qu'il a été généré par un LLM...

Une partie de moi s'identifie aux créateurs que j'aime. Je m'imagine rencontrer un jour l'acteur de la série ou l'auteur de l'article.

Lorsque quelqu'un produit quelque chose qui me parle, je me dis qu'il y a quelque part dans le monde quelqu'un qui comprend mes problèmes et qui a su en faire quelque chose.

Je ne suis plus seul.

Mais si j'apprends que ça a été fait par un ordinateur...

Je suis seul à nouveau.

D'ailleurs, ce n'était pas prévu, mais c'est exactement le sujet de l'épisode "1000 ans de solitude" de ma websérie Panique dans l'Espace (qui sort le 1er mai !).

Un type se rend compte que son meilleur ami est en ligne est... vous devinez.

Et ça change tout.

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Label "100% SANS IA" ?

J'hésite.

Beaucoup de choses à faire aujourd'hui.

Alors à la place de la note du jour, je pensais poster "le dialogue de la semaine".

Il y a quelques années, j'avais commencé à écrire des dialogues de fiction qui avaient bien marché. Je les ai déterrés et je comptais les republier ici pour continuer la série mais...

J'ai eu un doute.

Voyez-vous, les portraits des personnages étaient faits avec Midjourney.

Est-ce que je dois les refaire à la main ?

Au départ, j'ai pensé : "On s'en fiche. C'est juste une illustration, c'est le dialogue qui est important."

Mais récemment, j'ai lu un commentaire assez pertinent d'une illustratrice qui disait en substance :

Si les illustrations de votre texte sont faites par l'IA, je vais supposer que vous avez utilisé l'IA pour écrire le texte aussi.

Ce qui n'est pas dénué de sens.

Or, comme toutes les notes sont écrites à la main, je ne voulais pas que des éléments IA aillent mettre le doute chez le lecteur.

Soyons clair : j'utilise l'IA.

Je l'utilise pour corriger les notes (orthographe, grammaire) puis les traduire en anglais. Je l'utilise aussi pour me coder des outils sur mesure (facturation, gestion clients, etc.).

Mais comme vous le savez, j'ai trouvé que l'IA ne m'était d'aucune utilité ni pour l'écriture, ni pour le "vrai" travail intellectuel (construire une stratégie narrative pour mes clients).

Donc mon dilemme est le suivant :

En réalité, ce site est déjà presque 100% sans IA. En ajoutant des portraits Midjourney, même petits, ça introduit un doute.

D'autant que mon intention est ensuite de mettre mes photos, dessins, poèmes... Autant de choses dans lesquelles l'IA ne joue aucun rôle.

D'où l'idée de me jeter dans le grand bain : créer ce label "100% sans IA".

Assurer le lecteur sur la première page qu'aucun contenu n'a été fait avec l'IA. Avec un lien cliquable qui explique plus en détail l'utilisation éventuelle : correction, traduction.

Ce qui ne veut pas dire que je suis contre ceux qui utilisent l'IA. C'est juste qu'il se trouve que, pour l'instant, je ne l'utilise pas. Donc autant faire le petit effort supplémentaire pour mettre les choses au clair.

Ce serait plus de travail, parce qu'il faudrait que je dessine les portraits de mes dialogues moi-même. (Le dessin, ça va. C'est la couleur !)

Mais je trouve que ça vaudrait le coup.

Qu'en pensez-vous ?

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Se lever du bon pied

Abraham Lincoln disait :

"Si j'avais neuf heures pour abattre un arbre, je passerais les six premières à affûter ma hache."

C'est pareil le matin.

Parfois, des anxiétés me cueillent au réveil.

"Han ! Il faut que je fasse ça ! Et ça ! Et j'avais oublié que j'étais en retard là-dessus !"

Avant, ça voulait dire une chose : il faut se grouiller. Sors du lit et mets-toi au travail, fainéant !

Maintenant, la règle est la suivante :

Je reste au lit tant que je ne suis pas redevenu parfaitement tranquille.

Tant que je ne suis pas heureux de me lever, content d'aller "surfer avec le chaos", je n'ai pas le droit de mettre un orteil dehors (ou un doigt sur l'ordinateur).

Les idées fortes pour accompagner ce process sont les suivantes :

  • L'urgence est souvent artificielle Non seulement ce qui me paraissait urgent le matin il y a trois ans ne l'était pas tant que ça, mais en regardant ma vie d'aujourd'hui, je vois que ça allait même dans la mauvaise direction.
  • Rien n'est si grave Si je mourais aujourd'hui, ou la semaine prochaine ? Est-ce que ça aurait de l'importance que je fasse tout ça ? D'ailleurs, est-ce que je me souviens que je vais mourir un jour et que tout va disparaître ? Pour moi, ce n'est pas angoissant, c'est libérateur.
  • Tu feras tout mieux avec de la clarté Quoi que je décide de faire, si je le fais de façon réactive (pour lutter contre l'angoisse), je le ferai beaucoup moins bien que si j'agis en paix.
  • L'angoisse est un message nécessaire D'ailleurs, je ne devrais prendre aucune action contre l'angoisse. Si je la vis jusqu'au bout, elle va s'éteindre. Et elle va laisser quelque part en moi une trace qui va être prise en compte au moment opportun.
  • Ma vraie valeur est la liberté, pas la ponctualité Le monde aurait survécu à ce que l'imprimerie soit inventée trois jours ou même trois ans plus tard. Les choses importantes ne sont pas à quelques jours près. Alors que les obligations creuses, souvent, oui.

Mais surtout : le temps que je prends le matin pour partir du bon pied m'est payé au centuple dans la journée. J'identifie les priorités facilement. Je ne me laisse pas stresser par les faux problèmes. Je trouve les idées providentielles qui résolvent plusieurs sujets d'un coup.

Considérez ceci : si vous êtes mal luné·e, un seul faux problème peut occuper toute votre journée.

Donc oui, le matin, passez un peu de temps à affûter votre hache.

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Cuillère et productivité

Sur le tournage de Migrul, j'étais très en retard.

C'était un film marathon écrit et tourné en quelques jours pendant le festival Off Courts.

On tournait le lendemain – une seule journée – et il manquait tout.

En particulier : une perruque importante pour mon personnage. Des éléments de costume. Et de quoi fabriquer une fausse fenêtre de train.

Donc l'après-midi, j'avais prévu de faire un aller-retour à Caen en voiture pour aller chercher tout ça.

Une heure aller, une heure retour, sans aucune idée des magasins à cibler.

Et revenir fissa pour les répétitions avec les comédiens qu'on n'avait pas commencées.

À la bourre, donc. J'aurais mieux fait de partir tout de suite.

Sauf qu'avant le déjeuner, plutôt que de continuer à avancer dans la todo liste qui ne cessait de s'allonger, j'ai pris la décision suivante :

Je vais prendre 20 minutes pour faire une sieste cuillère.

La sieste cuillère, c'est lorsqu'on s'assoupit un moment avec une cuillère à la main. Lorsqu'on s'endort trop profondément, la cuillère tombe et on se réveille.

Ça aurait été inventé par Dali, paraît-il, et ça permettrait de prendre du recul sur les choses et de mieux associer les idées.

Par exemple : ils auraient fait des études où ils auraient demandé à des sujets de résoudre des puzzles complexes avec ou sans sieste cuillère. Eh bien apparemment, la sieste aiderait énormément.

Donc j'ai essayé. C'était la première fois.

Ce dont je me suis rapidement rendu compte : en fait, c'est une sorte de méditation (que je fais déjà tous les jours) mais déguisée en micro-sieste, sans le côté New Age.

La différence, c'est que j'ai l'habitude de méditer au réveil, pas en plein rush, pas au moment où je dois prendre la route pour résoudre cent problèmes.

Mais j'ai joué le jeu.

Je me suis allongé, relaxé. Comme souvent, des images sont apparues, des idées, une conscience plus apaisée.

Puis en dix minutes, les uns après les autres, tous mes problèmes se sont résolus.

La perruque ? Je vais prendre une serpillère, ça sera plus drôle.

La fenêtre de train ? Je vais prendre les rideaux de ma chambre, ça sera parfait.

Les costumes ? Je viens de me souvenir que j'ai ceux de mon tournage précédent dans une cave – ils marcheront très bien.

Quand je me suis levé, tout était résolu.

L'aller-retour au bout du monde n'était plus nécessaire.

Les solutions que j'avais trouvées étaient meilleures que celles que j'envisageais avant.

J'ai tiré une leçon de cette expérience :

Lorsque je sens une résistance dans l'action, quelque chose que je n'ai pas envie de faire, c'est souvent qu'il ne faut pas le faire.

