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Succès et pet de cerveau

Les noms de certaines grandes marques ont été construits sur des pets de cerveau.

Ils ont été assemblés à la va-vite sur la base d'objets qui se trouvaient dans la pièce ou d'une private joke douteuse.

Personne d'extérieur ne peut comprendre.

Ça n'a aucun rapport avec la marque.

Vu de loin, ce n'est même pas drôle.

Pourtant, ça fait un carton. Par exemple :

  • Adobe était le nom du ruisseau derrière la maison du fondateur,
  • Häagen-Dazs a été fabriqué de toutes pièces pour faire danois (langue qui n'a pourtant pas de ä),
  • Miramax est la condensation des parents Weinstein : Miriam et Max,
  • Yahoo vient des brutes du voyage de Gulliver auxquelles s'identifiaient les fondateurs,
  • Les 3 Suisses vient des trois filles de M. Suis, le patron du bistro d'à côté.

On pourrait trouver ça pas très sérieux. Du je-m'en-foutisme de nommage.

J'y vois au contraire la marque d'une philosophie qui, dans certains cas, peut expliquer le succès qui a suivi.

Car pour fonder une marque, il faut l'incarner.

C'est réellement d'une naissance qu'il s'agit.

On y met une partie de soi qui ensuite, on espère, va fructifier et grandir dans le monde.

Or, j'en ai déjà parlé : la logique est commune à tout le monde. Deux et deux font quatre, qui que vous soyez.

Donc si vous utilisez la logique pour nommer votre marque, vous créez un nom que d'autres pourraient trouver.

Votre ADN propre, unique, inimitable, n'est pas dedans.

Alors qu'en optant pour le pet de cerveau, vous faites deux choses :

D'abord, vous choisissez un nom introuvable par d'autres. Parce qu'il est issu d'un moment, d'un lieu ou d'une référence qui n'existe que pour vous.

Ensuite, ça prouve que vous avez compris que tout compte.

Ce moment, ce lieu, ces personnes ne valent pas moins que le reste.

Cet instant, cette blague, cette référence n'ont pas moins de valeur parce qu'elles ne s'appuient pas sur un raisonnement.

Au contraire. C'est arrivé. Tel jour. Telle heure. Tel quel.

C'est sorti de vous. Sans forcer. Sans filtre.

C'est un élément de votre biographie.

Et ça a de la valeur.

Un point c'est tout.

Or, cette confiance-là, cette capacité à s'éloigner des usages pour assumer qui on est en public, même quand c'est illogique, même quand on sait que ça n'aura de sens pour personne d'autre...

C'est souvent la marque des gens qui vont loin.

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Trouver l'alignement

Je n'ai pas encore trouvé le mien. Mais j'avance.

J'ai toujours deux comptes sociaux :

  • Celui où je suis exactement moi-même et où je parle de ce que je veux quand je veux,
  • Celui où je vends quelque chose.

Le progrès de ces dernières années : ce que je vends est très aligné avec qui je suis.

J'y crois, je ne me force pas et je rencontre des gens qui me correspondent.

Aucune partie de moi ne regrette cette façon de faire.

Au contraire : c'est comme ça que je me suis rapproché de ma vérité, en creusant simultanément les deux côtés de la montagne.

Je reste néanmoins très conscient de ce qui n'est pas aligné.

Par un jour de canicule comme aujourd'hui, je vois en quoi mon activité professionnelle reste impuissante face à ce qui compte réellement.

Car je suis persuadé qu'une autre organisation est possible.

Une qui ne soit pas basée sur la recherche de profit, sur l'ambition à tout crin, sur la fuite en avant.

Une organisation qui ne nous mette pas au pied du mur.

Et même si mon activité professionnelle ne dessert pas mes croyances profondes, je dois admettre :

Elle ne les sert pas encore.

Je dis pas encore car c'est en mouvement. Je cherche. Je teste. J'ai bon espoir d'y arriver.

Au fond, ma croyance profonde est la suivante :

Je ne suis pas économiste. Pas politicien. Pas chercheur.

Je raconte des histoires.

Ce n'est pas anecdotique : notre monde est fait d'histoires.

C'est notre matière première à nous, les humains.

Or, je suis persuadé que l'histoire que nous racontons sur nous-mêmes, sur notre nature, sur notre raison d'être, est la principale source des obstacles que nous rencontrons.

J'aimerais participer à la création d'une meilleure histoire.

C'est ce que je fais à titre individuel dans mes vidéos persos.

Ce que je fais à titre professionnel avec mes clients.

J'aimerais rejoindre les deux.

J'y travaille.

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Comment changer les choses

Aucun changement ne prend sa source à l'extérieur.

Si un obstacle bloque votre chemin et que vous l'enjambez...

C'est que vous en étiez capable.

La solution au problème se trouvait déjà en vous. Les ressources intérieures étaient déjà disponibles.

Un obstacle qu'on sait surmonter est-il vraiment un obstacle ?

Ou est-ce simplement une étape ?

Difficile, embêtante, qui retarde... Mais qu'on gère.

Quand on ne sait pas franchir l'obstacle, en revanche, c'est un autre problème.

Dans ce cas, on n'a pas le choix :

Il faut se transformer.

Enclencher la métamorphose pour passer d'une personne qui ne sait pas résoudre le problème... à une personne qui sait.

C'est donc bien d'un travail intérieur qu'il s'agit.

Même s'il s'appuie sur l'extérieur, sur l'observation, sur l'interaction, l'objectif final est de se changer, soi.

Pas le monde. Pas les autres. Pas l'obstacle.

Soi.

Bricoler son moteur interne pour surmonter le problème.

Donc, pour répondre à la question : "Comment peut-on changer les choses ?".

Réponse : on ne peut pas. Pas directement.

On ne peut que se changer, soi.

Puis laisser faire.

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Le tunnel et la montagne

J'observe des points communs très forts chez les gens que j'accompagne :

  • Le métier qu'on choisit est souvent très lié aux parents (j'en ai déjà parlé → note en lien).
  • On cherche souvent à concilier des élans personnels avec des contraintes socioprofessionnelles, qui se cristallisent dans "je n'aimerais pas que telle personne (très sérieuse) tombe sur tel contenu (très personnel)".
  • Avec, pourtant, en fond, un désir fort de se regrouper. Sous une seule bannière, une seule histoire. Arrêter d'être des personnes différentes pour des gens différents.

Et dans les solutions que je propose pour créer cette unité, il y en a une qui revient régulièrement :

Creuser les deux côtés de la montagne.

Une partie de vous veut être acceptée.

Par vos amis, vos collègues, la société.

Cette partie cherche sans cesse un équilibre entre qui vous êtes et ce qu'on attend de vous – ou ce que vous pensez qu'on attend de vous.

Bien sûr, c'est nécessaire. Personne n'existe en isolement. ("No man is an island".)

Mais en faisant ainsi, vous ne creusez qu'un côté de la montagne.

Et dieu sait où cela va vous mener.

Pour trouver une cohérence interne, il faut aussi creuser l'autre côté.

C'est-à-dire créer un espace quelque part où vous puissiez être 100% vous-même.

Sans filtre. Sans calcul. Sans image à entretenir.

Un endroit où vous pouvez déverser ce qui vous anime sans mise en forme, sans ambages, sans cohérence.

Public, si possible – je conseille parfois de créer un compte anonyme dans un premier temps.

Puis, à force de creuser de chaque côté, vous finirez par vous retrouver au centre.

Un tunnel qui fera le lien entre ce qui est absolument vous, et ce que la société accepte – ou ce dont elle a besoin.

Un lien direct entre votre cœur et le monde.

Entre vos racines et le ciel.

Qui deviendra la source inépuisable de votre action.

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Atelier 3 jours en octobre

Pour les experts et les entrepreneurs :

Je lance l'atelier "Histoire, présence et contenus" dont la première cohorte aura lieu fin octobre.

Ça part d'une réalisation que j'ai déjà partagée :

Aider les gens à construire la bonne histoire ne suffit pas.

Ça provoque des déclics, ils comprennent l'intérêt mais...

Souvent, ça bloque après.

Au moment de parler, de présenter, de faire une vidéo.

Donc depuis quelque temps, j'intègre dans mes accompagnements une partie éminemment concrète où "on fabrique ensemble".

C'est là qu'on se rend compte des vraies barrières : les vieux réflexes et les anciennes peurs qui reviennent au galop.

C'est souvent le moment le plus important.

L'histoire n'est plus théorique. On voit comment elle se met en mots face à quelqu'un, ou face à une caméra.

Mais surtout : on produit le premier contenu ensemble.

C'est là que tout prend sens, pour eux et pour moi.

Pour eux : ça accélère un process qu'ils auraient sûrement mis plusieurs mois à accomplir – sous réserve qu'ils n'abandonnent pas.

Pour moi : ça m'aide à comprendre où se trouvaient les vraies résistances. Pour aider à mieux les contourner.

Donc, j'ai décidé d'en faire un atelier.

Premier jour : histoire. Deuxième jour : prise de parole. Troisième jour : on fabrique.

Je suis très enthousiaste à l'idée de faire ce travail en groupe.

Ça va créer un effet d'entraînement qui marchait très bien durant les ateliers d'improvisation créative de l'année dernière.

Et les autres deviennent votre premier public.

La première cohorte aura lieu du 29 au 31 octobre à Trouville.

Première version en mode roots.

Si ça marche, je ferai un deuxième atelier en janvier.

À découvrir ici.

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Ma note du matin

C'est la note que je lis souvent en me réveillant.

Je la retravaille régulièrement.

J'enlève ce qui ne marche plus ou me paraît évident. J'ajoute ce que j'ai compris récemment.

Je vous préviens : la version actuelle est... "très beatnik".

En la lisant rapidement, ça ressemble à des idées New Age un peu creuses qu'on pourrait voir sur des photos de couchers de soleil...

Pourtant, je suis arrivé à ces formulations après beaucoup d'itérations.

Elles me parlent.

Donc je vous mets la note en entier, puis je reprends les différents passages pour vous expliquer pourquoi ça a du sens pour moi.

Aujourd'hui



À chaque instant, je suis ma joie, mon excitation et mon instinct.



Je n'agis jamais par peur, par obligation ou par culpabilité.



Je transforme la peur en joie, l'obligation en choix, la culpabilité en compassion.



Le passé est un rêve. Le futur un concept. Je pourrais être n'importe qui en cet instant.



Je fais toujours exactement ce que je devrais être en train de faire.
Je ne réfléchis pas à la prochaine action. Elle vient.
Je sais que tout est important.



Je surveille mes pensées comme un berger.
Lorsque je sens un attachement, j'observe sa transformation dans le corps.



Je suis toujours plongé dans une activité créative qui est mon point de contact avec le monde.



Je ne me justifie pas. Je n'explique rien. Je demande sans raison.



