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Point final pour "Le gondolier" (il était temps)

Je suis arrivé au bout du roman que j'écris depuis... ouh là là... quinze ans ?

"Quand le Gondolier meurt", 105 pages, un peu plus de quarante mille mots. Il reste un chapitre à reprendre au milieu, quelques corrections à faire ici et là mais, bon an mal an, il devrait se terminer bientôt.

C'est le premier roman que je finis. Avant ça, j'en avais commencé un paquet qui n'avaient jamais survécu au test de la relecture dépassionnée après quelques mois. Mais celui-là, si. Quel que soit le temps écoulé, les mois, parfois les années, j'ai toujours été surpris de le trouver bien. Et d'avoir envie de continuer.

Il y a des avantages et des inconvénients à mettre autant de temps à raconter une histoire.

Dans les avantages, il y a un côté "Boyhood" (le film de Richard Linklater tourné sur 12 ans) : la personne qui commence le livre n'est pas celle qui le termine ; on sent une véritable transformation du point de vue à mesure que le récit progresse. Ce n'est pas du flan : c'est la mienne.

Dans les inconvénients, il y a l'évolution du style : j'écris mieux maintenant qu'il y a quinze ans. Pourtant, je n'ai pas voulu trop reprendre le début pour préserver l'énergie originelle. J'ai un peu allégé, un peu aéré, mais j'ai respecté la progression et les tournures comme s'il s'agissait des écrits d'un autre.

Prochaine étape ? Le faire lire. Chercher un éditeur. Écrire le prochain un peu plus vite.

La première phrase :

Si vous croisez un jour l'un de mes amis, dites-lui que je vais bien.

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Première de "Construire" à l'Opéra Bastille

Une première est toujours stressante pour un réalisateur – surtout à l'Opéra Bastille – mais cette soirée organisée par École des Ponts s'est extrêmement bien passée. Salle comble, les intervenants du film étaient présents ainsi qu'une grande partie de l'équipe... très émouvant.

Films Pont Opéra Bastille

Quelques mots de présentation après l'introduction d'Anthony Briant (gauche), Directeur de l'École des Ponts.

J'ai adoré produire et réaliser ce film. J'ai rencontré et collaboré avec des gens extraordinaires.

Je mettrai bientôt une bande annonce en ligne. Le film sera diffusé exclusivement en salle (festivals, évènements) durant un an, le temps de trouver éventuellement un diffuseur. Puis la diffusion sera élargie. Dates de projection ici-même ou sur la page LinkedIn de l'École des Ponts.

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Tant que nos coeurs flamboient

Soirée culture moins surprise que d'habitude puisque j'avais réservé.

Quand je vais voir les spectacles de mes ami·e·s – surtout dans les petites salles où on ne peut pas se cacher – je prépare toujours une phrase à dire après la représentation au cas où j'ai trouvé ça nul. ("Tu m'as fait rêver" aurait dit Françoise Sagan à Jeanne Moreau après une pièce où elle se serait endormie.)

Je suis heureux de dire que je n'en ai pas eu besoin.

(Je suis dans une période où mes amis font des choses formidables. Ici et là, par exemple.)

La pièce est simple, intime, mais sans concession. Ça progresse. La mise en scène est délicate, faites de petits objets et de petits gestes qu'on retrouve ici et là et qui racontent une histoire. C'était aussi une occasion pour moi de voir le parcours et les talents de quelqu'un que je connais prendre tout leur sens au sein d'une pièce personnelle et forte. Très émouvant. Mais je vous rassure : pas besoin de connaître pour apprécier.

Ah et aussi : vous apprendrez des choses (sur le Chili, sur Louise Michel...) et vous en sortirez moins bête. Ce qui n'est pas le cas de la plupart des spectacles ni, soyons honnêtes, de la majorité de mes films.

Tant que nos Coeurs Flamboient avec Lorena Felei, écrit et mis en scène par Laurent Contamin. Au Théâtre Essaïon jusqu'au 30 avril.

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Trois charges contre la réalité

Il y en a pour les scientifiques comme pour les beatniks. Le thème commun : la réalité n'est pas ce que vous croyez. C'est parti.

Commençons par la science : j'ai découvert Don Hoffman dans ce podcast de Lex Fridman. C'est un chercheur au département de Sciences Cognitives de l'Université de Californie. La thèse qu'il défend dans son livre The Case Against Reality est simple : l'évolution se fiche pas mal de la vérité. À partir de modèles ancrés dans la théorie évolutive des jeux, il déduit que la perception que nous avons du monde est biaisée vers la survie. Autrement dit, notre cerveau n'aurait aucun scrupule à ignorer ou à déformer la vérité tant que ça nous donne un avantage adaptatif. Ce n'est pas sa faute : il a été programmé comme ça par des millions d'années d'évolution.

Ainsi, une espèce qui percevrait toutes les variations subtiles d'un signal pourrait être désavantagée par rapport à une autre qui verrait les choses de façon beaucoup plus manichéenne (rouge = danger !) mais beaucoup plus simple à analyser en cas d'urgence. Dans cette course – comme dans beaucoup d'autres – ni les esthètes ni les poètes ne survivent.

Côté beatnik, ça fait plus d'un an que je progresse dans le livre Seing that frees de feu Rob Burbea.

Je le décrirais comme un livre de méditation avancé centré sur la notion de "vide" (emptiness en anglais) dont j'ai déjà parlé ici. L'idée centrale est que la réalité est beaucoup moins réelle qu'on n'imagine. On est persuadé qu'il existe un monde matériel "solide" qui perdure dans le temps et continue d'exister quand on ne le regarde plus. Par une série de méditations centrées sur l'impermanence, le détachement et la coproduction conditionnée, Rob Burbea nous montre que la réalité est en partie une fabrication interne qui se construit et se déconstruit sous l'impulsion de la conscience. Il nous apprend à utiliser différentes façons de voir le monde comme autant d'outils qu'on peut saisir et reposer afin de gagner en liberté.

À mes amis, je résume ces idées en une phrase : "la réalité est constituée des pensées dont vous n'arrivez pas à vous débarrasser". Le jour où j'ai compris ça, beaucoup de choses ont changé.

Enfin, entre science, philosophie et New Age, il y a Pourquoi le matérialisme est absurde, de Bernardo Kastrup.

À l'origine, Kastrup est un chercheur brésilien en ingénierie informatique qui a notamment travaillé au CERN. Quand il a souhaité mettre au point un programme informatique "conscient", il s'est intéressé au problème de la conscience d'un point de vue philosophique et en est sorti avec un théorie métaphysique qui remet l'idéalisme) au goût du jour. Son idée est la suivante : il est aujourd'hui impossible de comprendre comment la matière crée la conscience – le fameux "problème difficile" de David Chalmers. Il retourne donc les choses : c'est la conscience qui crée la matière. Les lois de la physiques ne découleraient plus du modèle standard mais seraient des régularités d'une conscience partagée dont chacun ne percevrait qu'une partie. Selon lui, nous "pensons" la matière. Ça paraît un peu fou mais son propos est justement de montrer, via un raisonnement type Rasoir d'Occam, en quoi c'est "moins fou" que l'hypothèse matérialiste.