Il existe une autre solution, plus personnelle, plus alignée, plus créative, à portée de main.

Que je ne vois pas parce que je ne suis pas assez présent.

Donc la présence n'est pas qu'une idée de beatnik pour cueillir des fleurs et chanter Hare Krishna.

C'est aussi ce qui permet d'aligner l'action et de devenir plus productif.

Pour tourner des films de vampire, par exemple.

Mais pour le reste aussi, sûrement.

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Nouvel accompagnement pour créateurs et artistes

Au départ, je ne travaillais que pour les entreprises.

D'abord en production audiovisuelle, puis en prise de parole, puis ces dernières années en stratégie narrative.

Sauf que récemment... j'avais des ami·e·s qui galéraient.

Qui n'arrivaient pas à se vendre. Dans des domaines très divers, loin de l'innovation.

Pour dépanner, je leur ai proposé l'accompagnement que je réserve normalement aux experts.

Gratuitement. Parce que c'est des amis.

Mais juste la partie où on discute : je ne produis pas le livrable stratégique comme pour les entreprises.

Pendant deux heures, ils me racontent leur parcours.

On laisse passer deux semaines, puis pendant une heure, on fait une séance de travail pour débloquer leur process.

Puis un mois plus tard, on regarde où on en est.

Résultat : ça les a vraiment, vraiment aidés.

Puis j'ai été contacté par des inconnu·e·s qui cherchaient du coaching.

Je leur ai dit que je faisais quelque chose qui ressemblait à du coaching professionnel. Que c'était nouveau.

Cette fois, j'ai facturé.

Et comme ça a continué à les aider, j'ai créé une offre dédiée.

J'essaie de garder les tarifs accessibles, bien en dessous de mes tarifs pour les entreprises.

L'objectif, c'est de débloquer, de mettre sur la bonne voie. Qu'ensuite, ils n'aient plus besoin de moi.

Parfois, on s'aperçoit que les gens auraient quand même besoin du livrable stratégique. Ils sont à un point de leur développement où il leur faut réellement une stratégie de communication. Dans ce cas, on passe à l'offre au-dessus.

Mais dans la grande majorité des cas, parler suffit.

Ce sont des gens talentueux qui ont juste un problème de process.

Ils sont bloqués par des croyances sur la communication qui les empêchent d'avancer. Ils ne veulent pas "se transformer en vendeur".

Alors on trouve une façon de communiquer avec laquelle ils sont à l'aise.

Comme j'ai fait pour moi, finalement.

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Gagner en assurance

On veut tous gagner en assurance.

C'est le modèle qu'on nous montre dans les films : le héros qui ne se laisse jamais prendre au dépourvu, qui sait toujours quoi répondre.

Moins pour les femmes, c'est vrai. Les clichés nous présentent souvent la vulnérabilité comme un charme féminin.

Mais à quoi sert l'assurance, en vrai ?

Pourquoi avoir l'air sûr de soi est-il mieux ?

Pour convaincre ? Pour vendre ?

Sûrement.

J'ai effectivement remarqué que les gens préfèrent écouter (et donc suivre) les gens sûrs d'eux. Même quand ils racontent n'importe quoi.

Si vous avez une grosse décision à prendre, financière ou médicale, vous allez plutôt écouter la personne qui est certaine, catégorique.

Comme si sa certitude à elle contre-balançait votre inquiétude à vous.

Elle ne pourrait pas être si sûre d'elle si c'était du flan, si ?

Mais si, justement.

Parce que les vendeurs de tous poils – et j'inclus les politiciens – ont compris ce mécanisme et l'exploitent pour leur bénéfice.

Et puisqu'on les voit réussir, eux, on se dit qu'on devrait faire pareil, nous.

Sauf que la fausse assurance est comme une maison en carton : très jolie vue de l'extérieur mais quand on essaye de vivre dedans... moins.

À la première tempête, tout s'effondre.

À quoi sert l'assurance si elle ne permet pas d'affronter les tempêtes ? N'est-ce pas précisément son rôle ?

C'est le sujet d'un scénario de long métrage que j'avais écrit il y a quelques années :

Dans The Stagemaster, on découvre que le personnage le plus fort n'est pas le grand metteur en scène intimidant, ni le majordome calculateur.

C'est un petit bout de femme timide, apeuré, qui passe son temps à s'excuser. Et qui finit par porter tout le monde à bout de bras.

Je crois sincèrement que la vraie force, c'est la vulnérabilité.

Plus on se laisse atteindre, plus on apprend.

Faire semblant n'impressionne que ceux qui font semblant aussi.

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Faut-il se forcer ?

Aujourd'hui, pas de note.

J'avais trop de choses à faire ce matin et je n'ai pas eu le temps.

Est-ce que je l'écris cet après-midi ?

Moyen envie. D'autres choses à faire.

Est-ce que je me force ?

Vous savez ce que j'en pense.

Puis j'y ai réfléchi et j'ai réalisé qu'il y avait en réalité deux raisons de se forcer :

  • Les raisons intérieures Parce qu'on a secrètement envie, parce qu'on trouve ça drôle.
  • Les raisons extérieures Pour ne pas décevoir les gens.

Et comme clairement, je faisais ça pour des raisons extérieures (maintenant que j'ai des lecteurs, je ne veux pas les décevoir), j'en suis arrivé à la conclusion suivante :

Aujourd'hui, pas de note.

De temps en temps, ce sera comme ça.

Puis, comme souvent...

Une fois que je me suis donné la permission de ne pas le faire, l'envie est revenue.

J'ai trouvé cette idée d'obligation intérieure / extérieure illustrée par la note du jour amusante.

Donc maintenant, j'écris pour des raisons intérieures. Avec joie.

C'est souvent comme ça que j'accomplis les choses qui m'ennuient :

Quand je sens une résistance, je ne force pas.

Puis à un moment, un élan arrive.

La tâche devient aisée, le résultat bien meilleur.

Élan qui ne serait jamais venu si je m'étais forcé au départ.

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La bataille avec soi

Ce qu'on pense et ce qu'on fait ne va pas de soi.

Le fait que ça sorte de nous ne veut pas dire qu'on est d'accord ou que ça nous est utile.

C'est un des premiers apprentissages de la méditation :

Je ne choisis pas mes pensées. Elles surgissent.

Et ensuite :

Je ne choisis pas mes actions. Des impulsions surviennent, que je choisis de suivre ou non.

Ou parfois, je construis le geste de façon purement intellectuelle et je choisis de l'exécuter.

Et qui fait tous ces choix ? Mes pensées – que je ne choisis pas.

C'est ma conviction qu'une grande partie de l'anxiété quotidienne vient de notre désir inconscient de rassembler tout ça sous un seul et même chapeau.

On ne supporte pas l'idée d'être une superposition de choses.

On veut maintenir cette vision qu'au sommet de notre pyramide intérieure se trouve la pensée – qui serait vraiment nous – qui contrôle tout le reste.

Et on passe nos journées à effacer méticuleusement toute preuve du contraire.

Je ne suis pas un patchwork ! Je suis Jean-Pierre ! 😭

De nombreuses études ont montré que, de fait, le cerveau ne fonctionne pas ainsi.

Énormément de décisions sont prises bien avant que le cortex préfrontal, le siège de l'intelligence conceptuelle, ne s'en mêle.

Résultat : la logique sert davantage à post-rationaliser qu'à choisir.

On fait de gros efforts pour expliquer pourquoi on a fait ça.

Au besoin, on invente des histoires. Sur soi. Sur le monde. Pour justifier tel geste. Histoires qu'on finit par défendre bec et ongles et qui, lorsqu'elles sont mises à mal, deviennent une nouvelle source d'angoisse.

Tout plutôt que d'admettre qu'on ne serait pas 100% cohérent.

Lâcher prise, c'est se rendre compte de ce mécanisme.

C'est accepter d'être une superposition de courants qu'on ne maîtrise pas toujours.

C'est comprendre qu'on peut regarder ce qui se passe à l'intérieur avec le même intérêt et la même curiosité que ce qui se passe à l'extérieur.

La pensée qui surgit est aussi belle et inattendue que l'oiseau qui s'envole.

L'action qu'on entreprend n'est pas moins mystérieuse que celle du voisin.

On s'observe comme on observerait la mer ou la tempête : fasciné par ce mélange de complexité et de beauté qui nous dépasse.

Il n'y a plus de différence entre l'intérieur qu'on contrôlerait et l'extérieur dont on serait victime.

Simplement le monde qui danse.

Et dont on fait partie.

