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Ça (re)commence aujourd'hui

Je recommence mon document "Aujourd'hui".

C'est une courte note sur mon téléphone que je lis tous les matins.

Elle contient :

  • Ce que je fais chaque jour si possible (méditation, mini-sport, vidéo quotidienne, post pour ChezFilms) avec un conseil ou une idée forte si nécessaire.
  • De grandes directions à long terme : idées à mettre en place régulièrement concernant la présence, la vie sociale, la créativité.
  • Quelques idées et pense-bêtes à court terme, pour le travail ou les projets en cours par exemple.

Il est inutile d'accumuler des notes si elles ne sont pas utilisées. En cela, la note "Aujourd'hui" est une façon de communiquer avec moi-même : j'y garde tout ce qui me semble important et que je ne veux pas me laisser oublier.

C'est une note très courte et vivante que je mets à jour régulièrement : ce qui reste a été poli par de multiples lectures/réécritures et est donc en général très fort et très clair. De nouvelles idées sont ajoutées de temps en temps – qui passent le test du temps ou non.

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Sans voix dans la tête ?

Ça m'est arrivé la première fois la veille du confinement.

Je méditais depuis deux ans et le matin, presque sans faire exprès, j'ai arrêté la voix dans ma tête.

Plus de blabla intérieur, plus de jugement permanent, plus de rumination anxieuse. Le silence.

J'étais stupéfait.

Ça m'était sûrement déjà arrivé avant mais c'était la première fois que je le remarquais – et que ça durait. Je pouvais maintenir ce silence.

J'ai passé la journée à errer dans les rues, explorant cette nouvelle expérience.

Il est donc possible d'interagir avec le monde sans petite voix qui juge tout ? Il est possible de regarder un objet sans entendre "j'aime ou j'aime pas" ? De choisir la prochaine direction sans délibération verbale ? De prendre une décision sans le couperet d'un jugement intérieur ?

J'ai fini par comprendre que la pensée verbale n'était pas la source de l'action. Ce n'est pas elle qui "réfléchit à haute voix (dans la tête) pour prendre une décision". Les décisions sont prises ailleurs. Elle ne fait que commenter.

Et il est parfaitement possible (souhaitable ?) de vivre et d'agir sans ce commentaire.

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La Merdification

Cory Doctorow a inventé le terme "Enshittification".

Dans le podcast d'Adam Conover, je pensais qu'il allait faire un bref état des lieux, un peu de pub pour son bouquin éponyme, deux ou trois blagues, et puis voilà.

Ce que j'ai découvert : un des discours les plus riches et les plus pertinents sur la technologie, la propriété intellectuelle et le monde moderne que j'ai entendu depuis longtemps.

Cory nous explique que le processus de merdification se fait en cinq étapes :

  1. Produire un super produit pour attirer les clients.
  2. Les "ferrer" ("lock them in") en rendant le départ compliqué ou coûteux.
  3. Dégrader l'expérience utilisateur pour la rendre plus attirante pour les entreprises.
  4. Ferrer les entreprises à leur tour par manque d'alternative.
  5. Dégrader l'expérience pour tous afin de garder le surplus.

À l'instar des banques ("too big to fail"), les grandes plateformes puisent leur pouvoir de la difficulté de leurs utilisateurs à partir ("too big to care").

Ce qui leur donne liberté entière pour transformer – et au final dégrader – l'expérience client à leur profit exclusif. 3 exemples :

  • Google a volontairement dégradé la pertinence de son moteur de recherche pour multiplier les impressions publicitaires (+ de recherches pour trouver un résultat = + de pub)
  • En Finlande, les prix affichés par les étiquettes électroniques dans les supermarchés changent environ 2000 fois par jour pour ne jamais perdre la marge ajustée.
  • Aux USA, la plupart des infirmières sont des freelance qui passent par une plateforme pour être engagées. L'application a accès à leur "credit score" ce qui permet aux hôpitaux de proposer des salaires moindres aux infirmières en difficulté.

Dans ce processus, une app est, selon Cory, un "site web empaqueté dans de la propriété intellectuelle" : la loi interdit formellement de customiser, étendre ou adapter une application, sous peine de lourdes sanctions.

Donc l'utilisateur n'a aucune arme pour se défendre et "dé-merdifier" son expérience. Il est prisonnier.

"Imaginez que la personne qui a fabriqué votre maison soit la seule à pouvoir la réparer."

Des solutions ?

Les efforts de l'UE pour encadrer la technologie (notamment concernant l'interopérabilité) sont une bonne piste, dit-il. Mais la fameuse "Euro Stack" censée remplacer les GAFAM ne sera utile qu'avec les bons outils de migration permettant aux administrations de ne pas repartir de zéro – impossibles à concevoir sans reverse engineering.