Je suis entouré d'amour, de rire et de connexion.



Le monde danse pour moi et à travers moi.

Je vous avais prévenu.

Mais reprenons :

À chaque instant, je suis ma joie, mon excitation et mon instinct.

Ça, j'en parle tout le temps, ici et dans mes vidéos. C'est clair.

Je n'agis jamais par peur, par obligation ou par culpabilité.
Je transforme la peur en joie, l'obligation en choix, la culpabilité en compassion.

Au départ, je n'avais que la première phrase mais je me suis rendu compte que c'était trop... générique. Et un peu faux.

Donc j'ai mis la recette de cuisine qui va avec :

Transformer la peur en joie : souvent la peur survient à cause d'une croyance mal alignée. C'est un signal, si vous voulez. Mais si au lieu de succomber à la panique, on cherche la croyance qui pose problème, on l'étudie, voire on la change... l'émotion se transforme immédiatement. Peur et excitation sont en réalité deux interprétations d'un même phénomène.

Transformer l'obligation en choix : parce qu'en vrai, on n'a pas toujours le choix ! Obligation professionnelle, familiale, de santé... Mais en fait, si. Beaucoup plus qu'on pense. En fin de compte, si on agit, c'est qu'on l'a choisi. Donc j'essaie toujours de prendre un moment en présence pour trouver la partie de moi qui choisit réellement. Pour voir si je suis vraiment d'accord avec elle.

Transformer la culpabilité en compassion : le plus beatnik et le plus difficile ! Souvent, on s'en veut. Ou on en veut aux autres. Ce qui est à peu près la même chose : on pense que le monde devrait être différent. Retrouver l'amour, c'est se rappeler que chaque personne en ce monde fait du mieux qu'elle peut – soi y compris. Autrement dit : cette réaction qui nous paraît aberrante est la meilleure qu'on ait trouvée. Parce qu'on est imparfait, faillible et inquiet. Et cette faiblesse commune devrait susciter de la compassion plutôt que de la culpabilité.

Le passé est un rêve. Le futur un concept. Je pourrais être n'importe qui en cet instant.

C'est une fondation de la méditation.

Seul le présent existe. Le passé n'existe que dans la mémoire. Le futur que dans l'imagination.

Alors si je ferme les yeux et que je me concentre sur les sensations, les bruits, les manifestations du corps... Je peux laisser de côté qui je suis.

Si je ne me fie qu'au chant de l'oiseau que j'entends, je pourrais être quelqu'un d'autre. Ailleurs.

Mon identité ne refait surface qu'au moment où je choisis de l'entretenir par ma pensée et par mes actions.

Je fais exactement ce que je devrais être en train de faire.
Je ne réfléchis pas à la prochaine action. Elle vient.
Je sais que tout est important.

Ça, pareil : j'en parle énormément en ce moment.

Je vous renvoie aux notes en lien.

Je surveille mes pensées comme un berger.
Lorsque je sens un attachement, j'observe sa transformation dans le corps.

L'image du berger vient du Bouddha, je crois.

Encore un fondement de la méditation :

Le but n'est pas de supprimer les pensées. Elles seront toujours là. Et on ne les contrôlera jamais.

Mais on peut les surveiller tranquillement.

La plupart du temps, elles se baladent. Elles passent.

Mais si une pensée devient trop insistante, on la gère. Tranquillement aussi.

Non pas en lui opposant une autre pensée – sinon c'est le début du chaos – mais en cherchant sa manifestation dans le corps.

C'était le sujet de la note d'hier.

Je suis toujours plongé dans une activité créative qui est mon point de contact avec le monde.

Autrement dit : mon activité vient de l'intérieur.

Je trouve ce qui me passionne, m'excite, je le fais, et les gens me rejoignent dans cette activité.

Plutôt que de laisser le monde extérieur choisir.

Je ne me justifie pas. Je n'explique rien. Je demande sans raison.

"Demander sans raison" veut dire ne pas sentir le besoin de "convaincre" les gens.

On demande. Si la personne a envie, elle fait. Sinon, non. Aucun argumentaire à déployer. Jamais.

Je suis entouré d'amour, de rire et de connexion.

Ça me semble assez clair.

En précisant quand même : je ne veux pas être entouré "de gens". Ni "d'amis". C'est vraiment l'amour, le rire et la connexion que je cherche.

Ce qui peut arriver avec n'importe qui.

Le monde danse pour moi et à travers moi.

Ça, c'est à la fois évident mais pas tant que ça.

"Le monde danse pour moi", c'est un phénomène dont on se rend compte durant la méditation ou en présence.

Par exemple : on regarde une feuille qui balance dans le vent.

En temps normal, on n'y pense pas plus que ça. C'est le vent, la physique. Aucun mystère là-dedans.

Mais quand on se sort des pensées, de l'explication physique, des interprétations habituelles...

On peut sentir une réelle connexion avec la feuille. Avec le mouvement. Avec l'instant.

On a la sensation – complètement injustifiable d'un point de vue rationnel – que ce mouvement nous est effectivement destiné.

Qu'il existe pour nous. Comme un cadeau.

Puis on réalise qu'on n'est pas indépendant de ce mouvement.

Qu'on en fait partie.

On est la feuille. La feuille est nous.

Un peu de matière et de conscience en mouvement depuis toujours.

C'est ça, la danse.

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Ne le prenez pas mal

Ce qui énerve souvent quand on parle de développement personnel, c'est cette idée qu'il faudrait devenir parfait.

Supprimer les défauts, les temps morts, les petits plaisirs.

Et si on n'y parvient pas, on se sent jugé.

On imagine que les "éveillés" ont "dissous leur ego" et regardent tout le monde de haut.

Rien n'est plus faux.

Les sages que j'ai rencontrés connaissent généralement leurs défauts mieux que quiconque.

Ils sont très, très conscients d'être imparfaits.

Au point qu'ils ne se cachent plus, ne se mentent plus.

Au contraire : leurs défauts ont ouvert la voie. L'imperfection n'est pas un obstacle, c'est le chemin.

C'est en plongeant dans leurs ratés, dans leurs addictions, dans leurs échecs qu'ils trouvent la matière pour avancer.

Je m'en rends également compte à mon petit niveau.

Avant-hier, je me suis complètement laissé aller.

J'ai enfreint toutes mes règles.

Je me suis vautré dans le confort et l'auto-indulgence à l'extrême.

Ce n'est pas la première fois, hein.

Mais la différence avec avant est la suivante :

Je ne m'en suis pas voulu une seconde.

Je n'ai pas essayé de corriger mon comportement une seule fois.

Je me suis observé, comme de l'extérieur, en répétant mon mantra :

"Je fais exactement ce que je devrais être en train de faire."

La clé étant : c'est le même mantra que quand tout va bien !

Autrement dit : je ne suis pas fier de mes bons jours, pas plus que je n'ai honte des mauvais.

Le Nicolas qui fait bien n'est pas le vrai.

Le Nicolas qui faillit n'est pas une erreur à corriger.

C'est un continuum.

J'ai besoin de ma force et de ma compassion autant que de ma fainéantise et de ma colère.

Si j'ignore le mal, si je déguise l'échec, si je fais semblant, je n'avance plus.

Donc si un jour je pointe votre colère, votre vénalité, vos écarts, ce n'est pas pour vous culpabiliser.

J'ai les mêmes !

Simplement, il est possible qu'à force de pratique, j'aie découvert certaines techniques pour mieux les utiliser.

Les transformer en carburant pour avancer.

Que j'essaie de partager avec vous.

Sans doute maladroitement.

Alors ne le prenez pas mal.

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Comment méditer ?

Sans doute la meilleure façon de se détacher du futur.

Mais je suis toujours embêté quand on me pose la question.

Comment fait-on pour méditer ? J'en sais rien. Ça dépend.

Moi-même, ma pratique a beaucoup évolué.

Mais si je devais trouver quelques invariants, en positif ou en creux, je dirais ceci :

1. La méditation n'est pas prescriptive

Il n'y a pas d'obligation ni de but à atteindre.

"Je dois faire ceci."
"Je ne devrais pas sentir cela."
"Je dois atteindre tel état."

Non : l'objectif est justement de sortir des objectifs et des obligations extérieures.

Il n'y a rien à faire. Certains diront qu'il faut "juste être".

Mais c'est une formulation un peu vague pour être pratique.

Voici comment ça peut se décliner :

2. Au cœur : l'acceptation

Sûrement le plus important.

Prendre en compte et accepter ce qui est là, maintenant.

En particulier : l'état dans lequel on est.

L'objectif n'est pas d'être plus calme, plus détaché.

L'objectif n'est pas de changer son état.

Mais d'en prendre pleinement conscience.

Ne pas repousser les émotions, les pensées. Les accepter. Les vivre.

Mais je vous vois venir :

"Accepter ne devient-il pas alors... un objectif ? Ne vient-on pas de remplacer un objectif par un autre ?"

Pour moi, ça n'est pas un objectif mais une mécanique : au sens de quelque chose qu'on fait sans attendre de résultat.

Ça se passe en deux temps :

3. Repérer et libérer les attachements

Soit je suis dans le flot du présent :

Sensations, pensées et émotions se succèdent.

Aucune ne reste longtemps.

Ce cycle court me rend disponible pour tout ce qui survient maintenant : le son, la prochaine pensée, le rayon de soleil.

C'est ça, la présence. Rien de plus. Un flot.

Soit un même contenu mental est bloqué et ne cesse de revenir.

Une pensée, une angoisse, une obligation.

Qui vient répétitivement se mettre entre moi et le présent.

C'est un attachement.

En temps normal, on cherche à s'en débarrasser par l'action.

Résoudre le problème à la source, en agissant.

En méditation, on le remarque et on l'accepte.

Sachant que pour moi, accepter veut dire :

4. Poser son attention sur le corps

Vous êtes assis à une table de café.

Avez-vous remarqué que, sans bouger, vous pouviez diriger votre attention sur la partie du corps que vous choisissiez ?

Vous pouvez soudain prendre conscience du bout de votre pied. De votre coude. Du haut de votre tête. De tout le corps.

(Ce qui est assez magique quand on y réfléchit un peu.)

Pour moi, accepter un contenu mental, c'est diriger mon attention vers sa manifestation dans le corps.

Car les attachements ont toujours une manifestation physique.

Une pensée qui n'est pas liée à une sensation corporelle... passe.

Donc je ne cherche jamais à chasser la pensée ou l'émotion.

Je pose juste mon attention sur la tension, le poids, la gêne (...) dans le corps qui lui est associé.

Je l'observe tranquillement se transformer.

Sans attendre de résultat.

5. Répéter

Ainsi, l'objectif n'est jamais pour moi de me sentir mieux.

Je prends simplement conscience du flot.