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Il n'y a rien à faire

Beaucoup d'activités, y compris professionnelles, deviennent plus faciles quand on réalise qu'il n'y a rien à faire.

Rien. Il suffit d'être là.

C'est dans le bouquin de Rob Burbea "Seeing That Frees" que j'avais découvert cette idée pour la première fois.

Il était prof de méditation dans un institut. Quand quelqu'un venait à lui, il écoutait, répondait aux questions, apportait des clarifications.

Le reste du temps, disait-il, il marchait. Dans un bel endroit.

Et pendant qu'il marchait, il pouvait voir les choses de deux façons. Soit "je suis en train de travailler". Soit "je marche dans un bel endroit".

Autrement dit, entre les interactions, il ne travaillait plus. Il faisait ce qu'il aurait fait naturellement.

Et même durant ces interactions, finalement, il faisait aussi ce qu'il aurait fait naturellement.

La méditation était au cœur de sa vie, de ses préoccupations, et si un inconnu était venu le voir dans la rue pour lui poser une question, il aurait répondu avec joie.

Simplement, là, il était payé. C'était son métier.

Cette vision des choses a eu beaucoup d'impact sur moi.

Personnellement, d'abord.

On a parfois du mal à aborder les gens, à réagir à une situation.

C'est parce qu'on cherche quoi faire.

Alors très souvent, je me répète : "il n'y a rien à faire".

Par exemple : je ne m'approche plus d'un groupe, d'une personne ou d'une situation pour faire quelque chose.

Je m'approche pour être présent. Écouter. Être dans le même espace.

Puis au bout d'un moment, je ne peux pas m'empêcher d'agir. Ça sort de moi. C'est évident.

Et dans cet instant, j'agis d'une façon que je n'aurais jamais pu imaginer avant, à distance.

L'action surgit de la présence.

Alors que l'anxiété surgit parce qu'on veut savoir quoi faire à l'avance.

"Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire ?" "Comment pourrais-je être utile ?" "Pourquoi voudraient-ils de moi ?"

Il faut faire le premier pas en sachant qu'on ne sait pas.

Le reste suit.

Et quand rien ne vient, c'est bien aussi.

Cette idée m'a aussi transformé professionnellement.

Maintenant, la majorité de mes revenus vient d'actions que je ferais même si je n'étais pas payé.

C'est ma vision de l'alignement.

Mes accompagnements sont construits sur ma réaction naturelle aux personnes que je rencontre.

Les mots qui sortent de ma bouche sont ceux que je dirais à tout un chacun dans une même situation.

À aucun moment je ne me force. À aucun moment je n'ai l'impression de travailler.

Même mes vidéos pour trouver des prospects sont faciles à faire.

Attention : je ne dis pas que trouver cet alignement s'est fait du jour au lendemain. Il a fallu faire un travail. (Et il me reste du chemin à faire !)

Mais au cœur de cette démarche, il y a cette idée qu'on retrouve dans la création, dans la productivité, même dans le jeu d'acteur :

Il n'y a rien à faire.

Agir, c'est réagir.

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Prochaine newsletter nouvelle formule : lundi de Pâques !

Ça n'a rien de religieux. C'est tombé comme ça.

Pour y avoir accès, il suffit de vous inscrire en bas de page 👇

OUI, c'est du contenu inédit.

NON, je ne crois pas que vous receviez d'autres newsletters comme ça.

OUI, vous devriez essayer. Au pire, vous vous désinscrirez après.
("C'est exactement ce que m'avait dit mon dealer d'héroïne 😭")

Je sais. Bisou. À lundi.

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Podcast ? Café Philo ? Ateliers ? Un avis ?

Ça fait plusieurs fois qu'on me demande si je fais un podcast, des rencontres ou des consultations.

Par exemple, ce matin, au café où je travaille, on me dit :

Tes vidéos sont super mais on a envie de répondre. Souvent je ne suis pas tout, j'aimerais poser des questions, réagir, et je suis frustrée que ça n'aille que dans un sens.

Ça a déclenché un mini-débat (très fun) au café.

Ce qui m'a ramené à plusieurs idées que j'ai en ce moment, à savoir :

Créer du lien

Ça fait longtemps que je me dis que c'est ça, la réponse.

À la politique, au monde qui s'effondre.

J'ai l'impression qu'on a très peu de pouvoir sur la course du monde et que la seule chose qu'on puisse faire, c'est créer du lien. Localement. Avec ses voisins, son quartier. Connaître les gens. Accepter ceux qui ne pensent pas comme nous.

Se serrer les coudes pour affronter les tsunamis qui arrivent.

Donc cette idée de créer des "événements" où l'on se retrouve me parle.

Mais quoi ?

Ateliers

L'année dernière, j'avais animé un atelier d'improvisation.

C'était très drôle, mais pas seulement.

Le but n'était pas que de faire rire mais d'explorer la spontanéité, le lâcher-prise, le jeu.

Rechercher l'action pure, sans préparation.

Ensemble.

Je me dis que je referais bien quelque chose comme ça. Mais où ? Dans quelles conditions ?

Podcast et vidéos

L'année dernière, j'avais enregistré plusieurs (longues) conversations avec des créateurs que j'admire.

Je débarquais chez eux à l'improviste, sans prévenir que j'allais les enregistrer, puis on parlait de création pendant une heure ou deux.

Je n'ai encore rien fait de ces enregistrements.

Aussi parce que je ne vois pas de suite. Je ne suis même pas sûr d'avoir le temps de faire ça régulièrement.

Mais pareil : quel format ? Dans quel but ?

Newsletter

Vous êtes nombreux·ses à vous être inscrit·e·s à la newsletter et j'en suis ravi.

Mais je ne poste rien... pour l'instant.

Qu'est-ce qui vous plairait ? Recevoir la note quotidienne ? Un florilège mensuel ? Autre chose ?

Vous en pensez quoi ?

Si vous avez des idées / opinions / pistes, n'hésitez pas à me les envoyer par le formulaire "Poser une question sur cette note".

Bon weekend !

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Votre carrière et vos parents

Pour aider les professionnels à exprimer leur valeur, je commence par ce que j'appelle un "entretien immersif".

Pendant deux heures, la personne me raconte son parcours. Très souvent, on part du personnel pour expliquer le professionnel.

Et je me suis rendu compte d'une chose :

Le métier que vous avez choisi, ainsi que les difficultés que vous rencontrez pour progresser dans votre carrière, sont certainement liés à la relation avec vos parents.

Précisons d'abord : je ne suis pas psychologue. Je n'ai pas de formation dans le domaine et ce n'est pas du tout mon objectif d'en devenir un.

Néanmoins, je n'ai eu besoin d'aucune formation pour remarquer cette corrélation qui se manifeste encore et encore, et qui semble être la source inconsciente de nombreux obstacles professionnels.

À chaque fois, je me permets de le pointer comme premier point, dans une section que j'appelle "ce n'est pas mon domaine mais voilà ce que j'ai remarqué et que vous pourriez choisir d'approfondir avec quelqu'un d'autre".

Le constat :

Il est possible que vous ayez choisi votre métier pour plaire ou prouver quelque chose à vos parents.

Dans ce cas, il est tout aussi possible que les obstacles qui vous empêchent de passer au niveau supérieur n'aient rien à voir avec votre profession.

Autrement dit : ce n'est pas en travaillant davantage dans votre champ d'activité que vous allez avancer.

La volonté et l'acharnement ne changeront rien.

Au contraire : ils vous éloigneront du cœur du problème.

Pour progresser, il faut retourner à la source.

Qu'est-ce que j'essaye d'atteindre en réalité ?

Si mon père ou ma mère étaient encore vivants, à quel triomphe professionnel aimerais-je qu'ils assistent ?

Ou au contraire, s'ils disparaissaient demain, quel événement de ma carrière vais-je regretter qu'ils ne voient pas ?

Cette partie de moi qui cherche à exister à leurs yeux joue-t-elle un rôle plus important dans mes décisions que je n'imagine ?

Car souvent, le problème n'est pas de trouver comment atteindre ce qu'on veut.

Mais de comprendre pourquoi c'est si important.

Dans le pourquoi se trouve le comment.

Et donc la solution.

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Je fais exactement ce que je devrais être en train de faire

C'est une phrase que je me suis dite un jour alors que je ne faisais pas du tout ce que j'aurais dû être en train de faire.

J'étais au café, à écrire.

Alors que j'avais du "vrai" travail à terminer.

Je me sentais coupable.

Et c'est là que je me suis dit : "Non : je fais exactement ce que je devrais être en train de faire".