Au final, il estime que les grandes entreprises sont obsédées par les IP (intellectual properties) dans l'illusion qu'elles leur permettraient de s'affranchir du facteur humain, moins contrôlable. Mais :

"La recette pour fabriquer quelque chose est beaucoup moins importante que la connaissance nécessaire pour la suivre."

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Contrôler, c'est résister

Vous ne connaissez pas le futur.

Vous ne savez pas si votre plan va marcher ou non.

Et s'il marche, ou s'il échoue, vous ne savez pas si vous allez ressentir ce que vous aviez prévu de ressentir. ("C'est tout ce que je voulais mais je me sens vide.")

Et même si tout se passait comme prévu, vous ne connaissez pas les conséquences des conséquences. L'occurrence positive ou négative qui se transforme avec le temps. La bénédiction qui devient un drame, ou inversement.

À tel point qu'il est presque présomptueux de prétendre qu'on sait.

Dire "je vais faire telle action" ou "je vais aller dans telle direction" parce qu'on imagine que ça va avoir telles conséquences dans le futur... est une illusion.

Le contrôle est une illusion.

Vous ne savez pas quel détour inexplicable, apparemment inutile, sera nécessaire pour vous mener là où vous devez être.

Le véritable guide semble être l'instinct. L'excitation.

Ignorer ces appels pour s'entêter vers ce qui est prévu, vers ce qui est raisonnable, vers ce qui est bien vu, c'est s'opposer au flot. Nager contre le courant. Résister.

Et résister, c'est souffrir.

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Comment je gère LinkedIn (et le reste)

Je suis allergique à tout ce qui n'est pas sincère.

Depuis petit, je ne supporte pas la pub. ("Mais il y en a des bien !" – c'est pas le problème.) J'ai aussi du mal avec certains journaux télévisés, certains discours, certains réseaux.

Mon problème : le gouffre entre le prétexte affiché (je vous divertis, je partage un conseil, je vous donne de l'information) et la motivation réelle (je veux votre argent, votre attention ou vos likes). Ce n'est pas une décision consciente : ça ne passe pas. Un vrai blocage.

Alors quand j'ai voulu développer mon activité professionnelle, c'est devenu une source d'anxiété. Vais-je devoir faire pareil ? Ai-je été protégé jusqu'ici mais, maintenant que je suis gérant, il va falloir avaler la pilule et produire du blabla ?

Après un long détour, la réponse est... NON. (Ouf.)

Non seulement ce n'est pas obligatoire, mais ce n'est, selon moi, pas la bonne voie.

J'ai d'abord essayé de me forcer et c'était l'horreur : les smileys, les appels à l'action artificiels, le recours à des LLM pour rendre mes posts "plus LinkedIn". C'était faux. Pas mon style. Et ça ne marchait pas.

Puis j'ai fait un travail de fond.

Depuis deux ou trois ans, j'ai commencé à produire des vidéos et des articles. Pas pour LinkedIn, ni pour le boulot, non : pour moi. Que (presque) personne ne voit. (Maintenant ça marche mieux 🙂)

Ma seule consigne : être absolument sincère. Interdit de se cacher derrière la technique, derrière l'humour ou derrière une quelconque obligation. Et croyez-moi : il n'y a rien de plus difficile que de partager des idées personnelles en public quand personne ne vous a rien demandé.

Je poste donc aujourd'hui un article et une vidéo par jour (pas ici). Ce qui, avec le temps, a eu deux conséquences : D'abord, ça m'a réconcilié avec le son de ma voix. Je parle comme je parle et ça ira très bien comme ça.

Mais surtout : ces contenus m'ont permis de connecter avec des gens qui aiment ce que je fais naturellement. Qui partagent des doutes similaires, le même humour, des intérêts convergents. Ce sont eux, mes pairs, mes relations, mes collaborateurs.

Puis il est devenu clair que ce n'était plus une question de plateforme : je pouvais trouver ces gens partout. Dans un cocktail. Dans la rue. Sur LinkedIn. Si bien que, peu à peu, la démarcation entre mes contenus personnels et mes posts professionnels a commencé à se brouiller.

Je m'exprime de la même façon face à un ami, un inconnu, un client.

Une partie de mes posts LinkedIn sont maintenant directement extraits de mon blog personnel. Tout le monde n'accroche pas. Ce n'est pas grave : ils sont destinés à ceux qui accrochent.

Cette nouvelle façon de faire a rendu ma communication plus alignée, donc plus facile.