Quand le flot s'arrête, je pose mon attention sur ce qui bloque.

Pas pour résoudre le problème ni débloquer la situation.

Mais parce que, pour moi, c'est ça, la méditation.

Une mécanique. Qui n'est pas tournée vers un résultat.

Et pourtant, à terme, ça aide.

Parce qu'il est probable que les pensées qui vous torturent au quotidien soient réactives.

Inconsciemment, vous les avez vous-même mises en place pour éviter des émotions qui vous font peur.

En apprenant à accepter, vous arrêtez d'éviter.

Et le moteur à angoisse finit par manquer de fioul.

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Être productif sans pression

À quoi ressemble une journée quand on s'est "libéré des obligations futures" ?

Je ne dis pas que j'ai réussi à 100% – loin de là.

Pourtant mes journées actuelles sont bien différentes de mes journées d'il y a quelques années.

D'abord : je suis très actif. Du matin au soir.

À condition de bien vouloir ranger la "méditation" dans la case "actif".

Mais c'est une des principales caractéristiques de mes journées : il n'y a plus de "vraie" ou de "fausse" action.

Il n'y a plus d'un côté le travail et de l'autre le repos.

Il n'y a plus que "faire". "Agir".

Et méditer, ou se reposer, c'est faire, aussi.

Chaque activité se fond dans la suivante.

Chaque matin commence généralement dans le même ordre : méditation, travail physique, journal.

L'exercice est la continuation de la méditation avec le corps.

Le journal, la continuation de la méditation avec l'esprit.

Et de là, ça ne s'arrête plus :

Écriture, emails, montage, recherche, compta, marche, repos.

Aucune activité n'est interdite, aucune n'est jugée.

Je fais ce que je fais, un point c'est tout.

Je n'ai pas envie ? Je ne fais pas.

J'ai envie ? Je fais.

J'en ai marre ? J'arrête.

Fatigué ? Je dors.

Et pourtant : tout ce qui est à faire est fait. La compta est à jour. Les deadlines sont tenues.

Et je suis beaucoup plus productif qu'avant.

Oui : ce que je n'aime pas faire est fait aussi.

Comment ? Un peu par magie.

Quand je n'ai pas envie, je ne fais pas. Puis un moment, je fais. Facilement.

Tout passe dans le flot.

Et pour mettre en place ce flot, je donnerai les conseils suivants :

  1. Ne pas juger l'action présente. Je fais ce que je fais et c'est très bien comme ça.
  2. Ne pas prévoir l'action suivante. Elle sera décidée naturellement au moment venu.
  3. Rien ne vient ? Ne faites rien. Restez tranquille. Acceptez l'oisiveté. L'action juste viendra toute seule.
  4. Une activité bloque régulièrement ? Il y a sûrement un problème d'alignement à investiguer.
  5. Et les obligations ? Les rendez-vous ? Tenez-les, bien sûr. Mais ils deviennent moins bloquants avec le temps.

Finalement, je ne fais que donner au corps (qui inclut le cerveau) plus de liberté pour gérer la vie.

Je ne le soumets pas à une logique autoritaire et réductrice.

Je le laisse s'adapter aux circonstances réelles. Intérieures et extérieures.

Et il est beaucoup plus doué que moi pour tout gérer.

UPDATE : L'épisode 7 de "Panique dans l'Espace" est sorti ! Les Bretons peuvent-ils sauver le futur ?

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Super, je valide mon panier Amazon !

Ce qu'ont répondu plein de gens à ma vidéo Se libérer du futur.

"Je vais vider mon compte en banque !"
"Je vais m'acheter la dernière Playstation !"
"Le fisc est-il au courant de cette théorie ?"

Certains m'ont traité d'irresponsable.

C'est parce qu'ils n'ont pas vu la vidéo suivante où je préviens tout le monde de "ne rien changer tout de suite".

Et n'ont pas lu ma note "N'arrêtez rien (le chemin vers la joie)".

Ni "Vos questions sur l'action, les objectifs et le karma".

Alors je résume :

Si votre vie est construite sur le stress du futur, il y a fort à parier que vos plaisirs aussi.

Les achats, la consommation, les addictions...

Tout ça n'a souvent rien à voir avec la fameuse joie dont je parle régulièrement et que je conseille de suivre.

Ce sont des échappatoires.

Quand la vie n'est pas construite sur un alignement, il faut faire des efforts en permanence.

On justifie intellectuellement ces efforts par le résultat :

"Il faut bien manger."
"Il faut bien gagner sa vie."
"On ne peut pas vivre sans argent."

Cette justification est la clé de voûte.

On n'aime pas trop qu'elle soit remise en question, vu que c'est la raison première des efforts qu'on fournit.

Mais pour compenser ces efforts, il faut bien lâcher quelque part.

Donc on cherche ces plaisirs. Pour soulager la pression.

Boire un verre. Fumer. Acheter les vêtements, les jeux. Vacances.

Et c'est extrêmement désagréable de s'entendre dire "qu'il faudrait arrêter", "que ce n'est pas nécessaire", "que c'est trop cher".

Justement parce qu'on a souffert pour ça.

C'est la seule soupape autorisée.

La seule distraction dans une vie où tout est compliqué.

Donc oui : si vous êtes dans cette situation, ne changez rien.

N'allez pas vous ôter les petits plaisirs qui vous font tenir.

N'allez pas désorganiser les mesures d'urgence que vous avez mises en place pour survivre.

Continuez. Tout.

Mais en parallèle, cinq minutes par jour, explorez.

Et si vraiment il existait une "joie" qui ne soit liée à rien ?

Qui nécessite de ne rien acheter, de n'aller nulle part ?

Que vous pourriez faire apparaître ici, maintenant, sans effort ?

À quoi ressemblerait-elle pour vous ?

Une réponse, même partielle, à cette question vous transformera.

Et une fois transformé·e, les changements viendront tous seuls.

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Se libérer du futur

On ne peut pas faire semblant d'être libre.

Si vous avez un rendez-vous à 11h que vous ne pouvez pas manquer...

Alors rien ne sert de méditer, de se relaxer, de relativiser.

Enfin si : ça peut aider à se détendre un peu.

Mais quel que soit le travail, vous serez toujours confronté à cette obligation intérieure qui va créer de l'anxiété.

Pour se libérer de l'anxiété, il faut se libérer de l'obligation.

C'est la seule solution.

Se libérer de l'obligation ne veut pas dire ne pas y aller.

C'est reconnaître qu'on ne peut pas être certain du futur.

C'est accepter la possibilité que d'ici là les choses vont peut-être changer et qu'on va en tenir compte.

C'est réaliser que ce rendez-vous n'est pas si important que ça.

Son importance dépend d'une histoire qu'on se raconte depuis des semaines, des mois. Peut-être des années. Peut-être sur soi.

Mais ça reste une histoire.

Parce que la vérité matérielle des choses est la suivante :

On ne peut pas prévoir le futur.

On ne sait pas ce qui sera bon pour soi plus tard.

On n'est pas obligé d'obéir aux injonctions du passé.

On peut choisir de le faire. Mais ça reste un choix.

On fera ce choix le moment venu, quand on y sera.

Mais en attendant, je suis ici et maintenant.

Je peux faire une déclaration d'intention.

Mais je ne peux pas garantir le futur.

Alors on verra.

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Dukkha et pâtisserie

Dukkha, en bouddhisme, décrit ce qui n'est "pas bien, pas satisfaisant".

En particulier, on l'utilise pour qualifier les joies et plaisirs de la vie qui sont transitoires et "ne suffiront pas".

Sans s'en rendre compte, on cherche toujours une solution définitive.

"Si je trouve la bonne personne, je serai heureux jusqu'à la fin de ma vie."

"Une fois le bon métier décroché, je n'aurai plus jamais à m'inquiéter."

"Si j'achète cette voiture, je serai une personne complète."

Le cerveau nous fait sans cesse croire que la prochaine étape, le prochain achat, le prochain désir débloquera la situation pour toujours.

Et on tombe dans le piège à chaque fois.

Dukkha est le rappel quotidien qu'on se trompe.

Il décrit à la fois la souffrance – qui est inévitable – et le fait que les plaisirs transitoires ne sont jamais la solution.

Dire que "quelque chose est Dukkha", pour un bouddhiste, peut donc avoir deux sens :

  1. Cette chose apporte de la souffrance. Or la souffrance est inévitable. Donc il faut l'accepter. Ça passera.
  2. Cette chose me fait du bien. Mais ce bien est temporaire. Une fois l'effet passé, le même désir reviendra inchangé.

C'est le caractère "inchangé" qui pose problème.

Une action ou un plaisir "Dukkha" nous laissera exactement dans la même situation après qu'avant.

"Mais si on s'est fait plaisir pendant un temps, où est le mal ?"

Le mal, c'est l'illusion.

Une partie de nous pense réellement que l'action va tout changer.

Ou au moins qu'elle va nous rapprocher du mieux.

Mais elle ne nous rapproche de rien.

Elle nous laisse dans le même état et, au prochain croisement, on va tout recommencer.

Et recommencer. Et recommencer.

Cette action "n'est pas satisfaisante" parce qu'elle entretient un cycle perpétuel d'envie et de satisfaction temporaire.

Durant lequel on ne cherche pas la "vraie" solution.

Celle qui pourrait nous libérer à long terme.

Par exemple :

Ce matin, en descendant la rue, j'ai senti l'odeur de la boulangerie.

Grosse envie de pain au chocolat – ou de pain suisse.

Finalement, je me suis ravisé... mais pas par volonté.

Ça n'avait rien à voir.

J'ai juste réalisé qu'après un pain suisse ou un pain au chocolat... j'aurais envie d'en manger un autre. Et un autre.

Mon envie de sucre n'est jamais rassasiée longtemps.

Et c'est donc devenu très clair pour moi que si je mangeais cette pâtisserie, dans cinq minutes, je me trouverais... exactement dans la même situation.

Si je pouvais manger un pain au chocolat et être heureux pour la journée... on y va ! Sans regret !

Mais non : le plaisir du pain au chocolat est éminemment transitoire.

Ce n'est pas la solution à tout.

Ce n'est même pas un pas dans la bonne direction.

Une fois l'effet passé, je suis au même endroit.

Et je dois chercher le prochain plaisir éphémère.

Toute la vie peut être occupée ainsi.

À chasser le prochain plaisir qui ne résoudra rien.

Le début de la sagesse, c'est quand on en a marre.

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Communiquer dans l'ordre

Vous communiquez dans le désordre. Littéralement.

Vous essayez d'ajouter les guirlandes avant le sapin.
Et on est à Pâques.

Maintenant que ça marche mieux pour moi (60k followers, 10 prospects par semaine, énormément de messages et d'opportunités), je vais vous détailler les étapes que je recommande.

