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Un dernier verre ?

J'avais arrêté de boire. Presque.

Ça avait diminué naturellement puis, quand j'ai pris conscience de l'hérédité du phénomène et de la place que ça prenait dans ma vie sociale – les groupes sont construits sur les addictions, ai-je réalisé – j'ai presque complètement arrêté.

Je bois de temps en temps. "Pour les grandes occasions."

Mais je réalise que même là, ça ne m'apporte rien.

Les conversations les plus fortes et les plus drôles que j'ai eues récemment ont eu lieu sans une goutte d'alcool.

Et s'il faut boire pour apprécier son entourage, c'est l'entourage qu'il faut changer.

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Si vous créez une salle de projection

Si vous êtes une entreprise, une école ou une association qui crée une petite salle de projection, ne faites pas cette erreur que je vois souvent.

Je sors d'un test de projection de mon film dans un auditorium d'entreprise et j'y ai vu le même problème que dans beaucoup d'autres salles :

Le son arrive par deux enceintes (ou plus) placées de chaque côté de la salle.

On se dit que ça va permettre un son stéréo "comme au cinéma". Mais c'est oublier que les enceintes principales d'un cinéma sont les "centres" : les enceintes placées juste derrière l'écran qui permettent à la voix et aux dialogues de venir des personnages. Les enceintes stéréo sont un "plus" – qui n'est pas forcément dans les plus petites salles. (C'est d'ailleurs le principe du son dit "5.1" : le centre et les stéréos sont dissociés.)

Lorsqu'on installe des enceintes de part et d'autre sans avoir de centre, les gens à droite et à gauche de la salle ne reçoivent le son que d'un côté (l'oreille droite ou l'oreille gauche) ce qui devient vite épuisant. De plus, c'est troublant d'entendre une voix qui vient du côté alors que le personnage qu'on regarde est en face.

Donc dans le doute : commencez par les centres. De bonnes enceintes placées devant (sous l'écran ou de part et d'autre de l'écran mais toujours devant) donneront un résultat beaucoup plus homogène et agréable pour le public qu'une stéréo sans centre.

Et j'ai plein de films à vous proposer pour l'inauguration de votre salle :)

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Gna gna gna

C'est ce que je me dis en regardant les dernières vidéos que j'ai postées. (Je poste une vidéo par jour sur les réseaux.)

Je me fatigue moi-même.

C'est bon signe : quand je ne supporte plus ce que je fais, c'est que je suis sur le point de passer au niveau au-dessus.

Ça m'était déjà arrivé en photographie : je ne supportais plus mes clichés et quand j'ai repris l'appareil après une période de pause, j'ai fait radicalement différent. Plus personnel. Mieux.

Je crois déjà que je vais me fixer des règles :

  • Une seule prise. Plus de retakes.
  • Plus d'intro ni de conclusion. Juste le cœur.
  • Ne jamais "redire" quelque chose que j'ai déjà dit – devant la caméra ou non.

On verra comment ça évolue.

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Un projet à l'eau

Toujours en fouillant de vieux disques durs, j'ai retrouvé ça :

Chaise numéro neuf

C'est l'affiche d'un projet de court métrage qui devait être produit – on avait France 2 et un coproducteur – mais qui n'a pas abouti.

Il était basé sur une histoire vraie (?) que j'avais lue dans la revue Planète :

Dans les années 70, un groupe est assis en cercle dans une salle communale pour un atelier. En fin de session, deux hommes entrent ; personne ne les attend. Ils se dirigent vers l'un des participants pour lui demander "vous étiez bien assis sur cette chaise ?". Le participant acquiesce.

Les deux hommes apportent alors une roulante avec une télévision et un magnétoscope pour lui montrer une vidéo. Ils sont chercheurs et, quelques semaines plus tôt, ils ont filmé une interaction avec une personne dans cette même pièce.

Dans la vidéo : "Pouvez-vous nous dire quelque chose sur l'un des participants de l'atelier qui aura lieu ici ?" La personne, qui se révèle être médium, passe en revue toutes les chaises vides jusqu'à s'arrêter sur une en particulier. En off : "Le sujet a désigné la chaise n°9."

Le médium commence alors à faire des révélations sur le futur occupant de la chaise que le participant en question, médusé, suit sur l'écran.