Et, au final, plus efficace.

"Soyez vous-même pour que ceux qui vous cherchent puissent vous trouver" – Harlan Hamilton

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Voûte et résilience

C'est un prof d'architecture qui nous avait donné cette citation lors d'un séminaire structure aux Ponts.

Une fois la dernière pierre en place ("la clé"), une voûte tient toute seule. Pas besoin de clous, de béton, de soutien. Non seulement ça tient, mais ça peut supporter du poids. D'où cette citation de Primo Levi :

"Pourquoi, me demandai-je, la voûte ne s'éboule-t-elle pas, alors qu'elle n'est pas soutenue ? Elle se tient, me répondis-je, parce que toutes les pierres veulent tomber dans le même mouvement. Cette pensée m'a apporté un grand réconfort, et je la garde à mes côtés jusqu'au moment décisif, espérant que je saurai moi-aussi me maintenir, lorsque tout en moi voudra sombrer."

– Primo Levi, La Trêve

Une application inattendue du tenseur des contraintes à la résilience humaine.

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Dernier podcast Marc Maron & Barack Obama

Après plus de 1600 épisodes sur 16 ans, le comédien américain Marc Maron a diffusé le dernier épisode de son podcast cette semaine. Son dernier invité : Barack Obama – qu'il avait déjà interviewé une fois.

J'adore Marc Maron, son humour, ses conversations, et je vais être triste qu'il arrête. C'était l'un des premiers à lancer ce format long à une époque où les podcasts n'étaient pas encore cools.

J'ai trouvé dans sa conversation des idées fortes qui résonnent avec mes réflexions actuelles. Voilà quelques propos d'Obama qui m'ont marqué :

  • Au final, on n'a pas besoin d'être d'accord sur tout pour travailler avec quelqu'un.
  • Sachez ce en quoi vous croyez vraiment. C'est le point de départ.
  • La période après la seconde guerre mondiale n'était pas parfaite. Mais au moins, il y avait une histoire commune.
  • Il faut être tolérant avec les gens. Tant qu'ils n'essaient pas activement de vous faire du mal, il faut être tolérant.
  • Parfois on gagne et on est heureux. Parfois on perd et on se retire un moment pour panser ses plaies avant de revenir. Mais on ne va pas chercher à vous détruire parce que vous avez perdu.
  • Une des nécessités des démocraties libérales, c'est d'accepter des victoires partielles, pas uniquement la perfection. La seule question est : est-ce que ça va dans la bonne direction ?
  • On va probablement dépasser l'objectif des 2 degrés celsius. Parce que c'est très dur pour les humains de changer de source primaire d'énergie en une génération. Mais on a fait des progrès.

Apprendre à travailler avec les gens qu'on aime peu – ou pas – pour poursuivre un objectif commun plus important, c'est mon sujet de réflexion actuel.

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5 idées fortes pour gérer la crise

J'étais hier soir à la table ronde "Face aux crises, comment se préparer collectivement", animée par Alexandre Florentin avec Ziad Touat, Conseiller en gestion de crise, et Christian Clot, explorateur-chercheur.

Voici 5 idées fortes que j'en ai tirées :

  • Avant, la gestion des crises était une affaire essentiellement militaire et réservée aux personnels compétents. Maintenant, on essaie d'intégrer au maximum des chercheurs, des citoyens, des enfants. Développer les bons réflexes chez les personnes qui seront confrontées au problème peut tout changer.
  • Votre faculté à gérer une crise dépend de votre capacité à accepter la réalité de la situation. Plus on est en déni ("c'est pas vrai, c'est pas possible"), plus on va avoir du mal à prendre des mesures pour gérer la crise telle qu'elle est. La préparation mentale peut être décisive.
  • Le niveau sonore d'une salle de crise idéale ne dépasse pas 80 décibels. On parle calmement ; on reçoit, on vérifie puis on traite l'information, l'objectif étant de proposer les alternatives les plus pertinentes à celui ou celle qui doit prendre une décision.
  • L'humilité est fondamentale. Se méfier de ceux qui perçoivent la crise comme une occasion de briller pour devenir les héros de la situation. Se méfier également de l'homogénéité excessive de certains groupes : une salle de crise composée d'ingénieurs donnera une solution d'ingénieurs. Idem pour les militaires. Importance de la diversité cognitive.
  • Le lien social est la clé. Si vous regardez mes vidéos, vous savez que c'est une question qui me travaille. Il faut être capable de créer un lien social de rue, de quartier, de ville. Il faut pouvoir travailler avec les gens qu'on aime moins – voire pas du tout – pour atteindre des objectifs communs lorsque ceux-ci sont vitaux pour tous.

