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Jugement et objectif

Jugement et objectif

Avez-vous remarqué que votre vie est plus ou moins organisée ainsi :

  1. Vous posez un jugement sur la situation, positif ou négatif,
  2. Vous implémentez un plan pour corriger cette situation,
  3. Votre plan a-t-il échoué ou réussi ? Réponse à l'étape 1.

Où est le mal, me direz-vous ?

Finalement, c'est un processus auto-correctif : à chaque itération, on améliore un peu les choses. Alors pourquoi ne pas s'organiser ainsi ?

Deux aspects me gênent.

D'abord, l'étape 2 est inconsciente.

Par là, je veux dire que durant la phase d'exécution, on n'est pas présent.

Au lieu d'être disponible au monde et aux événements qui surviennent, on a les yeux rivés sur l'objectif.

Or, cet objectif est un concept. C'est une vision du monde fabriquée dans le passé. Qui est toujours d'actualité – ou non. Qui est réalisable – ou pas. Qui est dans notre meilleur intérêt – qui sait ?

C'est une décision intellectuelle basée sur un jugement (étape 1) qui prend le pas sur le présent. Suivre l'objectif devient plus important que suivre le flot.

"Mais on peut ajuster", me direz-vous. "Si on voit qu'on va dans une mauvaise direction, on peut toujours changer d'objectif."

Le peut-on vraiment ? En tous cas, c'est mal vu.

Quelqu'un qui change trop souvent d'objectif est considéré comme inefficace, inconstant, peu digne de confiance. Faible. "Il ne sait pas gérer les obstacles." "Il abandonne trop vite." "Il n'arrive pas à mener une mission à bien."

Notre société valorise ceux qui poursuivent l'objectif malgré le présent. Ceux qui savent garder le cap malgré les signaux contraires. Malgré les alarmes, malgré les crises, malgré les morts. ("Un vrai leader".)

C'est pourquoi, quand on échoue, on est souvent poussé à remettre en cause l'étape 2 – et c'est le deuxième point qui me gêne :

On s'en veut d'avoir mal fait, mal exécuté, de ne pas être assez fort, assez courageux, assez persistant. C'est notre faute.

Alors que le diable, pour moi, se cache dans l'étape 1 :

Dans le jugement. Dans l'intention. Dans le désir de contrôle.

Si ma vie s'est améliorée depuis 7 ans, c'est parce que j'ai travaillé sur cette étape-là.

Je juge toujours (bien sûr), mais moins. Et plus les mêmes choses. Et quand mon jugement a commencé à se transformer, mes actions aussi.

En acceptant davantage, on met fin à certaines croisades creuses. On passe moins de temps dans sa tête, tendu vers un futur imaginaire, et plus de temps ici et maintenant.

On accepte de faire confiance au présent et à ce qui survient naturellement.

"Réussir" et "rater" perdent un peu de leur autorité sur nos vies.

Et honnêtement, c'est reposant.

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La vie qui te va

La vie qui te va

Si vous ne faites pas exactement ce que vous voulez dans la vie, il y a un problème.

Bien sûr, il peut y avoir des périodes d'urgence.

Trois jours, trois mois ou trois ans où il faut ramer. Gérer l'argent, la famille, la santé. C'est normal.

Mais trop souvent, l'urgence devient le long terme.

Les mesures qu'on met en place pour survivre deviennent la direction.

Le petit boulot devient la profession.

Le soutien temporaire devient le partenaire de vie.

La maladie devient l'identité.

L'urgence temporaire devient l'excuse permanente.

Par faiblesse ? Par conformisme ? Par confort ?

Non : parce qu'au fond, on ne sait pas ce qu'on veut.

On a pris l'habitude de dire oui ou non à ce qu'on nous propose.

De se réjouir ou de se plaindre de ce qui arrive.

De mettre à jour le train-train et d'appeler ça changement.

Mais construire du neuf, à partir de rien, depuis l'intérieur ?

C'est très rare.

Et je ne parle pas d'entrepreneuriat. La plupart des entrepreneurs ne font que reproduire des schémas, eux aussi.

D'ailleurs, ce n'est pas une question d'argent ou de réussite.

Ni de gagner sa vie, ni de trouver l'amour, ni de changer le monde.

C'est une question de quoi, exactement ?

C'est ça, la vraie question. Le point de départ.

Si vous pouviez faire ce que vous vouliez, quel serait l'enjeu fondamental de votre vie ?

Ou, de façon plus honnête :

Puisque vous n'avez pas encore trouvé cet enjeu, qu'allez-vous mettre en place pour le construire ?

Spoiler alert : réfléchir ne suffira pas. Ce n'est pas une décision intellectuelle.

Il faudra trouver dans l'action.

Alors quel est votre plan ?

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Être libre

Être libre

On n'est pas libre deux jours par semaine ou cinq semaines par an.

On n'est pas libre seulement quand on n'a pas de rendez-vous.

On n'est pas libre juste au début ou à la fin d'une vie.

On n'attend pas d'être libre.

Soit on est libre tout le temps, à chaque instant, soit on ne l'est jamais.

"Je dois finir ça et après, je serai libre."

Non.

Si les circonstances vous empêchent d'être libre, ce n'est pas la liberté que vous cherchez : c'est la permission.

Être libre ne peut pas dépendre d'une contingence extérieure – par définition.

C'est une décision intérieure. La reconnaissance d'un état.

C'est choisir d'abandonner l'illusion qu'on n'est pas libre.

Cette décision peut être prise à tout moment.

Elle ne demande aucun effort, aucune préparation.

Elle est instantanée, à effet immédiat.

Elle est performative : la décision suffit.

Elle ne coûte rien, à personne.

Alors allez-y. Maintenant.

Si vous attendez une seconde, vous attendrez toute votre vie.

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Nouvelle approche photo

Nouvelle approche photo

Pour la faire courte : je ne me soucie plus de la qualité technique.

Avant, comme de nombreux photographes et réalisateurs, j'étais très préoccupé par le fait de "préserver la qualité de l'image".

On shoot "en log" ou "en raw", en résolution maximale, afin de garder le plus de latitude possible pour la post-production. C'est là que se font les vrais choix.

Maintenant, je décide tout à la prise de vue, sans possibilité de changer ensuite.

Formats, couleurs, cadrage : tout est fixé dans l'instant. Je ne retouche rien.

Puis quand je rentre chez moi, je jette immédiatement 98% des photos. Tout de suite, sans état d'âme.

Même celles que j'aurais gardées auparavant "parce qu'elles sont pas mal".

Soit je sens un élan inexplicable, soit je balance.

Et oui, du coup : j'ai laissé tomber l'argentique. Je crois que j'en faisais par snobisme.

Soyons honnêtes, j'adorais le résultat. Le grain, le caractère. La noblesse de la pellicule.

Maintenant, je ne suis plus intéressé que par le process.

La spontanéité. La décision dans l'instant. Le choix irréversible qui capture l'émotion d'un moment précis.

Tellement de ce que je faisais avant était construit sur la peur du regret. Tout conserver juste "au cas où". Mais en bout de course, ça ne faisait que s'accumuler. Pour rien.

Je ne veux plus accumuler.

Après trois jours de cette pratique, j'ai déjà appris des choses très fortes sur mes propres goûts que je n'avais pas identifiées après des décennies de raw et d'argentique.

Je ne suis pas fan des photos de gens – même quand je capture de beaux moments. Ni trop de paysages.

J'aime la matière, la texture. Les recoins bourrés de détails, denses, riches, avec un peu de luminosité ici et là.

C'est ça, la question centrale de mon exploration photographique actuelle, mais aussi de tout ce que je mets en place en ce moment :

"Qu'est-ce que j'aime, finalement ?"

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Ma nouvelle politique image (IA et photo)

Ma nouvelle politique image (IA et photo)

Image créée avec "Grigne".

D'abord : l'IA.

Ma politique est la suivante : j'utilise l'IA pour créer des outils, pas du contenu.

Donc pour programmer, ponctuellement.

Par exemple : j'ai utilisé Claude Code pour créer les scripts qui alimentent ce site. (J'écris mes notes sous Obsidian et c'est synchronisé en direct.) J'en reparlerai.

Mais maintenant que le site tourne, l'IA ne sert plus.

Autre exemple : l'IA m'aide à coder mon programme d'art génératif (baptisé "Grigne"). J'en reparlerai aussi – c'est un dada que j'ai depuis longtemps.

Mais quand le programme tourne, plus besoin d'IA.

Donc j'ai une utilisation soutenue pour créer l'outil – quelques semaines – puis une utilisation minime le reste du temps.

(Oui, je suis encore en conflit interne avec cet usage. Vous pouvez m'engueuler dans les commentaires.)

Mais je n'utilise jamais l'IA pour écrire du texte ni produire des images.

Non pas que je n'aie pas essayé.