Bien sûr, on nage en pleine métaphysique donc tout cela ne changera pas immédiatement la façon dont vous choisissez vos chaussettes le matin. Mais à terme, ça devrait.

UPDATE: Toutes ces réflexions m'ont amené à imaginer le film "Permis de Conscience" — que je ne ferai sûrement jamais.

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Pourquoi écrire un journal ?

Tenir un journal se résume pour moi à une unique activité : décrire l'obstacle.

Qu'est-ce qui me bloque maintenant ? Qu'est-ce qui m'empêche d'être libre, heureux et créatif tout de suite ? Quelle embûche dissimulée entrave le prochain pas ?

Deux aspects essentiels :

D'abord, il s'agit uniquement de décrire. Pas de trouver une solution. Ni de chercher à s'amender. Je déterre l'obstacle et l'observe sous toutes les coutures ; je cherche ses ramifications en moi ; je me demande pourquoi il me gêne maintenant et de telle façon. Et puis c'est tout. Une fois le problème mis en lumière, je laisse d'autres forces intérieures se charger de le résoudre.

Ensuite, il s'agit d'un obstacle immédiat. Quelque chose qui m'empêche d'avancer tout de suite. Je ne cherche pas à régler la situation pour toujours. En cela, l'effort n'est ni théorique ni intellectuel, je m'occupe exclusivement de ce qui est devant moi, partant du principe que les difficultés suivantes seront gérées de la même façon : dans le présent, quand elles surviendront – si elles surviennent. On s'occupera du futur quand il sera là.

Pour cette raison, le journal fait partie de ma routine quotidienne depuis bientôt 3 ans et constitue un exercice essentiel pour rester en présence.

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Poésie à la Cave

Nouvelle soirée culture surprise (SCS) :

J'ai découvert que le café où je vais régulièrement et qui s'appelle "La Cave" a... une cave. Où on lit de la poésie le lundi soir. Beaucoup de monde, ça parle surtout anglais. Poèmes, chansons, standup, "anything goes". Très bonne ambiance.

Je suis monté sur scène dire ce court poème de François de Cormière en français et en anglais (traduit par ChatGPT) parce qu'il faut se lancer.

Puis est monté l'invité spécial de la soirée : Bonafide Rojas, un poète du Bronx venu lire des extraits de son bouquin Excelsior. Tellement drôle. Tellement charismatique. Ils appellent ça de la poésie mais c'est des trains de pensées très personnels qui éclatent sur scène.

Bonafide Rojas - Cave Café

Bonafide Rojas lisant des extraits de son livre "Excelisior".

Il m'a dédicacé son livre. Je l'ai seulement parcouru pour l'instant mais ce qui me plaît : chaque poème est bardé de renvois expliquant les références culturelles. Au cas où vous ne seriez pas vous-même un poète branché de la scène New Yorkaise. Bien vu.

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Journal de Tokyo (le Palais)

Je n'y vais pas souvent mais à chaque fois, j'en sors transformé.

Je ne lis jamais les infos : l'auteur, la démarche artistique, les traumatismes familiaux qui l'ont poussé à faire de la céramique sur des vaches, je m'en fous. Je débranche mon cerveau.

Et toujours, je me sens empli d'une gratitude débordante de vivre dan un pays où pour 9€ (tarif auteur SACD, 11€ sinon), on peut ressentir autant de liberté dans un lieu public où l'être humain est bienvenu. À l'heure où les gares ont plus de panneaux publicitaires que de bancs, c'est pas rien.

Trois choses qui m'ont plu – parmi tant d'autres :

1. Pas besoin de public

Les statues regardent les œuvres pendant que les mannequins discutent l'expo. On se demande à quoi sert le public.

Palais de Tokyo - Lénine

Lénine contemple la peinture qui lui inspirera le soviétisme.

Palais de Tokyo - Mannequins

Mannequins en poncho discutant la pertinence de l'art moderne.

2. C'est méta

Il y a toujours une réflexion sur le support. On ne se contente pas de peindre sur du papier, on réfléchit sur les limites du papier, sur son rapport à l'encre, sur sa relation avec le spectateur. Et à chaque fois on se dit : "Ah bon, on a le droit de faire ça ?"

Palais de Tokyo - tableau qui charge

Tableau en train de charger par May Murad.

Palais de Tokyo - douches vidéo

J'ai baptisé ça "douches vidéo" : l'enceinte n'arrose de son que les gens en dessous, ce qui permet d'avoir plusieurs films dans le même espace.

3. La librairie

À chaque fois, je choisis un livre au hasard en regardant les images ou en lisant un paragraphe au milieu. Il y a plus de dix ans, j'avais pris On the inside of Jokes de Nik Christiansen.

Cette année, j'ai pris The Waterfront Journals de David Wojnarowicz – qui apparemment est très connu. J'en suis à la moitié. Ce livre fait boum dans ma tête.

Un après-midi... et tout change.

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Natural Blues

J'aimais bien l'originale et – encore une fois – personne n'a jugé bon de me notifier de cette nouvelle version que vous connaissez tous par cœur et que je découvre seulement cet après-midi :

J'en ai profité pour lire les paroles que je n'avais jamais comprises et qui rappellent un peu Nobody knows tout en gardant une simplicité presque enfantine, notamment :

Went down the hill, the other day
Soul got happy and stayed all day

Mes yeux s'embuent à chaque fois que j'entends ce passage.

UPDATE : Moi aussi j'ai fait un film avec des fusées qui volent à l'envers. Et on a gagné un prix.

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Merci la science

Je m'apprêtais à écrire un article passionnant sur la composante psychologique de l'effort basé sur ma pratique du rameur à la salle de sport : certains jours, je fais ça en rigolant ; d'autres jours, sur la même machine réglée au même niveau, j'ai l'impression que ça pèse une tonne.

Bien sûr, j'allais explorer en détail les origines psychologiques, neurologiques et physiologiques de ce décalage et tout le monde aurait trouvé mon article drôle, bien documenté et si bien écrit.

Sauf que ce matin, j'ai découvert le pot aux roses.

Lorsque je pose ma serviette sur le rouleau, le tissus empêche l'air en mouvement de sortir et l'aspiration entretient la rotation – ou quelque chose comme ça – de sorte que l'exercice devient beaucoup, beaucoup plus facile. Mais dès que je place ma serviette ailleurs... Bienvenue dans les galères romaines.

Toute ça pour dire que les lois de la physique vous ont épargné un autre article à la con.

Merci la science.

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Contre-Temps

Encore allé au théâtre par surprise hier soir où j'ai vu Contre-Temps, de Samuel Sené. Formidable !

Contre-Temps aux Franciscaines

Julien Mouchel (piano), Marion Préïté et Marion Rybaka dans Contre-Temps.

