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Nouvelle chaîne ChezFilms
Je fais pour ChezFilms la même chose que pour la Boulengerie :
Une vidéo quotidienne du lundi au vendredi pour donner des conseils aux experts sur mes sujets clés : stratégie narrative, prise de parole et production de contenus.
Je devais commencer cette semaine mais je me casse la tête sur le workflow : comment faire des vidéos qui s'adaptent facilement sur toutes les plateformes (Youtube, Instagram, TikTok, Linkedin et le site web).
Ce sera un peu plus sérieux que mes vidéos persos. Mais pas beaucoup plus.
L'ego et le monde
Cette idée-là est peut-être plus difficile à concevoir pour qui n'est pas familier avec le concept de "vide" (emptiness).
Mais j'y pense de plus en plus souvent. Je l'avais trouvée dans le livre Seeing that frees de Robert Burbea.
La voici : ce qu'on appelle l'ego n'est pas une propriété figée d'une personne.
Au long d'une vie, d'une semaine, d'une journée, l'ego se promène sur un spectre : il se manifeste plus fortement ou disparaît presque complètement en fonction des situations.
Qu'est-ce qui régit ces variations ?
Comme toujours : l'attachement.
Quand je veux ou refuse quelque chose, quand je nourris du désir ou de l'aversion pour un objet, l'objet en question et mon ego apparaissent en même temps. Les bouddhistes appellent cela la "coproduction dépendante" (dependent arising).
L'instant d'avant, je peux être dans le flot du présent, passant librement de sensation en sensation en toute légèreté : pas de centre, pas de sujet, pas d'ego. Je flotte.
Puis je m'attache à une pensée. Tout à coup, je veux, je refuse, je rumine. L'ego n'est rien d'autre que cette relation qui vient de se créer entre cette idée de moi (qui était introuvable la seconde précédente) et l'idée de cet objet (qui n'existe pas vraiment).
Loin d'être un défaut, l'ego est donc avant tout une relation.
Une relation entre deux objets qu'on choisit soi-même de créer.
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Le faites-vous pour vous ?
C'est la question clé et la question piège.
On a l'impression d'agir pour l'autre, pour être gentil, pour rendre service, mais on travaille en secret pour soi, pour son image, pour sa satisfaction personnelle.
Par exemple : je suis souvent suspicieux des gens qui sont trop gentils avec les caissières.
Dire "merci, bonne journée", bien sûr. Mais certaines personnes en font des tonnes : "Merci, très bonne journée, madame. Et surtout, bon courage, hein ! Bon courage." La caissière acquiesce poliment ; elle n'en demandait pas tant. Et j'ai du mal à imaginer que le client, en sortant, ne se dise pas "je suis quelqu'un de formidable. Regardez comment je comprends et soutiens les petits travailleurs."
Ma théorie est que, secrètement, cette personne fait ça pour elle. Pour son estime personnelle.
Et que l'interaction, de par son caractère éminemment artificiel, n'a en rien allégé le fardeau de la caissière.
Je me rends compte que ça m'arrive aussi, bien sûr.
Sous couvert d'être au service, de participer, de renseigner, je mène en réalité des opérations de communication pour prouver que je suis un type bien. Qu'on pense du bien de moi.
Est-ce que j'essaie de comprendre cette personne pour l'aider, ou pour lui montrer que je comprends ? Est-ce que je raconte cette histoire pour la renseigner, ou parce qu'elle me met en valeur ?
Comme d'habitude, l'objectif n'est pas de changer mais de remarquer. Une fois mis en lumière, ces travers s'évanouissent.
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La mécanique du succès
Si je devais résumer ce que j'ai compris de plus important au cours des dernières années, je dirais ceci :
1. Pour se démarquer, il faut mettre en place une mécanique.
Réussir une chose, même de façon éclatante, ne suffit pas. C'est la répétition d'une action – même simple – qui apporte la transformation qu'on cherche – à l'intérieur ou dans le monde.
C'est vrai en spiritualité (rien de plus répétitif et simple que méditer), en musique (on appelle même ça "répéter"), dans le travail, dans la communication, les relations, la santé...