Et moi, suis-je prêt à affronter une crise ?

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Les transitions n'existent pas

Sans doute une des principales illusions qui empêchent la présence.

Les transitions : cette idée que le moment actuel ne compterait pas "pour de vrai", qu'il ne serait que le passage vers un futur qu'on attend.

Par exemple : le trajet avant la destination – en métro, en avion, à pied. Ce n'est pas un voyage, pas une expérience, non : sa seule vertu est de nous amener quelque part. Rien de positif ne peut arriver, rien n'est digne d'attention, à part les mauvaises surprises qui causeront le retard.

L'attente avant un évènement – une rencontre, un rendez-vous, un moment attendu. C'est d'ores et déjà du temps perdu, où rien d'intéressant ne se produira. On est déjà dans la suite, dans ce qui doit arriver.

Car en réalité, bien sûr, ces moments-là sont tout autant "le présent" que les autres.

Ils pourraient être aussi riches, aussi vibrants, aussi transformateurs.

D'autant que parfois la destination est décevante. Ou n'arrive pas.

C'est ce que je me dis quand je mets mon fils dans la voiture pour prendre l'autoroute : "Les vacances ensemble commencent maintenant". Ce trajet en fait intégralement partie.

Qui sait ? Ça pourrait en être le meilleur moment.

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L'ego et le monde

Cette idée-là est peut-être plus difficile à concevoir pour qui n'est pas familier avec le concept de "vide" (emptiness).

Mais j'y pense de plus en plus souvent. Je l'avais trouvée dans le livre Seeing that frees de Robert Burbea.

La voici : ce qu'on appelle l'ego n'est pas une propriété figée d'une personne.

Au long d'une vie, d'une semaine, d'une journée, l'ego se promène sur un spectre : il se manifeste plus fortement ou disparaît presque complètement en fonction des situations.

Qu'est-ce qui régit ces variations ?

Comme toujours : l'attachement.

Quand je veux ou refuse quelque chose, quand je nourris du désir ou de l'aversion pour un objet, l'objet en question et mon ego apparaissent en même temps. Les bouddhistes appellent cela la "coproduction dépendante" (dependent arising).

L'instant d'avant, je peux être dans le flot du présent, passant librement de sensation en sensation en toute légèreté : pas de centre, pas de sujet, pas d'ego. Je flotte.

Puis je m'attache à une pensée. Tout à coup, je veux, je refuse, je rumine. L'ego n'est rien d'autre que cette relation qui vient de se créer entre cette idée de moi (qui était introuvable la seconde précédente) et l'idée de cet objet (qui n'existe pas vraiment).

Loin d'être un défaut, l'ego est donc avant tout une relation.

Une relation entre deux objets qu'on choisit soi-même de créer.

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Le faites-vous pour vous ?

C'est la question clé et la question piège.

On a l'impression d'agir pour l'autre, pour être gentil, pour rendre service, mais on travaille en secret pour soi, pour son image, pour sa satisfaction personnelle.

Par exemple : je suis souvent suspicieux des gens qui sont trop gentils avec les caissières.

Dire "merci, bonne journée", bien sûr. Mais certaines personnes en font des tonnes : "Merci, très bonne journée, madame. Et surtout, bon courage, hein ! Bon courage." La caissière acquiesce poliment ; elle n'en demandait pas tant. Et j'ai du mal à imaginer que le client, en sortant, ne se dise pas "je suis quelqu'un de formidable. Regardez comment je comprends et soutiens les petits travailleurs."

Ma théorie est que, secrètement, cette personne fait ça pour elle. Pour son estime personnelle.

Et que l'interaction, de par son caractère éminemment artificiel, n'a en rien allégé le fardeau de la caissière.

Je me rends compte que ça m'arrive aussi, bien sûr.

Sous couvert d'être au service, de participer, de renseigner, je mène en réalité des opérations de communication pour prouver que je suis un type bien. Qu'on pense du bien de moi.

Est-ce que j'essaie de comprendre cette personne pour l'aider, ou pour lui montrer que je comprends ? Est-ce que je raconte cette histoire pour la renseigner, ou parce qu'elle me met en valeur ?

Comme d'habitude, l'objectif n'est pas de changer mais de remarquer. Une fois mis en lumière, ces travers s'évanouissent.

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La mécanique du succès

Si je devais résumer ce que j'ai compris de plus important au cours des dernières années, je dirais ceci :

1. Pour se démarquer, il faut mettre en place une mécanique.

Réussir une chose, même de façon éclatante, ne suffit pas. C'est la répétition d'une action – même simple – qui apporte la transformation qu'on cherche – à l'intérieur ou dans le monde.