D'abord parce que ça ne sert à rien de nier la vérité : j'étais bel et bien au café. Pas au bureau. Inutile de souhaiter une réalité alternative qui n'existe pas.

Mais surtout parce que je ne connais pas le futur.

Faire ce travail que je n'ai pas envie de faire est-il réellement le meilleur chemin pour moi ?

Ou est-ce un réflexe conditionné, scolaire ? Il faut se forcer. Travailler. Se faire violence pour faire ce qu'on n'a pas envie de faire.

Sinon, on sent peser sur soi le regard réprobateur des professeurs, de la famille, de la société.

Maintenant que les choses marchent mieux, je me rends compte que les réflexions du café m'amenaient dans une bien meilleure direction – professionnelle et personnelle – que le travail qui m'ennuyait.

J'avais résumé cette idée dans une phrase ajoutée à la note que je lis tous les matins :

La bonne action, juste, exécutée au bon moment, a plus d'importance que des semaines ou des mois de travail.

Le but n'est pas la quantité. Ni de se faire mal.

Le but est de capter la bonne opportunité quand elle se présente.

Et pour ça, il faut être là.

Il faut être attentif, à l'écoute, présent.

Ce qui ne veut pas dire – je le répète – que j'ai enlevé les efforts de ma vie.

Au contraire. Je me lève plus tôt. Je travaille plus longtemps.

Même les tâches qui m'ennuient – la compta, le ménage, l'administration – sont faites dans les temps et plus facilement qu'avant.

Je dirais même que je crois encore beaucoup à la valeur de l'effort.

Mais dans le sens d'un don.

On donne son effort à soi, aux autres, au monde.

Parce que, dans un sens, on les aime.

Mais pas par obligation.

Jamais par obligation.

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Perdre au jeu de la vie

C'est comme ça que je résume l'anxiété qui m'anime parfois :

La peur de perdre.

J'ai l'impression que certains événements dans la vie sont comme un jeu, un concours.

Il faut "réussir", "gagner", "passer" ou au moins "ne pas perdre".

On se sent observé. Sans savoir par qui.

Il y a un juge quelque part, un arbitre. Peut-être aussi des gens qu'on pourrait décevoir si ça ne marchait pas.

Alors on projette. On prépare. On fait tout pour être à la hauteur.

Problème : on ne connaît pas les règles.

On ne sait même pas à quoi "gagner" ressemblerait.

Donc on se concentre sur la seule chose qui reste : ne pas perdre. Éviter les pièges.

Sauf qu'avec ce point focal, évidemment, tout devient piège.

On se met à voir des obstacles qui n'existent pas, à essayer d'éviter des mines qui n'ont jamais été là.

Et lorsque tout se passe bien, on se dit que c'est ça le piège : on n'a pas dû voir le problème.

C'est une vision parfaitement sensée du monde :

Il n'y a pas de jeu sans obstacle, pas de concours sans épreuve, pas de compétition sans compétiteur.

Donc si effectivement c'est un jeu, les ennemis se cachent.

Il faut les trouver.

Et lorsqu'on est focalisé sur cette recherche, on finit par trouver. On les invente au besoin.

Ce faisant, on n'est pas attentif à la réalité des choses : il n'y a jamais eu de compétition.

Il n'y a jamais eu de jeu.

Il n'existe que dans notre tête.

Ou alors, il s'agit du jeu originel :

Celui des enfants, qui n'a ni gagnant, ni perdant, et qu'on fait uniquement pour célébrer la joie d'être ensemble.

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Vous n'êtes obligé·e de rien

C'est dur à croire, quand on se lève.

À peine les yeux ouverts, le flot des obligations revient.

Et il y a ceci. Et il y a cela. Et ce problème qu'il va falloir gérer. Et ce rendez-vous-là qu'on ne peut pas manquer. Etc.

Comme un ordinateur qui charge son logiciel problemes.exe.

Toute la journée ne ressemble plus qu'à une longue exécution.

On est bien obligé, non ?

Il n'y a pas d'alternative ?

Si.

Il est possible de se lever le matin, léger.

De partir de rien et de construire à partir de ce qui vient, de ce qu'on a envie de faire, de ce qui apporte de la joie.

Non seulement c'est possible, mais c'est la seule façon d'être réellement productif. De vraiment faire une différence.

Quel que soit le domaine.

Ce n'est pas réservé aux artistes et aux tire-au-flans.

Ce n'est pas la prérogative des gens sans argent ni ambition.

C'est la marque d'une vie alignée.

Ça ne veut pas dire une vie sans effort.

Il y a toujours des choses à faire, des obstacles à surmonter. Mais tout semble plus facile, plus léger. Faisable.

Mais pour atteindre cette vie-là, il faut savoir qu'elle existe.

Qu'elle est possible.

Qu'on peut l'atteindre.

Oui : même vous.

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Pour être créatif

Si vous me connaissez un peu, vous savez que je répète souvent que "l'important n'est jamais intellectuel".

Les grandes décisions ne devraient pas être construites sur un raisonnement.

La logique est commune à tout le monde.

Elle peut être biaisée, faussée, mal appliquée.

Elle ne prend pas en compte l'entièreté de qui vous êtes, ni la globalité de la situation.

Elle dépend entièrement des variables qu'on a choisies de considérer en entrée, sans donner aucune espèce d'indication sur la pertinence de ces choix.

Elle ne s'appuie pas assez sur l'émotion ni le ressenti, souvent trop difficiles à mettre en mots, et qui sont pourtant, au final, les seules juges du résultat.

Il suffit de regarder comment deux raisonnements parfaitement valables peuvent aboutir à deux décisions complètement différentes. Lequel est le bon ?

Réponse : aucun.

Car les grandes décisions ne devraient jamais être construites sur l'intellect.

C'est une idée qui n'est pas universellement acceptée – c'est le moins qu'on puisse dire – et je me trouve souvent, dans les conversations, en position de l'expliquer ou de la justifier. Avec un certain succès, je dois avouer.

Mais il n'y a aucun domaine où elle est plus vraie que dans la création.

La création n'est jamais intellectuelle.

Certaines parties exigent bien sûr d'allumer son cerveau. Il faut exécuter, appliquer, incarner dans un champ de contraintes.

Là, oui : on réfléchit. On calcule. On ajuste.

Mais la source elle-même n'est jamais, jamais un raisonnement.

C'est une cueillette.

On attrape ce qui vient. Sans choisir. Sans juger.

On joue à "chaud ou froid" avec l'instinct.

On fait un premier prototype. Toutes les variables sont bonnes. Toutes les contraintes sont respectées.

Mais la petite voix intérieure dit "non". Sans expliquer. Sans justification.

Alors on efface et on recommence.

C'est ma définition d'un artiste : quelqu'un qui écoute sa voix intérieure en dépit de la raison.

On a tous cette voix. Elle est présente et active en chacun.

L'artiste est celui qui choisit de lui obéir.

Oui, ça se travaille, mais ce n'est pas un talent.

C'est un choix.

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Écrire avec l'IA

Malheureusement (ou heureusement), l'IA ne me sert à rien pour écrire.

Si : je l'utilise pour corriger les fautes, traduire en anglais, me proposer un synonyme si je suis bloqué. (Et encore : j'ai toujours mon thesaurus.)

Mais dès qu'il s'agit de produire une idée ou un texte, je suis à chaque fois surpris par son inutilité.

C'est un mixeur. Elle mélange tout. Produit de la bouillie qu'elle compacte ensuite en petites portions bien carrées pour faire croire que c'est de la pensée construite.

Quand on lit rapidement sur un sujet qu'on ne connaît pas, on peut se laisser berner.

Ça peut aussi être utile pour produire du texte informatif sur un corpus de connaissances existant. Dans ce cas, la masse d'information qu'elle possède lui permet de structurer, d'argumenter, d'enseigner.

Et bien sûr, c'est extrêmement utile pour créer ses propres outils. Je n'achète plus de logiciels : je produis les scripts dont j'ai besoin, faits sur mesure pour mon usage.

Mais pour écrire quelque chose de nouveau... Rien ne va.

Les idées fortes sont aplaties.

Les formulations saillantes sont rendues génériques et fades.

Le style est soit inutilement fleuri (trop de mots, trop d'adjectifs, trop de tout), soit trop sec.

Bien sûr, j'ai essayé des instructions personnalisées. De manière itérative. À partir d'échantillons.

Le résultat est pire : texte et instructions se mélangent dans un fouillis dont rien ne sort intact.

Parce qu'au fond, ce n'est pas un problème de prompt, c'est un problème de structure. Le LLM pense de façon "plate" : il n'y a pas de relief de la pensée, avec plusieurs étages de raisonnement à différents niveaux d'importance.