Plusieurs fois, j'ai voulu voir si Claude pouvait m'aider à rédiger. Par exemple des choses qui m'ennuient.

Et je me suis rendu compte que non, pas du tout. Ça n'a même pas de sens.

Car aujourd'hui, ma vie s'organise ainsi :

  • Soit j'écris quelque chose qui me plaît, que je suis le seul à pouvoir faire et que je n'ai aucune envie de déléguer. L'activité elle-même est le plaisir.
  • Soit je n'écris pas.

Et pour les images : pareil.

Le plaisir, c'est de faire les dessins, de prendre les photos.

Peu à peu, j'ai sorti de ma vie (personnelle et professionnelle) la nécessité de produire un quelconque contenu que je n'aurais pas envie de créer moi-même.

Ce n'est jamais nécessaire.

C'est même la raison principale pour laquelle j'ai arrêté la production audiovisuelle.

(En toute honnêteté, j'ai fait une entorse à cette philosophie pour ma websérie Panique dans l'espace ! Au départ, je faisais tous les fonds à la main sous Blender. Puis j'ai craqué à la fin, quand Midjourney est devenu suffisamment fort pour m'aider.)

Je ne jette pas la pierre à ceux qui s'organisent autrement, bien sûr.

Mais à titre personnel, si vous m'écrivez un message ou que vous m'envoyez un dessin, je préfère court, personnel et imparfait. Sinon, je ne garantis rien.

J'ai également changé ma philosophie photo. On en parlera demain.

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Ma bataille contre la perfection

Ma bataille contre la perfection

Avant, quand j'achetais du matériel, je voulais toujours "le meilleur".

Le meilleur carnet, la meilleure caméra, le meilleur instrument.

La qualité technique me semblait être la fondation sur laquelle j'allais construire ma pratique. ("Un bon ouvrier a de bons outils.")

Avec l'idée que si je ne prenais pas le meilleur, j'allais le regretter à un moment.

"Si je fais un chef-d'œuvre sur un mauvais support technique, il risque de ne pas avoir la carrière qu'il mérite !"

La technique n'était d'ailleurs pas qu'une question matérielle : c'était aussi une question de maîtrise.

Pas question de dessiner avant d'avoir appris les bases de la perspective, de l'anatomie, de la théorie des couleurs...

Autrement dit : je créais pour un public imaginaire qui allait juger le résultat. Sur des bases purement techniques.

Ce public existe, bien sûr.

C'est le public des professeurs, des juges, des critiques.

Tous ceux qui ont souffert trop longtemps de l'apprentissage technique pour laisser les autres s'en tirer à bon compte.

Mais en créant pour ces gens-là, on finit par éluder une question bien plus importante :

"Est-ce que ça me plaît ?"

Cette ligne, cette histoire, cette image... me plaît-elle ?

Suis-je capable d'oublier la conformité technique pour simplement déceler si... je ressens quelque chose ? Un élan ? Une joie ?

Quand on commence à centrer son travail autour de cette question, tout change.

La technique n'est plus le socle. C'est une conséquence.

Le matériel et le savoir-faire ne sont plus des prérequis douloureux. Ce sont des prolongements du geste.

J'apprends parce que j'aime. Je pratique parce que l'action me plaît.

En sachant pertinemment que si je partage ce travail, il sera critiqué par certains.

Mais il sera apprécié par d'autres.

Et ces autres, c'est mon public.

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Deux souffrances

Deux souffrances

Drôle de lumière sur la plage hier.

Je pense qu'il existe deux types de souffrances.

La première est due "aux actes de Dieu".

Tout ce qu'on ne contrôle pas : les accidents, la maladie, les deuils, les catastrophes, petites ou grandes.

Certains disent qu'on devrait plutôt appeler ça "douleur", justement parce qu'on n'y peut rien.

Pour faire la différence avec la "souffrance" qu'on crée soi-même :

La couche supplémentaire de mal-être entièrement optionnelle qu'on s'inflige sans s'en rendre compte.

Elle se crée petit à petit. Elle s'accumule.

Et je crois que sa cause principale est la suivante :

Ne pas exprimer qui on est.

Dès qu'on agit contre soi. Dès qu'on laisse l'intellect prendre le dessus et contredire ce que le "moi profond" souhaite.

Dès qu'on ne suit pas la joie.

Oui, oui : c'est pas toujours facile.

Parfois on confond la joie avec le plaisir, avec le désir, avec l'envie.

Parfois, on est certain que la joie se trompe et que l'intelligence est "la voix de la raison".

Dans ce cas, le retour de bâton ne vient souvent pas tout de suite. Pendant un temps, on peut penser "qu'on a bien fait".

Mais avec le temps, ces écarts à la joie s'accumulent.

À terme, ils créent cette identité qu'on maintient et qui nous pèse.

Ils sont responsables de l'anxiété du matin. De nos hésitations face à l'évidence.

Ils paralysent l'action pure et nous piègent dans notre tête.

Le seul remède à long terme :

Agir selon sa nature.

Exprimer qui on est.

Suivre la joie.

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La Terre, le climat & nous

J'ai créé cette chronologie interactive pour deux raisons :

  1. Me faire une idée de notre place sur Terre. À l'échelle géologique, l'Homme est arrivé si récemment que notre présence est à peine visible. Pourtant, tellement de choses se sont passées au cours du dernier millénaire, du dernier siècle... et même de ma vie ! J'ai tenté de concilier ces deux échelles grâce à un zoom exponentiel qui permet de passer de l'un à l'autre d'un mouvement de doigt. Le résultat m'a scotché.
  2. Répondre à ceux qui disent "le climat a toujours varié, c'est pas nouveau !" C'était mon intention de départ. Me faire une idée plus claire de pourquoi on est dans la mouise en regardant l'évolution du CO2 dans l'atmosphère. Et malheureusement, c'est très, très clair.

Cliquez sur le petit carré en haut à droite pour passer en plein écran puis faites glisser le curseur pour dézoomer le temps ⬇️

Chronologie interactive : échelle géologique et concentration de CO₂.

Sur l'échelle géologique, avez-vous remarqué :

  1. Avant nous (Cénozoïque), et avant les dinosaures (Mésozoïque), a eu lieu une période encore plus longue (Paléozoïque) où la vie a explosé d'un coup ("explosion du Cambrien") puis 90% des espèces ont disparu.
  2. Le premier éon, l'Hadéen, où la planète était en fusion, semble court. Mais il dure aussi longtemps que le Phanérozoïque – la période de la "vie visible".
  3. On l'appelle ainsi car les fossiles y deviennent enfin visibles ; au départ, les géologues pensaient qu'il s'agissait du début de la vie tout court. Puis on s'est rendu compte que les premières formes de vie étaient beaucoup, beaucoup plus anciennes.

Sur le CO2, vous pouvez voir que :

  1. Le fameux graphe "en crosse de hockey" : le CO2 qui explose à l'ère industrielle, qu'on remonte à -1000 ou à -10 000. C'est ce qui inquiète tout le monde.
  2. Il faut remonter autour de -10 millions d'années pour retrouver un niveau de CO2 comparable (quand la ligne en pointillés rouges, qui indique le niveau actuel, croise le graphe).

Contrairement au test précédent que j'avais codé à la main, cette exploration a été vibe-codée avec Claude Code : le code a été généré par étapes, au cours d'une dizaine de versions qui sont publiques et visibles sur github.com.

Les données viennent de la charte chronostratigraphique internationale (ICS, v2024/12) via l'API de Macrostrat.

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Se rassembler

Je crois que c'est l'objectif.

La société nous pousse à être plein de choses :

Famille, travail, amis, hobbies, vacances...

Un peu comme si on changeait de personnalité à chaque fois.

Et chaque personnalité a ses propres règles et objectifs.

"Quand je suis en famille, je veux toujours que..."
"En milieu professionnel, il ne faut jamais que..."
"En vacances, il est hors de question de..."

Nulle part, on ne peut être entièrement soi-même.

Partout, il faut cacher quelque chose. Ou faire semblant.

Et je pense que cette façon de faire est contre-productive.

Elle nous diminue partout. Autant dans le privé qu'en public. Elle nous empêche de nous accomplir, de trouver notre mission.

Le principal fossé pour moi se situait entre mes comptes personnels, où je parle d'alignement et de présence, et mes comptes professionnels, où je parle de stratégie narrative.

Les deux sont extrêmement liés, bien sûr.

Mais longtemps j'avais peur de passer pour un "charlatan" auprès de mes clients pros, et pour un "vendeur" auprès de mes abonnés persos.

J'étais bloqué.

Mais au cours des derniers mois, semaines – et surtout des derniers jours – tout est en train de fusionner.

La présence. L'alignement. La liberté. Le discours. La communication. Le privé. Le travail. La mission.