Dans ma version, c'était seulement la première couche de l'histoire. La seconde couche était que les propos du médium, sans pouvoir aucunement être vérifiés, semaient la discorde entre la jeune femme (assise sur la chaise n°9) et son père également présent, l'obligeant finalement à admettre une vérité qu'elle avait toujours cachée.

Ou comment le faux (ou l'indécidable) peut avoir de véritables conséquences.

À l'eau. Pour l'instant.

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John McSpace - Les horreurs que je retrouve

Édouard Pons, qui a composé la musique de Migrul, m'avait reparlé de cette vieille bêtise que j'avais tournée en une après-midi à Off Courts il y a cinq ans.

Je viens de la retrouver sur un vieux disque dur et c'est pire que dans mon souvenir.

<script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script>

En même temps, je crois que c'est l'ancêtre de ma websérie Panique dans l'Espace qui va sortir bientôt. En cela, c'était peut-être un mal nécessaire.

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Tout dans le corps

Oui, c'est très New Age comme idée.

Mais je me rends compte depuis peu à quel point c'est vrai.

Lorsqu'on observe la collaboration entre le physique et le mental, on réalise que le corps est un peu le carnet de notes de la pensée.

Voyez-le comme ça : les pensées sont extrêmement éphémères. Elles passent à toute vitesse sans laisser de trace. On pense à demain, au déjeuner, au cadeau pour sa mère, à l'orteil qui fait mal... D'association en association, on saute d'un concept à l'autre sans réelle direction.

Une succession de pets de cerveau.

Mais lorsque le cerveau juge qu'une idée est importante, qu'elle mériterait qu'on y retourne, il crée un pense-bête. Une sorte de marque-page intérieur qui oblige cette pensée à refaire surface. Pour cela, il l'associe à une émotion.

Comme elle est incarnée, l'émotion a une demi-vie beaucoup plus longue que la pensée. La boule dans l'estomac, l'étreinte du stress ou de l'angoisse, l'adrénaline de la peur ou de la joie... Tout cela dure plusieurs minutes, voire plusieurs heures.

Cette émotion agit comme une ancre qui retient le bateau mental dans une même zone. Dès qu'on s'éloigne, le corps nous rappelle que quelque chose ne va pas. Et la pensée revient.

Mais parfois, c'est le contraire qui se produit.

Quand j'ai commencé à méditer il y a quelques années, j'ai réalisé que l'angoisse que je ressentais le matin était d'origine... gastrique. J'avais une boule dans l'estomac à laquelle s'accrochait la première idée qui passait. Donc le problème auquel je pensais n'était pas le vrai problème.

J'ai arrêté de manger avant de dormir et l'angoisse a disparu.

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Prendre des notes pour avancer

J'ai pris des notes toute ma vie et ça ne m'a pratiquement servi à rien. Jusqu'à récemment, parce que j'ai changé de système.

D'abord, précisions : j'utilise Obsidian depuis 3 ou 4 ans (après Apple Notes, Airtable, Notion...) et même si j'adore ce logiciel – j'en reparlerai plus tard – ce n'est pas une question d'outil. C'est une question de process.

Avant, j'engrangeais les notes.

Comme un obsessif souffrant du syndrome de Diogène, j'avais peur de perdre une idée, de laisser filer entre mes doigts la pensée providentielle. Alors j'accumulais, j'accumulais. Et une fois dans mon coffre, je n'en faisais rien.

Avec le temps, j'ai trouvé des solutions techniques pour utiliser davantage mes notes – principalement en me les mettant devant les yeux – mais ça ne suffisait pas.

Ce qu'il manquait ? La pression.

Le plus important n'est pas d'écrire une note : c'est le travail qu'on fait ensuite pour l'intégrer dans un corps de connaissance qu'on utilise chaque jour. Appliquer une pression sur un ensemble d'idées pour qu'elles s'agrègent et forment un diamant.

Donc maintenant, je procède ainsi :

  1. J'écris une note dans un fichier fourre-tout (Inbox).
  2. Plus tard, je la déplace dans un fichier pertinent (ex: productivité, présence, création, famille...).
  3. Dans ce fichier, je groupe les notes connectées dans de grandes sections avec sous-titre et résumé.
  4. Je crée (ou j'entretiens) en haut de ce fichier un résumé global en deux ou trois phrases qui donne l'essence du sujet, souvent sous forme d'un conseil clair et concret.
  5. Je rince et je répète.