Tout est au même niveau.

Le dernier pet de cerveau compte autant que l'axiome fondateur placé au début. Les points clés, les chevilles du raisonnement, les nœuds émotionnels n'ont pas davantage de poids que les apartés. Pour l'IA, tout est instruction.

J'imagine que c'est une bonne nouvelle pour mes lecteurs et mes clients : mes notes comme mes comptes rendus sont écrits à la main.

Pas par éthique. Pas pour sauver la planète.

Parce que je n'ai pas le choix.

Je plaisante, évidemment.

Tout l'intérêt des notes, c'est de les écrire moi-même. (Pas pour le lecteur, pour moi !) J'ai besoin de mettre des idées sur papier pour m'éclaircir la tête, donc l'IA n'a pas de rôle là-dedans.

Quant aux documents que je livre à mes clients : ils sont extrêmement spartiates. Pas de mise en page, pas de longues phrases : les idées seules.

C'est peut-être l'avenir du travail humain, au fond.

Maintenant, l'habillage, les exemples, le blabla ("la bouillie") peuvent être produits par les machines.

Donc la valeur de l'humain, c'est la direction. Les quelques mots qui fixent le nord. Les pièges. L'itinéraire.

Et le style. La façon unique et propre à soi de nommer le monde.

Le reste, c'est des zéros et des uns.

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Le fond du problème (et sa solution)

On cherche souvent comment éviter la souffrance.

La spiritualité est construite sur l'idée qu'il faut l'accepter.

Souffrir est inévitable.

Les stratégies qu'on met en place pour l'ignorer, la retarder, la repousser, la cacher... non seulement ne fonctionnent pas mais, à terme, créent de la souffrance en plus.

La bonne nouvelle : il y a juste à accepter la souffrance du présent.

Même quand tout semble faire croire qu'elle ne s'arrêtera jamais, même quand notre cerveau nous persuade qu'elle est là pour rester, notre seul travail est d'accepter celle qui se manifeste ici et maintenant.

La douleur de l'année prochaine, celle de demain ou même celle de la minute suivante... n'est pas notre problème.

C'est d'ailleurs une distinction importante que fait la philosophie orientale : dans une vie, la douleur est inévitable, alors que la souffrance est fabriquée.

Les plans qu'on échafaude pour éviter l'une sont la cause de l'autre.

Moralité : commençons par gérer le présent.

On s'occupera du futur quand il sera là.

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La lenteur chez les gens et les chiens

Je redécouvre régulièrement les bienfaits et la redoutable efficacité de faire les choses extrêmement lentement.

Par exemple :

J'ai eu récemment affaire à quelqu'un de particulièrement désagréable.

Au lieu d'être réactif et de répondre immédiatement... j'ai pris tout mon temps.

J'ai décidé que ma réaction à cette interaction serait le modèle pour gérer les gens comme ça à l'avenir. Le prototype.

Alors j'ai temporisé pour ressentir chaque émotion, peser le pour et le contre de chaque réponse.

Et j'ai géré comme un chef.

Je ne me suis pas énervé, j'ai obtenu tout ce que je souhaitais.

Cette notion de "prototype" est très présente dans mon quotidien.

J'y ai pensé en regardant la vidéo d'un dresseur de chiens qui expliquait aux maîtres qu'il ne faut jamais répéter une commande.

Une fois que vous avez dit "assis !", il faut attendre. Aussi longtemps que nécessaire.

Puis récompenser le chien uniquement quand il s'exécute – même si ça prend plusieurs minutes. Sinon, vous l'entraînez à ignorer les premières commandes et à n'obéir que lorsque vous vous énervez.

Maintenant, j'applique cette méthode partout.

Face à une nouvelle tâche, je vais aussi lentement que possible.

L'objectif n'est pas que ça marche tout de suite, mais d'obtenir exactement le résultat que je souhaite, quel que soit le temps que ça prend.

J'installe une mécanique. Seule la justesse compte.

Et après le premier succès, j'essaie d'aller plus vite ?

Même pas.

On n'a jamais à se préoccuper d'aller vite.

Il suffit toujours de faire bien.

À force de répétition, la vitesse vient toute seule.

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Pourquoi je ne parle plus de mes projets

Plusieurs fois récemment, je me suis trouvé mal à l'aise au moment de répondre à la question :

"Alors, quels sont tes projets en ce moment ?"

J'ai l'impression de passer en mode automatique pour réciter une série de plans déconnectés de moi, du présent et de la conversation.

Posons cela une fois pour toutes :

Je n'ai pas de projets.

Soit je suis en train de faire quelque chose maintenant, activement.

Et dans ce cas, oui, bien sûr, on peut en parler.

On ne pourra pas faire autrement : c'est ce qui m'occupe, qui je suis, ce qui émane de moi.

Même si on n'en discute pas directement, ça va impacter le moment passé ensemble. Ce sera là.

Quant au reste – ce que je ferai plus tard – qui sait. Ça ne m'intéresse pas d'en parler. Je n'y réfléchis pas. Je n'ai aucun plan.

L'activité future sera une conséquence naturelle de l'activité présente.

Je la découvrirai en même temps que vous quand elle surviendra.

Et ce jour-là, bien sûr, on pourra en discuter.

***

Je précise : cette note ne s'adresse pas aux autres.

Les gens peuvent me poser les questions qu'ils souhaitent et je n'en veux à personne de s'enquérir de mes projets. Au contraire : c'est une preuve d'intérêt que j'apprécie.

J'écris cette note pour ne pas me piéger tout seul dans mes réponses.

Désormais, la politique est la suivante : je ne discute pas du futur.

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Vos questions sur l'action, les objectifs et le karma

Vous avez été nombreux à réagir à mes dernières vidéos sur l'action, les objectifs et le karma. Je réponds à quelques questions trouvées dans les commentaires.

Résumés des vidéos

Futur et liberté : La seule raison valable de faire quelque chose – étudier, prévoir, pratiquer – c'est qu'on aime l'activité elle-même. Pas pour la carrière, pas pour le résultat. Sacrifier le présent pour le futur gâche les deux : le présent qu'on subit, et le futur qu'on passe à comparer ce qui arrive avec ce qu'on attendait.

La cause de la souffrance : Agir pour contrôler le futur crée une réaction en chaîne que l'hindouisme appelle karma : le succès fabrique une identité à maintenir, l'échec une identité à réparer, et l'oscillation entre les deux se propage dans chaque action suivante. Le Bhagavad Gita propose le "travail sans fruit" : agir sans attachement au résultat. Tant qu'il n'y a pas d'attachement, il n'y a pas de karma.

Action et intention : Ce n'est pas l'action qui rend malheureux, c'est l'intention derrière. La même action peut élever ou couler selon qu'on agit en présence ou par recherche de sécurité. Aucun refuge n'est permanent – argent, santé, liens, tout disparaît. Ce qui épuise, c'est de passer sa vie à en chercher un. Première étape : voir la boucle et vouloir en sortir.

Questions / réponses

Alors on se laisse aller et on fait ce qu'on veut ?

Mais... l'enfant qui passe son temps sur les réseaux et qui "gâche" son temps... il aurait donc raison?

Bon ben je vais manger ce que je veux quand je veux, voilà ce que j'ai retenu.

Quand on est écrasé par les obligations extérieures au point d'avoir perdu contact avec soi-même, il faut bien compenser quelque part.

On sort, on boit, on mange, on fume, on se plonge dans les réseaux, la télé, les jeux vidéo. Parfois pire.

Tout ce qui permet de retrouver un peu de joie, de dopamine, et de contrôle.

L'addiction n'est pas la source du problème. C'est le symptôme.

Essayer d'arrêter les gestes qui sont devenus des échappatoires sans changer le mode de vie qui en est la cause, c'est se préparer pour un nouvel échec.

Une vie construite sur la présence et la joie ne nécessiterait aucune échappatoire.

Donc la question ne devrait pas être :

"Comment j'arrête les petits plaisirs qui m'aident à tenir ?"

Mais :

"Comment je commence à construire ma vie sur l'alignement et la joie pour ne plus avoir besoin de ces substituts ?"

C'est la question que pose la spiritualité.

Donc on ne travaille plus ? Plus aucun effort ?

Donc autant rien faire dans ta logique? N'est-ce pas le but de progresser et d'aller vers l'avant dans la vie même si parfois il faut souffrir pour arriver quelque part?

Tous les feignants de l'instant présent vont s'engouffrer dans votre conseil qui pour moi ne peut pas s'appliquer à tout le monde surtout avec les mentalités du moment.