La persistance dans une même direction compte plus que l'intelligence, la volonté ou le talent. Mais :
2. Pas de mécanique sans alignement.
La discipline, la volonté, les bonnes résolutions (...) ne suffiront jamais à garder le cap. Quelques jours, quelques mois, peut-être. Mais rapidement, on s'épuise, on craque.
L'unique façon de mettre en place une mécanique à long terme est d'être parfaitement aligné.
Être entièrement soi-même. Faire ce qui est 100% naturel. Suivre aveuglement son instinct en laissant tomber tout le reste.
Sauf que : Très peu de gens savent réellement qui ils sont et ce qu'ils veulent. Leur connaissance d'eux-même est occultée derrière des idées intellectuelles et plusieurs décennies de conditionnement. D'où...
3. Pas d'alignement sans connaissance de soi.
C'est la pierre angulaire de l'édifice : apprendre à se connaître.
Faire le travail intérieur pour déconstruire les préconceptions qu'on entretient sur soi et sur le monde afin d'atteindre sa vérité.
Cette vérité est la véritable source de l'action. Celle qui va durer. Et donc changer les choses.
"Connais-toi toi-même." - Socrate
"Deviens ce que tu es." - Nietzsche
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En lien :
Projo Construire : Merci la Setec !
Mon film Construire réalisé pour l'École des Ponts a été projeté à la SETEC hier soir, suivi d'un débat et d'un cocktail.
C'était une très bonne soirée. Les problèmes techniques que j'avais relevés pendant la première visite avaient été brillamment corrigés et la qualité de la diffusion était excellente. J'ai rencontré des gens qui partagent les mêmes doutes que moi. Aussi : de très nombreux spectateurs ont apprécié le film, même au deuxième ou troisième visionnage.
C'était ressourçant.
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En lien :
- Construire (page film)
- Post LinkedIn
- Projo Setec (video instagram)
La stratégie, la stratégie, la stratégie
On peut optimiser les mauvaises choses.
On peut accélérer dans la mauvaise direction.
On peut être débordé par un travail qui ne mène nulle part.
Souvenez-vous : tout le chemin parcouru dans une mauvaise direction devra être refait en sens inverse. Ces efforts n'auront pas seulement été vains, ils vous auront éloigné du but.
Alors ne vous jetez pas tout de suite dans l'action.
Posez-vous. Sentez le sens du vent. La force du courant.
Voyez quel désir vous anime. Quelle direction vous appelle.
Parce qu'une fois en chemin, la facilité ou la pénibilité de chaque pas dépendra entièrement de ce premier élan.
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En lien :
- L'efficacité ne rend pas heureux (vidéo)
Migrul - Quelques photos
Merci à Guillaume Cloux pour ces photos du tournage de Migrul.
Nouveau bureau
ChezFilms s'installe dans les locaux de Télé Bocal à Belleville !
Très heureux de ce nouvel endroit. D'autant que j'ai aussi changé de pied-à-terre à Paris et que je ne dors pas loin. (Je m'en suis rendu compte ce matin en faisant le trajet à pied et en arrivant beaucoup, beaucoup plus tôt que prévu.)
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En lien :
- Je suis vert ! (vidéo)
Sieste
"Et si je faisais 25 minutes de sieste pour me requinquer ?"
Ouvrant les yeux deux heures et demi plus tard :
"Qui suis-je ? Quelle année sommes-nous ?"
Les horreurs que je retrouve (II)
Dans la série "parfois on ferait mieux de laisser les vieux disques durs tranquilles", je vous présente la vidéo "Coronavirus : les Conseils de Jean-Jacques".
C'est un test d'animation que j'avais fait avec "Adobe Character" à l'époque où je cherchais un moyen de raconter des histoires facilement. J'avais aussi essayé les histoires par écrit sous forme de dialogues.
Ce n'est pas du meilleur goût, soyez prévenu.
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En lien :
- Les scripts (archives)
Un peu déprimé par le monde
Donc aujourd'hui, si je résume :
- La flottille qui apportait à boire et à manger à ceux qui crèvent de faim à Gaza a été arrêtée.