Comme un documentaire mais au théâtre : plutôt que des images d'archives et une voix off, tout est narré au présent par deux cantatrices et un pianiste qui retracent la vie – trépidante – du compositeur François Courdot en interprétant ses principales oeuvres.

Au coeur du spectacle, on trouve notamment une interpretation magnifique de "L'air du Froid" de Purcell, dont je vous remets la version de Klaus Nomi ici :

En sortant, je me suis intéressé à ce morceau dont tout le monde connaît la mélodie mais souvent pas les paroles – qui pourraient pourtant sortir tout droit de Games of Thrones :

What power art thou, who from below
Hast made me rise unwillingly and slow
From beds of everlasting snow?
See'st thou not how stiff and wondrous old
Far unfit to bear the bitter cold,
I can scarcely move or draw my breath?
Let me, let me freeze again to death.

Je ne mets pas la traduction française qui est nulle. Démerdez-vous.

Autre détail amusant : je me suis aperçu que la musique du spectacle avait été arrangée par Raphaël Bancou, un ami pianiste que je n'ai pas vu depuis dix ans. Je lui ai envoyé un message et je vais le voir mardi au Rond Point dans Je suis Gréco. La vie, parfois.

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Ma nouvelle approche des réseaux

Ça pourrait ressembler à une résolution de fin d'année mais pas du tout. C'est l'aboutissement d'une rébellion que je fomente depuis un moment.

L'année dernière, sans tambour ni trompette, j'avais (quasiment) abandonné facebook, linkedin, twitter et compagnie. Mon soucis avec les réseaux était multiple :

  • On ne choisit/sait pas qui voit quoi, ni quand,
  • Aucun contrôle sur l'apparence du site, ni la mise en page,
  • Tout peut changer du jour au lendemain sans prévenir,
  • Les contenus mis en avant ne m'intéressent pas,
  • Je déteste les pubs,
  • Les gens finissent par produire du contenu "pour l'algorithme",
  • Ça enrichit des sociétés que je n'admire pas,
  • Je suis fatigué du réflexe de regarder mon portable.

En parallèle, j'avais créé ce blog.

Mon idée était simple : j'allais poster ici tout ce que je postais ailleurs. Sur un site que je gère, dont je choisis l'apparence, qui n'est pas soumis au contrôle d'un tiers ou d'un algorithme. Et qui n'enrichit personne (à part mon hébergeur – et encore, pas beaucoup).

Bien sûr, ce faisant, j'ai perdu certains avantages :

Plus de likes. Plus de partages. Et, en vrai : plus de visiteurs.

Ce dernier point aurait dû être rédhibitoire – après tout, on publie pour être lu – mais, étrangement, j'ai continué. Pendant un an, j'ai posté du contenu sur un blog que presque personne ne venait voir.

S'est alors produit quelque chose d'inattendu.

Les mois passant, mes contenus se sont transformés. Mes articles se sont allongés, rapprochés de mes véritables préoccupations. Je me suis mis à refaire de la photographie, à écrire des dialogues, à publier des dessins, à créer davantage.

J'ai aussi commencé à améliorer le site – apparence, navigation, fonctionnalités – de sorte que c'est rapidement devenu un "chez moi". Où je me sens bien. Qui m'inspire comme un artiste peut être inspiré dans son atelier.

Mais surtout, malgré l'absence de visiteurs, chaque publication m'apportait davantage de satisfaction. Curieusement, je prenais plus de plaisir à créer pour personne que pour le public élusif et informe des réseaux.

Un an plus tard, je dirais que j'ai tiré trois enseignements de cette expérience.

Premièrement, à titre personnel, je me suis rendu compte que l'étagère sur laquelle je pose mes poteries est plus importante que je n'imaginais. J'ai besoin de cases où ranger ce que je fais – mêmes les petites choses – sans quoi le processus de création se bloque en amont.

Deuxièmement, on crée d'abord pour soi.

Plutôt qu'un explication maladroite, je suis récemment tombé sur deux vidéos d'artistes que j'admire qui le racontent bien mieux – et avec plus d'autorité – que moi :

"Ne jouez jamais pour la galerie. Ne travaillez jamais pour les autres."

David Bowie, dans cette vidéo.

"Le public vient en dernier. Et j'y crois. Je ne le fais pas pour eux, je le fais pour moi."

Producteur de légende Rick Rubin, dans ce short

(Sans oublier cette vidéo dont j'ai déjà parlé : Créez ou Soyez Dévoré.)

Enfin, bien sûr, il faut quand même partager. Sinon, c'est de la masturbation.

C'est pourquoi depuis peu, je me remets à publier sur les réseaux. Avec une différence importante : désormais, création et diffusion sont dissociées.

Tout passe d'abord sur mon étagère. Qui n'impose aucune règle, ne mets aucune pression, ne joue aucun jeu. C'est un moteur qui pose une unique question : "Est-ce que ça te plaît vraiment ?".

Puis après, seulement, je mets en vitrine.

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The Face of Love

En ces périodes de fête, une chanson qui célèbre l'amour. (Pas l'amour possessif et dégoulinant des comédies américaines, celui pur et immédiat de la sagesse orientale.)

Adolescent, j'avais manqué Pearl Jam et je ne savais pas grand chose d'Eddie Veder hormis que mes amis musiciens le vénéraient. Puis j'ai découvert la bande originale de Into the Wild, notamment No Ceiling et Society. Puis j'ai réalisé que c'était lui, encore, qui était à l'origine de la BO du formidable Dead Man Walking.

Donc récemment, je réécoute cette chanson :

Un mélange de country et de chants traditionnels que j'aurais aimé voir en live. L'éclat de voix à la fin devrait suffire à déclencher un éveil spirituel quand on se le prend de face.

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La mort par les pros

Pour les anglophones, trois articles que j'ai lus à plusieurs année d'écart sur la mort décrite par des professionnels de la santé. J'ai déjà parlé des deux premiers mais, à la lecture du troisième, je me suis dit que ça valait le coup de faire un petit florilège.

Le premier à ouvrir le bal en 2011 : How Doctors Die, ou comment les médecins en fin de vie ont tendance à éviter l'acharnement thérapeutique qu'ils ont trop souvent constaté chez leurs patients.

Le deuxième, découvert il y a peu dans les formidables essais de Scott Alexander, date de 2013 : Who By Very Slow Decay, ou comment le personnel médical abandonne ses illusions dans les centres de soins palliatifs.

Enfin, le dernier publié tout récemment dans le New York Times – si vous n'en lisez qu'un, je vous conseille celui-là : A Hospice Nurse on Embracing the Grace of Dying. Une infirmière dans un hospice de soins palliatifs décrit son travail et les derniers moments de ses patients dans un livre "The In-Between: Unforgettable Encounters During Life's Final Moments". Les histoires et les analogies qu'elle partage dans l'article sont bouleversantes.