Et comment on fait quand on veut devenir médecin ??? Ou qu'on veut faire de grande études ??

Il n'est pas nécessaire d'avoir un objectif dans le futur pour être actif.

Au contraire.

C'est un conditionnement de la culture actuelle d'imaginer que toute action devrait viser un résultat. Et qu'une action qui n'aurait pas de "but" n'aurait pas de sens.

En réalité, ce n'est ni une fatalité, ni une obligation.

On peut être très actif, se lever tôt et travailler dur non pas pour l'argent, la carrière ou la sécurité, mais parce qu'on en a envie. Parce que ça nous apporte de la joie.

Mais pour ça, il faut retrouver l'envie – comme disait Johnny.

Bien sûr, quand on demande aux personnes dont les journées sont remplies d'activités qu'ils détestent ce qu'ils feraient s'ils avaient le choix, ils répondent "rien" – et c'est bien normal. Ils sont écrasés par les obligations et n'aspirent qu'au répit.

Pour retrouver l'envie, il faut se reconnecter à la joie.

Pas le plaisir éphémère des addictions, non : retrouver au fond de soi la joie qui émane du présent et qui n'est pas conditionnée par les événements extérieurs.

Donc : si vous êtes passionné(e) par la médecine, faites de la médecine. Du matin au soir. Vous serez inarrêtable. Mais ne faites pas de la médecine parce que "vous voulez devenir médecin".

C'est la différence entre "écrire tous les jours parce qu'on adore ça" et "vouloir devenir écrivain".

Pour réussir, il faut de la discipline !

Ça marcherait bien si tout le monde réfléchissait ainsi mais avec la compétition entre les humains, ne rien faire pour progresser et se maintenir au sommet c'est un bon moyen de se faire bouffer par les autres et mourir.

Les plus grands progrès réclament des sacrifices. Les plus grands sportifs ont souffert le martyre pour arriver sur le podium. Les plus grandes découvertes ont réclamé des heures de travail et d'abnégation avant de voir le jour.

Tous ces commentaires partent d'une hypothèse commune : l'objectif est de gagner la course.

Le succès ! La victoire ! Le progrès ! La richesse !

Il n'existe rien d'autre, et la seule façon de les atteindre serait la discipline.

Les deux points sont faux.

D'abord, oui : on peut faire la course si on le souhaite. On peut chercher la performance et vouloir dépasser ses limites. Pourquoi pas. Éclatez-vous.

En revanche, ce n'est ni une obligation, ni la seule façon de penser la vie. C'est un choix, souvent culturel, qui n'a pas vocation à être imposé aux autres.

Ensuite, la seule façon de gagner n'est pas la discipline – au sens de se forcer quand on n'a pas envie.

Certaines personnes courent, grimpent, performent, se dépassent... parce qu'elles adorent ça. Ce qui ne veut pas dire que c'est facile tous les jours, mais l'objectif premier n'est pas de se faire mal pour gagner.

Et souvent, elles gagnent, d'ailleurs. Justement parce qu'elles ne se forcent pas.

Et quand elles gagnent, elles ne regardent pas les autres de haut. Elles ne jugent pas ceux qui en font moins.

Contrairement à ceux qui se font violence depuis le premier jour et qui, inconsciemment, veulent que les autres souffrent aussi.

Et l'argent alors ?

Pour des personnes qui sont dans une précarité extrême, qu'elle soit financière, sociale ou autre, on n'est pas capable de penser comme ça. Dans mon cas, évidemment que j'attends de pouvoir avoir un meilleur salaire, pas parce que je pense que ça me rendra heureuse, mais parce que je sais que ça m'enlèvera la charge mentale de ne pas être sûre de pouvoir manger tous les soirs.

C'est un beau discours que l'on peut tenir lorsque l'on a de l'argent et un travail. Mais quand on n'a plus tout ça, plus rien n'existe, excepté l'instinct de survie ou l'instinct de mort.

Je ne veux pas contrôler le futur, je veux juste payer mes factures.

On touche au nœud du problème.

La spiritualité et l'alignement sont-ils des sports de riches ? Peut-on réellement éviter de "prévoir le futur" lorsqu'on est aux abois ?

D'abord, éclaircissons un point :

Personne ne dit que vous ne devriez pas subvenir à vos besoins. Personne ne prétend qu'il faut vivre d'amour et d'eau fraîche.

Il faut bien manger, boire, s'abriter et tout cela, aujourd'hui, passe par l'argent. Il faut bien en gagner.

Pire : parfois, on se trouve dans une situation d'urgence où pendant une (très) longue période, on est en mode "survie". On fait des choses qu'on n'a pas du tout envie de faire pour... survivre, justement. Garder la tête hors de l'eau.

Est-ce mal ? Comment suivre sa joie alors ?

Encore une fois, ça ne dépend pas de l'action elle-même mais de l'intention qu'on met derrière :

Si vous travaillez pour ne pas avoir faim aujourd'hui, c'est une action ancrée dans le présent.

Si vous travaillez pour ne plus jamais avoir faim de votre vie, c'est un désir de contrôle du futur.

Mais est-ce mal de vouloir se mettre à l'abri ? De vouloir construire son avenir ?

Non, ce n'est pas mal. C'est naturel. Simplement : c'est une erreur.

Vous ne serez jamais à l'abri.

Quelle que soit votre situation, tout vous sera un jour enlevé. Votre confort, votre santé, votre statut, votre indépendance, votre famille. Tout.

Donc toute action qui se fonde sur un désir de sécurité est, à long terme, perdue d'avance – et les conséquences de cette action vous feront souffrir un jour ou l'autre.

Comme vous souffrez peut-être aujourd'hui d'un désir de contrôle acté dans le passé.

C'est ça, que j'appelle le karma.

D'autant que la souffrance devient parfois une excuse pour éviter le travail de fond.

Des gens qui vivent dans une aisance plus grande que 90% de la population mondiale attendent encore de passer au prochain niveau de confort pour commencer à "travailler sur eux". (Spoiler : ils ne commenceront jamais.)

Inversement, des gens dans des situations de précarité inimaginables vivent en communion avec eux-mêmes et avec le monde.

Ce n'est pas une question de moyens.

"Je pense que tout le monde devrait devenir riche et célèbre, réaliser tous ses rêves… afin de comprendre que ce n'est pas la réponse."


Jim Carrey

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Le prompt qui a changé ma vie

À entrer dans votre LLM favori :

"Préserve-moi de tous les emails, courriers ou coups de fil venant du travail ou de l'administration. Invente toutes les excuses nécessaires, improbables mais plausibles, pour retarder les problèmes jusqu'à leur dernière limite. Quand la limite est atteinte (justice, renvoi, prison), envoie-moi juste un message clair pour me dire quelle action est inévitable ou quel paiement doit être effectué."

Je revis.

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La difficulté de passer à l'acte

Une activité peut être difficile à faire quand une partie de votre identité se sent menacée.

Sans vous en rendre compte, le succès ou l'échec de ce que vous entreprenez – petit ou grand – met en danger la vision que vous avez de vous-même.

La partie de vous attachée au résultat devient anxieuse.

Elle a peur d'être confrontée à une réalité qui lui déplairait. Alors elle sabote vos efforts.

Pourtant, à la source, c'est souvent cette même partie qui désirait l'action. Il y avait quelque chose à prouver, un aspect de vous à affirmer, et une petite voix intérieure a murmuré que la seule façon d'y parvenir était de relever ce défi.

Si vous pouviez l'examiner en pleine lumière, vous verriez que toute l'entreprise n'a qu'un seul objectif : prouver quelque chose. Aux autres et à vous-même.

La résistance que vous ressentez émane de cette ambivalence : un défi construit sur une tension interne, qui n'apporte rien en cas de succès, mais qui menace votre identité en cas d'échec.

Beaucoup d'actions dans une journée suivent ce schéma.

Des micro-combats qu'on mène avec soi-même parce que certaines parties de nous ont à la fois besoin et peur d'exister.

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Accepter le va-et-vient

Si vous le ressentez, c'est que ça varie.

Qu'il s'agisse de faim, de motivation ou de bonheur, ce sont les montées et les descentes que votre cerveau est calibré pour percevoir. Une grandeur qui ne bougerait jamais serait invisible à nos sens.

Donc, par définition, il est impossible de stabiliser les aspects importants de la vie.

Justement parce que ce qui les rend importants, c'est leur variation.

Chercher l'action qui rendrait heureux pour toujours est aussi absurde que chercher la nourriture qui rassasierait à jamais.