C'est vrai en spiritualité (rien de plus répétitif et simple que méditer), en musique (on appelle même ça "répéter"), dans le travail, dans la communication, les relations, la santé...

La persistance dans une même direction compte plus que l'intelligence, la volonté ou le talent. Mais :

2. Pas de mécanique sans alignement.

La discipline, la volonté, les bonnes résolutions (...) ne suffiront jamais à garder le cap. Quelques jours, quelques mois, peut-être. Mais rapidement, on s'épuise, on craque.

L'unique façon de mettre en place une mécanique à long terme est d'être parfaitement aligné.

Être entièrement soi-même. Faire ce qui est 100% naturel. Suivre aveuglement son instinct en laissant tomber tout le reste.

Sauf que : très peu de gens savent réellement qui ils sont et ce qu'ils veulent. Leur connaissance d'eux-mêmes est occultée derrière des idées intellectuelles et plusieurs décennies de conditionnement. D'où...

3. Pas d'alignement sans connaissance de soi.

C'est la pierre angulaire de l'édifice : apprendre à se connaître.

Faire le travail intérieur pour déconstruire les préconceptions qu'on entretient sur soi et sur le monde afin d'atteindre sa vérité.

Cette vérité est la véritable source de l'action. Celle qui va durer. Et donc changer les choses.

"Connais-toi toi-même." - Socrate
"Deviens ce que tu es." - Nietzsche

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Projo Construire : Merci la Setec !

Mon film Construire réalisé pour l'École des Ponts a été projeté à la SETEC hier soir, suivi d'un débat et d'un cocktail.

Projo Construire Setec débat

Anthony Briant (Directeur des Ponts), Vincent Callebaut (Architecte), Bénédicte Danis et Julien Tanant (organisateurs de la soirée pour Setec), Élise Arnoux (Architecte), Soukaina Sidki (Ingénieure Setec), Stéphany Le Rhun (Ingénieure Setec).

C'était une très bonne soirée. Les problèmes techniques que j'avais relevés pendant la première visite avaient été brillamment corrigés et la qualité de la diffusion était excellente. J'ai rencontré des gens qui partagent les mêmes doutes que moi. Aussi : de très nombreux spectateurs ont apprécié le film, même au deuxième ou troisième visionnage.

C'était ressourçant.

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La stratégie, la stratégie, la stratégie

On peut optimiser les mauvaises choses.

On peut accélérer dans la mauvaise direction.

On peut être débordé par un travail qui ne mène nulle part.

Souvenez-vous : tout le chemin parcouru dans une mauvaise direction devra être refait en sens inverse. Ces efforts n'auront pas seulement été vains, ils vous auront éloigné du but.

Alors ne vous jetez pas tout de suite dans l'action.

Posez-vous. Sentez le sens du vent. La force du courant.

Voyez quel désir vous anime. Quelle direction vous appelle.

Parce qu'une fois en chemin, la facilité ou la pénibilité de chaque pas dépendra entièrement de ce premier élan.

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Migrul - Quelques photos

Merci à Guillaume Cloux pour ces photos du tournage de Migrul.

Migrul - Tournage école festival

Quand je réalise un film, je me déguise en Spielberg, ça m'inspire. Avec Jean Ratsimbazafy, chef op.

Migrul - Tournage maison

Marianne Fisch (comédienne), Vincent Robidou (son), Nicolas Boulenger (réalisateur), Léo Grange (comédien) et Mathis Recondu (assistant) dans le tournage à la maison.

Migrul - Tournage Ahmed

Jean Ratsimbazafy (chef op) et Moi regardons Léo Grange (comédien) et Ahmed (commerçant) dans l'écran.

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Nouveau bureau

ChezFilms s'installe dans les locaux de Télé Bocal à Belleville !

TV Bocal - plateau

TV Bocal - Plateau arrière

Très heureux de ce nouvel endroit. D'autant que j'ai aussi changé de pied-à-terre à Paris et que je ne dors pas loin. (Je m'en suis rendu compte ce matin en faisant le trajet à pied et en arrivant beaucoup, beaucoup plus tôt que prévu.

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Un peu déprimé par le monde

Donc aujourd'hui, si je résume :

  • La flottille qui apportait à boire et à manger à ceux qui crèvent de faim à Gaza a été arrêtée.
  • Trump prévient les généraux de son armée qu'il faudra désormais traiter l'ennemi intérieur (les démocrates, grosso modo) comme un ennemi extérieur.
  • Jancovici nous explique que les mécanismes de régulation du climat sont en train de passer des points de non retour plus vite que prévu.