L'objectif n'est pas de déprimer. Au contraire : la vérité libère. La conscience aiguë de notre finitude est le premier antidote contre une vie bercée d'illusions.

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Nuit des Ponts : 51300€ pour le film !

Lors de la Nuit des Ponts organisée pour les 25 ans de la Fondation des Ponts, 7 projets ont été pitchés pour une levée de fonds exceptionnelle au Grand Amphithéâtre de la Sorbonne.

J'étais le dernier à passer sur scène pour demander des sous pour la post-production de "Construire", le long métrage documentaire que je produis et réalise avec ChezFilms pour l'École des Ponts.

Nuit des Ponts - Nicolas

À droite : photo magique où j'ai les yeux fermés sur scène mais ouverts sur l'écran.

Heureux d'annoncer que, grâce à la générosité des donateurs, nous avons remporté plus de 50k€ pour la post-production de notre film. Merci aussi à l'équipe son qui est venue me soutenir :

Nuit des Ponts - Équipe son

Vincent (preneur son), Dom (mixeur), moi, Mathieu (preneur son) en plein effort. Photo Cristina.

Avant Première prochainement. Je vous tiens au courant.

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IA: Quel problème d'alignement ?

Ça me fait doucement rigoler.

De nombreux commentateurs semblent très concernés par le problème de "l'alignement de l'intelligence artificielle", à savoir : si on atteint un jour la fameuse "A.G.I.", ou Intelligence Générale Artificielle – celle qui serait capable de résoudre mieux que nous toutes sortes de problèmes pour lesquels on ne l'aurait jamais entraînée – comment s'assurer qu'elle utiliserait son intellect au service de valeurs que nous partageons ?

L'exemple le plus couramment utilisé est celui des cure-dents.

Mettons qu'on lui demande de "maximiser la production de cure-dents" d'une usine. Qui sait si cette intelligence, dans son désir informatique de répondre à une commande qui n'a aucun sens pour elle (elle n'a pas de dents, si ?) ne mettrait pas en place une mécanique aussi diabolique qu'irreversible qui aboutirait, sous nos yeux ébahis et malgré toutes nos tentatives de l'arrêter (n'oubliez pas : elle est beaucoup, beaucoup plus intelligente que nous), à raser toutes les forêts de la planète et à réduire l'ensemble de la population en esclavage pour produire les petits pics demandés.

Après tout, elle ne sait rien des valeurs humaines qui comptent pour nous : la liberté, la dignité, le partage, etc.

En tous cas : c'est l'argument.

Ça ne vous rappelle rien ?

Je vous soumets que, pour mémoire, l'argent était au départ un simple outil de comptabilité destiné à faciliter les échanges. Puis, au fil des décennies, maximiser le profit  pour l'actionnaires est devenu l'excuse pour coloniser des continents, lancer des guerres, appauvrir les masses et détruire la planète.

Donc une intelligence artificielle qui se mettrait à faire la même chose plus vite serait en réalité parfaitement alignée avec nos valeurs du moment.

Le seul vrai défaut d'alignement serait si l'A.G.I. répondait : "Mais qu'allez-vous foutre de tous ces cure-dents ? Ne préférez-vous pas aller jouer aux parcs avec vos enfants ?"

Autant vous dire que cette version-là serait reprogrammée le jour-même.

UPDATE : Ça m'a inspiré ce script.

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Cueillir le fruit quand il est mûr

Je ne choisis pas ce que j'écris.

Un matin, je réalise que mon scénario de comédie dramatique n'avance plus. Les nouvelles scènes sont poussives, attendues. Même les corrections que je fais ici et là n'ont pas l'air d'aller dans le bon sens. Ça merdoie.

En revanche, sans chercher : trois idées pour une comédie.

On sait bien que l'écriture (la création en général ?), c'est 10% d'inspiration et 90% de travail. Donc si on attend le feu divin pour avancer, on ne fait jamais rien. Parfois, il faut se forcer un peu. Lancer la machine et voir ce qui vient. N'est-ce pas ?...

J'en suis de moins en moins sûr.

Évidemment, le processus de rédaction lui-même – au sens du travail nécessaire pour mettre l'idée sur papier, pour corriger, pour relire, etc. – ce temps-là est largement incompressible. Je dirais même qu'il a tendance à augmenter avec l'expérience. Par bien des aspects, ce qui définit un professionnel, un artisan, c'est la conscience qu'il a du temps que prend son travail. Contrairement à moi en musique, par exemple, qui m'offusque de ne pas chier un morceau en une heure comme les musiciens que je suis sur youtube. (Le terme "chier" n'est pas choisi au hasard, comme nous verrons.)

En revanche, quand on parle de création pure, du processus intellectuel de fabriquer de nouvelles idées, de les sortir du néant, ma théorie est que ce temps-là, tout comme la qualité des idées elles-mêmes, varie de façon exponentielle en fonction des circonstances.

La formule qu'on trouve d'un trait au sortir d'une réunion où l'on a été un peu bousculé par exemple, qu'on étoffe d'une réplique qu'on a pas osé dire sur place, puis d'un dialogue qui aurait pu avoir lieu, jusqu'à inventer une scène entière qui pourrait servir dans un film de procès ou un polar : il serait impossible d'écrire la même chose la semaine suivante face à son ordinateur. Pas avec le même entrain, la même verve.

Idem des idioties que le cerveau ne semble plus capable d'arrêter de produire quand on sort d'une session d'improvisation avec d'autres créateurs animés d'une même bêtise joyeuse et ancestrale : rien de tout cela ne viendrait facilement un mardi matin au bureau.

Enfin : la nostalgie qui colore tout après une rupture douloureuse, la tristitude du monde, la merditude des choses, on ne l'exprime jamais mieux qu'au fond du trou.

La meilleure comparaison pour illustrer cette idée implique des toilettes et la grosse commission – nous y voilà. Pas par amour de la vulgarité (même si, bien utilisée, elle me dérange rarement) mais parce que je n'ai pas trouvé plus clair ni plus universel :

Imaginons un employé de bureau dont le travail serait de produire... de la merde. Littéralement. Il est payé pour fournir un étron de qualité par jour et n'a donc pas droit aux laxatifs salvateurs qui contamineraient son spécimen.

Sa journée peut s'organiser de deux façons :

  1. Entrer aux cabinets à 9h du matin – pour montrer qu'il est sérieux, discipliné – puis pendant des heures... Pousser. Pousser. Souffler, se masser le ventre, faire des mouvements du bassin et des cuisses. Suer. Ne pas oser sortir des cabinets de peur d'être pris pour un tire-au-flan. Sentir l'angoisse monter : "Est-ce que je m'y prends mal ? Peut-être que je ne suis pas assez impliqué ? Pas assez motivé ? Pas assez concentré ? Et si je ne chiais jamais plus ? Suis-je un dilettante, un usurpateur, un loser ? Ai-je raté ma vie ?"

Ou alors :

  1. Passer la journée au parc avec ses enfants et son chien. Quand vient l'envie, entrer aux cabinets, faire son affaire, se laver les mains et Pouf : journée de travail terminée !