- Trump prévient les généraux de son armée qu'il faudra désormais traiter l'ennemi intérieur (les démocrates, grosso modo) comme un ennemi extérieur.
- Jancovici nous explique que les mécanismes de régulation du climat sont en train de passer des points de non retour plus vite que prévu.
Ce qui me rend triste ?
Je crois qu'il est temps d'abandonner l'illusion que nous vivions dans une société de progrès où des gens de bonne volonté travaillaient pour le bien commun.
L'abondance énergétique qui prend fin nous a rendu accroc à un confort dont nous ne savons plus nous passer. Maintenant que le sol tremble sous nos pieds, nous tournons nos regards inquiets vers les plus déséquilibrés d'entre nous pour nous sauver.
Le temps de la paix est fini.
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En lien :
Ma vidéo préférée que personne ne regarde
Une des vidéos que j'ai faites qui me fait le plus rire mais qui n'a pas marché. That's life. Je la remets ici :
Vous avez compris : pour les winners uniquement.
Un dernier verre ?
J'avais arrêté de boire.
Ça avait diminué naturellement puis, quand j'ai pris conscience de l'hérédité du phénomène et de la place que ça prenait dans ma vie sociale – les groupes sont construits sur les addictions, ai-je réalisé – j'ai presque complètement arrêté.
Je bois de temps en temps. "Pour les grandes occasions."
Mais je réalise que même là, ça ne m'apporte rien.
Les conversations les plus fortes et les plus drôles que j'ai eues récemment ont eu lieu sans une goutte d'alcool.
Et s'il faut boire pour apprécier son entourage, c'est l'entourage qu'il faut changer.
Si vous créez une salle de projection
Si vous êtes une entreprise, une école ou une association qui crée une petite salle de projection, ne faites pas cette erreur que je vois souvent.
Je sors d'un test de projection de mon film dans un auditorium d'entreprise et j'y ai vu le même problème que dans beaucoup d'autres salles :
Le son arrive par deux enceintes (ou plus) placées de chaque côté de la salle.
On se dit que ça va permettre un son stéréo "comme au cinéma". Mais c'est oublier que les enceintes principales d'un cinéma sont les "centres" : les enceintes placées juste derrière l'écran qui permettent à la voix et aux dialogues de venir des personnages. Les enceintes stéréo sont un "plus" – qui n'est pas forcément dans les plus petites salles. (C'est d'ailleurs le principe du son dit "5.1" : le centre et les stéréos sont dissociés.)
Lorsqu'on installe des enceintes de part et d'autre sans avoir de centre, les gens à droite et à gauche de salle ne reçoivent le son que d'un côté (l'oreille droite ou l'oreille gauche) ce qui devient vite épuisant. De plus, c'est troublant d'entendre une voix qui vient du côté alors que le personnage qu'on regarde est en face.
Donc dans le doute : commencez par les centres. De bonnes enceintes placées devant (sous l'écran ou de part et d'autre de l'écran mais toujours devant) donneront un résultat beaucoup plus homogène et agréable pour le public qu'une stéréo sans centre.
Et j'ai plein de films à vous proposer pour l'inauguration de votre salle :)
Gna gna gna
C'est ce que je me dis en regardant les dernières vidéos que j'ai postées. (Je poste une vidéo par jour sur les réseaux.)
Je me fatigue moi-même.
C'est bon signe : quand je ne supporte plus ce que je fais, c'est que je suis sur le point de passer au niveau au-dessus.
Ça m'était déjà arrivé en photographie : je ne supportais plus mes clichés et quand j'ai repris l'appareil après une période de pause, j'ai fait radicalement différent. Plus personnel. Mieux.
Je crois déjà que je vais me fixer des règles :
- Une seule prise. Plus de retakes.
- Plus d'intro ni de conclusion. Juste le cœur.
- Ne jamais "redire" quelque chose que j'ai déjà dit – devant la caméra ou non.
On verra comment ça évolue.
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Un projet à l'eau
Toujours en fouillant de vieux disques durs, j'ai retrouvé ça :
C'est l'affiche d'un projet de court métrage qui devait être produit – on avait France 2 et un coproducteur – mais qui n'a pas abouti.