L'objectif final est donc de produire ce conseil ciblé qui est tout de suite applicable et que je m'organise pour relire régulièrement. Le fait de l'avoir compilé à partir de plusieurs sources le rend personnel et concret.

C'était une des activités de ce matin.

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La bataille pour exister

J'ai remarqué que les fois où je m'énervais le plus, c'est quand quelqu'un faisait comme si je n'existais pas.

Comme si là où je me tenais, il n'y avait personne.

L'automobiliste qui manque de me renverser. Le voisin de transport qui écoute sa musique comme s'il était seul. Le collaborateur qui ne tient aucun compte de ce que je dis.

Je l'ai remarqué chez les autres aussi. Les émotions les plus vives s'élèvent quand on se sent ignoré.

À tel point que beaucoup de ce que l'on fait semble être destiné à prouver qu'on existe.

Travail, conversation, création, réseaux... Tout semble être orchestré inconsciemment pour donner la preuve au reste du monde qu'on est bien là.

Comme si notre peur essentielle était d'être un fantôme. La crainte existentielle de n'être qu'un spectre qui a besoin de s'agiter pour être vu.

Et quand quelqu'un nous ignore, c'est comme s'il mettait à jour cette vacuité. Comme si, d'un geste ou d'une remarque, il réduisait à néant tous les efforts qu'on faisait chaque jour simplement pour être.

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Les petites victoires

Il y a un an, j'ai acheté un disque dur SSD pour monter mes films partout. Mais il n'avait pas de boîte solide. Alors j'ai acheté ce porte-cartes (qui coûtait une blinde) dans une papeterie.

Je ne pouvais pas vérifier la taille car il était rempli de fiches plastiques que j'ai arrachées.

Quand j'ai découvert que non seulement c'était la taille parfaite, mais que le câble rentrait pile à l'intérieur pour stabiliser l'ensemble... petite victoire.

Il m'accompagne partout maintenant.

Porte disque dur

(Non, ce n'est pas de la saleté à l'intérieur, c'est les restes de colle qui ont séché.)

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Zen & création

Je pense que si le festival s'est si bien passé, autant pour les rencontres que pour mon film, c'est parce que j'étais pleinement disponible.

J'ai décidé que je continuerais à méditer tous les matins, quel que soit l'emploi du temps. Je m'y suis tenu.

J'ai même médité à midi la veille du tournage, au moment où j'étais coincé sur la préparation. Résultat : les solutions sont tombées du ciel.

Je suis venu sans idée, sans scénario, sans équipe.

Lorsque quelque chose résistait, je lâchais prise.

Lorsque j'étais froissé par un refus ou un événement, je remarquais cette émotion et faisais mon possible pour ne pas agir de façon réactive.

J'étais à l'écoute de tout le monde, tout le temps. Sans me forcer. J'étais content d'être là.

Chaque aspect de mon film – idées, lieux, équipe – est venu naturellement, par le biais de rencontres fortuites.

Ni le tournage, ni le montage n'ont été faciles. Pourtant je n'imagine pas comment ça aurait pu mieux se passer.

Les difficultés et le stress rencontrés faisaient partie du chemin idéal.

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Zéro idée de film

Je vais tourner un kino (film en 72h) mardi au Festival Off Courts et je n'ai aucune idée de ce que je vais faire.

Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, au contraire.

Quand j'arrive à poil, avec ma bite et mon couteau, c'est que j'ai confiance.

Confiance dans le processus. Confiance qu'en rencontrant les gens, en sentant l'ambiance, en voyant les lieux, quelque chose va venir. Ou pas – et sinon tant pis.

Pour le moment, j'écoute des sons sur Ableton. Je vais peut-être commencer par la musique.

À suivre.

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La mort, la mort, la mort !

Si on était moins inquiet, ce serait le grand libérateur.

Je ne parle pas de suicide. Je parle de perception de la vie.

Une grande partie de l'angoisse qu'on accumule vient de notre propension à tout prendre au sérieux. Comme si chaque action était importante et grave.