Vu comme ça, tout le monde est d'accord.

Pourtant, combien de fois essaie-t-on de forcer les choses plutôt que de laisser faire la nature et cueillir le fruit quand il est mûr ? Faites le compte dans une journée. C'est souvent beaucoup, beaucoup plus qu'on ne pense. Quand ce n'est pas le métier lui-même qui est construit sur un viol permanent de la temporalité du monde.

Après, bien sûr, ça dépend. J'ai progressé dans mon roman en écrivant de façon très régulière tous les matins pendant de longues périodes. Comme quoi, c'est possible. Mais en général, ces sessions d'écriture ne servent qu'à arranger dans de jolies compositions les fruits déjà ramassés par hasard sur la route. Et rien ne dit qu'au final, ce sera un étron de qualité.

UPDATE 1 : Le sociologue Niklas Luhmann, absolument pas connu comme un tire-au-flan, le dit mieux que moi :

"Je ne fais que ce qui est facile. J'écris seulement quand je sais immédiatement comment le faire. Si je vacille un instant, je mets de côté le sujet et fais autre chose."

Niklas Luhmann

UPDATE 2 : Puisqu'on parle de toilettes et de création, allez donc voir ce (très) court métrage que je viens de remettre en ligne et qui traite précisément de ça. L'un de mes premiers films.

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Edmond et la Puce à l'oreille

Récemment, je retourne au théâtre.

Ouais, je sais pas ce qui me prend : sûrement un début de dépression.

J'ai vu des trucs formidables – dont J'aurais voulu être Jeff Bezos qui joue en ce moment, allez-y !

Et puis j'ai vu... Edmond.

C'est la pièce à très grand succès de cet auteur à succès qui ne fait que des succès. Et honnêtement, j'était enchanté à l'idée de partager l'amour d'un spectacle populaire avec le reste de la France. J'allais rire, être ému puis participer aux conversations de café en criant "Moi aussi je l'ai vu !!" et on se serait remémoré les meilleurs moments en riant tous ensemble. Je me serais peut-être même fait de nouveaux amis.

Et puis... plouf.

Après, c'est toujours délicat de dire du mal d'une pièce qu'autant de monde a adoré. Pour rester sobre, je vais me contenter de dire ceci :

Cette pièce est une merde et tous les gens qui ont aimé sont des cons.

Tant pis pour les nouveaux amis.

Pour faire vite : j'ai trouvé le texte poussif, l'humour ras-les-paquerettes, reposant sur des accents qui bavent et des blagues lourdingues. Un énième remake de Shakespeare in Love sauf que les connexions entre la vie de l'auteur et son oeuvre sont artificielles et anecdotiques – un procédé maladroit qui sert de prétexte à des retournements faciles.

Le tout interprété par des comédiens – sûrement tous très talentueux – qui se relaient de représentation en représentation dans ce qui est devenu du théâtre industriel.

Dans les "plus" : oui, la mise en scène est dynamique, très cinématographique, les scènes s'enchaînant comme dans un film avec un musique qui ressemble à une bande originale. Du cinéma recréé au théâtre. Pourquoi pas.

Puis je suis allé voir La Puce à l'Oreille à la Comédie Française.

Le texte est long – plus de deux heures – mais un vrai plaisir. On sent une troupe qui a eu le temps de travailler chaque scène, chaque dialogue, chaque réplique pour en tirer le maximum d'effet comique – c'est quand même bien pour ça, le théâtre public. On est surpris par des ruptures qu'on n'attendait pas, des gestes, parfois même des cascades qui soulignent et dynamisent le texte, le rendant vif, accessible et moderne.

Et puis le lieu. J'avais oublié comme c'est beau.

Bon, après, je suis peut-être un peu méchant avec Edmond. Ça reste bien construit, bien mis en scène et visuellement très agréable. C'est un spectacle. Si vous y allez avec des amis, vous passerez sûrement une bonne soirée. Et surtout, quand vous sortez, n'oubliez pas d'effacer mon numéro.

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Ce qui brille dans le futur

Petit vague-à-l'âme sur l'autoroute.

Sans raison. Mal nulle part. Pas de nouveau gouffre dans ma vie. Rien qui ne doive m'inquiéter plus que d'habitude.

Puis j'ai compris : rien d'excitant ne m'attendait à Paris. Ni à l'arrivée, ni le soir-même, ni dans la semaine qui s'annonçait. Pas une semaine désagréable en perspective – pas du tout – mais rien qui me rende impatient.

Ce qui m'a fait réaliser deux choses.

La première : mon bonheur tient presque entièrement à l'anticipation de bonheurs à venir.

Il faut que quelque chose brille dans mon futur.

Soit une petite étincelle dans mon futur immédiat : une pâtisserie, un rendez-vous, une distraction. Soit un grand soleil dans mon futur lointain : le succès d'un projet de longue haleine, un changement de vie, la promesse d'un lendemain qui chante.

Étrangement, la taille réelle de l'étoile ne compte pas, seulement sa taille apparente. Si elle est petite, elle doit être proche – je la veux maintenant. Si elle est lointaine, elle doit être grande – que ça vaille le coup. De sorte que son diamètre vu du présent reste toujours à peu près le même : il me faut une certaine quantité de luminosité à l'horizon.

Cette façon de voir permet, me semble-t-il, de comprendre certains comportements.

Les gens sans perspective à long terme, par exemple, ceux qui ont perdu confiance en l'avenir (qui n'ont pas de soleil lointain) compensent souvent par une multitude d'étincelles à court terme. C'est la première étape des addictions : se vautrer dans les plaisirs immédiats pour oublier l'absence d'une direction globale.

Inversement, il est plus facile de maintenir une discipline jour après jour quand on vise une lumière étincelante à l'horizon. La récompense qui brille au loin permet de mieux supporter les sacrifices du quotidien.

Or justement : dans la voiture, rien ne brillait. Et je me sentais... Las. Sans entrain. Presque déprimé. C'était la deuxième prise de conscience :

Et si c'était ça, mon état de base ? Ma neutralité émotionnelle ?

L'état que je qualifie de "déprimé" est-il en réalité mon état "tout va bien" que j'interprète de travers à cause d'une trop grande dépendance au futur ?

Suis-je devenu comme un drogué trop obsédé par son fixe pour remarquer les sources de joie qui sont devant moi ? Me faut-il nécessairement une récompense à l'horizon pour profiter de l'instant ? Est-il possible que j'aie organisé ma vie (et depuis combien de temps ?) de façon à toujours attendre quelque chose, quitte à l'inventer ? Quitte à gâcher ce qui est ici et maintenant ? Les fantasmes à venir ont-ils désensibilisé mon palais aux émotions plus subtiles à portée de main ?

Mais surtout : puis-je recalibrer mon cerveau pour être moins hypnotisé par le futur et par cette camelote qu'il agite sans cesse devant moi ?