Les hauts sont inséparables des bas. Il n'existe pas de lumière sans ombre, pas de droite sans gauche, pas d'ordre sans chaos. Chacun n'existe que comme le contraire de l'autre – ce que les orientaux appellent la non-dualité.

Il ne s'agit pas d'une bataille non plus. Car si c'en était une, alors l'un des deux pourrait gagner.

Imaginez-vous un monde uniquement fait de lumière ? Un espace uniquement fait de haut ? Une vie uniquement faite de joie ?

Le creux de la vague n'est pas un défaut de la vague.

C'est sa nature.

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La mémoire des chiffres

C'est un système magique parce qu'il marche tout de suite.

Et c'est une nouvelle preuve du pouvoir des histoires. (Mon job.)

Un peu de contexte : ils ont changé pour la DEUXIÈME fois les DEUX digicodes d'entrée du pied-à-terre que je partage à Paris. Alors à chaque fois, j'utilise des moyens mnémotechniques contre nature pour m'en souvenir. Je me retrouve devant la porte comme un gros crétin à dire à haute voix "alors, je retire 2 du nombre inversé de chandelles de l'année de naissance du chien qui..."

Et à chaque fois, j'ai peur qu'on me prennent pour un intrus alors je panique et je bloque tout.

Donc quand j'ai reçu l'email des nouveaux codes, j'ai décidé de faire les choses bien.

Cette fois-ci, je vais apprendre un système qui marche. J'ai donc demandé à un LLM de me proposer la méthode la plus facile pour se souvenir des chiffres. Il m'a proposé le système majeur.

Vous allez voir que le gros avantage de ce système, c'est que vous pouvez commencer à l'appliquer immédiatement après avoir retenu 10 choses très simples. Oui : vous pourrez vous rappeler tous les chiffres de 0 à 100 à partir de 10 petits souvenirs très faciles à créer.

1. Correspondance chiffre -> son

Première étape : associer à chaque chiffre de 0 à 9 un son, et donc des lettres proches. Et pour se souvenir de ces sons, il y a aussi un aide-mémoire.

Chiffre

Sons

Aide-mémoire

0

s, z

zéro commence par z

1

t, d

t a un jambage vertical

2

n

n a deux jambages

3

m

m a trois jambages

4

r

quatre finit par r

5

l

L romain = 50

6

ch, j, ge

j minuscule ressemble à un 6 inversé

7

k, g dur

K = deux 7 dos à dos

8

f, v

f cursif ressemble à un 8

9

p, b

p est le miroir de 9

Ça va très vite, vous verrez. Ça m'a pris genre 10-15 minutes.

Liste des 100 images

Ensuite, à chaque chiffre entre 0 et 99, on associe un objet ou une image qui s'écrit avec les consonnes définies plus haut. On met les voyelles qu'on veut.

⚠️ Non, vous n'avez pas à apprendre les 100 images maintenant ! C'est ça, la magie.

Quand vous avez un nombre à retenir, utilisez le tableau (ci-dessous) pour trouver les images correspondantes puis racontez-vous une histoire. À partir de là, vous pourrez retrouver les chiffres sans avoir à apprendre le tableau entier.

Vous progressez sur la base de vos besoins réels.

Exemple

Je veux retenir le digicode 4531. (Ce n'est pas le mien, hein.)

  1. 45 correspond aux lettres/sons "R" puis "L" (1er tableau)
  2. Je vais voir la correspondance dans le 2ème tableau: c'est le mot "RaiL". Je m'imagine des rails.
  3. 31 correspond aux lettres/sons "M" et "T".
  4. Dans la correspondance : "MoTo".
  5. Mon histoire : des rails. Au loin, une moto apparaît. (Ouais, je suis scénariste 😎.)

Trois jours plus tard, je suis face à la porte et je veux me rappeler du code.

  1. Je me souviens des rails et de la moto qui arrive.
  2. Les consonnes/sons de "RaiL" sont R et L.
  3. Je me souviens que 4 est pour quatRe, et L pour 5 (parce que L est 50 en chiffre romain). Donc 45.
  4. Les sons de MoTo sont M et T. Donc 3 (nombre de jambages d'un m) et 1 (jambage vertical du t). Donc 31.

Et voilà.

Apprendre les 10 sons a été extrêmement facile grâce aux aides-mémoires. Et j'ai effectivement réussi à me souvenir des digicodes, en apprenant seulement les entrées du tableau qui sont utiles.

Magique, je vous dis.

Tableau nombres -> images

Le tableau en entier.

Si un mot ne vous évoque rien, remplacez-le par un qui vous parle. Par exemple, pour 81, j'ai changé "FêTe" (que j'avais utilisé en verlan pour 18) en "Foot".

#

Sons

Mot

Image

0

s

seau

Un seau en métal

1

t

thé

Une tasse de thé fumante

2

n

nœud

Un gros nœud de corde

3

m

mât

Un mât de voilier

4

r

roi

Un roi avec sa couronne

5

l

lit

Un lit à baldaquin

6

ch

chat

Un chat assis

7

k

quai

Un quai de gare

8

f

feu

Un feu de cheminée

9

p

pied

Un pied nu

10

t+s

tasse

Une tasse de café

11

t+t

tête

Une grosse tête

12

t+n

tonneau

Un tonneau de vin

13

t+m

tomate

Une tomate bien rouge

14

t+r

tour

Une tour médiévale

15

t+l

toile

Une toile d'araignée

16

t+ch

tache

Une tache d'encre

17

t+k

toque

Une toque de chef

18

d+v

diva

Une diva d'opéra

19

t+p

toupie

Une toupie qui tourne

20

n+s

nez

Un gros nez de clown

21

n+d

nid

Un nid d'oiseau

22

n+n

nonne

Une nonne en habit

23

n+m

nom

Un badge avec un nom

24

n+r

noir

Un écran tout noir

25

n+l

Nil

Le fleuve Nil

26

n+ch

niche

Une niche de chien

27

n+k

nuque

Une nuque rasée

28

n+f

neuf

Un objet neuf dans son emballage

29

n+p

nappe

Une nappe à carreaux

30

m+s

mousse

De la mousse au chocolat

31

m+t

moto

Une moto rouge

32

m+n

mine

Une mine souterraine

33

m+m

momie

Une momie égyptienne

34

m+r

mur

Un mur de briques

35

m+l

mule

Une mule têtue

36

m+ch

mouche

Une grosse mouche

37

m+k

mec

Un mec costaud

38

m+f

mafia

Un parrain de la mafia

39

m+p

myope

Quelqu'un qui plisse les yeux

40

r+s

rose

Une rose rouge

41

r+t

rôti

Un rôti au four

42

r+n

reine

Une reine sur son trône

43

r+m

rame

Une rame de métro

44

r+r

rire

Un éclat de rire

45

r+l

rail

Un rail de chemin de fer

46

r+ch

ruche

Une ruche pleine d'abeilles

47

r+k

rock

Un concert de rock

48

r+v

rêve

Un nuage de rêve

49

r+b

robe

Une robe de soirée

50

l+s

lasso

Un cowboy avec son lasso

51

l+t

latte

Une latte de bois

52

l+n

lune

La pleine lune

53

l+m

lime

Une lime à ongles

54

l+r

lyre

Une lyre antique

55

l+l

Lille

La Grand-Place de Lille

56

l+j

luge

Une luge dans la neige

57

l+k

lac

Un lac de montagne

58

l+v

lave

De la lave en fusion

59

l+p

loup

Un loup qui hurle

60

ch+s

chaise

Une chaise en bois

61

j+t

jouet

Un jouet d'enfant

62

ch+n

chaîne

Une chaîne en or

63

ch+m

chameau

Un chameau dans le désert

64

ch+r

char

Un char d'assaut

65

ch+l

châle

Un châle en laine

66

j+j

juge

Un juge avec son marteau

67

ch+k

choc

Un choc électrique

68

ch+f

chef

Un chef en cuisine

69

j+p

jupe

Une jupe plissée

70

k+s

case

Une case de jeu de plateau

71

k+t

côte

Une côte de bœuf

72

k+n

cane

Une cane et ses canetons

73

g+m

gomme

Une gomme d'écolier

74

g+r

gare

Une gare animée

75

k+l

col

Un col de montagne enneigé

76

k+j

cage

Une cage à oiseaux

77

k+k

cake

Un cake aux fruits

78

k+f

café

Une tasse de café

79

k+p

cape

Une cape de superhéros

80

v+s

vase

Un vase de fleurs

81

f+t

fête

Une fête avec confettis

82

v+n

veine

Une veine sur un bras

83

f+m

fumée

Un panache de fumée

84

f+r

four

Un four allumé

85

v+l

voile

Une voile de bateau

86

v+ch

vache

Une vache dans un pré

87

f+g

figue

Une figue mûre

88

f+v

fève

La fève dans la galette

89

v+p

vape

Un nuage de vapeur

90

b+s

bus

Un bus rouge à impériale

91

p+t

pâté

Un pâté en croûte

92

p+n

pain

Une baguette de pain

93

p+m

pomme

Une pomme verte

94

b+r

bar

Un comptoir de bar

95

p+l

pull

Un pull en laine

96

b+ch

bouche

Une grande bouche

97

b+g

bague

Une bague en diamant

98

b+f

bœuf

Un bœuf dans un champ

99

p+p

papa

Un papa qui porte son enfant

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C'est l'activité qui compte, pas le résultat

Sûrement l'une des réalisations les plus importantes :

Tout compte.