Sauf que tout se termine sur un grand pied d'égalité.

Le milliardaire comme le SDF, le beau et le laid, le jouisseur et l'inquiet, tous finissent de la même façon et il suffit d'attendre quelques décennies pour que plus personne ne se souvienne d'eux. Au mieux (ou au pire), il n'en reste que quelques histoires qui n'ont plus grande chose à voir avec ce qu'ils étaient vraiment.

Tout est moins important que prévu.

Rien n'est aussi grave qu'on ne pense.

Le but n'a jamais été de durer.

Soyons libres.

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Les chiens sur la plage

Quand je me balade sur la plage en tenant quelque chose dans la main, il y a toujours un chien-fou (mais joyeux) qui court vers moi et qui me demande avec les yeux :

Hey, qu'est-ce que tu tiens ?
C'est une balle ?
C'est un biscuit ?
C'est un caillou ?
C'est pour moi ?
Ok bisou faut que j'y aille !

Et il s'en va. 🤷‍♂️

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Voir le système

Les journaux racoleurs n'existeraient pas si personne ne les achetait.

Les présentateurs TV fanatiques ne resteraient pas à l'antenne s'ils ne représentaient personne.

Les politiciens corrompus n'accèderaient pas au pouvoir si leur discours ne résonnait pas avec une grande partie de la population.

S'énerver contre la figure de proue, c'est oublier tout le navire qui flotte derrière – qui ne s'est pas construit du jour au lendemain.

Oui : ça fait du bien de s'énerver, parfois. Et c'est pratique de pouvoir concentrer sa colère sur la partie visible et manifeste du problème. Mais en oubliant le système sous-jacent, on n'a qu'une compréhension très partielle de la situation.

Et on fait indirectement partie du problème.

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Pour taper plus vite

Je tape maintenant relativement vite, autour de 70-80 mots par minute, avec une bonne précision.

Pour quelqu'un qui passe son temps à écrire, c'est quand même pratique : je peux presque "vider mes pensées" sur l'écran, sans regarder mes doigts ni prendre de retard.

Le meilleur site que j'ai trouvé pour pratiquer : keybr.com. Il introduit les lettres une par une et il permet de s'entraîner avec la ponctuation, les majuscules, etc.

Mes conseils :

  • Mettre en français avec majuscules et ponctuation.
  • N'essayez pas d'aller vite. Le but, c'est la précision. Restez au-dessus de 95% de précision (Accuracy) avec les bons doigts.
  • Ne regardez pas vos doigts. Quand vous avez un doute, ralentissez.
  • Dix à quinze minutes par jour.
  • Pour varier les plaisirs, vous avez aussi les sites 10fastfingers et Monkeytype.

C'est une activité assez zen qui vide le cerveau lorsqu'on a besoin de prendre du recul (sur un texte, sur un travail). Je recommande.

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Que faites-vous quand vous ne faites rien ?

C'est la question à 1000$.

Pour la plupart d'entre nous, je peux répondre : on stresse.

On pense à ce qu'on devrait être en train de faire. On accepte quelques heures ou quelques jours d'inactivité (le "repos") mais très vite, si l'inaction persiste, la culpabilité prend le dessus.

On enclenche alors l'action "réactive" : celle dont l'unique motivation est de faire taire la culpabilité.

On agit "pour agir", pour ne pas être perçu comme un tire-au-flanc, pour dissoudre l'angoisse dans le mouvement.

Les gens plaisantent souvent que "s'ils pouvaient, ils ne feraient rien, toujours en vacances !". Mais c'est faux. La plupart seraient incapables d'affronter l'anxiété créée par ce vide et seraient de retour au travail dans la semaine. Pas par besoin d'argent : par pression intérieure et sociale.

Ainsi, on saute toujours l'étape la plus importante : l'oisiveté. La vraie. Celle qui permet l'introspection.

Continuer à ne rien faire. Embrasser l'angoisse et la culpabilité qui s'élèvent. Les regarder dans les yeux. Puis les voir disparaître, tranquillement. Suivi par une douce sensation de vide. Puis, au moment où on ne l'attendait plus...

L'action. La vraie. Celle qui construit quelque chose.