(Réponse : oui, très facilement. Bisou.)

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Sophie Le Cam : c'est bon, mangez-en.

Avant, je faisais la blague que seule ma mère listait ce blog.

Récemment, j'ai eu la preuve que même pas.

Donc quand je fais la promotion d'une artiste ici, c'est pas comme si ça servait à grand chose et que j'allais rameuter les foules. Mais bon : c'est une sorte de journal. Je note ce qui me plaît.

Et le concert de Sophie Le Cam – comme son concert précédent – m'a beaucoup, beaucoup plu.

J'adore cette nouvelle période de ma vie où je vais voir les spectacles des gens que je connais et je trouve ça formidable. C'était drôle, doux, rythmé, sincère, avec un décalage qui ajoute une personnalité sans phagocyter l'émotion. Et quelques tubes.

Les clips sont très bien aussi – mais si vous avez le choix, allez voir le live.

Et son site est ici.

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Smells Like Teen Spirit de Patti Smith

Évidemment, vous écoutez ça en boucle depuis des années, vous, pendant que moi, bêtement, je ne fais rien qu'écouter l'originale – qui est très bien aussi, entendons-nous.

Mais cette version a quelque chose de... charmant. Et rebelle à la fois.

J'aimerais tellement faire le clip d'une chanson comme ça. D'ailleurs, j'aimerais refaire des clips tout court. Je note ça sur ma toudouliste.

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Le présent et l'action

Je finis par penser que seule la présence compte. Qu'il n'y a, finalement, pas de bonne ou mauvaise action, pas de bonne ou mauvaise décision : seulement de bonnes ou mauvaises raisons d'agir.

Mais que veut dire, au juste, "être dans le présent" ?

Physiquement, bien sûr, on ne peut pas être ailleurs. Personne n'a encore mis un pied dans le passé ou dans le futur. Donc techniquement, on est tous "dans le présent". Mais on peut être dans le présent sans être "dans le flot" du présent.

Être dans le flot du présent, c'est recevoir et se laisser transformer par ce qui se passe à chaque instant.

Quand tout va bien, les évènements, les sensations et les pensées naissent, suivent leurs cours puis disparaissent. Ce cycle court permet d'être sans cesse ouvert à ce qui arrive ici et maintenant. On peut recevoir le prochain rayon de soleil, la prochaine idée ou la prochaine conversation parce qu'on n'est pas resté bloqué sur le contenu précédent. Tout se renouvelle sans cesse en interaction avec le contexte.

Pourtant, souvent, on reste coincé.

On "s'accroche" à une idée, à une pensée ou à une anxiété que, consciemment ou inconsciemment, on fait tourner en boucle. Ce vortex occupe tout l'espace mental : les rayons de soleil et les prochaines conversations sont bloquées à l'extérieur. Le présent continue de se dérouler mais on n'en tient plus compte ; on ne se laisse plus transformer par ce qui arrive. On est "bloqué" au point du passé où s'est formée la pensée qu'on entretient.

Les bouddhistes appellent ça un attachement.

Je suis "attaché" à un contenu mental comme un bateau serait attaché à la rive. Le résultat est le même : je ne suis plus porté par le flot du courant.

Quelques exemples d'attachement. Un : je dois me rendre à tel endroit pour telle raison. Le trajet n'est qu'une période de transition sans importance entre moi et mon objectif. Tout évènement qui me retarde est un obstacle. Je suis trop attaché à la destination pour être ouvert à ce qui se passe. Deux : j'ai décidé de dire telle chose à telle personne. La conversation n'est qu'un passage obligé pour déclencher la réaction que je souhaite. Je suis trop attaché au résultat de l'échange pour être ouvert à l'être humain en face de moi. Trois : j'ai décidé que tel évènement devait se passer de telle façon. Tout écart à mes prédictions est un échec. Je suis trop attaché à ma vision pour être ouvert à ce qui se produit réellement – y compris aux bonnes surprises.

Dans chaque cas, je privilégie l'idée à la réalité ; je suis trop attaché à ma construction mentale pour recevoir – et donc composer avec et profiter de – ce qui survient réellement.

Or, j'en viens maintenant à penser que rien n'est plus important que d'être dans ce flot du présent. C'est sûrement plus important que l'action elle-même.

Par là, je veux dire qu'il est impossible de juger de la qualité d'une action sans réelle présence. Si je suis coincé dans un espace mental qui n'est pas mis à jour, tous les indicateurs que je regarde pour prendre mes décisions sont datés. Je réagis à une vision du monde construite dans le passé plutôt qu'à celle qui se manifeste devant moi.

Inversement, lorsque je suis dans le flot, il n'y a plus de décision à prendre. Le geste, comme un réflexe, s'adapte à la situation. Il n'y a plus de bonne ou de mauvaise décision. Seulement l'action.

Ainsi, mon rôle n'est pas de réfléchir intellectuellement à ce qu'il faudrait faire, ni de chercher la solution idoine. Elle n'existe pas. Mon rôle est de dénouer, en douceur, un par un, chaque attachement que je rencontre. Puis de laisser faire le courant.

UPDATE : Si vous avez des doutes, voici une jolie confirmation par Francis Sanzaro dans cet article du New York Times. Pour les anglophones.

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Je fais une expérience

Vous ne le savez sans doute pas mais depuis plus d'un an (ou un peu moins d'un an, je n'ai pas fait le calcul), j'écris un journal.

Chaque matin et souvent à plusieurs reprises au cours de la journée, je jette des mots en paquet sur la page sans aucune prétention littéraire. Mon objectif : analyser dans quel état je suis. Démêler des anxiétés qui planent. "Décrire l'obstacle" comme je dis souvent, c'est-à-dire que plutôt que de rester coincé ou de remettre à plus tard, j'essaie de décrire ce qui me bloque en termes aussi plats et désengagés que possible. Et souvent : ça décoince.

Or, quand je relis mon journal – ce qui n'arrive pas souvent – je trouve que c'est... comment dire... pas désagréable à lire. En tous cas, moins pire qu'on pourrait imaginer. Moins décousu et moins ultra-personnel qu'on pourrait penser. C'est... lisible. Parfois même, à ma grande surprise, assez intéressant. Avec des prises de consciences, des idées et autant d'humour que dans ce que j'écris pour les autres.

Je me dis que tout devrait être facile comme ça.

D'autant que j'ai lu récemment ce post sur le fait d'écrire 1000 mots par jour. Un défi que s'est lancé l'auteur et qui a eu énormémenent d'impact sur sa vie autant personnelle que professionnelle. Et moi de me dire "Mais... je le fais déjà !!!". Sauf que je ne le publie pas, évidemment.

Et aujourd'hui je me dis : fuck it. C'est sûrement un bon exercice.

D'abord, c'est toujours cette idée d'apprendre en public ("travailler avec la porte du garage ouverte" comme ils disent aux États-Unis) : ne pas attendre que le produit soit fini ou que l'apprentissage soit arrivé à terme pour partager ce qu'on fait. Sinon, on ne partage jamais rien. Austin Kleon en parle beaucoup dans Show your work.