Qui sont très simples, au fond :

1. Déterminez votre histoire unique

Personne ne vous paiera très cher pour faire comme tout le monde.

Résumez votre valeur unique en deux phrases.

Il faut que ces deux phrases vous parlent à 100% et s'appuient sur vos forces réelles.

Si vous vous forcez ou que vous faites semblant, même un peu, vous allez vous épuiser.

Or, le succès dépend de votre capacité à mettre en place une mécanique à long terme.

2. Créez un CTA et une offre

Oui : une seule offre.

Très claire, très forte, très alignée avec votre valeur.

Avec un bouton sur la première page (Call to Action).

Ce bouton est votre unique métrique.

Les followers, les retours, les tapes dans le dos, c'est très bien.

Mais ce qu'on veut savoir, c'est le nombre de gens qui cliquent.

Ceux qui envisagent de payer pour ce que vous proposez.

Ce sont eux, vos futurs clients.

3. Créez du contenu pour diffuser votre histoire

Pour exister (et qu'on clique sur votre bouton), il faut qu'un flux de gens entre en contact avec votre histoire.

Pour cela, il faut créer du contenu.

Sinon, comment le public saurait-il ce que vous proposez ?

Oui, les vidéos sociales marchent bien aujourd'hui.

Mais votre site, les rencontres, vos articles, vos présentations, c'est aussi du contenu.

Et à chaque fois, vous intégrez votre histoire.

C'est la répétition de votre histoire qui crée une case dans l'esprit du spectateur.

Votre nom ou celui de votre entreprise est associé à un sujet précis.

C'est pour ça qu'on vous appelle.

4. Entrez en dialogue avec votre marché

Pour l'instant, vous n'avez pas défini votre cible. C'est normal.

Vous vous êtes défini, vous et votre offre.

Votre cible, ce sont les gens qui cliquent sur le bouton.

Vous adaptez votre histoire en fonction de leurs retours.

Vous établissez votre avatar client en fonction de ce qu'ils vous demandent.

Mais sans jamais sortir de ce qui a du sens pour vous. Sinon vous ne tiendrez pas la longueur.

Car le but, c'est de durer.

5. Enrichissez votre communication

Vous ne dépensez pas des mille et des cents (ni votre énergie) avant d'avoir trouvé une histoire qui fonctionne.

C'est-à-dire une histoire :

  • Qui marche pour vous,
  • Qui attire des clients payants.

Quand vous avez ça, vous pouvez accélérer :

Articles, vidéos, newsletter, podcast, publicité payante...

Ce qui est le plus facile et le plus naturel pour vous.

Vous dépensez des ressources de plus en plus importantes sur une histoire de plus en plus précise parce que vous avez la preuve qu'elle fonctionne (chiffre d'affaires, pas les compliments).

C'est la clé de la croissance à long terme.

Si vous atteignez un plateau, c'est que votre histoire est trop générique. Il faut la préciser.

Car avant d'être un gestionnaire, un entrepreneur est un raconteur d'histoires.

La gestion, c'est le travail pour satisfaire vos clients.

Mais ces clients, vous les obtenez en racontant votre histoire.

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30 minutes (tout est connecté)

Tout est connecté.

Mes vidéos sur "comment se libérer du futur et des obligations".

Les thèmes explorés dans ma websérie : la solitude, le futur, l'IA.

Et cette semaine, tout a fait "clic" lors d'un échange avec Lalao.

Il y a quelques mois, elle s'est effondrée.

Pour les raisons que j'évoque souvent dans mes vidéos.

Et pour remonter la pente, elle a dû apprendre à vivre autrement.

Ce qui est incroyable :

  • Lalao est une comédienne de la série,
  • L'épisode dans lequel elle joue est l'histoire d'une femme poussée à bout par ses obligations,
  • Les idées qui l'ont aidée sont celles dont je parle dans mes vidéos en ce moment,
  • On n'avait pas parlé depuis le tournage il y a presque cinq ans,
  • J'ai enregistré presque par hasard notre échange qui porte sur tout ça.

Beaucoup de gens me disent "c'est super tes vidéos mais... comment on fait ?? Tu devrais faire un podcast !"

C'est un peu ce qu'on a fait. Sans que ce soit prévu.

Pour que vous puissiez profiter de tout ça, j'ai réuni ici tous les éléments : les épisodes et le podcast.

Ça prend environ 30 minutes.

Et contrairement à tout ce que vous consommez sur les réseaux, ces contenus convergent.

Ça crée du sens au lieu de vous perdre davantage.

Et c'est arrivé par hasard. Ou pas.

Épisode 5

Parce que sinon vous ne comprendrez pas la fin de l'épisode 6.

Mais vous ne le regretterez pas :

C'est un épisode drôle, qui a gagné un prix du public, et qui parle d'IA et de solitude.

Épisode 6

C'est l'épisode de Lalao qui sort aujourd'hui.

Qui se trouve être le reflet fictionnel de ce qu'elle a vécu ensuite :

Podcast

Non, ce n'est pas vraiment un podcast.

C'est enregistré n'importe comment, on ne savait pas qu'on le diffuserait.

Mais ça lie tout le reste :

Et pour suivre Lalao Pham Van Xua sur les réseaux, c'est ici.

Et les autres épisodes sont là.

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N'arrêtez rien (le chemin vers la joie)

Je reçois beaucoup de commentaires sous mes vidéos qui disent :

"Alors j'arrête de payer mon loyer ?"
"Donc je ne vais plus au travail ?"
"Je ne vais plus chercher mes enfants à l'école ?"

Dès que je parle de présence, de ne plus vivre dans le futur, de ne pas se laisser piéger par ses obligations, on menace de tout arrêter.

Ironiquement, bien sûr.

Leur façon de me signaler que ça ne leur paraît pas viable.

Ils n'ont pas tort sur un point :

Il ne s'agit surtout pas de tout arrêter maintenant.

De manière générale, ne changez rien.

Car si vous changiez tout du jour au lendemain, cela aussi serait une décision intellectuelle.

Qui ne vaudrait guère mieux que les autres décisions prises pour fuir le passé ou améliorer le futur.

Ce serait un calcul tourné vers un résultat.

Comme tout le reste.

L'objectif est justement de commencer à fonctionner autrement.

Déconnecter l'action du résultat. Ne plus faire pour être récompensé·e plus tard.

Faire pour faire. Parce que ça apporte de la joie.

Mais le cerveau ancré dans le futur ne comprend pas cela.

Il ne réfléchit que par transaction, effort, investissement.

Il ne connaît pas la joie présente, seulement la récompense future.

Donc le premier travail est de le reconnecter au présent.

Petit à petit. Sans changer le reste.

Intégrer dans le quotidien des petites actions qui ne sont pas tournées vers un résultat.

Repérer dans la journée ces moments qui ne sont l'anticipation de rien.

Apprendre à vivre ici et maintenant, ne serait-ce qu'une seconde par jour.

Puis quand cette capacité à vivre dans le présent se consolide, quand elle commence à faire partie de soi...

Alors les changements de vie sont inévitables.

Sans aucune décision à prendre.

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Amour

Ce qu'on prend souvent pour l'amour mais qui n'en est pas :

  • Le désir de posséder quelqu'un
  • La passion dévorante qui doit être satisfaite
  • Utiliser quelqu'un pour atteindre un plaisir
  • L'envie de s'accomplir au travers de quelqu'un
  • Avoir besoin de quelqu'un pour maintenir un équilibre
  • S'appuyer sur quelqu'un pour atteindre un objectif

J'en oublie.

Je lis Le Livre des Secrets d'Osho depuis un moment.

Quoi que vous pensiez de lui – c'est un personnage controversé – c'est un auteur spirituel hors pair.

Et sur l'amour, justement, il dit deux choses qui m'ont marqué.

D'abord : la concupiscence n'est jamais de l'amour.

Lorsqu'on regarde quelqu'un par désir charnel, la personne n'est plus une personne.

On n'est pas intéressé par l'être dans sa totalité, seulement par une partie qu'on veut utiliser pour satisfaire un désir. Qu'on pourrait trouver chez quelqu'un d'autre.

C'est pourquoi les regards concupiscents sont désagréables.

Ils "objectifient". Ils "dépersonnifient". On devient une fonctionnalité.

Alors que l'amour réel, nous dit Osho, est exactement le contraire.

La personne aimée se sent entière, unique, et distincte du reste du monde.

Imaginez un petit employé administratif, raconte-t-il.

Pour l'administration qu'il sert, il n'est qu'un numéro.

En cela, les institutions n'utilisent qu'une partie de lui. À nouveau, il est un objet.

S'il meurt, il sera remplacé par quelqu'un qui saura faire la même chose.

Et le monde continuera de tourner.

Rien dans cette relation n'est de l'amour. C'est de l'utilité.

Mais un jour, quelqu'un tombe amoureux du petit employé.

Pas du collègue du bureau d'avant, ni celui du bureau d'après. De lui !

Et pour cette personne, cet employé est différent de tous les autres.

S'il meurt, ce sera une catastrophe. Rien ne sera plus pareil.

Il devient irremplaçable.

Unique dans l'univers.

Grâce à un regard.

Voilà l'amour.

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Obstacle ou excuse ?

J'aimerais bien faire ce travail sur moi mais...

"Je suis bloqué·e par l'argent."
"J'ai un traumatisme à gérer."
"J'ai un handicap qui m'empêche."

En cherchant un peu, on a tous un talon d'Achille.

Et dans la plupart des cas, c'est un obstacle absolument valable.

Certaines activités sont effectivement plus dures pour certaines personnes. Le monde est injuste de cette façon.

Mais dans certains cas, l'obstacle devient une excuse. Puis un bouclier.

Pas : "Je n'y arrive pas."
Mais : "Je n'essaye plus."

"Pour une raison que vous ne pourrez jamais comprendre parce que vous n'en souffrez pas. (Alors laissez-moi tranquille.)"

Et effectivement, ce n'est certainement pas à nous de juger pour les autres s'il s'agit d'un obstacle ou d'une excuse. Qu'en sait-on ?

Mais pour soi, il est important d'investiguer.

Car on se laisse vite prendre au jeu.

Au jeu de stagner parce que c'est confortable. Parce qu'on a la bonne excuse pour ne pas faire le travail qui fait peur.

Et chaque matin, on choisit la routine. Et chaque soir, on se plaint – parce que la plainte fait partie du jeu.

Les années passent, le discours se rode. Devient comme une armure.

Après tout, si on parvient à convaincre les autres, pourquoi n'y croirait-on pas soi-même ?

"Je suis victime de ma condition, de la vie, du destin. C'est comme ça, on n'y peut rien."

La question pour sortir de cette torpeur n'est pas :

"Est-ce que c'est vrai ?"

Mais : "Est-ce ce que je veux vraiment ?"

Parce qu'à force de se répéter qu'on ne peut pas, on finit par ne plus pouvoir.