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Temps et productivité

Étrangement, il est plus facile pour moi de faire une vidéo par jour qu'une vidéo par semaine.

Dans le premier cas, j'entre dans un flot qui rend le processus de plus en plus facile. Les idées fusent, le mode opératoire est rodé, mon cerveau a intégré l'échéance. Tout roule.

Aujourd'hui, par exemple, j'ai presque cinq vidéos d'avance. Et j'ai fait ça en rigolant.

Alors que les vidéos hebdos... j'oublie. Ça devient une contrainte qui s'ajoute au reste. Je ne trouve jamais le temps.

J'avais déjà remarqué ce lien contre-intuitif entre temps et productivité : parfois, une tâche plus intense est plus facile.

Par exemple, lorsque je procrastine sur un travail qui m'ennuie, je me pose la question "est-ce que je pourrais faire ça en quinze minutes ?" Je ne parle pas d'une mini-tâche, non, je parle d'écrire un rapport ou de corriger un montage, quelque chose qui prendrait normalement plusieurs jours.

Mais mon cerveau dit "oui, faisons-le en quinze minutes !" et cette idée irréalisable change mon rapport à la tâche. Elle paraît soudain plus abordable, moins importante.

Et plus facile à commencer. C'est tout ce qui compte.

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Qu'est-ce que c'est "méditer" ?

On imagine un moine bouddhiste assis en position du lotus dans une chambre calme avec des bougies et un courant d'eau.

En réalité, vous pouvez méditer en marchant dans un chantier.

La méditation, c'est simplement porter votre attention sur le présent plutôt que sur vos pensées.

Or, il se passe toujours quelque chose dans le présent. Le bruit d'une voiture. La lumière du ciel. Un courant d'air sur votre visage. La sensation de votre pied, de votre torse, de votre cou.

Comme beaucoup, j'ai commencé à méditer en me concentrant sur ma respiration.

On se dit "facile" ! Mais rapidement, on réalise qu'on est assailli de pensées, d'idées, d'angoisses. Le jeu consiste à accueillir leur existence et les saluer sans se laisser kidnapper.

Et lorsqu'une pensée gagne et qu'on se "réveille" après cinq minutes plongé dans ses ruminations, calmement revenir à la respiration. Ce n'est pas un échec, au contraire.

C'est cet aller-retour qui construit la présence, comme un muscle qu'on travaille.

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99% d'une machine

On travaille dans une direction. On échoue. On abandonne.

On se dit "ce n'était pas fait pour moi, je ferais mieux de me concentrer sur ce que je sais faire".

Mais certaines machines ne sont pas résilientes. Il manque une pièce, un fil, un rouage, et rien ne marche. Elle ne démarre même pas, comme un appareil dont un fusible serait grillé.

Il est donc possible de construire 80, 90 ou même 99% d'une machine et, à cause d'un oubli, obtenir 0% du résultat. Point mort, comme si on n'avait rien fait (ou tout fait mal).

C'est vrai : les derniers pourcents sont souvent les plus durs à obtenir. Et beaucoup de systèmes ne sont pas linéaires : ils marchent ou ne marchent pas, quelle que soit la proximité du résultat.

C'est pour ça qu'il y a beaucoup moins de succès "du jour au lendemain" qu'on n'imagine. En réalité, le créateur y travaillait depuis longtemps. Il était sur le point d'abandonner. Mais au dernier moment, il s'est dit "et si je remplaçais ce fusible" ?

Et la machine a démarré à pleine puissance.

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Vous écrivez trop

Trois mots bien choisis ont plus d'impact qu'une page de blabla.

Qui cherchez-vous à rassurer avec tout ce texte ?

Simplifiez !

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Ça se réchauffe sur la côte fleurie

Vous aussi, vérifiez que le réchauffement climatique n'est pas qu'une vaste blague en analysant les données près de chez vous :

Températures Côte Fleurie

Réchauffement climatique à Trouville-Deauville

Graphique que j'avais produit comme exercice pour apprendre à me servir de la librairie Pandas (pour traiter les données) sous Python (un langage de programmation) à partir des données de températures décadaires de Météo-France à Saint-Arnoult.

On voit bien l'augmentation d'un quart de degré par siècle dont nous parlent les climatologues.