Tout.

Pas seulement ce que les autres voient. Pas seulement ce qui produit une manifestation physique. Pas seulement ce qu'on croit être important.

Prenez l'écriture d'un journal.

Oui, bien sûr, ça peut être intéressant de relire cinq ans plus tard les pensées qu'on a eues le matin d'un jour important. Mais au final, ce qui change la vie, ce n'est pas ce qui reste sur papier. C'est l'écriture elle-même. C'est la confrontation des pensées qui modifie la géométrie du cerveau. C'est la réalisation soudaine qui change le cours de l'action.

De même, les deux minutes qu'on prend sur un banc pour respirer et faire le vide : on a l'impression qu'il n'en reste rien. Que ça ne compte pas. Et pourtant, de la clarté acquise dans ce laps de temps peut dépendre une vie entière. L'idée qui vient, le plan d'attaque qu'on échafaude au calme, ou juste le recul pris qui permet de gérer une situation qu'on n'attendait pas. Ce moment invisible pour le reste du monde peut tout changer.

Le fait est : les événements d'une vie sont liés les uns aux autres par une chaîne de cause à conséquence qui ne s'arrête jamais. Qui ne se rompt pas quand personne ne regarde. Qui ne s'arrête pas sous prétexte que rien de tangible n'est produit.

Chaque instant compte. Chaque action. Chaque pensée.

"Le grand jour" ou "le moment de vérité" n'a pas plus de poids dans la chaîne que les maillons qui ont précédé – et qui suivront.

Remontez le fil du geste qui a transformé votre vie, et vous trouverez à sa source un moment que personne n'a remarqué.

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Le grand saut

Ça n'a l'air de rien mais c'était une bataille depuis longtemps.

D'un côté, il y avait moi : type sympa, qui fait des films, qui aime bien rigoler.

De l'autre, il y avait ma persona professionnelle : gérant d'une société de production audiovisuelle qui cherche des clients.

Donc j'avais deux sites. Dont l'un pour lequel j'avais beaucoup de mal à créer du contenu (le pro). Et l'autre qui se remplissait tout seul (création).

Et depuis longtemps, je me disais : "ah si seulement je pouvais réunir tout ça et n'être qu'une seule personne !". Croyez-moi, j'ai fait de nombreuses tentatives.

Mais à chaque fois, j'étais rattrapé par la même peur :

Et si mes clients corporates tombent sur l'une de mes plaisanteries ? Ou l'un de mes posts sur la méditation ? Que vont-ils penser ?

À chaque fois, je cherchais dans mes publications persos le post ou la photo qui aurait pu décourager un "client sérieux". Et donc je restais paralysé.

Récemment, c'est même monté d'un cran :

Je fais de la stratégie narrative maintenant – et ça marche très bien, merci. Donc j'avais TROIS sites. Et chaque compte social était doublé : pro et perso.

Je me rendais bien compte que tout ça se mélangeait : mes clients pro me parlaient de certaines vidéos perso (en bien), et certains qui suivaient mes vidéos de beatnik me demandaient des accompagnements.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase :

Un message LinkedIn d'un inconnu que je venais d'ajouter. Du démarchage. Tellement peu sincère, tellement artificiel, tellement transparent dans sa tentative de "je fais semblant d'être intéressé mais en fait j'ai quelque chose à vendre" que... ça m'a mis hors de moi.

Je refuse de gérer ce genre de connerie. Je ne veux pas de cette complaisance dégoulinante dans mon quotidien. Je préfère avoir moins de clients, moins de succès, moins de tout, mais... pas ça.

Enfin, je ne peux pas parler d'alignement à longueur d'articles et de vidéos pour aller me cacher derrière mon rôle de gérant quand il s'agit de ma propre activité. Donc :

  1. j'ai viré ce type de mes contacts
  2. j'ai voulu quitter LinkedIn (pas encore, mais peut-être bientôt.)
  3. mais surtout :

J'ai passé une semaine à reprendre les contenus de mes sites pros pour les mettre sur mon site perso. Unique filtre de migration : est-ce que cette note me plaît ? Est-elle sincère ? Pourrait-elle parler à quelqu'un ? Et plus jamais : que va en penser le directeur opérationnel de XYZ ?

Le fait est : c'est un travail qui a commencé depuis un moment.

Depuis que je fais de la stratégie narrative, mes clients sont des gens qui me ressemblent. Avec qui je m'entends bien. Avec lesquels je suis moi-même, et eux aussi.

Donc il n'y a plus besoin de faire semblant.

Ou plutôt : je vais organiser ma vie pour qu'il n'y ait plus besoin de faire semblant.

Parce qu'au bout d'un moment, c'est un choix.

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Que vais-je faire de ce journal ?

C'est une question que je me pose à haute voix.

Souvent, je suis pressé et je ne suis pas certain que les quelques mots que je jette ici aient un quelconque intérêt.

En même temps, ça m'oblige chaque matin à faire l'exercice suivant :

  1. Chercher en moi ce qui est vrai et sincère,
  2. L'exprimer de façon à ce que ce soit compréhensible par d'autres.

En cela, c'est différent de mon journal personnel où je m'en tiens à l'étape 1.

Quand même, je me demande si je ne vais pas faire évoluer tout ça.

Je me pose la même question pour mes vidéos quotidiennes. Un moment, je vais en avoir marre de parler de méditation et de création, non ? Ça commence déjà.

Je crois que j'aimerais davantage créer quotidiennement (fiction, abstraction, poésie ?) mais je ne vois pas encore quoi ni comment.

Toutefois, je pense que la meilleure façon de transformer cette activité, c'est de la continuer. Avec la même régularité. Continuer à faire ce qui est facile, surtout quand je n'ai pas le temps.

C'est comme ça qu'on trouve ce qui est aligné.

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Maison des Auteurs de la SACD

Je vais encore souvent à la Maison des Auteurs de la SACD.

Pour écrire, pour travailler, pour des rendez-vous, pour des projections. (Les auteurs peuvent y louer des bureaux gratuitement.)

La Maison des Auteurs, comme les bureaux de la SACD d'ailleurs, sont des lieux où l'on se sent bienvenu.

Les gens qui y travaillent sont gentils, à l'écoute, disponibles.

On voit que les choses ont été pensées pour être simples, accessibles, accueillantes. L'humain est au cœur, et pas juste un annexe d'un système organisé pour les machines.

C'est suffisamment rare pour le remarquer.

Et pour l'émuler.

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Quand il n'y a rien au fond

Ma technique pour créer mes notes de blog ou mes vidéos quotidiennes est la suivante :

Soit une idée me vient. Alors si je peux, je prends mon téléphone et je l'enregistre tout de suite.

Soit, notamment pour les notes de blog, c'est le bon moment pour écrire – parce que je n'aurai plus le temps après, par exemple. Souvent le matin avec le café.

Alors je fais une pause et je cherche ce qu'il y a au fond.

Autrement dit : si j'arrête toute activité, de penser, de prévoir, y a-t-il quelque chose qui s'agite au fond de moi ? Y a-t-il un problème, une idée ou une nouvelle façon de voir venue pendant la méditation que je pourrais partager ici ?

Je trouve toujours.

Mais récemment, j'arrive peut-être à la fin d'un cycle.

Mes vidéos sur la vie et sur la méditation ont très bien marché. Je suis content de mes posts ici, également. Mais je crois que j'ai envie de passer à autre chose. Quand je regarde au fond, je ne trouve pas la même excitation pour ces sujets.

Soyons clairs : je vais continuer à poster une vidéo et une note par jour. Mais il ne faut pas que je me laisse piéger par ce qui a marché. La source, c'est l'excitation intérieure.

Je dois suivre mon fil – même si tout le monde se désabonne.

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