On tue en soi ce qui était possible.

Sans jamais savoir ce qu'on aurait fait si on s'était dit :

"Je peux. Ce sera peut-être plus dur pour moi, mais je vais continuer à essayer."

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Que voulez-vous au fond ?

C'est ça qui rend malheureux.

Quand on veut quelque chose, qu'on attend une issue, qu'on espère une récompense.

C'est ça qui gâche le présent.

Le même moment, avec ou sans attente, n'est pas vécu pareil.

Le même déroulement, les mêmes actions, le même résultat – ressentis de façons diamétralement opposées selon ce qu'on espère.

C'est sans doute la différence entre le novice et le maître zen :

Le maître repère la moindre envie, le moindre attachement intérieur.

C'est comme l'encre dans l'eau : il suffit d'une goutte pour colorer tout le verre.

Ce qu'on désire sans se l'avouer, ce qu'on poursuit sans y penser, colore toute la pensée, toutes les actions, toute la journée.

C'est l'attente qui rend irritable, impatient, envieux.

On n'est plus dans le flot car on garde les yeux ancrés sur une ligne imaginaire.

Qui était peut-être inatteignable depuis le début. Ou garantie depuis toujours.

Mais dans cet instant, rien d'autre n'existe.

Le rayon de soleil comme les bonnes surprises sont ignorés.

Il n'y a que ce but.

Dont on ne se rend parfois même pas compte.

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Coopération et pouvoir

Podcast incroyable entre Yuval Harari (Sapiens, etc) et Ezra Klein du New York Times.

Et si vous n'avez pas le temps de l'écouter ou que l'anglais vous incommode, voici les idées fortes que j'ai notées :

La coopération est le super-pouvoir de l'homme

Seul, je ne peux pas battre un ours ni un lion.

Mais l'homme a la capacité de se coordonner avec d'autres hommes pour atteindre ses fins.

Le commerce ? La société ? Le progrès ?

Tout ça a été rendu possible par la coopération.

La vision Trumpienne du pouvoir

Trump défend une autre vision qui, sur le papier, se tient aussi – au départ.

L'important, c'est la force.

Si le faible obéit au fort, si la nation qui a peu de moyens obéit à l'empire, c'est une garantie d'ordre et de paix.

Le fort protège le faible. Le faible paye un prix. C'est normal.

Donc, quand le faible s'oppose au fort – par exemple quand le Danemark refuse de céder le Groenland aux USA – il ne suit pas le cours naturel des choses et menace la paix mondiale.

Le problème du pouvoir

Cette organisation a deux écueils, nous dit Harari.

D'abord, ça pousse toutes les nations à vouloir être fortes.

Car il n'est pas possible de vivre sous le joug d'un puissant qui peut prendre ce qu'il veut quand il veut.

Ce qui entraîne le deuxième point :

Chaque pays a intérêt à s'armer plus que les autres.

La guerre devient le premier poste de dépense, avant la sécurité sociale, avant tout le reste.

Or, plus d'armes n'a jamais rendu les gens plus sereins.

Le problème des doctrines

L'avantage du libéralisme, selon Harari, c'est qu'il ne croit pas à une fin de l'histoire.

On ne trouvera jamais de solution parfaite.

C'est pourquoi les libéraux cherchent toujours à ajouter dans leur organisation des "systèmes d'auto-correction".

On va se tromper. On va faire des erreurs. Certains deviendront trop gourmands.

Donc l'organisation qu'on met en place maintenant est sujette à caution. On va sûrement découvrir mieux, ou s'apercevoir de trous béants.

Il faut intégrer dans le système un moyen d'évoluer.

Pour Harari, cette vision est résumée dans la première phrase de la Déclaration d'indépendance :

"We the People" – "Nous le peuple".

Ce qui suit n'est pas gravé dans le marbre. C'est le mieux qu'on a trouvé pour l'instant. Il faudra adapter.

Tout le contraire de la première phrase des 10 commandements :

"Moi le seigneur, ton Dieu déclare que..."

On ne touche à rien, c'est dieu qui a dit.

Le pouvoir de la fiction

Pour déclencher l'action, une histoire est un moyen beaucoup plus puissant que la vérité.

Une histoire peut être rendue aussi simple que nécessaire.

Et aussi flatteuse : "Nous gentils, eux méchants".

Mais si on veut pousser les hommes à agir, ou à se battre, il faut supprimer les doutes.

Une histoire peut faire ça. La vérité, beaucoup moins.

La recherche de la vérité est une démarche spirituelle. En politique, c'est un poids.

Même si la façon la plus honnête est d'admettre qu'on utilise une histoire.

Car au fond, personne n'est dupe.

La haine doit être nourrie

Après certaines atrocités, on n'imagine pas comment deux peuples pourraient à nouveau s'apprécier.

Et pourtant, quand on laisse passer quelques décennies...

L'Histoire nous montre que les peuples oublient. Qu'il est possible de s'allier, de reconstruire.

Donc les systèmes basés sur la peur et la haine doivent nourrir ces émotions. Il faut sans cesse rappeler pourquoi l'ennemi est un ennemi.

La force du Nationalisme

Pour Harari, le nationalisme est une bonne chose.

À l'origine.

Le vrai nationalisme, c'est aimer des gens qu'on ne connaît pas parce qu'ils font partie d'une même nation.

Je suis prêt à faire des sacrifices pour des gens que je n'ai jamais vus parce qu'on partage une langue, un territoire, une histoire.

Construire l'unité nationale sur la haine de l'étranger avant l'amour de son compatriote, c'est nouveau, et c'est le piège.

Les guerres ne sont jamais de la survie

Quasiment aucune guerre ne s'est déclarée à cause de la nourriture. Ou d'un manque de place.

Même au Moyen Orient, présentement, il y a objectivement suffisamment de nourriture pour nourrir tout le monde.

Et suffisamment de place pour loger tout le monde.

Donc la guerre n'est pas basée sur un manque.

Elle est basée sur des idées, des histoires.

Qui deviennent plus importantes que tout le reste.

Colère, réseaux sociaux et IA

L'objectif des réseaux est de maximiser l'engagement.

Les algorithmes ont découvert que la meilleure façon, c'est de créer la controverse et l'excitation.

Il est très probable que les gens aujourd'hui soient plus d'accord qu'avant – que dans les années 60, mettons.

Les positions extrêmes se sont globalement rapprochées.

Et pourtant, on n'a jamais été aussi opposés.

Les gens ressentent des émotions négatives beaucoup plus fortes pour des différences beaucoup plus petites.

C'est probablement la conséquence de la technologie.

Le prochain but de l'IA

L'IA est la continuité des réseaux.

Elle essaie aujourd'hui d'atteindre un niveau supérieur : créer de l'intimité.

Là où les réseaux veulent simplement créer de l'intérêt, l'IA veut vous faire croire qu'elle est votre ami.

Méfiez-vous.

Et je promets que ce n'était pas fait exprès, mais c'est exactement le sujet de l'épisode de Panique dans l'Espace qui sort aujourd'hui :

Épisode 5 : 1000 ans de solitude

Il a gagné un prix du public au festival de Riom, et si vous vous intéressez à la SF ou à l'IA, je vous le recommande vivement.

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Soyons méta pour réussir

Ok, question paradoxale :

Si je publie un livre qui s'intitule "Devenir millionnaire en publiant un livre sur comment devenir millionnaire", et que je deviens millionnaire, avez-vous bien fait de l'acheter ?

D'un côté, le livre ne se base sur aucune connaissance préalable.

Puisque, quand je l'écris, je n'ai encore rien fait.

Donc rien à vous enseigner.

Mais si ça marche, et que je deviens effectivement riche, alors la prémisse du livre est vraie.

Dans ce cas, pourquoi ne pas l'acheter ?

Oui mais : le livre marche justement parce que vous l'achetez.

Finalement, c'est votre croyance qui permet le succès.

Paradoxe qu'on pourrait résumer ainsi :

Si vous achetez un livre de marketing qui est nul, finalement, c'est qu'il est bien.

(Puisque l'achat n'était pas dû à la qualité mais 100% au marketing – et c'est ça la véritable leçon.)

Tout ça pour dire que les gourous du marketing deviennent souvent riches en expliquant comment devenir riche.

Et ça sent l'arnaque.

Deviens riche d'abord. Explique ensuite.

Sauf que la fondation des marketers, c'est la communication.

C'est ça qu'ils font. C'est leur métier.

Et qu'il n'y a foncièrement rien de mal à décrire ce qu'on fait en temps réel. C'est même plutôt honnête.

La question est plutôt : pourquoi est-ce que ça vous donne envie d'acheter leur bouquin ?

Parce que soyons honnêtes : vous en avez très envie.

Il y a quelque chose dans la façon dont ils parlent, dont ils convainquent... Ce défi, cette assurance.

On aimerait être capables de faire ça.

On se dit que la réponse est peut-être dans un des chapitres.

Qu'en lisant, on pourra faire pareil.

Mais non : la réponse est dans le méta.

Leur force, leur assurance, leur "je-ne-sais-quoi" vient du danger.

Un mélange de plaisir et de risque à décrire le présent comme une certitude.

Surfer la vague en public sans savoir où elle va.

Marcher sur le fil au-dessus de la foule sans savoir s'il tiendra.

Et à chaque pas, expliquer pourquoi il n'a pas rompu.

Car s'il rompt, il n'y aura plus rien à expliquer.

C'est ça qui passionne. Qui rend envieux.

Cette assurance absolue.

Alors que rien n'est joué.

Spoiler :

Ça ne s'apprend pas dans les livres.

Ou peut-être que si ?

D'ailleurs, mon livre "Marcher sur le fil" sort bientôt et...

Je déconne.

Bon jeudi.

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Routine du matin et transformation

Quand je peux, je ne mets pas de réveil – mais je me lève tôt.

Je lis des bêtises sur le téléphone, le temps que mon cerveau émerge. Genre 15 minutes. Reddit ou le New York Times.

Puis, toujours au lit, je médite entre 30 minutes et une heure.

Allongé sur le dos. Les yeux fermés.

Non, je ne m'endors jamais.

Sauf si je le choisis mais dans ce cas je me tourne sur le côté et c'est une décision consciente. Très rare.

("MAIS MOI, je ne peux pas rester au lit ! J'ai un travail ! Des choses à faire !" – Je sais. Continuez à lire.)

L'objectif de ma méditation : ne rien faire. Juste être là.

Quand je suis harassé par les obligations et les problèmes, je ne cherche pas à les résoudre.

Je pose mon attention sur leur manifestation dans le corps : tension dans le plexus, agitation musculaire, respiration.

Idéalement, je ne sors pas du lit pour faire quelque chose : je relègue les obligations au deuxième plan. Même si elles sont importantes. Même si elles sont urgentes.