Je l'avais déjà posté sur les réseaux mais je profite de pouvoir publier des notes plus longues pour vous mettre le code ci-dessous. Si vous voulez vérifier chez vous aussi, voici comment :

Les étapes sont les suivantes :

  1. Si vous n'avez pas Python, installez-le.
  2. Utilisez Pip pour télécharger les librairies Pandas (données), Matplotlib (graphiques), Seaborn (encore plus jolis graphiques) et Scipy.
  3. Allez télécharger les données décadaires sur Météo-France.
  4. Le code Python :

    # Importation des librairies nécessaires
    import pandas as pd
    import matplotlib.pyplot as plt
    import seaborn as sns
    from scipy.stats import linregress

    # Lecture du fichier CSV des données décadaires
    csv_file = "DECADQ_14_previous-1950-2023.csv.gz"
    df = pd.read_csv(csv_file, sep=";")

    # Conversion de la colonne de date au format datetime
    df['AAAAMM'] = pd.to_datetime(df['AAAAMM'], format='%Y%m')

    # Filtrage des données pour la station Saint-Gatien-des-Bois
    df_sg = df.loc[df['NOM_USUEL'] == 'ST GATIEN DES B', ['AAAAMM', 'TM']]

    # Calcul de la moyenne mensuelle des températures
    df_sg_mensuel = df_sg.groupby(df_sg['AAAAMM']).mean()
    df_sg_mensuel.head()

    # Calcul de la moyenne mobile sur 12 mois (moyenne annuelle)
    df_sg_mensuel['TM_MEAN'] = df_sg_mensuel['TM'].rolling(window=12).mean()
    # Préparation des données pour la régression linéaire
    x_numeric = (df_sg_mensuel.index - df_sg_mensuel.index[0]).days / 365.25
    y_values = df_sg_mensuel['TM']

    # Calcul de la régression linéaire pour identifier la tendance
    slope, intercept, r_value, p_value, std_err = linregress(x_numeric, y_values)
    df_sg_mensuel['TM_TENDANCE'] = (slope * x_numeric) + intercept

    # Création du graphique
    plt.figure(figsize=(10, 8))

    # Tracé de la température mensuelle (en gris clair)
    sns.lineplot(x=df_sg_mensuel.index, y=df_sg_mensuel['TM'], 
    label='Température Mensuelle', color="grey", alpha=0.4)

    # Tracé de la moyenne annuelle (courbe bleue)
    sns.lineplot(x=df_sg_mensuel.index, y=df_sg_mensuel['TM_MEAN'], 
    label='Moyenne Annuelle', color='dodgerblue', linewidth=2.5)

    # Tracé de la tendance de réchauffement (ligne rouge pointillée)
    sns.lineplot(x=df_sg_mensuel.index, y=df_sg_mensuel['TM_TENDANCE'], 
    label=f'Régression Linéaire (+{slope*10:.2f}°C/décennie)', 
    color='red', linestyle='--', linewidth=2.5)

    # Personnalisation du graphique
    plt.title('Température à St Gatien des Bois (données décadaires)', fontsize=16)
    plt.xlabel('Années', fontsize=12)
    plt.ylabel('Températures (°C)', fontsize=12)
    plt.grid(False)
    plt.show()

Après les vilains retours de ma vidéo sur le climat, c'est pas mal d'en remettre une couche.

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Insultomètre

Comme promis, je regarde moins les stats de mes vidéos.

Mais une bonne façon de savoir quand une vidéo marche, c'est quand je reçois des commentaires insultants.

Ma dernière blagounette sur la canicule et le climat m'a déjà valu trois insultes. Ce qui veut dire que la vidéo a été diffusée au-delà de mon cercle restreint de spectateurs réfléchis et bons enfants pour déborder dans les publics qui regardent Pascal Praud et Cyril Hanouna.

Sur les réseaux, les insultes sont un signe de réussite.

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Penser n'est pas la solution

La pensée cherche, trouve et résout des problèmes.

C'est sa nature. Elle ne sait faire que ça.

Si vous vous trouvez un jour au sommet de la montagne que vous avez toujours convoitée ; la vue, la lumière et la température sont idéales ; c'est l'accomplissement d'une vie. Votre pensée va murmurer "Formidable... et après ?"