Ce qui me rend triste ?

Je crois qu'il est temps d'abandonner l'illusion que nous vivions dans une société de progrès où des gens de bonne volonté travaillaient pour le bien commun.

L'abondance énergétique qui prend fin nous a rendu accroc à un confort dont nous ne savons plus nous passer. Maintenant que le sol tremble sous nos pieds, nous tournons nos regards inquiets vers les plus déséquilibrés d'entre nous pour nous sauver.

Le temps de la paix est fini.

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Un dernier verre ?

J'avais arrêté de boire. Presque.

Ça avait diminué naturellement puis, quand j'ai pris conscience de l'hérédité du phénomène et de la place que ça prenait dans ma vie sociale – les groupes sont construits sur les addictions, ai-je réalisé – j'ai presque complètement arrêté.

Je bois de temps en temps. "Pour les grandes occasions."

Mais je réalise que même là, ça ne m'apporte rien.

Les conversations les plus fortes et les plus drôles que j'ai eues récemment ont eu lieu sans une goutte d'alcool.

Et s'il faut boire pour apprécier son entourage, c'est l'entourage qu'il faut changer.

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Si vous créez une salle de projection

Si vous êtes une entreprise, une école ou une association qui crée une petite salle de projection, ne faites pas cette erreur que je vois souvent.

Je sors d'un test de projection de mon film dans un auditorium d'entreprise et j'y ai vu le même problème que dans beaucoup d'autres salles :

Le son arrive par deux enceintes (ou plus) placées de chaque côté de la salle.

On se dit que ça va permettre un son stéréo "comme au cinéma". Mais c'est oublier que les enceintes principales d'un cinéma sont les "centres" : les enceintes placées juste derrière l'écran qui permettent à la voix et aux dialogues de venir des personnages. Les enceintes stéréo sont un "plus" – qui n'est pas forcément dans les plus petites salles. (C'est d'ailleurs le principe du son dit "5.1" : le centre et les stéréos sont dissociés.)

Lorsqu'on installe des enceintes de part et d'autre sans avoir de centre, les gens à droite et à gauche de salle ne reçoivent le son que d'un côté (l'oreille droite ou l'oreille gauche) ce qui devient vite épuisant. De plus, c'est troublant d'entendre une voix qui vient du côté alors que le personnage qu'on regarde est en face.

Donc dans le doute : commencez par les centres. De bonnes enceintes placées devant (sous l'écran ou de part et d'autre de l'écran mais toujours devant) donneront un résultat beaucoup plus homogène et agréable pour le public qu'une stéréo sans centre.

Et j'ai plein de films à vous proposer pour l'inauguration de votre salle :)

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Gna gna gna

C'est ce que je me dis en regardant les dernières vidéos que j'ai postées. (Je poste une vidéo par jour sur les réseaux.)

Je me fatigue moi-même.

C'est bon signe : quand je ne supporte plus ce que je fais, c'est que je suis sur le point de passer au niveau au-dessus.

Ça m'était déjà arrivé en photographie : je ne supportais plus mes clichés et quand j'ai repris l'appareil après une période de pause, j'ai fait radicalement différent. Plus personnel. Mieux.

Je crois déjà que je vais me fixer des règles :

  • Une seule prise. Plus de retakes.
  • Plus d'intro ni de conclusion. Juste le cœur.
  • Ne jamais "redire" quelque chose que j'ai déjà dit – devant la caméra ou non.

On verra comment ça évolue.

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Un projet à l'eau

Toujours en fouillant de vieux disques durs, j'ai retrouvé ça :

Chaise numéro neuf

C'est l'affiche d'un projet de court métrage qui devait être produit – on avait France 2 et un coproducteur – mais qui n'a pas abouti.

Il était basé sur une histoire vraie (?) que j'avais lue dans la revue Planète :

Dans les années 70, un groupe est assis en cercle dans une salle communale pour un atelier. En fin de session, deux hommes entrent ; personne ne les attend. Ils se dirigent vers l'un des participants pour lui demander "vous étiez bien assis sur cette chaise ?". Le participant acquiesce.

Les deux hommes apportent alors une roulante avec une télévision et un magnétoscope pour lui montrer une vidéo. Ils sont chercheurs et, quelques semaines plus tôt, ils ont filmé une interaction avec une personne dans cette même pièce.

Dans la vidéo : "Pouvez-vous nous dire quelque chose sur l'un des participants de l'atelier qui aura lieu ici ?" La personne, qui se révèle être médium, passe en revue toutes les chaises vides jusqu'à s'arrêter sur une en particulier. En off : "Le sujet a désigné la chaise n°9."