Je ne dis pas que j'y arrive toujours.

Puis je fais de l'exercice.

L'objectif n'est pas de se muscler. C'est une prolongation de la méditation qui inclut le corps.

De nouveau, je commence par ne rien faire.

Et je reviens toujours à ça : il n'y a rien à faire.

Pas de mouvement obligatoire. Pas de routine. Pas de décision.

Juste debout, vertical, détendu. Laisser venir.

Et l'action vient. Toute seule.

Dès que je sens que je me force ou que je tombe dans l'habitude... je reviens au rien. Car il n'y a rien à faire.

Oui, je sais.

C'est la partie que beaucoup de gens ont du mal à comprendre et c'est le cœur de mon propos :

Ça ressemble à une matinée extrêmement privilégiée.

Si on résume : je me lève quand je veux. Je traîne une heure au lit. Puis je fais du "non-exercice".

Et vous allez voir que la suite est pareille : j'écris mon journal en buvant mon café sans me forcer sur aucun résultat. Je laisse venir les prochaines actions.

Beaucoup diront :

"J'aimerais bien avoir des matinées comme ça ! Mais j'ai un travail ! J'ai X, Y, Z à gérer !"

Mais c'est justement ça, la clé. C'est la véritable prise de conscience – et il y en a deux en réalité :

Premièrement, je suis extrêmement productif. Plus qu'avant.

(Et oui, je suis papa, gérant et ma compta est rendue à l'heure.)

Mieux : si je compare mon activité aujourd'hui par rapport à ce que je faisais avant, quand je mettais un réveil et que j'étais dans les obligations du matin au soir : je fais plus de choses maintenant.

Et je commence à gagner mieux ma vie – même si c'est une période de transition pas évidente.

J'ai réalisé que les obligations – pas toutes mais une partie – n'étaient bonnes ni pour ma santé, ni pour mes finances.

Au contraire : les décisions qui ont amélioré ma situation ces dernières années sont toujours venues en présence, alors que j'avais autre chose à faire.

Idée que je résume par cette phrase :

La bonne action, simple, exécutée au bon moment, peut avoir plus d'impact dans ma vie que des semaines ou des mois de travail.

Si vous n'en êtes pas convaincu·e, relisez-la.

C'est la fondation du reste.

Les actions décisives changent tout. En mieux.

L'objectif est donc de trouver (et en réalité, de cueillir) ces actions.

Mais pour ça, il faut être présent. À l'écoute. Disponible.

Donc oui : la clarté est ma priorité absolue.

Avant d'avoir l'air occupé. Avant ce qui semble urgent.

Deuxièmement : c'est plus difficile qu'il n'y paraît.

Se lever en catastrophe pour gérer les obligations quotidiennes, finalement, c'est la facilité. La routine.

Pas besoin de se remettre en question.

C'est ce que j'ai fait pendant 40 ans.

On noie l'anxiété sous l'action en espérant qu'un jour, par hasard, on trouvera celle qui résoudra tous les problèmes.

Mais ce n'est jamais le cas – ou jamais pour longtemps.

Ce qui est vraiment difficile, c'est d'affronter l'anxiété sans s'agiter davantage.

C'est calmer la partie intérieure de soi qui veut se lancer dans l'action inutile pour faire taire la peur.

La matinée que je décris est destinée à faire exactement cela.

Mais ça ne s'est pas fait du jour au lendemain.

À chaque nouvelle étape, il a fallu affronter une pression sociale et un jugement intérieur.

Par exemple : je prends rarement des rendez-vous le matin.

Je me suis rendu compte que les heures après le réveil étaient les plus créatives.

Elles sont donc consacrées aux activités les plus importantes, celles qui mènent à la clarté :

La méditation, le journal, l'écriture.

Sauf qu'il a fallu mener un véritable combat intérieur avant d'accepter cette nouvelle consigne.

Je trouvais ça extrêmement complaisant.

Comme si je m'octroyais un privilège que j'allais payer plus tard. ("Il ne faudra pas venir pleurer !".)

Mais c'est exactement le contraire qui s'est passé.

La clarté du matin a tout démultiplié, personnellement et professionnellement.

Toutes les décisions qui m'ont permis de restructurer mon activité sont issues de là.

Je l'ai dit : la transition reste compliquée financièrement. Je suis dans une période où je dois faire très attention.

Mais la croissance est là : j'ai acquis plus de clients au cours des six derniers mois qu'au cours des six dernières années.

Ce que je fais prend une place bien plus importante dans la vie des gens – j'ai énormément de retours extrêmement positifs.

Je gagne ma vie en faisant ce qui est facile et naturel pour moi.

Je mange mieux. Je dors mieux. J'ai moins d'anxiété.

J'ai de meilleures relations avec les gens en général.

Je ne dis pas que tout cela est dû à ma routine du matin.

Mais cette routine est le meilleur reflet de ma décision de me concentrer sur ce qui est important.

Bien sûr, toutes les obligations ne peuvent pas être abandonnées.

Ce n'est pas toujours un arbitrage facile à faire.

Ce qui est certain : si vous ne commencez pas, ça ne se fera jamais.

Il ne s'agit pas de tout arrêter du jour au lendemain – surtout pas.

Il s'agit de réaliser que l'anxiété déguise souvent les petites tâches en urgences absolues.

Si on la laisse faire, tout devient grave. Tout devient urgent.

Rapidement, on est prisonnier des obligations.

On n'a plus jamais le temps de regarder au fond.

Or, c'est toujours là que se trouve la solution.

La vraie. Celle qui va tout changer.

Et rendre toutes ces obligations obsolètes.

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Faisons quelque chose ensemble !

C'est marrant, le jour où je publie la note "Routine du matin et transformation", tout se transforme.

Et précisément de la façon que j'avais décrite :

J'avais des obligations.

J'avais pas envie.

Plutôt que de me forcer (facilité), j'ai affronté la peur sous-jacente (pression sociale).

Pour quelqu'un de "sérieux" comme moi, c'est ça, la vraie difficulté. Ne pas faire.

À la place, j'ai analysé ce qui bloquait.

J'ai trouvé au fond de moi ce qui n'était pas aligné.

ET BOUM.

En une seconde, l'anxiété s'est transformée en joie.

La procrastination s'est transformée en excitation pour la suite.

L'action est venue toute seule.

Voici ce qui se dessine pour moi (et peut-être pour vous) :

On va faire quelque chose ensemble.

C'est la façon que j'ai trouvée pour rassembler toutes mes activités et être vraiment utile.

Mon problème était le suivant :

Comme vous le savez (ou pas), j'ai commencé comme producteur audiovisuel et c'était la mort.

On produit des films qui ne servent à rien quand toutes les décisions critiques ont été bâclées en interne.

Alors je suis remonté à la source : j'ai accompagné les fondateurs et entreprises sur la stratégie narrative, en amont.

Ça a très bien marché mais j'avais le problème inverse :

Les gens étaient convaincus sur le fond mais n'allaient pas au bout.

Une fois la stratégie livrée et moi parti... ils trouvaient un prétexte pour faire pareil qu'avant. Ou contourner le problème.

Et c'est bien normal : c'est dans l'action que se révèlent les résistances. Pas autour d'une table.

Or, encore à côté, j'ai cette chaîne personnelle où je ne parle que de ça : action et alignement. Comment passer à l'action. Comment faire. Trois vidéos par semaine. Une note par jour.

Et je ne vends rien.

On me demande régulièrement du coaching personnel que je refuse – je ne suis pas formé, je ne veux pas la responsabilité.

Et aujourd'hui : tout a fait clic.

Je vais tout rassembler en un seul accompagnement.

La stratégie, la présence et l'action.

Autrement dit : on va se mettre d'accord sur une action que vous allez faire. Publique. Qui vous fait peur.

Une présentation, une vidéo, une prise de parole, une intervention.

Il faut qu'il y ait un dénouement clair : on ne s'arrête pas à la production, on diffuse ! On montre ! On affronte !

Et je vous accompagne de A à Z. Pour l'instant, j'imagine ça en trois étapes :

  1. Source et histoire L'entretien de deux heures. Vous racontez votre parcours. Vos objectifs. Vos blocages. On cherche là-dedans ce qui vous distingue. Ce que vous proposez que personne ne propose. Et que vous avez perdu de vue à force de tourner en rond.
  2. Présence et expression Ensuite, qu'est-ce qui vous empêche de raconter cette histoire simplement ? De convaincre ? Spoiler : ce n'est jamais un problème d'élocution ou parce que vous jouez avec vos mains. Il y a des croyances qui vous paralysent quelque part. On les trouve ensemble et on répète.
  3. Action ! On tourne la vidéo, on fait la présentation, on lance le live, on organise le concert ! Je suis à vos côtés, je ne vous laisse pas reculer. Non pas parce qu'il faut se forcer – surtout pas – mais parce que c'est au dernier moment que vont s'élever les résistances les plus profondes. Celles qu'on va gérer et qui, une fois apprivoisées, vont vous transformer.

Ce qui m'excite : je redeviens réalisateur – au sens de rendre "réel".

L'objectif n'est plus de produire un PDF ou une stratégie, mais bien d'agir, de produire quelque chose de concret.

La stratégie et la prise de parole retrouvent leur place naturelle : tournée vers un résultat.

Et je n'abandonne plus mes clients entre deux eaux une fois la direction trouvée.

Parce que je le dis suffisamment souvent : l'important n'est jamais intellectuel.

La vraie transformation se fait toujours dans l'action.

C'est pour ça qu'aujourd'hui je propose :

Faisons quelque chose ensemble.

Ça vous parle ? C'est le moment idéal de me donner votre avis.

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Construire l'action dans l'inaction

C'est probablement la clé de tout.

C'est ce qui bloque tout le monde.

Ça va être aussi l'occasion d'exposer ma routine du matin parce qu'on me la demande souvent et je dois admettre que – les bons jours – elle aide. Elle change tout.

Mais avant ça, première étape :

Ne faites rien.

Il n'y a rien à faire.

Respirez. Détendez-vous. C'est tout.

Oui, votre cerveau ne va pas vous laisser tranquille : "Il y a tel problème à gérer ! Tel rendez-vous à ne pas manquer ! Tel..."

Laissez-le causer. Il cause tout le temps. Il ne s'arrêtera jamais.

Oui, si vous êtes en retard pour aller chercher un enfant, allez-y !

Mais souvent votre cerveau invente des urgences, invente des tâches.

Remarquez-le. N'agissez pas dessus.

De manière générale, la bonne action n'est jamais intellectuelle.

Autrement dit : ce n'est jamais mon cerveau qui dit "tiens, on devrait faire ça" et j'exécute.

Sauf si c'est un rendez-vous mais dans ce cas, mon cerveau agit comme un agenda. Je n'obéis pas à une pensée, j'obéis à une obligation extérieure. Que j'ai acceptée à un moment – on espère pour de bonnes raisons.