Il était basé sur une histoire vraie (?) que j'avais lue dans la revue Planète :
Dans les années 70, un groupe est assis en cercle dans une salle communale pour un atelier. En fin de session, deux hommes entrent ; personne ne les attend. Ils se dirigent vers l'un des participants pour lui demander "vous étiez bien assis sur cette chaise ?". Le participant acquiesce.
Les deux hommes apportent alors une roulante avec une télévision et un magnétoscope pour lui montrer une vidéo. Ils sont chercheurs et, quelques semaines plus tôt, ils ont filmé une interaction avec une personne dans cette même pièce.
Dans la vidéo : "Pouvez-vous nous dire quelque chose sur l'un des participants de l'atelier qui aura lieu ici ?" La personne, qui se révèle être médium, passe en revue toutes les chaises vides jusqu'à s'arrêter sur une en particulier. En off : "Le sujet a désigné la chaise n°9."
Le médium commence alors à faire des révélations sur le futur occupant de la chaise que le participant en question, médusé, suit sur l'écran.
Dans ma version, c'était seulement la première couche de l'histoire. La seconde couche était que les propos du médium, sans pouvoir aucunement être vérifiés, semaient la discorde entre la jeune femme (assise sur la chaise n°9) et son père également présent, l'obligeant finalement à admettre une vérité qu'elle avait toujours cachée.
Ou comment le faux (ou l'indécidable) peut avoir de véritables conséquences.
À l'eau. Pour l'instant.
Le retour des films
Je suis en train de rajouter mes films sur la nouvelle page films à laquelle on peut accéder grâce au menu là-haut ☝️.
Je fais moins compliqué qu'avant – de toute façon personne ne regarde.
J'espère finir bientôt, peut-être ce soir.
Si vous avez un peu de temps, pourquoi ne pas regarder un film indépendant plutôt que YouTube ?
John McSpace - Les horreurs que je retrouve
Édouard Pons, qui a composé la musique de Migrul, m'avait reparlé de cette vieille bêtise que j'avais tournée en une après-midi à Off Courts il y a cinq ans.
Je viens de la retrouver sur un vieux disque dur et c'est pire que dans mon souvenir.
En même temps, je crois que c'est l'ancêtre de ma websérie Panique dans l'Espace qui va sortir bientôt. En cela, c'était peut-être un mal nécessaire.
Tout dans le corps
Oui, c'est très New Age comme idée.
Mais je me rends compte depuis peu à quel point c'est vrai.
Lorsqu'on observe la collaboration entre le physique et le mental, on réalise que le corps est un peu le carnet de notes de la pensée.
Voyez-le comme ça : les pensées sont extrêmement éphémères. Elles passent à toute vitesse sans laisser de trace. On pense à demain, au déjeuner, au cadeau pour sa mère, à l'orteil qui fait mal... D'association en association, on saute d'un concept à l'autre sans réelle direction.
Une succession de pets de cerveau.
Mais lorsque le cerveau juge qu'une idée est importante, qu'elle mériterait qu'on y retourne, il crée un pense-bête. Une sorte de marque-page intérieur qui oblige cette pensée à refaire surface. Pour cela, il l'associe à une émotion.
Comme elle est incarnée, l'émotion a une demi-vie beaucoup plus longue que la pensée. La boule dans l'estomac, l'étreinte du stress ou de l'angoisse, l'adrénaline de la peur ou de la joie... Tout cela dure plusieurs minutes, voire plusieurs heures.
Cette émotion agit comme une ancre qui retient le bateau mental dans une même zone. Dès qu'on s'éloigne, le corps nous rappelle que quelque chose ne va pas. Et la pensée revient.
Mais parfois, c'est le contraire qui se produit.
Quand j'ai commencé à méditer il y a quelques années, j'ai réalisé que l'angoisse que je ressentais le matin était d'origine... gastrique. J'avais une boule dans l'estomac à laquelle s'accrochait la première idée qui passait. Donc le problème auquel je pensais n'était pas le vrai problème.
J'ai arrêté de manger avant de dormir et l'angoisse a disparu.
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