Le médium commence alors à faire des révélations sur le futur occupant de la chaise que le participant en question, médusé, suit sur l'écran.

Dans ma version, c'était seulement la première couche de l'histoire. La seconde couche était que les propos du médium, sans pouvoir aucunement être vérifiés, semaient la discorde entre la jeune femme (assise sur la chaise n°9) et son père également présent, l'obligeant finalement à admettre une vérité qu'elle avait toujours cachée.

Ou comment le faux (ou l'indécidable) peut avoir de véritables conséquences.

À l'eau. Pour l'instant.

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John McSpace - Les horreurs que je retrouve

Édouard Pons, qui a composé la musique de Migrul, m'avait reparlé de cette vieille bêtise que j'avais tournée en une après-midi à Off Courts il y a cinq ans.

Je viens de la retrouver sur un vieux disque dur et c'est pire que dans mon souvenir.

<script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script>

En même temps, je crois que c'est l'ancêtre de ma websérie Panique dans l'Espace qui va sortir bientôt. En cela, c'était peut-être un mal nécessaire.

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Tout dans le corps

Oui, c'est très New Age comme idée.

Mais je me rends compte depuis peu à quel point c'est vrai.

Lorsqu'on observe la collaboration entre le physique et le mental, on réalise que le corps est un peu le carnet de notes de la pensée.

Voyez-le comme ça : les pensées sont extrêmement éphémères. Elles passent à toute vitesse sans laisser de trace. On pense à demain, au déjeuner, au cadeau pour sa mère, à l'orteil qui fait mal... D'association en association, on saute d'un concept à l'autre sans réelle direction.

Une succession de pets de cerveau.

Mais lorsque le cerveau juge qu'une idée est importante, qu'elle mériterait qu'on y retourne, il crée un pense-bête. Une sorte de marque-page intérieur qui oblige cette pensée à refaire surface. Pour cela, il l'associe à une émotion.

Comme elle est incarnée, l'émotion a une demi-vie beaucoup plus longue que la pensée. La boule dans l'estomac, l'étreinte du stress ou de l'angoisse, l'adrénaline de la peur ou de la joie... Tout cela dure plusieurs minutes, voire plusieurs heures.

Cette émotion agit comme une ancre qui retient le bateau mental dans une même zone. Dès qu'on s'éloigne, le corps nous rappelle que quelque chose ne va pas. Et la pensée revient.

Mais parfois, c'est le contraire qui se produit.

Quand j'ai commencé à méditer il y a quelques années, j'ai réalisé que l'angoisse que je ressentais le matin était d'origine... gastrique. J'avais une boule dans l'estomac à laquelle s'accrochait la première idée qui passait. Donc le problème auquel je pensais n'était pas le vrai problème.

J'ai arrêté de manger avant de dormir et l'angoisse a disparu.

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Prendre des notes pour avancer

J'ai pris des notes toute ma vie et ça ne m'a pratiquement servi à rien. Jusqu'à récemment, parce que j'ai changé de système.

D'abord, précisions : j'utilise Obsidian depuis 3 ou 4 ans (après Apple Notes, Airtable, Notion...) et même si j'adore ce logiciel – j'en reparlerai plus tard – ce n'est pas une question d'outil. C'est une question de process.

Avant, j'engrangeais les notes.

Comme un obsessif souffrant du syndrome de Diogène, j'avais peur de perdre une idée, de laisser filer entre mes doigts la pensée providentielle. Alors j'accumulais, j'accumulais. Et une fois dans mon coffre, je n'en faisais rien.

Avec le temps, j'ai trouvé des solutions techniques pour utiliser davantage mes notes – principalement en me les mettant devant les yeux – mais ça ne suffisait pas.

Ce qu'il manquait ? La pression.

Le plus important n'est pas d'écrire une note : c'est le travail qu'on fait ensuite pour l'intégrer dans un corps de connaissance qu'on utilise chaque jour. Appliquer une pression sur un ensemble d'idées pour qu'elles s'agrègent et forment un diamant.

Donc maintenant, je procède ainsi :

  1. J'écris une note dans un fichier fourre-tout (Inbox).
  2. Plus tard, je la déplace dans un fichier pertinent (ex: productivité, présence, création, famille...).
  3. Dans ce fichier, je groupe les notes connectées dans de grandes sections avec sous-titre et résumé.
  4. Je crée (ou j'entretiens) en haut de ce fichier un résumé global en deux ou trois phrases qui donne l'essence du sujet, souvent sous forme d'un conseil clair et concret.
  5. Je rince et je répète.