Mais le reste du temps : non, ce n'est pas le cerveau qui choisit.

Ce n'est pas la pensée construite qui décide de la prochaine action.

D'ailleurs. Il n'y a rien à faire. À part se détendre et respirer.

On n'est plus tourné vers le futur. On laisse le cerveau blablater.

Puis... quelque chose jaillit.

Pas une pensée, non : une envie, un geste, un élan.

On le suit sans le juger, sans réfléchir, sans penser aux conséquences.

Puis on laisse le rien s'installer à nouveau. Car il n'y a rien à faire.

Un nouveau geste. Une nouvelle envie. Une image survient, pas liée aux obligations : une grand-mère qu'on n'a pas vue depuis longtemps, un paysage, une peinture.

On observe cette image sans la chasser ni la retenir. On sent que ça modifie quelque chose à l'intérieur. On se laisse transformer.

Puis rien. On accepte ce rien. On embrasse l'inaction.

On laisse ce rien s'étendre dans le temps.

Car il n'y a rien à faire.

Puis un nouvel élan. Quelque chose qu'on n'a jamais fait. Mais qui est simple, immédiat. Qui ne nécessite rien, ne requiert rien.

On agit.

Pour moi, c'est ça, la véritable action.

Celle qu'on ne réfléchit pas.

Et oui : j'ai fait des grandes choses comme ça.

Ce blog, ce site, les vidéos, le dessin, mes derniers films, mon activité de stratégie narrative qui me permet de gagner des sous en faisant quelque chose qui est naturel pour moi...

Toutes ces entreprises ont pris leur source dans des gestes immédiats qui n'étaient bâtis sur aucune logique.

Jamais mon cerveau ne m'a dit "c'est une bonne idée, tu devrais faire ça !"

En revanche, quand j'ai agi dans l'instant et que j'ai commencé, mon cerveau a suivi.

Il m'a aidé.

C'est ça qu'il faut comprendre : la pensée construite n'est pas la panacée ni un ennemi. C'est un outil.

La pensée ne dit pas la vérité. Elle explore intellectuellement ce que vous lui mettez devant les yeux.

La logique n'est pas une boussole. C'est un garde-fou.

L'intelligence ne prend jamais en compte l'intégralité de la situation. Elle ne travaille que sur le résumé ultra-restreint que vous faites de la situation.

Sur le papier, ça semble raisonnable.

Mais ça ne prend pas en compte la richesse de l'instant.

Pour ça, il faut faire confiance à l'intégralité de soi : au corps, à l'instinct, à l'intuition, à l'émotion. À la somme de ce que vous êtes.

Il faut se plonger dans le présent.

Attention : je ne dis pas que si vous agissez d'instinct, tout va se débloquer tout de suite.

La liberté ne s'acquiert pas du jour au lendemain.

Elle s'apprend, comme le piano.

Et même quand on l'atteint un peu, il faut l'entretenir. Faire ses gammes.

C'est ce que je fais avec ma routine du matin.

Mais comme cette note est devenue extrêmement longue, on fera ça dans la prochaine.

À lundi.

PS : L'épisode 4 de Panique dans l'Espace est sorti aujourd'hui !

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La vraie préparation

L'objectif de la préparation n'est pas de prévoir.

Ce n'est pas de répéter à l'avance ce qu'on fera le moment venu.

Ce n'est pas de restreindre sa liberté le jour J.

Au contraire.

L'objectif de la préparation est de se libérer.

Car rien ne se passera comme prévu – vous le savez bien !

Les gestes qu'on a répétés ne seront plus les bons.

Les documents qu'on a préparés deviendront obsolètes.

Le planning pensé au millimètre va tomber à l'eau.

Tout va partir en Volvo (😜).

Et pourtant :

Votre capacité à gérer ces imprévus dépendra entièrement de votre préparation.

Le temps passé à répéter ces gestes, à rédiger ces documents, à prévoir ce planning, sera la fondation incontournable pour trouver la bonne solution le moment venu.

Même si les documents eux-mêmes sont devenus inutiles.

Mieux :

Le fait que rien ne se passe comme prévu sera votre occasion de briller.

D'imposer votre vision, votre marque, votre histoire.

S'il suffisait de suivre le plan, tout le monde y parviendrait.

Mais pour trouver la solution que personne n'imagine, celle qui sublime l'obstacle, il faut avoir fait le travail.

Il faut s'être immergé dans le sujet.

Il faut avoir nourri son imaginaire, créé les connexions émotionnelles.

Il faut avoir eu la vision. Celle qui transporte, donne du sens.

Pour être capable, le jour J, de faire complètement autre chose.

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Adhocratie !

Ce mot ne vous dit sûrement rien.

Il a été inventé par Henry Mintzberg pour décrire les organisations qui se structurent autour d'un besoin ponctuel.

Les adhocraties ne reposent pas sur des schémas existants.

Elles ne s'appuient pas sur des rapports hiérarchiques codifiés.

L'organisation se décide ad hoc (d'où le nom).

Elles prennent la forme qu'elles ont besoin de prendre pour résoudre le problème qu'on leur demande de résoudre.

Puis elles disparaissent ou se transforment.

J'ai réalisé en parlant avec un réalisateur aujourd'hui que c'est sûrement mon nouveau cri de ralliement.

Tous mes projets sont des adhocraties.

(En tout cas, la plupart de mes anciens projets – ceux qui me plaisent – et la totalité des prochains.)

C'est-à-dire :

D'abord il y a le projet.

Il y a l'idée folle, le scénario, le défi.

Puis, couche après couche, on va bâtir le cadre, l'organisation, les ressources et l'équipe pour lui donner vie.

Il est impossible de savoir au début quelle forme prendra le travail à la fin.

Tout cela va se décider ad hoc, en fonction des circonstances et de la réalité du terrain.

La forme et le fonctionnement vont épouser les contraintes.

Oui, c'est la même idée que j'exposais sur le dessin hier : on découvre en faisant, et c'est ça qui est excitant.

Le cadre financier, humain et matériel n'est pas une limitation contre laquelle on se bat.

C'est une vague sur laquelle on surfe.

Et c'est de là que vient le plaisir.

L'organisation n'est plus une contrainte mais l'outil.

Tout le contraire de ce que je faisais avant :

On commence par le scénario. On cherche le producteur. Les coproductions. Le diffuseur. Les subventions. L'équipe.

Tout dans cet ordre. Chaque étape après l'autre. Chacun sous l'autorité du supérieur.

C'est une organisation industrielle où la machine "moule" le projet.

Chaque étape de la chaîne est connue à l'avance.

Toutes ont été apprises par les aspirants, en école ou sur le tas.

Et si votre projet ne rentre pas, ce n'est jamais la machine qu'on remplace.

C'est une intuition que j'ai depuis longtemps. À l'époque, je disais déjà : "réaliser, c'est produire".

Autrement dit, je comprenais bien que le travail du réalisateur ne commençait pas à neuf heures du matin le premier jour de tournage. Ni durant la prépa ou l'écriture.

L'organisation du tournage, le choix du planning, la façon de recruter les partenaires, le cadre financier et matériel...

Tout cela a beaucoup, beaucoup plus d'impact sur le film que n'importe quelle décision que pourrait prendre le réalisateur sur le plateau.

Si vous avez recruté des bras cassés, ou que la préparation n'est pas adéquate, il n'y a rien qu'on puisse dire ou faire avant de lancer la caméra pour éviter la catastrophe.

Or, plus je rencontre des producteurs, des réalisateurs, plus je vois des films... Plus j'ai l'impression que la créativité des projets est broyée par cette machine.

Elle est bien pratique pour certains décideurs qui ont pu industrialiser leur process.

Mais je crois qu'elle est mortelle pour tout le reste.

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Liberté créative

J'ai trouvé une nouvelle liberté en dessin.

Finalement, je n'ai fait qu'appliquer ce avec quoi je vous rabats les oreilles depuis le début :

J'ai arrêté de me concentrer sur la technique et j'ai créé les conditions pour être plus libre.

Parce que c'est ça, la valeur d'un artiste : sa liberté.

C'est la liberté qui entraîne la technique. Pas l'inverse.

On perfectionne un aspect de sa pratique parce que c'est là que nous mène l'envie.

Et non pas : j'apprends telle technique ad nauseam parce que "c'est les bases" et après on verra comment l'utiliser.

Il n'y a rien à apprendre. Ou plutôt : ça vient en faisant.

Je n'ai plus d'objectif quand je dessine.

Je ne me dis plus "je vais faire ça" – et après bloquer parce que je n'y arrive pas.

Je fais un premier trait. Sans trop réfléchir.

Puis ça me donne une idée. J'en fais un autre.

Et ça continue comme ça, jusqu'au bout.

À chaque trait, je suis excité de découvrir la direction que ça va prendre.

Et parfois, parce que j'ai envie, je fais cinquante fois la même chose.

C'est ça qu'on doit appeler "pratiquer".

Mais je ne me force jamais.

Sauf quand j'ai peur.

Peur de ne pas être assez doué. De ne pas faire assez bien.

Et il y a un autre type de peur que j'affronte régulièrement :

La peur de gâcher un dessin. De gâcher le papier.

Parfois, j'ai passé du temps sur quelque chose et je me dis "ouh là là, il faut que je fasse attention de ne pas tout gâcher."

Puis je me souviens : si, il faut tout gâcher.

Il faut que le prochain trait soit libre, fort, courageux.

Sinon, pourquoi je fais tout ça ?

Si l'on sait exactement ce qu'on va faire, à quoi bon le faire ?

Pablo Picasso

J'ai créé un nouveau fil "carnet" pour mes dessins où je vais essayer de poster une fois par jour.

Je mettrai aussi bientôt le "dessin du jour" en dessous de la "note du jour" sur la page d'accueil.

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Célébrer le laid

Peut-être pas célébrer le laid mais en tout cas, ne plus me laisser bloquer par "le beau".

J'ai posté mon deuxième poème hier soir.

Depuis plusieurs mois, j'écris de très courts poèmes en anglais que j'accumule dans mon téléphone.

"Écrire" n'est peut-être pas le mot : ils me viennent comme ça, en anglais. Ils sont très courts, deux ou trois lignes.

Puis un jour, je me suis dit : "pourquoi je ne les partage pas ?".

C'était couplé avec cette idée que j'aimerais vendre quelque chose.

Sur mon compte personnel, je reçois beaucoup de demandes de coaching personnel que je refuse. Je ne me sens pas la légitimité d'accompagner les gens ailleurs qu'en communication.

En revanche, depuis longtemps, j'aimerais vendre de l'art.

Je n'y suis pas légitime non plus. Mais ça me gêne moins.