Je vois comment chaque aspect est nécessaire en même temps pour aider les gens que j'accompagne. Et pour être moi-même.

Je vois surtout que les clients comme les abonnés qui ne voulaient qu'une partie de moi, sans le reste, n'ont plus de place dans ma vie.

Je peux le dire avec certitude maintenant que j'ai rencontré tellement de gens qui m'acceptent en entier.

Attention, néanmoins : ces gens ne sont pas apparus tous seuls.

Ils sont entrés dans ma vie quand j'ai commencé à me présenter tel que je suis.

C'était ça, le début du travail.

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Le mauvais équilibre

C'est ce que j'entends beaucoup de gens dire dans les commentaires quand je parle de présence, de futur ou d'habitudes :

"Il faut trouver un équilibre."

Ça semble raisonnable, n'est-ce pas ?

Prendre en compte l'idée sans tomber dans les extrêmes – qui peut s'opposer à ça ?

Moi ! Je pense que c'est une mauvaise approche.

C'est la méthode du pauvre. Le refuge du paresseux qui ne veut pas se remettre en question.

Lorsqu'une nouvelle idée est introduite, et qu'on réalise qu'elle est importante, l'objectif n'est pas de faire 50/50 avec l'ancien.

"J'ai découvert que tuer était mal donc j'ai trouvé un équilibre : 50% génocide, 50% jardinage". Ça ne marche pas.

C'est souvent une excuse pour conserver les comportements les plus toxiques d'avant sans transformer le plus important.

Si une idée change tout, il faut la laisser tout changer.

Par là je veux dire : il faut faire le travail de suivre ce qu'elle implique dans la vie, dans le comportement, dans le quotidien.

Il faut accepter qu'elle s'immisce dans chaque recoin et qu'à terme, elle impacte chaque aspect de l'existence.

Oui, ça peut prendre du temps.

Non, ça ne se fait pas du jour au lendemain.

Oui, entre-temps, on va passer par tout un tas d'équilibres intermédiaires entre la personne qu'on était et celle qu'on devient.

Mais ces équilibres intermédiaires ne sont pas le résultat.

Encore moins l'objectif à atteindre.

Quand on navigue vers une lumière à l'horizon, on ne s'arrête pas à son reflet dans la flaque d'eau devant soi.

On regarde au loin. On part sans connaître le chemin.

Et l'aventure commence.

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Les mots de ta journée

Clique sur les mots pour révéler ta journée puis télécharge ton image. Ils ne doivent pas se superposer ni toucher les bords !

Oui, c'est moi qui ai programmé ça. Non, pas "vibe-codé".

J'ai tapé chaque ligne moi-même pour apprendre le JavaScript. Oui, avec l'aide de Claude quand j'avais des questions de syntaxe parce que c'est un nouveau langage pour moi.

L'objectif n'est pas de faire des mini-jeux New Age – même si c'est toujours rigolo.

Depuis un moment, j'ai envie de me plonger plus profondément dans certains sujets : analyser les données moi-même, comprendre ce que les journaux ne disent pas.

Puis créer des représentations visuelles claires pour partager mon point de vue.

Au départ, je voulais faire ça avec les langages que je connaissais (C, Python, Lisp, etc.).

Puis j'ai réalisé l'intérêt d'utiliser un langage qui était immédiatement partageable. Qui permettait de créer des animations et des interactions directement dans un navigateur, sans rien avoir à installer ou à télécharger.

C'est vraiment ça, le pouvoir du JavaScript.

Publier un graphe, c'est bien.

Mais quand le visiteur peut lire les données originales, interagir avec le schéma et rendre son expérience plus personnelle immédiatement, ça change tout.

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Être plus spontané

Oops, I did it again! Deuxième "podcast", plus long.

Le logiciel de prise de notes dont je parle dans la vidéo, c'est Obsidian.

C'est gratuit. Toutes les notes sont des fichiers texte très légers sur votre ordinateur (→ pas besoin d'être connecté, on peut travailler dans le train) mais qui peuvent quand même être synchronisés entre vos appareils (je paye l'abonnement à 4€/mois pour les soutenir parce que j'adore ce qu'ils font).

Le gros avantage est que ça permet de créer des liens entre les notes, un peu comme sur Wikipedia. Et il y a plein de plugins pour gérer le calendrier, les tâches et faire que tout soit joli.

Le markdown est une manière d'ajouter des titres, sous-titres, liens, images (...) tout en conservant un fichier texte qui ne pèse rien et qui peut être ouvert par n'importe quel logiciel.

Ça a changé ma vie, je recommande.

Et sinon, c'est mon deuxième épisode de podcast.

Je ne l'ai pas écouté mais... j'en suis content. J'ai pris beaucoup de plaisir à le faire.

Et si vous avez un sujet ou une question à laquelle vous voulez que je réponde...

Posez-la moi.

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Ne rien préparer

Je regarde les vidéos de Hank Green, un YouTuber américain qui parle de sujets de société.

Je l'aime bien. Il est à son bureau. Il parle naturellement, de façon très impliquée. La vidéo est montée pour couper les blancs.

Ça a l'air simple à faire.

Je me dis "j'aimerais bien faire la même chose".

J'allume OBS (logiciel pour se filmer). Une lumière.

J'enregistre pour faire un test technique.

Je parle un peu pour tester le son.

Finalement je parle 18 minutes.

Je poste sur YouTube, sans montage :

Je parle justement de l'improvisation (et de la vieillesse, dieu sait pourquoi).

Honnêtement, je n'ai même pas regardé jusqu'au bout.

J'ai regardé le début. J'ai trouvé ça pas mal. Avec un ou deux passages un peu poussifs.

Tant pis, ça ira.

Je ne sais pas si c'est un test isolé ou le début de quelque chose.

On verra.

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Magie et pensée magique

J'ai récemment écrit une note pour dire que, bon an mal an, toutes vos obligations se régleront toutes seules par magie.

Est-ce que j'y crois vraiment ? Oui. Vraiment.

Mais ça demande quand même un travail.

C'est ça qui peut être difficile à comprendre.

On se dit que la magie devrait marcher... par magie. On agite sa baguette et "blim !", ça arrive.

Mais non. Un travail est requis. C'est ce qui sépare la magie de la "pensée magique".

La pensée magique, c'est espérer qu'un événement va se produire parce qu'on le veut très fort. Sans aucun investissement personnel.

C'est une approche que j'observe parfois chez certains entrepreneurs qui tournent en rond :

L'idée que leur business va décoller comme ça, un jour, sans qu'ils ne changent rien. Que les rouages vont se débloquer tous seuls. Qu'un matin, ce qui ne marchait pas la veille marchera sans raison.

Souvent, ils s'inspirent d'autres entrepreneurs qui auraient décollé ainsi, du jour au lendemain. "Par chance". Alors pourquoi pas eux ?

Sauf que ce n'est jamais de la chance.

J'ai maintenant accompagné suffisamment de monde pour en témoigner sans le moindre doute :

La chance, comme la magie, nécessite un travail.

Elle se prépare, s'apprend, se met en place.

Suffisamment de livres ont été écrits sur "créer sa chance" : l'entrepreneur qui passe son temps là où se trouvent les opportunités n'est pas "chanceux" lorsqu'il en saisit une. C'est la récompense d'un long travail que les autres ne voyaient pas.

C'est pareil pour la magie.

Il ne suffit pas de dire "Abracadabra" au dernier moment.

Il faut, auparavant, avoir renoncé à une certaine forme de contrôle.

Il faut avoir fait un peu de place, à l'intérieur et à l'extérieur.

Il faut avoir accepté de marcher sur un chemin qu'on ne voit pas.

Il faut s'être rendu disponible à la danse, au jeu, au présent.

Et avoir accepté qu'on fait partie d'un tout qui nous dépasse.

Sinon, la magie ne se produit pas.

Oui pire : elle se produit.

Mais on ne la voit pas.

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Le paradoxe spirituel

Ça fait longtemps que je sais qu'il existe mais hier, j'ai réussi à le formuler clairement pour la première fois.

Imaginons que vous êtes souvent en colère. Et vous souhaitez l'être moins. (Mais ça marche aussi avec la tristesse, la peur, la jalousie, etc.)

Pourquoi ne pas tenter la méditation ? C'est censé calmer, non ?

Donc vous vous lancez. Avec ou sans app. Chaque jour, vous prenez un temps pour méditer.

En attendant le moment où vous ne vous énerverez plus.

Mais quand, après plusieurs semaines ou mois d'efforts, vous vous trouvez exactement au même point, vous allez consulter le gourou local qui, s'il vaut son sel, vous révèlera que...

Ça n'avait aucune chance de marcher.

Ah bon ? Mais... N'y a-t-il pas plein de gens qui se sont calmés grâce à la méditation ? Pourquoi ça ne marche pas avec moi ?

À cause du paradoxe de la spiritualité.