L'objectif final est donc de produire ce conseil ciblé qui est tout de suite applicable et que je m'organise pour relire régulièrement. Le fait de l'avoir compilé à partir de plusieurs sources le rend personnel et concret.

C'était une des activités de ce matin.

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La bataille pour exister

J'ai remarqué que les fois où je m'énervais le plus, c'est quand quelqu'un faisait comme si je n'existais pas.

Comme si là où je me tenais, il n'y avait personne.

L'automobiliste qui manque de me renverser. Le voisin de transport qui écoute sa musique comme s'il était seul. Le collaborateur qui ne tient aucun compte de ce que je dis.

Je l'ai remarqué chez les autres aussi. Les émotions les plus vives s'élèvent quand on se sent ignoré.

À tel point que beaucoup de ce que l'on fait semble être destiné à prouver qu'on existe.

Travail, conversation, création, réseaux... Tout semble être orchestré inconsciemment pour donner la preuve au reste du monde qu'on est bien là.

Comme si notre peur essentielle était d'être un fantôme. La crainte existentielle de n'être qu'un spectre qui a besoin de s'agiter pour être vu.

Et quand quelqu'un nous ignore, c'est comme s'il mettait à jour cette vacuité. Comme si, d'un geste ou d'une remarque, il réduisait à néant tous les efforts qu'on faisait chaque jour simplement pour être.

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Les petites victoires

Il y a un an, j'ai acheté un disque dur SSD pour monter mes films partout. Mais il n'avait pas de boîte solide. Alors j'ai acheté ce porte-cartes (qui coûtait une blinde) dans une papeterie.

Je ne pouvais pas vérifier la taille car il était rempli de fiches plastiques que j'ai arrachées.

Quand j'ai découvert que non seulement c'était la taille parfaite, mais que le câble rentrait pile à l'intérieur pour stabiliser l'ensemble... petite victoire.

Il m'accompagne partout maintenant.

Porte disque dur

(Non, ce n'est pas de la saleté à l'intérieur, c'est les restes de colle qui ont séché.)

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Zen & création

Je pense que si le festival s'est si bien passé, autant pour les rencontres que pour mon film, c'est parce que j'étais pleinement disponible.

J'ai décidé que je continuerais à méditer tous les matins, quel que soit l'emploi du temps. Je m'y suis tenu.

J'ai même médité à midi la veille du tournage, au moment où j'étais coincé sur la préparation. Résultat : les solutions sont tombées du ciel.

Je suis venu sans idée, sans scénario, sans équipe.

Lorsque quelque chose résistait, je lâchais prise.

Lorsque j'étais froissé par un refus ou un événement, je remarquais cette émotion et faisais mon possible pour ne pas agir de façon réactive.

J'étais à l'écoute de tout le monde, tout le temps. Sans me forcer. J'étais content d'être là.

Chaque aspect de mon film – idées, lieux, équipe – est venu naturellement, par le biais de rencontres fortuites.

Ni le tournage, ni le montage n'ont été faciles. Pourtant je n'imagine pas comment ça aurait pu mieux se passer.

Les difficultés et le stress rencontrés faisaient partie du chemin idéal.

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Zéro idée de film

Je vais tourner un kino (film en 72h) mardi au Festival Off Courts et je n'ai aucune idée de ce que je vais faire.

Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, au contraire.

Quand j'arrive à poil, avec ma bite et mon couteau, c'est que j'ai confiance.

Confiance dans le processus. Confiance qu'en rencontrant les gens, en sentant l'ambiance, en voyant les lieux, quelque chose va venir. Ou pas – et sinon tant pis.

Pour le moment, j'écoute des sons sur Ableton. Je vais peut-être commencer par la musique.

À suivre.

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La mort, la mort, la mort !

Si on était moins inquiet, ce serait le grand libérateur.

Je ne parle pas de suicide. Je parle de perception de la vie.

Une grande partie de l'angoisse qu'on accumule vient de notre propension à tout prendre au sérieux. Comme si chaque action était importante et grave.

Sauf que tout se termine sur un grand pied d'égalité.

Le milliardaire comme le SDF, le beau et le laid, le jouisseur et l'inquiet, tous finissent de la même façon et il suffit d'attendre quelques décennies pour que plus personne ne se souvienne d'eux. Au mieux (ou au pire), il n'en reste que quelques histoires qui n'ont plus grande chose à voir avec ce qu'ils étaient vraiment.

Tout est moins important que prévu.

Rien n'est aussi grave qu'on ne pense.

Le but n'a jamais été de durer.

Soyons libres.

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