Elle trouvera la faille dans votre succès. Vous fera convoiter le prochain sommet qui sera mieux. Déjà, vous ressentez l'anxiété du manque, de l'insatisfaction, du désir.

On ne peut pas lui en vouloir : c'est sa nature, on vous dit ! Analyser la situation, trouver les failles, échafauder un plan... C'est son travail ! C'est pour ça qu'elle existe !

Ce qui en fait une très mauvaise fondation pour trouver la paix.

Entendez-moi bien : la pensée est un outil formidable – que j'utilise présentement pour écrire ces lignes. Nous la mettons à profit pour créer, communiquer, survivre.

Mais si votre objectif est d'être présent et apaisé : ce n'est absolument pas le bon outil.

Savez-vous le poser quand vous n'en avez plus besoin ?

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Deux façons de résoudre les problèmes

Quand j'ai un problème, j'ai deux façons de le résoudre :

  1. Intellectuellement : Je cherche une solution. Je pèse le pour et le contre, je fais des listes, je conçois un plan d'action à mettre en place dans le futur afin de calmer l'anxiété dans le présent.
  2. En présence : Je cherche dans mon corps la manifestation physique de cette anxiété. La boule dans l'estomac, l'image obsédante, l'obligation floue. Sans la chasser ni la retenir, je l'observe se transformer jusqu'à disparaître.

Les problèmes sont une fonction de qui on est.

En changeant les dispositions intérieures, on transforme la relation aux circonstances extérieures. Le problème qui semble insurmontable la seconde précédente s'évanouit.

La solution intellectuelle, elle, ne fait souvent que déplacer la difficulté. La première situation résolue, une seconde s'élève, tout aussi problématique parce qu'issue du même creuset.

C'est le piège de la pensée : elle résout les problèmes, parfois. Mais neuf fois sur dix, elle les fabrique.

Ce qui en fait souvent le mauvais outil pour grandir.

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Le piège de l'accumulation

Si vous vous prenez en flagrant délit d'énumérer quoi que ce soit, vous êtes probablement sur la mauvaise pente.

Je l'observe dans tous les domaines :

  • En théâtre d'improvisation, on accumule les blagues quand on n'arrive pas à trouver celle qui fait mouche.
  • En vente, on accumule les bénéfices quand on n'a pas trouvé l'argument massue qui convainc tout le monde.
  • En décoration, on accumule les babioles quand on n'a pas trouvé la pièce maîtresse qui fait autorité.

Je pourrais continuer longtemps.

Ce qui met fin à la fuite en avant ? S'arrêter. Se recentrer. Repartir du goût, de l'instinct.

Il suffit d'une seule idée forte, d'une seule direction sincère, d'une seule pièce choisie avec soin pour arrêter la machine-à-médiocrité et retrouver le fil.

Il en suffit d'une seule. Prenez le temps de la trouver.

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Faire des rencontres en milieu hostile

Pas fan des cocktails / soirées / réunions ? Pas doué pour le networking ? Ça tombe bien.

Qu'il s'agisse de trouver l'amour, des potes ou un collaborateur, j'applique maintenant toujours la même technique qui a transformé mon rapport aux groupes :

Commencez par parler à la première personne à côté de vous.

Tout de suite. Qui que ce soit. Sur n'importe quel sujet.

Ne cherchez pas dans la pièce l'interlocuteur idéal. Ne filtrez pas par attraction ou compatibilité. N'attendez pas un sujet particulier ou des intérêts communs.

Jetez-vous dans la conversation puis, naturellement, continuez avec la "première personne suivante" – si elle n'a pas déjà rejoint la conversation. Et ainsi de suite.

Avant que vous ne vous en rendiez compte, la personne que vous cherchiez (parfois inconsciemment) sera à vos côtés. Et vous n'aurez pas à trouver quoi dire car, quand vous réaliserez que c'est elle, vous serez déjà au milieu de la conversation.

De rien.

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Être soi-même n'est pas un luxe

On a souvent l'impression que pour progresser, surtout professionnellement, il faut faire semblant. Dire les bons mots. Faire les bons sourires. Cacher les vraies pensées.

Mais en fait, non.

Votre réussite personnelle et professionnelle dépend entièrement de votre capacité à intégrer qui vous êtes réellement dans chaque aspect de votre vie.