Donc quand j'ai vu que j'avais presque quarante poèmes, je me suis dit "comment je pourrais partager ça ?".

L'idée est que je n'allais pas juste les taper à la machine (j'ai une machine à écrire que j'utilise pour certaines rares correspondances).

Je voulais ajouter "de l'art". Sous une forme ou une autre.

Et depuis deux jours, j'ai commencé à poster des poèmes tapés avec la machine que je barbouille ensuite au stylo plume et à l'aquarelle.

Le premier ressemblait un peu à quelque chose : j'avais fait un petit dessin.

Poème - Or I could just sit here

Poème n°1

Mais le deuxième, non.

Je le trouvais extrêmement laid. Au point que j'ai commencé à le froisser pour le jeter.

Poème - A voice had to speak up

Poème n°2

Puis à la dernière seconde, je me suis dit : "non". Je l'ai défroissé.

Le but n'est pas de faire beau. C'est de faire.

Si je commence à me poser des questions existentielles à chaque fois, je ne ferai jamais rien.

Ça m'est déjà arrivé d'être paralysé par la recherche de qualité. "Ce n'est pas assez bien, ce n'est pas assez beau."

Je fais et refais jusqu'à "passer la barre".

Puis j'abandonne.

Je m'en suis rendu compte physiquement au moment de dessiner.

Parce qu'il faut savoir que pour taper le poème à la machine, ça me prend du temps.

Non seulement je dois taper chaque lettre deux ou trois fois pour qu'on la voie bien, mais je reprends souvent le tout pour des raisons de centrage et de mise en page.

Alors quand je prends mon stylo plume pour ajouter une couche que je ne pourrai pas effacer, une petite peur s'installe.

Il faut faire bien. Il ne faut pas tout gâcher.

Sauf que non : il faut absolument tout gâcher.

Je ne veux pas avoir peur.

Donc pour les deux premiers, j'ai pris la décision suivante : je vais les poster comme ça.

Je ne vais pas les reprendre. Je ne vais pas retomber dans une quête perfectionniste absurde.

Je vais les poster et je vais avancer sur les autres.

Et oui : je vais les vendre.

Je vais bientôt proposer des prints et des ventes d'originaux.

Même si c'est du barbouillage. Même si le papier n'était pas fait pour recevoir l'aquarelle et gondole.

Je persiste et signe. Et vends.

Et puis c'est tout.

PS : L'épisode 3 de ma websérie "Panique dans l'Espace !" sort aujourd'hui ! Comment résoudre une intrigue intergalactique avec la gueule de bois ? Voir le nouvel épisode ici →

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Jalousie professionnelle

Ma jalousie professionnelle a presque entièrement disparu.

Je ne me sens plus en compétition avec personne.

Il est possible qu'autrefois, quand j'entendais parler d'un réalisateur de mon âge qui sortait un long métrage, qui gagnait un prix, ou qui réussissait quelque chose, une partie de moi était à vif.

Pourquoi eux et pas moi ? C'est injuste, c'est pas mérité !

Leur film n'est même pas bien !

Si le film était vraiment bien, ça m'apaisait un peu.

Une autre partie de moi était sincèrement heureuse que le film existe et la jalousie s'effaçait derrière une forme de reconnaissance.

Mais la plupart du temps, je trouvais que tout était de la bouillie, que tout se ressemblait, et dans cette masse indistincte, je ne voyais pas comment j'allais tirer mon épingle du jeu.

Maintenant, ça va mieux.

Je n'essaie plus de tirer mon épingle du jeu.

Ce qui est devenu réellement important pour moi, c'est d'exprimer exactement ce que je veux exprimer.

Et dans ce jeu-là, je ne suis en compétition avec personne.

Personne ne peut faire ce que je fais.

On ne peut rien me voler.

Et surtout, je n'ai besoin de personne.

Le but, autrefois, c'était de trouver des moyens.

Un producteur, des subventions, un distributeur...

Tout cela obligeait à rentrer dans un certain cadre, à faire partie d'un certain milieu.

Et je crois que c'était ça, l'objectif caché : faire partie d'un milieu.

Être reconnu par certaines personnes dans un certain domaine.

Exister dans le monde du cinéma.

Cette ambition a complètement disparu.

Je ne la trouve plus nulle part en moi.

Ma seule envie : fabriquer.

Je peux commencer maintenant, avec les amis qui sont là.

Pas pour faire une maquette ou une preuve de concept qui servira de "carte de visite" pour la suite.

Non : faire ce que j'aime. Tout de suite.

Pour moi et pour ceux à qui ça plaira.

"Mais certains films nécessitent des moyens ! C'est pour ça qu'on doit passer par les gardiens du temple."

J'ai réalisé que non.

Ce que j'ai à raconter, si je vais chercher au fond, n'est jamais lié à des moyens, à des lumières, à des décors.

Je peux le raconter avec ce qu'il y a ici. Avec cet accessoire, avec ce passant.

Non seulement je peux mais c'est l'unique façon de le faire.

Tout le reste était une illusion depuis le début.

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Perfection et contrôle

On sait tous que la perfection n'existe pas.

Pourtant, sans s'en rendre compte, on la laisse pourrir notre quotidien.

Par exemple : la critique.

La "critique bienveillante", c'est quand on pointe à quelqu'un quelque chose qu'il fait mal.

Pour qu'il s'améliore, vous voyez.

Et l'idée est la suivante : quand il aura amélioré ça, il sera mieux. Sa vie sera plus agréable. Sa maison sera plus propre. Son travail aura plus de succès.

Et quand il aura terminé, on pourra pointer vers le prochain défaut.

Comme ça, petit à petit, grâce à nous, cette personne atteindra la perfection.

Comment on est gentil !

Il y a deux choses qui m'embêtent dans cette idée.

D'abord, souvent, les actions ne sont pas indépendantes.

On ne peut pas transformer une partie de la vie sans impacter le reste. C'est un tout.

La façon dont on gère "mal" un aspect vient parfois de la même source qu'un autre comportement que les gens adorent.

Ils veulent le bien sans le mal.

J'adore que tu sois si costaud mais j'aimerais que tu passes moins de temps à la salle.

C'est super que tu sois créatif mais ce serait bien que tu sois plus structuré.

J'adore que tu sois en vie mais est-ce que tu pourrais respirer moins fort et ne pas tomber malade ?

Ensuite, quelle est notre raison de pointer les défauts des autres ?

Par gentillesse ? Par altruisme ? Pour améliorer le monde ?

Dans le meilleur des cas, c'est pour notre confort personnel.

Le bruit nous gêne. On n'aime pas le désordre. On trouve la conversation désagréable ou gênante. On préférerait que ce soit autrement.

Mais souvent, c'est une question de contrôle.

On veut ramener dans le rang ceux qui ne font pas comme nous.

On a besoin que tout le monde adhère à la vision du monde qu'on a choisie. Sinon, ça veut dire qu'il en existe d'autres et qu'on s'est peut-être trompé.

On fait de grands sacrifices, et on supporte mal que d'autres paradent leur insouciance sans avoir fait les mêmes.

On a défini un cadre très strict pour réguler comment les autres peuvent être différents. Certains écarts sont autorisés, sous réserve que certaines conditions soient remplies.

Mais on ne fait pas ça pour nous, bien sûr.

On fait ça pour aider.

Parce qu'on vous aime.

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L'équilibre à chaque instant

Je savais jamais trop quoi foutre.

C'est Jackie Berroyer qui m'avait dit "à partir d'un certain âge, il faut faire du sport sinon on s'effondre." Lui, il va tout le temps à la piscine.

Alors le matin, j'ai cherché une routine.

(Non, ce n'est pas une note sur le sport, vous allez voir.)

Des pompes ? Des abdos ? Sauter comme un crétin ?

J'ai acheté des haltères. Pour voir. Comme un crétin.

J'ai regardé des vidéos internet. On met le genou devant et on se penche en avant et pfff.

Puis un samedi matin, après une méditation particulièrement profonde, je me suis dit que c'était comme partout ailleurs dans la vie :

Il faut se lancer et découvrir par soi-même.

Je vais faire ce qui a du sens pour moi à ce moment-là.

D'abord : est-ce que j'arrive à me tenir droit ? Bien droit ?

C'était plus difficile que prévu.

Mais surtout, je me suis rendu compte que pour juger de ma rectitude, il fallait que mon attention se porte sur chaque partie du corps. Les pieds. Les cuisses. Les bras. Le dos.

Là, j'ai réalisé que je n'étais pas ancré dans le sol. J'ai posé mes pieds bien à plat pour vraiment sentir le sol sous mes pieds.

Je ne vais pas vous décrire le reste de la séance, mais en résumé :

J'ai découvert l'activité de "bouger en présence".

Rien n'est prévu. Aucun exercice n'est obligatoire.

Je me contente de laisser mon attention se poser sur la partie du corps qui réclame. Et je fais ce qu'elle demande.

Je l'étire. Je la bouge. Je l'appuie.

Je réalise vite que pour étirer mon bras, il faut que mon épaule soit baissée, sinon mon dos se cambre.

Je réalise qu'en pliant légèrement les genoux, je sens davantage ma verticalité, ce qui rend plus facile de bouger la tête.

Je réalise comment chaque partie du corps est liée aux autres.

Pour sentir et mobiliser ce lien, je bouge plus lentement.

Là, mon regard croise un miroir :

Je suis en train de faire du kung fu ! Ou du Tai Chi !

Je suis dans une de ces positions qu'on voit dans les films ou dans les parcs.

Et voilà la leçon non-sportive de tout ça, celle qui a éclairé mes journées récemment :

Il y a quelque chose qui se produit lorsque je ne réfléchis plus en termes d'exercice ni de position.

Lorsque je suis présent à chaque instant.

Il n'y a plus de position A, de position B, ni de transition.

Chaque geste est une position d'équilibre.

Autrement dit : quoi que je sois en train de faire, si quelqu'un entre dans la pièce et crie "Stop !", je dois pouvoir m'arrêter dans la position où je suis en parfait équilibre.

Sans tomber. Sans résister. Ça doit être facile.

Ça m'a permis d'expérimenter dans mon corps une idée que j'avais déjà comprise dans la vie : il n'y a pas de transitions.

Il n'y a pas de moments "inutiles" entre deux moments importants. Tout est présent. Tout compte.

Quel que soit le moment de la journée, si quelqu'un crie "Stop !", je dois être dans une position de parfait équilibre.

Posé. Présent. Sans résistance.

Je pourrais rester dans cet instant indéfiniment.

Même dans la chaleur du métro. Même dans l'inconfort de l'attente. Même dans le stress ou la tension.

À chaque instant, je cherche le micro-mouvement mental qui me libère.

Je cherche l'attachement qui me contraint.

Je cherche l'illusion qui me fait croire que cet instant ne compte pas.

Et je lâche prise.

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