Abraham Lincoln disait :
"Si j'avais neuf heures pour abattre un arbre, je passerais les six premières à affûter ma hache."
C'est pareil le matin.
Parfois, des anxiétés me cueillent au réveil.
"Han ! Il faut que je fasse ça ! Et ça ! Et j'avais oublié que j'étais en retard là-dessus !"
Avant, ça voulait dire une chose : il faut se grouiller. Sors du lit et mets-toi au travail, fainéant !
Maintenant, la règle est la suivante :
Je reste au lit tant que je ne suis pas redevenu parfaitement tranquille.
Tant que je ne suis pas heureux de me lever, content d'aller "surfer avec le chaos", je n'ai pas le droit de mettre un orteil dehors (ou un doigt sur l'ordinateur).
Les idées fortes pour accompagner ce process sont les suivantes :
- L'urgence est souvent artificielle
Non seulement ce qui me paraissait urgent le matin il y a trois ans ne l'était pas tant que ça, mais en regardant ma vie d'aujourd'hui, je vois que ça allait même dans la mauvaise direction. - Rien n'est si grave
Si je mourais aujourd'hui, ou la semaine prochaine ? Est-ce que ça aurait de l'importance que je fasse tout ça ? D'ailleurs, est-ce que je me souviens que je vais mourir un jour et que tout va disparaître ? Pour moi, ce n'est pas angoissant, c'est libérateur. - Tu feras tout mieux avec de la clarté
Quoi que je décide de faire, si je le fais de façon réactive (pour lutter contre l'angoisse), je le ferai beaucoup moins bien que si j'agis en paix. - L'angoisse est un message nécessaire
D'ailleurs, je ne devrais prendre aucune action contre l'angoisse. Si je la vis jusqu'au bout, elle va s'éteindre. Et elle va laisser quelque part en moi une trace qui va être prise en compte au moment opportun. - Ma vraie valeur est la liberté, pas la ponctualité
Le monde aurait survécu à ce que l'imprimerie soit inventée trois jours ou même trois ans plus tard. Les choses importantes ne sont pas à quelques jours près. Alors que les obligations creuses, souvent, oui.
Mais surtout : le temps que je prends le matin pour partir du bon pied m'est payé au centuple dans la journée. J'identifie les priorités facilement. Je ne me laisse pas stresser par les faux problèmes. Je trouve les idées providentielles qui résolvent plusieurs sujets d'un coup.
Considérez ceci : si vous êtes mal luné·e, un seul faux problème peut occuper toute votre journée.
Donc oui, le matin, passez un peu de temps à affûter votre hache.