Qu'on pourrait formuler ainsi :

Méditer, c'est accepter.

Et effectivement, quand on accepte pleinement une émotion, elle a tendance à disparaître. Ou à se manifester différemment, en tout cas.

Sauf si c'était votre objectif au départ.

Autrement dit :

Si vous acceptez pleinement votre colère, elle aura tendance à disparaître... sauf si c'était votre but !

Ce qui est parfaitement logique, en réalité.

Car si votre but était de la faire disparaître, alors l'acceptation n'était pas sincère. C'était un outil, une façade.

Vous faisiez semblant – parfois sans vous en rendre compte.

Or, c'est la paix que vous faites avec l'émotion qui la neutralise.

Mais vous n'avez jamais voulu la paix. Pas vraiment.

Vous vouliez vous en débarrasser.

Au lieu de l'accueillir.

Et de l'intégrer.

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Gérer ses obligations par magie

Être présent, c'est être pleinement immergé dans l'instant.

C'est être curieux de ce qui survient maintenant.

C'est être entièrement absorbé par la tâche actuelle.

Mais aussi : c'est laisser le présent évoluer.

Ce que je fais maintenant se transforme naturellement en ce que je fais après, sans avoir besoin de décider quoi que ce soit.

Ah ! Voilà l'obstacle.

Car si j'ai une obligation dans une heure, alors je ne peux pas laisser le présent se déployer librement.

Certaines actions que je pourrais amorcer ne sont pas compatibles avec mes rendez-vous et mes tâches imminentes.

Donc je dois embrasser le présent... tout en filtrant ce qu'il me propose. "Ça, oui. Ça, non. Ça, pas le temps."

Ces décisions ramènent de la réflexion dans l'instant.

On ne surfe plus. On juge, on prévoit.

Et nous revoilà dans notre tête.

Alors comment faire ?

C'est tout simple. Voici la solution :

Toutes les obligations réellement importantes seront accomplies dans le futur par magie.

Et voilà ! Plus de problème !

Il suffisait d'y penser.

Pas convaincu·e ?

Ça marche, pourtant.

Et si vous ne croyez pas en la magie, appelons ça la foi.

Ça commence ainsi :

Je n'ai pas besoin de porter toutes mes obligations futures sur le dos, comme un poids perpétuel.

Je n'ai pas besoin de faire un rétroplanning de ma journée (et de ma vie !) qui remonte jusqu'à l'instant présent.

Je peux simplement faire ce que je fais maintenant. Me plonger entièrement dans l'action qui se déroule, sans penser au reste.

En abandonnant tout contrôle, je me place sur un nouveau chemin.

Ce chemin n'est pas visible. Il se révèle au fur et à mesure.

Mais il passe par tous les points importants de ma journée.

Il coche toutes les cases qui comptent.

Celles que j'ai prévues. Et celles que j'ignore.

Je ne dis pas que c'est facile, hein.

Quand on a l'habitude de tout contrôler, tout prévoir, ça fait peur.

D'autant qu'il n'existe aucun moyen de se rassurer intellectuellement. Ça n'a rien à voir avec l'intelligence.

C'est une question de foi. De liberté. De confiance.

Mais autant que je puisse en juger, ça marche.

Alors au lieu de vous laisser déborder par vos obligations, je vous propose de faire la chose suivante :

Arrêtez tout. Posez-vous un moment.

Fermez les yeux.

Prenez une grande inspiration.

Laisser le présent se déployer.

Puis, calmement, répétez avec moi :

Abracadabra.

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Le corps, moteur de la création

C'est le sujet de ma (courte) intervention cet après-midi à l'Assemblée générale des Ateliers d'Art de France.

Voici le déroulé :

1. Apprendre à gérer l'anxiété sans résoudre les problèmes

Les problèmes ne s'arrêteront jamais. Jamais !

Un peu comme la "fin de l'histoire" qu'on nous avait prédite après la chute de l'Union Soviétique.

"Plus rien n'empêche la paix !"
"L'économie va fleurir !"
"Les dictatures vont tomber !"

Tu parles.

Pareil dans la vie : les problèmes ne disparaissent jamais.

Ils se transforment, se renouvellent.

Sans compter l'ultime problème vers lequel on se dirige tous.

Donc, si vous attendez d'avoir tout résolu pour vous sentir mieux... vous allez attendre longtemps.

Le jeu est alors de trouver la paix malgré les problèmes.

Sans chercher l'action qui va tout régler. Elle n'existe pas.

2. Les émotions sont manufacturées à l'intérieur. Puis projetées à l'extérieur.

"Il m'énerve !"
"Elle me fatigue !"
"Cette situation me stresse."

On parle comme si les émotions étaient créées par les gens et les événements autour de nous.

Oui : le monde extérieur peut servir de déclencheur.

Mais l'émotion, elle, est toujours manufacturée à l'intérieur.

Elle vient de nous, elle est créée en nous.

Mais on n'en veut pas alors on projette.

"C'est sa faute ! C'est la société ! C'est le système ! C'est mon ex ! C'est ce coin de table !"

Mais en externalisant l'émotion, en l'attribuant à l'autre, on se prive du principal levier dont on dispose pour la gérer.

Parce qu'on peut gérer l'intérieur. Pas l'extérieur.

3. Le corps est le carnet de notes de la pensée

Les pensées sont immatérielles. Elles passent. Elles filent.

C'est le fameux "fil de la pensée" qui avance à toute vitesse par association d'idées.

Fromage. Lait. Vache. Normandie. Débarquement. Soldat Ryan. Spielberg. ET. Planète... Hein ?

Alors que les émotions, elles, sont ressenties dans le corps.

La boule dans l'estomac. La gorge qui se serre. Le souffle court.

Elles ont une demi-vie plus longue que les pensées. Une émotion n'est pas remplacée instantanément par la suivante. Elle dure.

C'est pourquoi notre cerveau, quand il perçoit une idée importante, inquiétante, dangereuse... lui associe une émotion.

Les pensées défilent à toute vitesse quand soudain... On sent une boule dans l'estomac. Qui reste.

"Ah, c'est vrai... Je n'ai pas résolu tel problème."

L'émotion sert d'ancre à la pensée qui risquait de fuir.

Mais parfois, le contraire se produit : l'émotion crée la pensée.

La boule dans l'estomac est déjà là – parce qu'on a mangé trop gras la veille – et le cerveau cherche la pensée problématique.

Quand il ne la trouve pas : il prend la première qu'il trouve. Ou il l'invente, tout bonnement.

L'anxiété est créée à partir de rien.

4. L'important n'est jamais intellectuel. Le piège de la logique.

Le premier réflexe pourrait être de gérer les émotions par la pensée.

Dans mon expérience, c'est rarement une bonne piste.

Car malgré le crédit qu'on lui accorde, la pensée construite est souvent un piètre outil de décision.

Pour plein de raisons :

  • La logique est commune à tout le monde. Elle ne prend pas en compte votre spécificité.
  • Elle s'appuie sur le contexte très restreint qu'on lui donne. Si vous oubliez un élément clé de votre enfance, ou une préférence non exprimée, le raisonnement ne tient plus debout.
  • Elle gère mal le caractère exponentiel de certains éléments. Dans une colonne pour ou contre, on ne réalise pas que la troisième ligne est 100 000 fois plus importante que les autres et compte autant que tout le tableau.

C'est pour ça qu'on résiste parfois aux idées qui ont l'air bonnes "sur le papier".

La logique est infaillible, la réponse est claire, et pourtant...

On recule. On retarde. On ne se résout pas.

Parce que le corps sait.

Il se souvient – même inconsciemment – de tous les éléments marquants de notre vie. Il connaît l'importance de chacun.

Il pèse l'ensemble de ces facteurs à chaque décision.

Ce qui ne lui donne pas toujours raison, bien sûr.

Mais son apport doit être pris en compte.

5. Le corps, source de la création

C'est pourquoi, récemment, j'ai changé mon processus de décision.

Je ne réfléchis plus intellectuellement aux problèmes.

Je ne pèse plus le pour et le contre en deux colonnes.

Je ne pondère plus mes options pour la prochaine action.

Je m'expose aux faits. Je ressens les émotions. J'absorbe.

Puis, le moment venu, quand il est temps de choisir...

Je fais.

Comme on saisit un verre sur une table. Comme on attrape une balle.

Sans réflexion. Sans anticipation. Sans regret.

La décision a été prise ailleurs, avant.

Dans un recoin que j'ignore.

Elle est finale.

Et ne crée aucune anxiété.

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Succès et pet de cerveau

Les noms de certaines grandes marques ont été construits sur des pets de cerveaux.

Ils ont été assemblés à la va-vite sur la base d'objets qui se trouvaient dans la pièce ou d'une private joke douteuse.

Personne d'extérieur ne peut comprendre.