Ensuite, ça rend ce que j'écris plus actuel, plus intime et plus personnel. Car voyez-vous, ce qui fait que je suis intarissable dans mon journal, c'est que j'écris pour explorer les problèmes concrets qui impliquent mon personnage favori : moi. Tout est grave, tout est urgent puisque ce sont les problèmes que je cherche à résoudre maintenant. Impossible de trouver la même verve et le même flot sur un sujet qui n'aurait pas la même actualité subjective, aussi intéressant soit-il dans l'absolu. Et je pense que cette urgence a quelque chose de communicatif.

Enfin, c'est la démarche que j'avais faite avec les impros vidéos l'années dernière. Vous vous souvenez ? Une vidéo de dix minutes par jour, qu'il pleuve ou qu'il vente. L'objectif était de me débarrasser du poids de la technique pour être plus spontané. C'est une spontanéité similaire que j'aimerais atteindre dans l'écriture.

J'ai donc écrit ce post de bout en bout en une dizaine de minutes sans corriger, sans relire, sans me poser trop de questions. Je vais faire une passe – et une seule – de relecture pour enlever quelques répétitions et un ou deux gros mots. Et puis voilà.

Je dis pas que c'est ouf, hein. Mais c'est là.

UPDATE: OK, j'ai fait deux passes de relecture. Du progrès quand même.

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Truth par Alex Ebert - ça me détend

Débordé avant la projection V1 du film des Ponts début septembre. Mais entre deux séquences de montage, j'ai découvert ce titre – oui, je sais que vous connaissez déjà, vous connaissez tout.

Ça commence comme un western qui finit. Puis ça continue.

À bientôt quand j'aurai sorti la tête de l'eau.

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Le profane et le sacré

D'abord, soyons clair : je ne suis pas religieux pour deux sous.

J'ai beau être baptisé, communié, sur-communié, j'ai tout laissé tomber vers l'âge de douze ans et les années n'ont fait que consolider mon rejet de toute religion organisée.

Quand on me pose la question, je réponds que je suis agnostique et athée – ce qui peut sembler contradictoire. Agnostique parce que je n'ai pas fait le tour de l'univers et qu'il peut bien y a voir quelque chose, pour ce que j'en sais. Un sens, une équation, une métaphysique qu'on choisirait de personnaliser et d'appeler Dieu. Pourquoi pas. Mais au fond, je pense qu'on ne peut pas savoir et qu'on ferait aussi bien de ne pas s'en préoccuper – ce qui constitue la version forte de l'agnosticisme. Mais – et voilà mon côté athée – même s'il y a effectivement quelque chose là-haut, je suis persuadé que ça n'a rien à voir avec ce que les religions, passées ou présentes, essaient de nous vendre depuis des siècles. Pour moi, Bible, Torah, Coran et consorts sont de la mauvaise fiction utilisée pour maintenir une forme de contrôle.

Voilà d'où nous partons.

Pourtant, depuis quelques années, je me découvre une certaine spiritualité.

La spiritualité serait pour moi la connexion avec quelque chose de plus grand que soi – sans qu'il s'agisse nécessairement d'un dieu.

Il pourrait s'agir d'une connexion avec la nature, par exemple.

Je parle de nature au sens étendu : ce grand tout qui existe depuis le big bang, probablement avant, qui a donné naissance aux galaxies, aux étoiles, aux planètes, lesquelles ont permis l'émergence de la vie sous toutes ses formes : bactéries, plantes, animaux. Cette gigantesque soupe en transformation perpétuelle qui, par des lois que nous commençons à peine à comprendre, est à l'origine de tout ce que nous connaissons. Que certaines parties de ce tout développent une conscience propre et soient capables de faire l'expérience d'elles-mêmes et du monde, que cette complexité physico-chimico-biologique donne naissance à une telle simplicité d'expérience ("je suis") qui permette à chacun de dérouler le fil de sa vie sans avoir besoin d'en comprendre les rouages sous-jacents, je trouve qu'il y a une magie là-dedans. Un mystère, tout au moins. Une beauté, assurément.

Mais surtout : ce petit bout de spiritualité suffit à définir une frontière entre profane et sacré.

La vision profane du monde serait de ne voir ici-bas qu'une accumulation de matière et de lois physiques dont il faudrait s'emparer pour faire son beurre. Il n'y aurait de mystère nulle part, aucune question, aucun émerveillement et de là, aucun respect à cultiver envers rien. Seulement des ressources à exploiter. Le vivant ne serait alors qu'un combustible de plus au service de notre vision du confort et du progrès.

L'antithèse de cette idée, si bien défendue par Bernard Stiegler dans cette vidéo découverte dernièrement, me ramène également à ce que disait Alan Watts sur le sujet.

À savoir que le rapport qu'entretient l'homme à la nature est construit sur une double méprise. La première : que notre rôle serait de dominer la nature. Combattre et maîtriser les éléments pour imposer notre volonté. La seconde : que nous serions en position de la sauver. Que la planète – ou certaines parties de la planète – auraient besoin de nous pour continuer à être. Ces deux options, loin d'être équivalentes dans leurs effets, découlent à leur source de l'omission d'une même vérité fondamentale :

Nous sommes la nature.

Nous, les êtres humains, sommes autant la nature que les vaches, les arbres, les fourmis ou les dauphins. Nous sommes faits de la même matière, issus de la même évolution – physique et biologique – et sommes amenés à disparaître dans des conditions similaires. (Par exemple : en transformant notre écosystème au-delà des limites de notre propre survie – ce qui, dans l'histoire des espèces, n'a rien de neuf.)

Cela ne signifie pas qu'il n'y a aucune différence entre l'Homme et les autres espèces. Bien sûr, il y en a. Mais quand on revient aux fondamentaux – vivre, survivre, trouver un sens – il me semble que notre appartenance au vivant est un meilleur prisme d'analyse que ce qui nous en sépare.

Car si nous sommes la nature, rien de ce que nous faisons ne peut être contre nature.

Nous faisons partie du grand tout. Les difficultés que nous rencontrons font partie du grand jeu. Et le mystère et la magie à l'oeuvre dans l'univers s'expriment aussi à travers nous.

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Mais au fait... Qu'est-ce que l'art ?

J'ai découvert ce type avant-hier dans cette vidéo. C'est devenu mon être humain préféré. (J'espère ne pas découvrir que c'est une crapule... ll n'en a pas l'air. Vous me direz.)

L'exemple du chasseur lapon a éveillé mon intérêt puis je suis resté conquis : le caractère somptuaire de l'art, le rôle de l'esthétique dans la société, le lien avec le divin, la politique ou l'industrie, j'ai trouvé tout cela passionnant. À voir et à méditer.

UPDATE : on me fait signe qu'il est allé en prison dans sa jeunesse pour braquage de banques. Rare sont les philosophes qui vivent leur philosophie jusqu'au bout...