C'est la source de votre paix intérieure. Mais aussi la source de votre productivité, de votre valeur et donc de votre utilité pour les autres. Personne ne vous paiera très cher pour être comme tout le monde.

La bonne nouvelle, c'est que ça s'apprend. Tous les gens que vous admirez sont un jour passés par ces étapes sous une forme ou une autre :

  1. Découvrir qui on est tout seul. Percevoir quels regards extérieurs pèsent sur soi en permanence. Explorer et assumer sa vision, son goût, ses ambitions.
  2. Apprendre à maintenir cette identité en public et sous pression. Développer des stratégies et des garde-fous pour ne pas se conformer et conserver sa valeur intrinsèque.

"Rester soi-même dans un environnement délirant, c'est ça le vrai talent." – Conan O'Brien

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Ce que j'ai appris en animant un atelier d'improvisation

Cette année, j'ai animé un atelier d'improvisation hebdomadaire qui vient de donner sa première représentation.

Les gens me disent souvent : "Moi, je ne pourrais jamais faire ça."

  • J'ai peur de monter sur scène
  • Je ne suis pas assez spontané(e)
  • Je ne suis pas assez drôle

Mais j'ai compris cette année que l'impro n'a en réalité RIEN à voir avec tout ça.

Pas besoin "d'être drôle", ni d'avoir de la répartie.

Pour construire une histoire non répétée qui captive un public, il suffit de suivre trois règles simples :

  1. Accepter ce que propose votre partenaire. Même si c'est fou ou imprévu. Si c'est dit, ça existe. On part de là.
  2. Construire sur cette proposition. Pas le droit d'ignorer ou de partir dans une autre direction. Vous ajoutez VOTRE brique sur celle qui vient d'être posée. (C'est le fameux "YES, AND...")

J'ai ajouté une troisième règle, la plus importante pour moi :

  1. Jetez l'idée que vous avez en tête. Avant de monter sur scène – ou de demander une augmentation, ou de confronter un proche – on sait souvent déjà ce qu'on va dire. On a un plan.

La prochaine fois, faites l'expérience suivante : planifiez autant que vous voulez mais, à la dernière seconde, jetez tout. Entrez dans l'arène la tête vide.

Il se passera trois choses :

  • Vous ne serez plus "dans votre tête" donc vous serez à l'écoute.
  • Vous serez surpris(e) par vos propres réactions.
  • Vous vous sentirez plus vivant(e) que d'habitude.

Expérimenter cette spontanéité et cette présence dans un "safe space" au sein d'un groupe bâti sur la confiance et le rire, c'est la chance que j'ai eue cette année. Je recommande.

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"Grand Chien"

Grand Chien et Alan

Lynch est mort.
Trump va être président.
Le monde change.
Mon père est mort quand j'avais cinq ans.
Un jour, devant la vitrine d'un magasin, il m'a demandé de choisir une peluche.
J'ai voulu le gros chien gris.
"Tu ne préfères pas le singe" – il avait un singe quand il était jeune.
Je dis non, le chien.
Donc le chien.
Il est toujours resté avec moi, presque par hasard.
Je n'en ai jamais pris un soin particulier.
Ce n'était pas le premier objet que je mettais dans les cartons de déménagement.
Je l'aurais presque oublié.
Mais d'une certaine façon, il m'a suivi.
Comme un chien.
Et récemment, il se trouve que j'ai réorganisé ma chambre et il est toujours là, sur un banc.
Ma chambre est presque déserte, voyez-vous :
Le lit, quelques livres, une penderie avec pas grand-chose.
Et le chien.
Et quand mon fils dort à la maison, souvent, le matin, il entre dans ma chambre et il crie "Grand Chien !". Il le prend dans ses bras. Il l'amène dans sa chambre pour jouer avec ses autres peluches. Après un temps, je lui dis que "Grand Chien est fatigué, il doit retourner se coucher". Il me dit oui et il le repose sur son banc. Il lui met un pansement "parce qu'il a mal à la patte". Il le tourne dans la bonne direction pour "qu'il puisse voir".
Ça me fait sourire à chaque fois.
Mais ce soir, en repensant à tout ça, je suis en pleurs.

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