Ça n'a aucun rapport avec la marque.

Vu de loin, ce n'est même pas drôle.

Pourtant, ça fait un carton. Par exemple :

  • Adobe était le nom du ruisseau derrière la maison du fondateur,
  • Häagen-Dazs a été fabriqué de toutes pièces pour faire danois (langue qui n'a pourtant pas de ä),
  • Miramax est la condensation des parents Weinstein : Miriam et Max,
  • Yahoo vient des brutes du voyage de Gulliver auxquelles s'identifiaient les fondateurs,
  • Les 3 Suisses vient des trois filles de M. Suis, le patron du bistro d'à côté.

On pourrait trouver ça pas très sérieux. Du je-m'en-foutisme de nommage.

J'y vois au contraire la marque d'une philosophie qui, dans certains cas, peut expliquer le succès qui a suivi.

Car pour fonder une marque, il faut l'incarner.

C'est réellement d'une naissance qu'il s'agit.

On y met une partie de soi qui ensuite, on espère, va fructifier et grandir dans le monde.

Or, j'en ai déjà parlé : la logique est commune à tout le monde. Deux et deux font quatre, qui que vous soyez.

Donc si vous utilisez la logique pour nommer votre marque, vous créez un nom que d'autres pourraient trouver.

Votre ADN propre, unique, inimitable, n'est pas dedans.

Alors qu'en optant pour le pet de cerveau, vous faites deux choses :

D'abord, vous choisissez un nom introuvable par d'autres. Parce qu'il est issu d'un moment, d'un lieu ou d'une référence qui n'existe que pour vous.

Ensuite, ça prouve que vous avez compris que tout compte.

Ce moment, ce lieu, ces personnes ne valent pas moins que le reste.

Cet instant, cette blague, cette référence n'ont pas moins de valeur parce qu'elles ne s'appuient pas sur un raisonnement.

Au contraire. C'est arrivé. Tel jour. Telle heure. Tel quel.

C'est sorti de vous. Sans forcer. Sans filtre.

C'est un élément de votre biographie.

Et ça a de la valeur.

Un point c'est tout.

Or, cette confiance-là, cette capacité à s'éloigner des usages pour assumer qui on est en public, même quand c'est illogique, même quand on sait que ça n'aura de sens pour personne d'autre...

C'est souvent la marque des gens qui vont loin.

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Trouver l'alignement

Je n'ai pas encore trouvé le mien. Mais j'avance.

J'ai toujours deux comptes sociaux :

  • Celui où je suis exactement moi-même et où je parle de ce que je veux quand je veux,
  • Celui où je vends quelque chose.

Le progrès de ces dernières années : ce que je vends est très aligné avec qui je suis.

J'y crois, je ne me force pas et je rencontre des gens qui me correspondent.

Aucune partie de moi ne regrette cette façon de faire.

Au contraire : c'est comme ça que je me suis rapproché de ma vérité, en creusant simultanément les deux côtés de la montagne.

Je reste néanmoins très conscient de ce qui n'est pas aligné.

Par un jour de canicule comme aujourd'hui, je vois en quoi mon activité professionnelle reste impuissante face à ce qui compte réellement.

Car je suis persuadé qu'une autre organisation est possible.

Une qui ne soit pas basée sur la recherche de profit, sur l'ambition à tout crin, sur la fuite en avant.

Une organisation qui ne nous mette pas au pied du mur.

Et même si mon activité professionnelle ne dessert pas mes croyances profondes, je dois admettre :

Elle ne les sert pas encore.

Je dis pas encore car c'est en mouvement. Je cherche. Je teste. J'ai bon espoir d'y arriver.

Au fond, ma croyance profonde est la suivante :

Je ne suis pas économiste. Pas politicien. Pas chercheur.

Je raconte des histoires.

Ce n'est pas anecdotique : notre monde est fait d'histoires.

C'est notre matière première à nous, les humains.

Or, je suis persuadé que l'histoire que nous racontons sur nous-mêmes, sur notre nature, sur notre raison d'être, est la principale source des obstacles que nous rencontrons.

J'aimerais participer à la création d'une meilleure histoire.

C'est ce que je fais à titre individuel dans mes vidéos persos.

Ce que je fais à titre professionnel avec mes clients.

J'aimerais rejoindre les deux.

J'y travaille.

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Comment changer les choses

Aucun changement ne prend sa source à l'extérieur.

Si un obstacle bloque votre chemin et que vous l'enjambez...

C'est que vous en étiez capable.

La solution au problème se trouvait déjà en vous. Les ressources intérieures étaient déjà disponibles.

Un obstacle qu'on sait surmonter est-il vraiment un obstacle ?

Ou est-ce simplement une étape ?

Difficile, embêtante, qui retarde... Mais qu'on gère.

Quand on ne sait pas franchir l'obstacle, en revanche, c'est un autre problème.

Dans ce cas, on n'a pas le choix :

Il faut se transformer.

Enclencher la métamorphose pour passer d'une personne qui ne sait pas résoudre le problème... à une personne qui sait.

C'est donc bien d'un travail intérieur qu'il s'agit.

Même s'il s'appuie sur l'extérieur, sur l'observation, sur l'interaction, l'objectif final est de se changer, soi.

Pas le monde. Pas les autres. Pas l'obstacle.

Soi.

Bricoler son moteur interne pour surmonter le problème.

Donc, pour répondre à la question : "Comment peut-on changer les choses ?".

Réponse : on ne peut pas. Pas directement.

On ne peut que se changer, soi.

Puis laisser faire.

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Le tunnel et la montagne

J'observe des points communs très forts chez les gens que j'accompagne :

  • Le métier qu'on choisit est souvent très lié aux parents (j'en ai déjà parlé → note en lien).
  • On cherche souvent à concilier des élans personnels avec des contraintes socioprofessionnelles, qui se cristallisent dans "je n'aimerais pas que telle personne (très sérieuse) tombe sur tel contenu (très personnel)".
  • Avec, pourtant, en fond, un désir fort de se regrouper. Sous une seule bannière, une seule histoire. Arrêter d'être des personnes différentes pour des gens différents.

Et dans les solutions que je propose pour créer cette unité, il y en a une qui revient régulièrement :

Creuser les deux côtés de la montagne.

Une partie de vous veut être acceptée.

Par vos amis, vos collègues, la société.

Cette partie cherche sans cesse un équilibre entre qui vous êtes et ce qu'on attend de vous – ou ce que vous pensez qu'on attend de vous.

Bien sûr, c'est nécessaire. Personne n'existe en isolement. ("No man is an island".)

Mais en faisant ainsi, vous ne creusez qu'un côté de la montagne.

Et dieu sait où cela va vous mener.

Pour trouver une cohérence interne, il faut aussi creuser l'autre côté.

C'est-à-dire créer un espace quelque part où vous puissiez être 100% vous-même.

Sans filtre. Sans calcul. Sans image à entretenir.

Un endroit où vous pouvez déverser ce qui vous anime sans mise en forme, sans ambages, sans cohérence.

Public, si possible – je conseille parfois de créer un compte anonyme dans un premier temps.

Puis, à force de creuser de chaque côté, vous finirez par vous retrouver au centre.

Un tunnel qui fera le lien entre ce qui est absolument vous, et ce que la société accepte – ou ce dont elle a besoin.

Un lien direct entre votre cœur et le monde.

Entre vos racines et le ciel.

Qui deviendra la source inépuisable de votre action.

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Atelier 3 jours en octobre

Pour les experts et les entrepreneurs :

Je lance l'atelier "Histoire, présence et contenus" dont la première cohorte aura lieu fin octobre.

Ça part d'une réalisation que j'ai déjà partagée :

Aider les gens à construire la bonne histoire ne suffit pas.

Ça provoque des déclics, ils comprennent l'intérêt mais...

Souvent, ça bloque après.

Au moment de parler, de présenter, de faire une vidéo.

Donc depuis quelque temps, j'intègre dans mes accompagnements une partie éminemment concrète où "on fabrique ensemble".

C'est là qu'on se rend compte des vraies barrières : les vieux réflexes et les anciennes peurs qui reviennent au galop.

C'est souvent le moment le plus important.

L'histoire n'est plus théorique. On voit comment elle se met en mot face à quelqu'un, ou face à une caméra.

Mais surtout : on produit le premier contenu ensemble.

C'est là que tout prend sens, pour eux et pour moi.

Pour eux : ça accélère un process qu'ils auraient sûrement mis plusieurs mois à accomplir – sous réserve qu'ils n'abandonnent pas.

Pour moi : ça m'aide à comprendre où se trouvaient les vraies résistances. Pour aider à mieux les contourner.

Donc, j'ai décidé d'en faire un atelier.

Premier jour : histoire. Deuxième jour : prise de parole. Troisième jour : on fabrique.

Je suis très enthousiaste à l'idée de faire ce travail en groupe.