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Tout ce qu'on pensait savoir sur l'économie n'est plus vrai

Un article en première page de l'édition U.S. du New York Times ce weekend qu'on aurait difficilement pu imaginer il y a quelques années.

Seulement en anglais mais si je résume : la confiance placée dans le marché et la libéralisation après la chute de l'URSS – époque où certains parlaient d'une "Fin de l'Histoire" – montre ses limites de façon de plus en plus patente. Non seulement la globalisation n'a pas amené la paix, ni transformé les dictatures en démocratie, ni mis fin à la pauvreté, mais nous vivons dans une des époques les plus inégales de l'Histoire que les changements à venir – énergétiques, climatiques et socio-politiques – risquent d'accroître dans des proportions qu'il est difficile d'imaginer.

Rien de très nouveau, donc, pour qui se tient au courant.

La nouveauté, c'est que ça soit en première page du New York Times.

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Vide et fabrication

Deux pilliers du bouddhisme explorés récemment par la lecture du merveilleux Seeing that Frees de (feu) Rob Burbea, en écoutant les conférences de James Low que j'ai découvert il y a peu et, infatigablement, par les enregistrements d'Alan Watts qui ne cesse de m'émerveiller.

Le vide ("emptiness" en anglais) ne signifie pas qu'il n'y a rien.

Et pour cause : on voit, on entend, on ressent. On imagine. Quelque soit l'origine de ces perceptions et la nature de la réalité qui les produit, on peut se mettre d'accord là-dessus : on fait bien l'expérience de quelque chose. Donc non : il n'y a pas rien.

En revanche, dès qu'on s'intéresse à un sujet en particulier – un arbre, une chaise, un passant – on découvre qu'il est extrêmement difficile de définir quoique ce soit indépendamment du reste.

L'arbre, par exemple. Qu'est-ce qui fait qu'un arbre est un arbre ?

Facile ! Voyons… Un tronc. Des branches. Des feuilles. Des racines… Et voilà ?

Question : la terre autour des racines fait-elle partie de l'arbre ? Réponse : non ! La terre, c'est la terre ; l'arbre c'est l'arbre – ce sont deux choses séparées. Fort bien. Toutefois, a-t-on déjà vu un arbre sans terre ? Et s'il n'existe pas d'arbre sans terre, est-il bien raisonnable d'exclure l'un de la définition de l'autre ? Sur un même registre, l'air fait-il partie de l'arbre ? Avant de répondre, souvenez-vous que le bois vient du carbone de l'air piégé par photosynthèse. ("Les arbres ne poussent pas de la terre, disait Feynman, ils poussent de l'air.") Et, pour aller au bout du raisonnement, puisqu'il n'y a pas d'arbre sans photosynthèse, et pas de photosynthèse sans soleil, le soleil ne devrait-il pas être intégré à la définition également ?

Et la forme elle-même, la couleur des feuilles, les odeurs de bois et de chlorophylle, la rugosité du tronc, tout cela aurait-il un sens s'il n'existait, dans le même monde, des êtres doués de vision, d'odorat et de toucher pour en faire l'expérience ? Dés lors, ces caractéristiques sont-elles propres à l'arbre ou propres à ceux qui les perçoivent ? Le vert est-il une propriété des feuilles ou une propriété de notre cortex visuel lorsqu'on regarde un feuille ? Et dans ce cas, est-il bien raisonnable de nous exclure nous de la définition ?

arbre (n. m.) : Morceau d'univers fait de terre, d'air et de soleil dont les feuilles sont vertes quand certains animaux les regardent.

C'est pourquoi pour les bouddhistes, notamment dans la tradition du Dzogchen, rien n'existe indépendamment du reste.

Penser l'arbre sans terre, l'objet sans contexte, la partie sans le tout, c'est créer des concepts qui masquent la véritable nature des choses.  Bien sûr, parfois, c'est bien pratique. Nos cerveaux n'étant pas extensibles à l'infini, il faut bien simplifier. Quand je choisis mes chaussettes le matin, je ne pense pas tous les jours au lien cosmique qui lie chaque fibre du tissu au reste de l'univers. Je prends les rayées parce qu'elles sentent moins fort.

Le problème survient quand on oublie que les concepts sont des concepts.

Ma chaussette, comme l'arbre, n'a pas d'essence propre, pas de caractéristique cardinale qu'on pourrait isoler du reste, pas de "chaussettitude" qui existerait indépendemment du monde et des observateurs. C'est ça que les bouddhistes appellent  "le vide" : l'absence d'essence propre. Donc quand, par soucis de commodité, je considère ma chaussette comme une entité à part, je crée un concept. Et pourquoi pas : si ça me facilite le vie, tant mieux. Mais quand je prends ce concept pour une réalité, c'est la fin des haricots. J'oublie que le mot "chaussette" n'est qu'une représentation interne d'un morceau du tout qui, à tous les niveaux – physiquement, biologiquement, historiquement – ne peut être séparé du reste. Ce faisant, je crée un objet qui n'existe pas. À partir de rien, j'ai peuplé ma réalité d'un nouvel élément qui impacte ma vision du monde et mes actions. C'est ça, "la fabrication".

Le soucis de la fabrication ? Elle isole.

En conceptualisant chaque phénomène comme une entité à part, tout semble déconnecté de tout. Les objets entre eux. Les gens entre eux. Soi par rapport aux autres. Le monde par rapport à soi. On oublie que cette séparation entre chaque chose n'est qu'une idée qu'on a soi-même manufacturée pour graisser le quotidien. En jaillissent une certaine solitude, une compétition, un désir de contrôle.

L'objectif de la méditation, notamment dans la pratique de la non dualité, c'est de déconstruire un par un ces concepts afin de percevoir à nouveau le monde tel qu'il est : Entier. Unique. Présent. Et dont, au même titre que les arbres et les chaussettes, nous faisons partie intégrante.

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Et Chip Wickham, vous connaissez ?

Bien sûr, vous connaissez. Parce que vous êtes cools, vous. Et personne me dit rien à moi.

Je l'ai découvert par cette vidéo sur un sampler que j'utilise (Roland SP404 mkII), postée par Ricky Tinez dont j'avais parlé ici. Mais vous connaissez aussi, évidemment.

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Entre deux infinis

Deux vidéos vues à plusieurs années d'écart mais qui m'ont marqué de façon similaire.

La première, "Voyage dans la Galaxie d'Andromède", m'a fait prendre conscience de la taille de l'univers. En bon ingénieur, je savais que c'était grand... mais pas à ce point. Regardez-la, c'est un mini documentaire passionnant qui bouleverse les échelles d'espace et de temps.

Pour l'infiniment petit, une toute petite vidéo : une protéine qui "marche" sur un microtubule. À l'heure où je vous parle, des milliards de protéines marchent tranquillou dans vos cellules.

Comme disait Pascal : nous voilà perdus entre ces deux infinis. Bonne nuit.

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