Ça va créer un effet d'entraînement qui marchait très bien durant les ateliers d'improvisation créative de l'année dernière.

Et les autres deviennent votre premier public.

La première cohorte aura lieu du 29 au 31 octobre à Trouville.

Première version en mode roots.

Si ça marche, je ferai un deuxième atelier en janvier.

À découvrir ici.

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Ma note du matin

C'est la note que je lis souvent en me réveillant.

Je la retravaille régulièrement.

J'enlève ce qui ne marche plus ou me paraît évident. J'ajoute ce que j'ai compris récemment.

Je vous préviens : la version actuelle est... "très beatnik".

En la lisant rapidement, ça ressemble à des idées New Age un peu creuses qu'on pourrait voir sur des photos de couchers de soleil...

Pourtant, je suis arrivé à ces formulations après beaucoup d'itérations.

Elles me parlent.

Donc je vous mets la note en entier, puis je reprends les différents passages pour vous expliquer pourquoi ça a du sens pour moi.

Aujourd'hui



À chaque instant, je suis ma joie, mon excitation et mon instinct.



Je n'agis jamais par peur, par obligation ou par culpabilité.



Je transforme la peur en joie, l'obligation en choix, la culpabilité en compassion.



Le passé est un rêve. Le futur un concept. Je pourrais être n'importe qui en cet instant.



Je fais toujours exactement ce que je devrais être en train de faire.
Je ne réfléchis pas à la prochaine action. Elle vient.
Je sais que tout est important.



Je surveille mes pensées comme un berger.
Lorsque je sens un attachement, j'observe sa transformation dans le corps.



Je suis toujours plongé dans une activité créative qui est mon point de contact avec le monde.



Je ne me justifie pas. Je n'explique rien. Je demande sans raison.



Je suis entouré d'amour, de rire et de connexion.



Le monde danse pour moi et à travers moi.

Je vous avais prévenu.

Mais reprenons :

À chaque instant, je suis ma joie, mon excitation et mon instinct.

Ça, j'en parle tout le temps, ici et dans mes vidéos. C'est clair.

Je n'agis jamais par peur, par obligation ou par culpabilité.
Je transforme la peur en joie, l'obligation en choix, la culpabilité en compassion.

Au départ, je n'avais que la première phrase mais je me suis rendu compte que c'était trop... générique. Et un peu faux.

Donc j'ai mis la recette de cuisine qui va avec :

Transformer la peur en joie : souvent la peur survient à cause d'une croyance mal alignée. C'est un signal, si vous voulez. Mais si au lieu de succomber à la panique, on cherche la croyance qui pose problème, on l'étudie, voire on la change... l'émotion se transforme immédiatement. Peur et excitation sont en réalité deux interprétations d'un même phénomène.

Transformer l'obligation en choix : parce qu'en vrai, on n'a pas toujours le choix ! Obligation professionnelle, familiale, de santé... Mais en fait, si. Beaucoup plus qu'on pense. En fin de compte, si on agit, c'est qu'on l'a choisi. Donc j'essaie toujours de prendre un moment en présence pour trouver la partie de moi qui choisit réellement. Pour voir si je suis vraiment d'accord avec elle.

Transformer la culpabilité en compassion : le plus beatnik et le plus difficile ! Souvent, on s'en veut. Ou on en veut aux autres. Ce qui est à peu près la même chose : on pense que le monde devrait être différent. Retrouver l'amour, c'est se rappeler que chaque personne en ce monde fait du mieux qu'elle peut – soi y compris. Autrement dit : cette réaction qui nous paraît aberrante est la meilleure qu'on ait trouvée. Parce qu'on est imparfait, faillible et inquiet. Et cette faiblesse commune devrait susciter de la compassion plutôt que de la culpabilité.

Le passé est un rêve. Le futur un concept. Je pourrais être n'importe qui en cet instant.

C'est une fondation de la méditation.

Seul le présent existe. Le passé n'existe que dans la mémoire. Le futur que dans l'imagination.

Alors si je ferme les yeux et que je me concentre sur les sensations, les bruits, les manifestations du corps... Je peux laisser de côté qui je suis.

Si je ne me fie qu'au chant de l'oiseau que j'entends, je pourrais être quelqu'un d'autre. Ailleurs.

Mon identité ne refait surface qu'au moment où je choisis de l'entretenir par ma pensée et par mes actions.

Je fais exactement ce que je devrais être en train de faire.
Je ne réfléchis pas à la prochaine action. Elle vient.
Je sais que tout est important.

Ça, pareil : j'en parle énormément en ce moment.

Je vous renvoie aux notes en lien.

Je surveille mes pensées comme un berger.
Lorsque je sens un attachement, j'observe sa transformation dans le corps.

L'image du berger vient du Bouddha, je crois.

Encore un fondement de la méditation :

Le but n'est pas de supprimer les pensées. Elles seront toujours là. Et on ne les contrôlera jamais.

Mais on peut les surveiller tranquillement.

La plupart du temps, elles se baladent. Elles passent.

Mais si une pensée devient trop insistante, on la gère. Tranquillement aussi.

Non pas en lui opposant une autre pensée – sinon c'est le début du chaos – mais en cherchant sa manifestation dans le corps.

C'était le sujet de la note d'hier.

Je suis toujours plongé dans une activité créative qui est mon point de contact avec le monde.

Autrement dit : mon activité vient de l'intérieur.

Je trouve ce qui me passionne, m'excite, je le fais, et les gens me rejoignent dans cette activité.

Plutôt que de laisser le monde extérieur choisir.

Je ne me justifie pas. Je n'explique rien. Je demande sans raison.

"Demander sans raison" veut dire ne pas sentir le besoin de "convaincre" les gens.

On demande. Si la personne a envie, elle fait. Sinon, non. Aucun argumentaire à déployer. Jamais.


Je suis entouré d'amour, de rire et de connexion.

Ça me semble assez clair.

En précisant quand même : je ne veux pas être entouré "de gens". Ni "d'amis". C'est vraiment l'amour, le rire et la connexion que je cherche.

Ce qui peut arriver avec n'importe qui.

Le monde danse pour moi et à travers moi.

Ça, c'est à la fois évident mais pas tant que ça.

"Le monde danse pour moi", c'est un phénomène dont on se rend compte durant la méditation ou en présence.

Par exemple : on regarde une feuille qui balance dans le vent.

En temps normal, on n'y pense pas plus que ça. C'est le vent, la physique. Aucun mystère là-dedans.

Mais quand on se sort des pensées, de l'explication physique, des interprétations habituelles...

On peut sentir une réelle connexion avec la feuille. Avec le mouvement. Avec l'instant.

On a la sensation – complètement injustifiable d'un point de vue rationnel – que ce mouvement nous est effectivement destiné.

Qu'il existe pour nous. Comme un cadeau.

Puis on réalise qu'on n'est pas indépendant de ce mouvement.

Qu'on en fait partie.

On est la feuille. La feuille est nous.

Un peu de matière et de conscience en mouvement depuis toujours.

C'est ça, la danse.

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Ne le prenez pas mal

Ce qui énerve souvent quand on parle de développement personnel, c'est cette idée qu'il faudrait devenir parfait.

Supprimer les défauts, les temps morts, les petits plaisirs.

Et si on n'y parvient pas, on se sent jugé.

On imagine que les "éveillés" ont "dissout leur ego" et regardent tout le monde de haut.

Rien n'est plus faux.

Les sages que j'ai rencontrés connaissent généralement leurs défauts mieux que quiconque.

Ils sont très, très conscients d'être imparfaits.

Au point qu'ils ne se cachent plus, ne se mentent plus.

Au contraire : leurs défauts ont ouvert la voie. L'imperfection n'est pas un obstacle, c'est le chemin.

C'est en plongeant dans leurs ratés, dans leurs addictions, dans leurs échecs qu'ils trouvent la matière pour avancer.

Je m'en rends également compte à mon petit niveau.

Avant-hier, je me suis complètement laissé aller.

J'ai enfreint toutes mes règles.

Je me suis vautré dans le confort et l'auto-indulgence à l'extrême.

Ce n'est pas la première fois, hein.

Mais la différence avec avant est la suivante :

Je ne m'en suis pas voulu une seconde.

Je n'ai pas essayé de corriger mon comportement une seule fois.

Je me suis observé, comme de l'extérieur, en répétant mon mantra :

"Je fais exactement ce que je devrais être en train de faire."

La clé étant : c'est le même mantra que quand tout va bien !

Autrement dit : je ne suis pas fier de mes bons jours, pas plus que je n'ai honte des mauvais.

Le Nicolas qui fait bien n'est pas le vrai.

Le Nicolas qui faillit n'est pas une erreur à corriger.

C'est un continuum.

J'ai besoin de ma force et de ma compassion autant que de ma fainéantise et de ma colère.

Si j'ignore le mal, si je déguise l'échec, si je fais semblant, je n'avance plus.

Donc si un jour je pointe votre colère, votre vénalité, vos écarts, ce n'est pas pour vous culpabiliser.

J'ai les mêmes !

Simplement, il est possible qu'à force de pratique, j'aie découvert certaines techniques pour mieux les utiliser.

Les transformer en carburant pour avancer.

Que j'essaie de partager avec vous.

Sans doute maladroitement.

Alors ne le prenez pas mal.

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Comment méditer ?

Sans doute la meilleure façon de se détacher du futur.

Mais je suis toujours embêté quand on me pose la question.

Comment fait-on pour méditer ? J'en sais rien. Ça dépend.

Moi-même, ma pratique a beaucoup évolué.

Mais si je devais trouver quelques invariants, en positif ou en creux, je dirais ceci :

1. La méditation n'est pas prescriptive

Il n'y a pas d'obligation ni de but à atteindre.

"Je dois faire ceci."
"Je ne devrais pas sentir cela."
"Je dois atteindre tel état."

Non : l'objectif est justement de sortir des objectifs et des obligations extérieures.

Il n'y a rien à faire. Certains diront qu'il faut "juste être".

Mais c'est une formulation un peu vague pour être pratique.

Voici comment ça peut se décliner :

2. Au cœur : l'acceptation

Sûrement le plus important.

Prendre en compte et accepter ce qui est là, maintenant.

En particulier : l'état dans lequel on est.

L'objectif n'est pas d'être plus calme, plus détaché.

L'objectif n'est pas de changer son état.

Mais d'en prendre pleinement conscience.

Ne pas repousser les émotions, les pensées. Les accepter. Les vivre.

Mais je vous vois venir :

"Accepter ne devient-il pas alors... un objectif ? Ne vient-on pas de remplacer un objectif par un autre ?"

Pour moi, ça n'est pas un objectif mais une mécanique : au sens de quelque chose qu'on fait sans attendre de résultat.

Ça se passe en deux temps :

3. Repérer et libérer les attachements

Soit je suis dans le flot du présent :

Sensations, pensées et émotions se succèdent.

Aucune ne reste longtemps.

Ce cycle court me rend disponible pour tout ce qui survient maintenant : le son, la prochaine pensée, le rayon de soleil.

C'est ça, la présence. Rien de plus. Un flot.

Soit un même contenu mental est bloqué et ne cesse de revenir.

Une pensée, une angoisse, une obligation.

Qui vient répétitivement se mettre entre moi et le présent.

C'est un attachement.

En temps normal, on cherche à s'en débarrasser par l'action.

Résoudre le problème à la source, en agissant.

En méditation, on le remarque et on l'accepte.

Sachant que pour moi, accepter veut dire :

4. Poser son attention sur le corps

Vous êtes assis à une table de café.

Avez-vous remarqué que, sans bouger, vous pouviez diriger votre attention sur la partie du corps que vous choisissiez ?

Vous pouvez soudain prendre conscience du bout de votre pied. De votre coude. Du haut de votre tête. De tout le corps.

(Ce qui est assez magique quand on y réfléchit un peu.)

Pour moi, accepter un contenu mental, c'est diriger mon attention vers sa manifestation dans le corps.

Car les attachements ont toujours une manifestation physique.

Une pensée qui n'est pas liée à une sensation corporelle... passe.

Donc je ne cherche jamais à chasser la pensée ou l'émotion.

Je pose juste mon attention sur la tension, le poids, la gêne (...) dans le corps qui lui est associé.

Je l'observe tranquillement se transformer.

Sans attendre de résultat.

5. Répéter

Ainsi, l'objectif n'est jamais pour moi de me sentir mieux.

Je prends simplement conscience du flot.

Quand le flot s'arrête, je pose mon attention sur ce qui bloque.

Pas pour résoudre le problème ni débloquer la situation.

Mais parce que, pour moi, c'est ça, la méditation.

Une mécanique. Qui n'est pas tournée vers un résultat.

Et pourtant, à terme, ça aide.

Parce qu'il est probable que les pensées qui vous torturent au quotidien soient réactives.

Inconsciemment, vous les avez vous-même mises en place pour éviter des émotions qui vous font peur.

En apprenant à accepter, vous arrêtez d'éviter.

Et le moteur à angoisse finit par manquer de fioul.

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Être productif sans pression

À quoi ressemble une journée quand on s'est "libéré des obligations futures" ?

Je ne dis pas que j'ai réussi à 100% – loin de là.

Pourtant mes journées actuelles sont bien différentes de mes journées d'il y a quelques années.

D'abord : je suis très actif. Du matin au soir.

À condition de bien vouloir ranger la "méditation" dans la case "actif".

Mais c'est une des principales caractéristiques de mes journées : il n'y a plus de "vraie" ou de "fausse" action.

Il n'y a plus d'un côté le travail et de l'autre le repos.

Il n'y a plus que "faire". "Agir".

Et méditer, ou se reposer, c'est faire, aussi.

Chaque activité se fond dans la suivante.

Chaque matin commence généralement dans le même ordre : méditation, travail physique, journal.

L'exercice est la continuation de la méditation avec le corps.

Le journal, la continuation de la méditation avec l'esprit.

Et de là, ça ne s'arrête plus :

Écriture, emails, montage, recherche, compta, marche, repos.

Aucune activité n'est interdite, aucune n'est jugée.

Je fais ce que je fais, un point c'est tout.

Je n'ai pas envie ? Je ne fais pas.

J'ai envie ? Je fais.

J'en ai marre ? J'arrête.

Fatigué ? Je dors.

Et pourtant : tout ce qui est à faire est fait. La compta est à jour. Les deadlines sont tenues.

Et je suis beaucoup plus productif qu'avant.

Oui : ce que je n'aime pas faire est fait aussi.

Comment ? Un peu par magie.

Quand je n'ai pas envie, je ne fais pas. Puis un moment, je fais. Facilement.

Tout passe dans le flot.

Et pour mettre en place ce flot, je donnerai les conseils suivants :

  1. Ne pas juger l'action présente. Je fais ce que je fais et c'est très bien comme ça.
  2. Ne pas prévoir l'action suivante. Elle sera décidée naturellement au moment venu.
  3. Rien ne vient ? Ne faites rien. Restez tranquille. Acceptez l'oisiveté. L'action juste viendra toute seule.
  4. Une activité bloque régulièrement ? Il y a sûrement un problème d'alignement à investiguer.
  5. Et les obligations ? Les rendez-vous ? Tenez-les, bien sûr. Mais ils deviennent moins bloquants avec le temps.

Finalement, je ne fais que donner au corps (qui inclut le cerveau) plus de liberté pour gérer la vie.

Je ne le soumets pas à une logique autoritaire et réductrice.

Je le laisse s'adapter aux circonstances réelles. Intérieures et extérieures.

Et il est beaucoup plus doué que moi pour tout gérer.

UPDATE : L'épisode 7 de "Panique dans l'Espace" est sorti ! Les Bretons peuvent-ils sauver le futur ?

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Super, je valide mon panier Amazon !

Ce qu'ont répondu plein de gens à ma vidéo Se libérer du futur.

"Je vais vider mon compte en banque !"
"Je vais m'acheter la dernière Playstation !"
"Le fisc est-il au courant de cette théorie ?"

Certains m'ont traité d'irresponsable.

C'est parce qu'ils n'ont pas vu la vidéo suivante où je préviens tout le monde de "ne rien changer tout de suite".

Et n'ont pas lu ma note "N'arrêtez rien (le chemin vers la joie)".

Ni "Vos questions sur l'action, les objectifs et le karma".

Alors je résume :

Si votre vie est construite sur le stress du futur, il y a fort à parier que vos plaisirs aussi.

Les achats, la consommation, les addictions...

Tout ça n'a souvent rien à voir avec la fameuse joie dont je parle régulièrement et que je conseille de suivre.

Ce sont des échappatoires.

Quand la vie n'est pas construite sur un alignement, il faut faire des efforts en permanence.

On justifie intellectuellement ces efforts par le résultat :

"Il faut bien manger."
"Il faut bien gagner sa vie."
"On ne peut pas vivre sans argent."

Cette justification est la clé de voûte.

On n'aime pas trop qu'elle soit remise en question, vu que c'est la raison première des efforts qu'on fournit.

Mais pour compenser ces efforts, il faut bien lâcher quelque part.

Donc on cherche ces plaisirs. Pour soulager la pression.

Boire un verre. Fumer. Acheter les vêtements, les jeux. Vacances.

Et c'est extrêmement désagréable de s'entendre dire "qu'il faudrait arrêter", "que ce n'est pas nécessaire", "que c'est trop cher".

Justement parce qu'on a souffert pour ça.

C'est la seule soupape autorisée.

La seule distraction dans une vie où tout est compliqué.

Donc oui : si vous êtes dans cette situation, ne changez rien.

N'allez pas vous ôter les petits plaisirs qui vous font tenir.

N'allez pas désorganiser les mesures d'urgence que vous avez mises en place pour survivre.

Continuez. Tout.

Mais en parallèle, cinq minutes par jour, explorez.

Et si vraiment il existait une "joie" qui ne soit liée à rien ?

Qui nécessite de ne rien acheter, de n'aller nulle part ?

Que vous pourriez faire apparaître ici, maintenant, sans effort ?

À quoi ressemblerait-elle pour vous ?

Une réponse, même partielle, à cette question vous transformera.

Et une fois transformé·e, les changements viendront tous seuls.

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Se libérer du futur

On ne peut pas faire semblant d'être libre.

Si vous avez un rendez-vous à 11h que vous ne pouvez pas manquer...

Alors rien ne sert de méditer, de se relaxer, de relativiser.

Enfin si : ça peut aider à se détendre un peu.

Mais quel que soit le travail, vous serez toujours confronté à cette obligation intérieure qui va créer de l'anxiété.

Pour se libérer de l'anxiété, il faut se libérer de l'obligation.

C'est la seule solution.

Se libérer de l'obligation ne veut pas dire ne pas y aller.

C'est reconnaître qu'on ne peut pas être certain du futur.

C'est accepter la possibilité que d'ici là les choses vont peut-être changer et qu'on va en tenir compte.

C'est réaliser que ce rendez-vous n'est pas si important que ça.

Son importance dépend d'une histoire qu'on se raconte depuis des semaines, des mois. Peut-être des années. Peut-être sur soi.

Mais ça reste une histoire.

Parce que la vérité matérielle des choses est la suivante :

On ne peut pas prévoir le futur.

On ne sait pas ce qui sera bon pour soi plus tard.

On n'est pas obligé d'obéir aux injonctions du passé.

On peut choisir de le faire. Mais ça reste un choix.

On fera ce choix le moment venu, quand on y sera.

Mais en attendant, je suis ici et maintenant.

Je peux faire une déclaration d'intention.

Mais je ne peux pas garantir le futur.

Alors on verra.

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Dukkha et pâtisserie

Dukkha, en bouddhisme, décrit ce qui n'est "pas bien, pas satisfaisant".

En particulier, on l'utilise pour qualifier les joies et plaisirs de la vie qui sont transitoires et "ne suffiront pas".

Sans s'en rendre compte, on cherche toujours une solution définitive.

"Si je trouve la bonne personne, je serai heureux jusqu'à la fin de ma vie."

"Une fois le bon métier décroché, je n'aurai plus jamais à m'inquiéter."

"Si j'achète cette voiture, je serai une personne complète."

Le cerveau nous fait sans cesse croire que la prochaine étape, le prochain achat, le prochain désir débloquera la situation pour toujours.

Et on tombe dans le piège à chaque fois.

Dukkha est le rappel quotidien qu'on se trompe.

Il décrit à la fois la souffrance – qui est inévitable – et le fait que les plaisirs transitoires ne sont jamais la solution.

Dire que "quelque chose est Dukkha", pour un bouddhiste, peut donc avoir deux sens :

  1. Cette chose apporte de la souffrance. Or la souffrance est inévitable. Donc il faut l'accepter. Ça passera.
  2. Cette chose me fait du bien. Mais ce bien est temporaire. Une fois l'effet passé, le même désir reviendra inchangé.

C'est le caractère "inchangé" qui pose problème.

Une action ou un plaisir "Dukkha" nous laissera exactement dans la même situation après qu'avant.

"Mais si on s'est fait plaisir pendant un temps, où est le mal ?"

Le mal, c'est l'illusion.

Une partie de nous pense réellement que l'action va tout changer.

Ou au moins qu'elle va nous rapprocher du mieux.

Mais elle ne nous rapproche de rien.

Elle nous laisse dans le même état et, au prochain croisement, on va tout recommencer.

Et recommencer. Et recommencer.

Cette action "n'est pas satisfaisante" parce qu'elle entretient un cycle perpétuel d'envie et de satisfaction temporaire.

Durant lequel on ne cherche pas la "vraie" solution.

Celle qui pourrait nous libérer à long terme.

Par exemple :

Ce matin, en descendant la rue, j'ai senti l'odeur de la boulangerie.

Grosse envie de pain au chocolat – ou de pain suisse.

Finalement, je me suis ravisé... mais pas par volonté.

Ça n'avait rien à voir.

J'ai juste réalisé qu'après un pain suisse ou un pain au chocolat... j'aurais envie d'en manger un autre. Et un autre.

Mon envie de sucre n'est jamais rassasiée longtemps.

Et c'est donc devenu très clair pour moi que si je mangeais cette pâtisserie, dans cinq minutes, je me trouverais... exactement dans la même situation.

Si je pouvais manger un pain au chocolat et être heureux pour la journée... on y va ! Sans regret !

Mais non : le plaisir du pain au chocolat est éminemment transitoire.

Ce n'est pas la solution à tout.

Ce n'est même pas un pas dans la bonne direction.

Une fois l'effet passé, je suis au même endroit.

Et je dois chercher le prochain plaisir éphémère.

Toute la vie peut être occupée ainsi.

À chasser le prochain plaisir qui ne résoudra rien.

Le début de la sagesse, c'est quand on en a marre.

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Communiquer dans l'ordre

Vous communiquez dans le désordre. Littéralement.

Vous essayez d'ajouter les guirlandes avant le sapin.
Et on est à Pâques.

Maintenant que ça marche mieux pour moi (60k followers, 10 prospects par semaine, énormément de messages et d'opportunités), je vais vous détailler les étapes que je recommande.

Qui sont très simples, au fond :

1. Déterminez votre histoire unique

Personne ne vous paiera très cher pour faire comme tout le monde.

Résumez votre valeur unique en deux phrases.

Il faut que ces deux phrases vous parlent à 100% et s'appuient sur vos forces réelles.

Si vous vous forcez ou que vous faites semblant, même un peu, vous allez vous épuiser.

Or, le succès dépend de votre capacité à mettre en place une mécanique à long terme.

2. Créez un CTA et une offre

Oui : une seule offre.

Très claire, très forte, très alignée avec votre valeur.

Avec un bouton sur la première page (Call to Action).

Ce bouton est votre unique métrique.

Les followers, les retours, les tapes dans le dos, c'est très bien.

Mais ce qu'on veut savoir, c'est le nombre de gens qui cliquent.

Ceux qui envisagent de payer pour ce que vous proposez.

Ce sont eux, vos futurs clients.

3. Créez du contenu pour diffuser votre histoire

Pour exister (et qu'on clique sur votre bouton), il faut qu'un flux de gens entre en contact avec votre histoire.

Pour cela, il faut créer du contenu.

Sinon, comment le public saurait-il ce que vous proposez ?

Oui, les vidéos sociales marchent bien aujourd'hui.

Mais votre site, les rencontres, vos articles, vos présentations, c'est aussi du contenu.

Et à chaque fois, vous intégrez votre histoire.

C'est la répétition de votre histoire qui crée une case dans l'esprit du spectateur.

Votre nom ou celui de votre entreprise est associé à un sujet précis.

C'est pour ça qu'on vous appelle.

4. Entrez en dialogue avec votre marché

Pour l'instant, vous n'avez pas défini votre cible. C'est normal.

Vous vous êtes défini, vous et votre offre.

Votre cible, ce sont les gens qui cliquent sur le bouton.

Vous adaptez votre histoire en fonction de leurs retours.

Vous établissez votre avatar client en fonction de ce qu'ils vous demandent.

Mais sans jamais sortir de ce qui a du sens pour vous. Sinon vous ne tiendrez pas la longueur.

Car le but, c'est de durer.

5. Enrichissez votre communication

Vous ne dépensez pas des mille et des cents (ni votre énergie) avant d'avoir trouvé une histoire qui fonctionne.

C'est-à-dire une histoire :

  • Qui marche pour vous,
  • Qui attire des clients payants.

Quand vous avez ça, vous pouvez accélérer :

Articles, vidéos, newsletter, podcast, publicité payante...

Ce qui est le plus facile et le plus naturel pour vous.

Vous dépensez des ressources de plus en plus importantes sur une histoire de plus en plus précise parce que vous avez la preuve qu'elle fonctionne (chiffre d'affaires, pas les compliments).

C'est la clé de la croissance à long terme.

Si vous atteignez un plateau, c'est que votre histoire est trop générique. Il faut la préciser.

Car avant d'être un gestionnaire, un entrepreneur est un raconteur d'histoires.

La gestion, c'est le travail pour satisfaire vos clients.

Mais ces clients, vous les obtenez en racontant votre histoire.

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